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La guerre des vidéos ou plutôt la guerre dans les vidéos

20 mars 2017 par Internaute  
Dans Général |

Guerre des vidéos dans le milieu combattant congolais

La guerre des vidéos ou plutôt la guerre dans les vidéos, fait rage au sein de la diaspora congolaise, précisément dans le milieu Combattant. Bon, trêve d’hyperboles. Ce sont davantage des joutes oratoires que des corps à corps, des diatribes que des batailles rangées, des coups de colère que des coups de feu. Le champ de lutte reste la toile tandis que la suspicion de corruption demeure la pomme de discorde.

Les deux derniers coup de gueule connus et mis en scène en milieu Combattant datent de cette semaine du 18 mars 2017. Ils sont poussés ( vidéo d’une demi-heure) par Herold et Pouabou d’une part et par Georges M’Passy d’autre part (vidéo de près d’une heure). Comme il n’y a jamais deux sans trois, ajoutons le cri de colère de ce 19 mars poussé par Jax Okouya, ancien militaire congolais désormais entré en résistance ou plutôt en dissidence et qui, à l’en croire, vient de jeter l’éponge...définitivement. Un feu de paille.

Signalons que tous ces protagonistes sont rompus à la résistance anti-Sassou alors que les rapports qui les unissent résistent difficilement à l’acide de la division. L’histoire des luttes nous a montré que la démarche unitaire n’a jamais été une qualité des Résistants. C’est que l’adversaire ne reste pas inactif. Il cherche à diviser pour mieux régner. Passons.

Dans l’une des trois vidéo-selfie, on voit en action le médiatique et sympathique Herold dit Jeune Maître, combattant qui compte à son actif une opération physique d’envergure ayant récemment ému la Chancellerie. Les Tribunaux s’en étaient saisi et, la presse avait longuement parlé de l’action ( une attaque à la voiture piégée). Aux côtés de Jeune Maître dans la vidéo, on voit Pouabou, un combattant moins médiatisé mais tout aussi radical.
Nguiri
Dans ce document audiovisuel, Jeune Maitre et Pouabou envoient une volée de bois vert à une célèbre résistante congolaise de la première heure, très active dans le mouvement social en France. Il est reproché à cette combattante infatigable d’avoir approché Guy Brice Parfait Kolélas à son passage incognito à Paris. Or, aux yeux de la diaspora radicale, Guy Brice Parfait Kolélas ne serait plus fiable pour être passé dans le camp de l’ennemi historique Sassou. « Si jamais on la voit dans une manif, fut-elle une femme, elle prendra des coups, à ce moment-là elle n’aura qu’à s’en prendre à elle-même » ont menacé Jeune Maître et Pouabou. Les deux auteurs de la vidéo ont traité leur ex camarade de « Traitresse, nguirisée » ; le pire des anathèmes qu’on peut recevoir dans la gueule dans le milieu de la résistance.
Et dire que par le passé la dame n’a jamais eu de mots assez durs envers Sadio Kanté Morel en matière de nguirisation. Petites parenthèses : Sadio Kanté Morel est aussi une grande figure de la Résistance sur La place de Paris.

Pacte avec l’ennemi
Tête d’affiche du combat anti-Sassou, G. M. se serait affichée en compagnie de Kolélas/fils appelé aussi fils adoptif de Sassou. De passage à Paris en ce mois de mars 2017, Guy Brice Parfait Kolélas aurait joué à cache-cache avec la diaspora. Il a fait « koukoulou élombé, mwana niaou élombé ». Personne ne l’a vu officiellement ou il n’a vu personne officiellement. Ensuite l’oiseau se serait envolé pour Brazzaville le mardi 15 mars 2017 . C’est là où le bât a blessé la sensibilité de ceux qui l’avaient soutenu aux présidentielles de 2016 et pensaient trouver en lui un contrepoids efficace contre Sassou « On s’est battu pour lui, il a plié genoux devant celui qu’il a battu » ont ragé les sympathisants de YUKI après que Sassou se soit autoproclamé Président avec 8% de voix seulement.

« Gertrude M. a démérité, on ne veut plus d’elle » ont martelé Jeune Maître et Pouabou dans leur vidéo.

Jamais menaces à l’encontre d’un (e) camarade de lutte n’ont été aussi claires dans une affaire on ne peut plus ténébreuse, en l’occurrence le flagrant délit de corruption.

Question : qui a vu les nguiri passer de la main de Kolélas dans celles de Gertrude Malalu ? Certes, il n’y a de corruption que dans un cabinet noir. En somme, personne ne voit ni la somme ni la personne qui donne, encore moins celle qui reçoit. « Cabinet molili, moto a kabéla yo o yéba té » chanta Simaro Massiya.

Désillusion d’un combattant très actif
Le deuxième cri furieux a été lancé par Georges M’passy, radical combattant 242 à la solidarité sans failles puisque endossant aussi bien la bannière de la RDC 243 que du Gabon quand il s’agit de combattre la France et les dictateurs africains. Pour M’passy, quelle que soit la nationalité des résistants, c’est « bisso na bisso ». Quand Sassou tombera, il entrainera dans sa chute Kabila, Biya, Déby et Bongo. Georges M’Passy incarne structurellement le concept d’Inguéta et pour être militant, i)l avoue avoir été militaire dans l’armée...française. Ce qui le stimule encore plus durant les face à face avec les CRS.

Pourtant dans sa vidéo, il en veut à tous ses camarades de lutte qui l’auraient « piégé » et « instrumentalisé » dans les films tournés dans le métro parisien. Mieux : M’Passy tient de Jax Okouya que des Combattants auraient été arrosés par le pouvoir (45.000 € ) à l’occasion d’une manif , par conséquent, il y a de l’hypocrisie dans l’air et que ceux qui se disent durs ne sont pas purs. Ne parlons même pas des lapins qu’une figure de proue de la Résistance lui aurait posés.

Sa bête noire serait Donald L’Empérator, le nec plus ultra de la Résistance 242.

Traquenard

G. M’Passy explique le piège qu’on lui a tendu par ceux qu’il croyait ses amis de lutte. Une policière des renseignements généraux français ( répondant au prénom de Sandra) aurait infiltré la résistance congolaise en prenant un amant parmi les combattants. Le traquenard aurait consisté à garder en prison Georges M’Passy après qu’on l’ait arrêté avec d’autres camarades jouant le rôle de plastrons (faux prisonniers). Pourquoi lui ? Parce que, s’indigne-t-il, c’est le plus dangereusement efficace de la troupe des combattants de la diaspora congolaise. En somme, il est à la résistance congolaise 242 ce que Jean Moulin était à la résistance française sous l’Occupation : un organisateur hors pair.

Une fois arrêté, ça n’allait pas s’arrêter là. Destination : Brazzaville où le colis serait cueilli par la canaille sassouiste pour subir sans doute un sort plus cruel que celui de Modeste Boukadia. Ce n’est qu’un pronostic.
Dieu merci, il a échappé au piège. Georges M’Passy a promis faire la peau à ses anciens camarades car ils ne l’auront pas aussi « facilement qu’ils avaient eu Pascal Lissouba. »

« A mbochi atso baro’obé »

Le troisième coup de colère a été exprimé par Jax Okouya. L’ancien militaire a proclamé avoir désormais arrêté le combat. Fini, terminé ; qu’on ne lui parle plus de combattants, de Sassou et de je ne sais plus qui. Il ne parlera plus de Sassou, ni de Kiki, ni d’Edgar (le seul qui a son admiration).

Puis, passant sans transition du français au mbochi, Okouya dédouane Sassou. « Bino aso baro obé. Sassou adi morobé ka. » Traduction : le chef n’est pas mauvais, c’est son entourage qui l’est. « Azalaka kaka moto DG, entourage ésala ka mabé » chanta Franco Lwambo Makiadi.

Jax s’offusque d’ailleurs que la langue mbochi ne soit pas utilisée dans la Résistance. Alors lui s’exprimera à volonté dans cet idiome. En passant, dans un coq à l’âne, Okouya blanchit Gertrude Malalu qui est libre de s’afficher avec qui elle veut, y compris avec Brice Parfait Kolélas.

Jax Okouya est catégorique : qu’on change tous les mbochi qui l’entourent, mais que Sassou demeure à jamais.

« A mbochi anso baro’obé, sauf Otchombé » martèle l’ex-militaire en grillant nerveusement une cigarette.

« Les combattants ? Du grand n’importe quoi ! Ca suffit. Oubliez-moi. Ne me mêlez plus à vos histoires de merde. Je retourne dans l’ombre » lâche avec une rare véhémence celui qui, voici deux à trois mois, passait pour le mbochi le plus anti-Sassou de l’histoire.

Bigre ! Toutes ses résolutions parties en fumée ! Qui l’eut cru. Lui qui voulut manger Sassou cru voilà qu’il estime qu’il s’était trompé de combat.« Désormais personne ne pourra me tromper » assure-t-il. Diantre ! Jax serait-il une montagne qui accouche d’une souris ?

La main noire de Mpila

Toutes ces vidéo-selfie prouvent une chose : le corrupteur suprême est à l’œuvre. Il sait qu’il n’y a que les nguiri pour venir à bout de ces empêcheurs de tourner en rond. Sassou va tous les réduire en cendres. Et ça semble marcher. Les vidéos parlent d’elles-mêmes.

Thierry Oko

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  • Thierry Oko

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