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L’enfer de la culpabilité

26 mars 2013 par Michaël Seyne  
Dans Spiritualité |

« Je n'ai pas envie de parler, les mots me semblent inutiles même si je savais les utiliser habilement je n'arriverais pas à exprimer comment décrire ce que je vis actuellement.

Je me sens vide et fatigué, j'ai un désir de remplir ce vide par quelque chose, mais au lieu de courir pour chercher comment faire je me contente de rester dans cet état de confusion.

De toute façon je ne sais pas ce qui pourrait remplir ce vide, dans ma vie j'ai déjà eu un grand nombre d'idées qui auraient pu combler ce vide et me conduirais vers la joie et le bonheur.

Je ne sais plus, je n'ai plus d'idées, je fuis tout ce que je souhaiterais vraiment pour me faire plaisir, car j'ai peur de souffrir en découvrant qu'une idée était une illusion et que ce n'était pas ce que je souhaitais vraiment.

Je suis un vide qui ne se remplit ni de joie et d'amour, ni de souffrances et de peurs, mais un vide rempli de fatigue qui ne sait pas ce qu'il est, ce qu'il veut et ce qu'il doit faire. »

Tu es fatigué, pourquoi te le cacher, pourquoi résister à la fatigue par de multiples activités qui ne feraient qu'amplifier la fatigue et la confusion. Ne pas fuir pour accepter cette fatigue est un comportement sain et nécessaire quand l'on vit une grande transition dans son expérience de vie humaine. Une expérience de transition a besoin de temps de repos, car il est très éprouvant pour le corps et l'esprit de vivre un changement radical de la totalité de son être. Une quantité d'énergie incroyable passe et il faut pouvoir lâcher prise très souvent pour qu'elle puisse circuler.

Souvent tu entends dire que ce que tu es vraiment, tu l'es déjà. Que ta véritable nature ne t'a jamais été enlevée et ne peut être enlevée. Que seules tes croyances t'éloignent de la perception complète de cette vérité.

Tu peux alors réagir à cela en demandant pourquoi tu aurais besoin de temps et de repos, d'une période de transition, si tu peux être ce que tu es déjà immédiatement dans le moment présent ?

Malgré ce que tu te dis dans les moments difficiles, que tout s'arrête, que tu souhaites revenir à la source. N'es-tu pas le créateur même de cette période de transition ? N'est-ce pas le voyage qui t’intéresse le plus et non le point de départ et le point d'arrivée ?

Le voyage dans les formes qui prend place dans l'espace et le temps tel que tu le perçois a été créé d'une façon que l'espace et le temps font partie du voyage eux-mêmes. Souhaites-tu sortir de cette expérience maintenant et revenir à l'unité absolu de la vérité ? Souhaites-tu te laisser porter par tes conditionnements, tes croyances, tes recherches de sécurité et tes luttes mises en place pour cacher la vérité ? Ou souhaites-tu créer un voyage magnifique en accompagnant harmonieusement les formes, les couleurs, les mélodies et toi-même confortablement logé au sein de la vérité de ce que tu es vraiment ?

Quel choix prendre ? Voilà que tu me demandes, oui je veux la vérité, mais qui suis-je vraiment ? Souhaites-tu une réponse que le filtre de ton identité individuelle permet de fixer dans la mémoire et que tu pourras répéter et vénérer ensuite comme une idole ? Adorer une idée de toi-même apporte autant d'illusion que de vénérer un caillou ou un symbole extérieur. Ce que tu fais là est simplement nier la vérité en la cachant avec une pensée mécanique. Tu te nies toi-même et bloques le chemin pour te trouver.

Aucune réponse que je peux te donner ne te permettra d'avoir la vérité dans la poche, je peux bien utiliser quelques mots qui se trouvent ici et là dans ta culture qui te permettront d'approcher de la bénédiction de la vérité, mais en t'y agrippant pour remplir ton vide intérieur et cacher tes peurs, tu ne rajouteras que de la fatigue, de la confusion et des expériences de problèmes et conflits.

Tu as une perception de la vérité, c'est ta vérité, elle a une réalité, cette perception crée un enfer sur terre, un paradigme de lois de la nature et de l'univers, des relations de jugements et de culpabilités entre être humains. Cette perception valable mais erronée est créatrice de ta réalité où tu dépenses toute ton énergie dans des illusions qui engendrent une fatigue cyclique pour ton corps et ton esprit individuel.

Tu es le créateur de ce que tu appelles l'enfer et même quand tu en perçois partiellement le mécanisme de création, tu restes tellement attaché à ce monde que plutôt que de le transformer, tu continues à déployer ton énergie vitale pour créer davantage de culpabilité et de peur que tu caches avec des justifications, des explications sérieuses, de l'agressivité, de la violence et des plaisirs.

Tu es aveugle et tu crées un monde de souffrance que tu justifies en invoquant des interprétations de faits que tu as expérimentées toi-même avec ta propre perception erronée. Tu as conçu des lois sur la nature et la normalité dans un monde de misère et de relations dysfonctionnelles. C'est-à-dire, basé sur la peur et produisant de la peur.

Tu ne vas nulle part sur ce chemin et pourtant c'est exactement l'objectif de ce genre de voyage, cette expérience particulière d'êtres humains sur terre. L'objectif est d'aller toujours plus loin vers nulle part.

Pourtant, la vérité ne te quitte jamais et n'interviens jamais entre toi et ta création, elle reste là, prête à te tendre la main et guérir tes mille illusions et souffrances en un clin d’œil. T'offrir le repos et l’énergie dont tu as besoin pour continuer à jouer à ton jeu. Tout ce que tu as à faire, c'est de te tourner vers elle, d'orienter ta volonté sans conditions vers elle.

Ce que j'appelle ton jeu, c'est en fait la transition, le changement des formes dans ta réalité pour t'approcher ou t'éloigner de ce que tu es vraiment. Déconnecté ou connecté à la vérité. Dans tous les cas, ce jeu où tu crois décider entre le bien et le mal, dormir passivement ou résister activement te permet simplement de t'éloigner de ce qu'est véritablement l'amour.

On ne peut interpréter ou analyser la vérité, tu peux seulement la vivre et la seule façon de la vivre c'est par une relation d'amour inconditionnel avec toi-même. La vérité ne demande pas d’être vécu en jugeant, réformant, luttant dans ton monde de formes et d'illusions, car ce monde n'est pas un cadeau de la vérité, c'est un cadeau que tu t'es offert à toi-même pour le mettre devant tes yeux et te cacher la vérité.

Ce monde est un cadeau que tu apprécies, car il te permet d'expérimenter ce que n'est pas la vérité. Ce monde est un piège quand on utilise les mêmes outils qui le créent, mais s’il y a un désir honnête d'en sortir, la vérité est là.

Dans ton chemin actuel, ne culpabilise pas en découvrant que la vérité ne t’intéresse pas. Pourtant tu la désires de tout ton cœur de la trouver, mais ne la connaissant pas tu la cherches dans ce qu'elle n'est pas et tu es persuadé que tu vas la trouver dans le “connu réconfortant”. L'inconnu te fait peur et ne t’intéresse pas. En t'attachant au connu, à ta mémoire, à tes identifications, tu éprouves ce monde où l'amour n'existe pas.

La vérité se découvre par l'amour, mais tu ne connais ni l'un ni l'autre, alors tu cherches dans les illusions connues et remplaces l'appel de ton cœur par une recherche de sécurité pour la tête et le corps, le respect, la reconnaissance et la satisfaction.

Crois-tu que cette nouvelle explication est suffisante pour parler de toi ? Bien sûr que non, toutes les explications et définitions essayent de donner un sens, de te limiter, de t'enfermer dans un cadre que tôt où tard tu franchiras, de ton vivant ou par la mort physique.

Ce jeu de signification de soi est infini. La vérité est infinie et non fixable par l'intellect. Mais tu souhaites quand même la toucher par le cœur ?

Comprends ton monde de souffrance, ses mécanismes intérieurs de créations sur les bases de la peur et la séparation. Le fonctionnement de la culpabilité qui est un mécanisme de protection et de justification de ton monde pour se maintenir, rester endormi et se révolter participe du même schéma destructeur du soi qui se nie.

Se libérer du connu, des idées de ce monde des jugements et des opinions ne peut se trouver dans aucun texte ou fuite dans une activité ou une relation, mais dans une recherche d'une grande sincérité avec soi-même en relation. Un chemin qui conduit à l'amour.

Une maturité spirituelle ne peut se trouver que dans l'intégration de tous les paradoxes en soi, dans la compréhension immédiate de l'ordre et de la logique qui se trouve dans le non-rationnel et l'incohérence. Une ouverture, un vide total accompagné d'une attention sans jugement de l'infinité de formes créées par ce monde.

En intégrant la totalité en toi qui n'est pas une accumulation, en acceptant en toi les obscurités et insanités de ton propre monde sans les rejeter, tu peux commencer la guérison et l’éclaircissement en toi de la totalité de ton être réunifié. Chaque souffrance et conflit sont des points d'énergie qui n'ont pas été réunifié au mouvement de la vie connecté à ta vérité libérée.

La guérison s'opère par l'observation sans conditions de tout le processus de culpabilisation dans la relation avec soi et l'autre, en se libérant des mécanismes de défense et d'attaque, une nouvelle façon d'être en relation se met en place qui est amour.

Le repos véritable commence quand tu arrêtes de poser des formes et des conditions dans ton monde qui crée l'enfer en toi et autour de toi.

La guérison intérieure te permet d'ouvrir les portes du paradis. Ce paradis que tu créeras, car tu ne partiras pas à partir d'une forme connue, mais à partir de toi-même en relation d'amour avec l'autre.

En te guérissant toi-même dans ce monde, tu guéris le monde et ouvres les portes du paradis non seulement pour toi, mais aussi cet autre parti de toi que tu n'abandonneras jamais, ton frère.

Repose-toi, je resterais toujours à tes côtés et ne t'oublierais pas, car je t'attends en tenant la porte ouverte.

Auteur

  • Michaël

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