Thierry Meyssan :”Il faut arrêter les processus de diabolisation! Retrouvez l’esprit critique”
mardi 2 septembre 2008 à 07:40 :: Général :: #5709

ps veda: je vous conseille de lire cet interview en entier. Les propos sont très éclairants et globalisants. Cordialement.
« Il faut arrêter les processus de diabolisation : désintoxiquez-vous ! Retrouver l’esprit critique » : Thierry Meyssan s’explique.
La seule évocation du nom de Thierry Meyssan semble capable de susciter des réactions d’une rare violence. Épidermiques et passionnelles, voire irrationnelles, mais rarement pondérées ! Tel n’était pas notre objectif lorsque nous avons décidé de publier ses réponses aux questions posées par quelques membres de notre association.
Devant la virulence de certaines « réactions », (pour employer un langage diplomatique), nous avons demandé à M. Meyssan, d’expliquer ses positions, l’objectif et les ambitions de son action militante à la tête du Réseau Voltaire qu’il a fondé et dont il est toujours le président.
Nous saisissons d’ailleurs cette occasion pour préciser quelques points fondamentaux de notre action citoyenne, puisque apparemment ReOpen911 est a priori suspectée de « liaisons dangereuses » avec des personnalités proches ou adhérant à un parti politique d’extrême droite, le Front National pour être clair.
Nous n’avons aucune sympathie pour les thèses du Front National et nous sommes opposés à ses dérives racistes et xénophobes !
L’association ReOpen911 croit fermement aux valeurs républicaines, laïques, et de liberté d’expression dans le respect de la loi et des personnes qui constituent le socle de notre démocratie. Nous croyons en la paix et dans le droit international. Nous pensons que les problèmes tant au niveau des individus que des collectivités et des nations peuvent et doivent se résoudre par la discussion et non par la violence.
Notre but est d’informer les citoyens francophones et de susciter le débat sur les impossibilités, les invraisemblances et les bien trop nombreuses « coïncidences » et autres cas « d’incompétences » que comporte la thèse officielle du complot islamique des attentats du 11-Septembre. Nous nous basons sur le travail d’universitaires et d’experts dans des domaines variés (renseignement, armée, architecture, ingénierie…), mais aussi de journalistes indépendants voire de grands médias. Le résultat de ce travail ardu est mis en ligne gratuitement pour que chacun puisse s’y confronter, sans se départir de son esprit critique. Les contradictions, omissions et manipulations nombreuses sur cette tragédie nous amènent à exiger de nos autorités la création d’une nouvelle enquête sur ce crime. Cela est d’autant plus important que le 11-Septembre a servi de justification à deux guerres déjà (dont l’une illégale au regard du droit international), et à des violations des droits de l’homme d’une amplitude et d’une gravité exceptionnelles. En cela et pour beaucoup de nos membres ou sympathisants, le 11-Septembre fut et reste un révélateur, une « clé » permettant de comprendre comment on manipule l’opinion publique pour lui faire accepter l’inacceptable. Notre démarche s’inscrit dans un mouvement citoyen international, fondamentalement pacifique et démocratique, lancé aux USA par des familles de victimes du 11/9.
Au-delà du 11-Septembre, nous nous positionnons dans une démarche citoyenne de réflexion sur le fonctionnement de nos démocraties, en particulier sur les raisons d’une telle faillite des médias et aussi dans une logique de compréhension de la systémique de la guerre.
Et c’est aussi pourquoi nos informations concernent tout le monde, quelles que soient les opinions politiques individuelles. Continuer à percevoir le monde actuel selon des lignes de fractures anciennes (gauche/droite, extrême gauche/extrême droite) ne nous semble pas appliquer la bonne grille de lecture à la situation géopolitique de l’après-11-Septembre.
Pour résumer notre affranchissement ou notre indépendance vis-à-vis de tout parti politique, il nous apparaît nécessaire de rappeler la phrase attribuée à Voltaire : « Je ne partage pas vos idées, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez les exprimer ». Pour nous, il ne s’agit nullement d’une magnifique formule vide de sens ou purement sémantique ! Malheureusement, de plus en plus, le consensuel et le politiquement correct, voire la pensée unique, la privent de toute substance.
Ceci étant précisé, nous donnons à nouveau la parole à M. Meyssan, afin qu’il puisse répondre aux critiques, qui lui sont régulièrement faites. /p>
ReOpen911 : M. Meyssan, vous terminiez notre précédent entretien par ces mots : « Je vous invite à renouveler [ce type d’]échange si vous continuez à vous interroger sur les prises de position que m’attribuent les médias. Je serais heureux de les préciser, de les expliquer et de lever de possibles malentendus. » Bien que ReOpen911 n’ait nullement pour vocation de devenir votre tribune, il nous apparaît effectivement essentiel de le faire tant les malentendus sont nombreux, d’autant plus que ReOpen911 y a été associée ! Pour commencer, et lever toute « ambiguïté » à ce sujet, quelles sont vos relations avec l’extrême droite, ses idées, le Front National et plus précisément avec son nouveau conseiller culturel, M. Alain Soral que vous avez rencontré à plusieurs reprises ?
Thierry Meyssan : Je ne m’attendais pas à ce que vous saisissiez la balle au bond et que vous demandiez un nouvel entretien dans un si bref délai. En revanche, je ne doutais pas que vous souhaiteriez une clarification de mes positions politiques, vu les âneries que l’on véhicule à mon sujet.
Cette clarification exige que votre question elle-même soit claire. Or, vous placez au même plan un homme, un parti, un courant politique et une idéologie. Je me réclame de la pensée des Lumières et du radicalisme. À ce titre, je veux développer le débat démocratique, y défendre mes idées et en réfuter d’autres. Précisément, le débat démocratique ne se développe que lorsque l’on accepte de se confronter aux gens dont on ne partage pas les idées.
J’ai toujours activement combattu les idéologies d’exclusion, que ce soit le racisme ou l’antisémitisme, l’apartheid ou le sionisme, etc. Ceci m’a conduit à publier de nombreux articles polémiques et à participer à quantité d’émissions de radio et de télévision où je me suis notamment opposé à des représentants du Front National.
Jusqu’à la guerre du Kosovo, l’action du Réseau Voltaire en général et la mienne en particulier ont été unanimement reconnues à gauche au point que les principaux partis politiques, syndicats, associations et loges maçonniques de gauche m’ont confié à plusieurs reprises l’animation du Comité national de vigilance contre l’extrême droite.
Pour mener à bien ce combat idéologique, j’ai mis en place au sein du Réseau Voltaire un observatoire des extrêmes droites. Nous avons analysé en détail la plupart de leurs discours et de leurs publications et nous avons élaboré des argumentaires pour leur répondre. Pour compléter nos analyses, j’ai interviewé de nombreux leaders d’extrême droite. Je me suis efforcé de comprendre leur point de vue et d’apprécier leurs qualités humaines. Cela n’a jamais modifié en quoi que ce soit mes convictions, mais m’a conduit à changer mon regard sur eux.
Alors que certains médias et organisations faisaient campagne pour l’interdiction du Front National, j’ai au contraire milité pour une réforme du mode de scrutin qui lui permette de représenter ses électeurs à l’Assemblée nationale. Alors que certains s’efforçaient de diaboliser ce parti, j’ai milité pour que l’on prenne en considération les préoccupations de ses électeurs et qu’on y apporte des réponses conformes à nos valeurs. J’insiste sur ce point : une analyse précise du discours de Jean-Marie Le Pen m’a convaincu que son succès électoral n’avait rien à voir avec une épidémie de racisme, mais avec la détresse de ceux de nos concitoyens qui ont été les victimes de la colonisation et de la décolonisation, qui se sont sentis manipulés, puis abandonnés par l’État. A contrario, la diabolisation dont Jean-Marie Le Pen et ses électeurs ont fait l’objet prolonge la lâcheté d’une classe dirigeante incapable d’assumer ses erreurs historiques.
Simultanément, j’ai considéré que nous devions réprimer les groupes paramilitaires qui s’étaient formés à l’intérieur et autour du Front National. Comme vous le savez peut-être, cette initiative a débouché sur la création d’une commission d’enquête parlementaire, la mise à jour de comportement illégaux, et en définitive l’éclatement du Front National entre lepénistes et mégrétistes. Cette démarche a été soutenue par mon parti, le PRG, mais perçue avec inquiétude par d’autres formations politiques.
Je regrette de ne pas avoir pu continuer cette lutte et d’avoir cédé devant des partis politiques qui trouvent un intérêt électoral à diaboliser le Front National pour affaiblir la droite. Ce faisant, non seulement ils laissent certaines idées se répandre faute de les avoir réfutées, mais surtout ils développent eux-mêmes l’intolérance qu’ils prétendent combattre. En définitive, je pense que les médias et les organisations qui ont manifesté pour l’interdiction du Front National représentent un danger pour la démocratie et j’observe que le Front National, lui, n’a pas inscrit dans son programme l’interdiction de partis politiques. Enfin, j’estime que si le Front National, ses électeurs et ses militants, étaient traités normalement, ils se sépareraient de certains éléments fanatiques et apporteraient une contribution légitime au débat parlementaire. Je ne vois pas comment on peut concevoir la démocratie si l’on ne comprend pas cette position voltairienne.
Concernant, Alain Soral, j’ai fait sa connaissance à l’été 2006 lors d’un voyage de soutien au peuple libanais. Il n’avait pas encore rejoint le Front National et était étiqueté communiste. Il se montrait provoquant et la sympathie entre nous n’a pas été immédiate. Pourtant, j’ai vite apprécié son indépendance d’esprit et son courage. Nous avons traversé ensemble un pays en ruines, vécu des moments tendus dans lesquels chacun révèle le fond de lui-même, et nous sommes restés amis.
ReOpen911 : À l’identique, on vous reproche également vos relations avec Dieudonné. Votre voyage au Liban en sa compagnie (et celle de M. Soral) en été 2006, c’est-à-dire juste après l’intervention militaire de l’armée israélienne contre le Hezbollah. Cette compagnie, plus que le but de la visite même qui a été quasiment éclipsé, a étonné beaucoup de nos compatriotes, et a renforcé le sentiment chez certains que vous aviez rejoint le FN. Cette lecture simpliste des choses a par ailleurs été renforcée par des articles mensongers (on se souvient d’un article paru dans Libération auquel vous aviez répondu sur le Réseau Voltaire qui annonçaient votre ralliement au FN. Apparemment, vous n’êtes pas conscient du « malaise » (en fait, plutôt de la haine) que suscitent ces liens ? Ou alors cela vous est égal. Mais ne croyez-vous pas qu’il est important d’être entendu pour être compris ?
Thierry Meyssan : J’ai croisé Dieudonné dans les années 1980, lorsque les partis de gauche fuyaient devant le Front National et qu’il s’est présenté à Dreux contre Marie-France Stirbois. Je l’ai revu après les attentats du 11-Septembre lorsqu’il a ridiculisé à la fois le discours sur ben Laden et celui de ben Laden. Après l’avoir ainsi vu se positionner contre le racisme et contre l’impérialisme, je l’ai vu s’opposer au sionisme. En 2005, je l’ai invité à la conférence Axis for Peace. Et c’est logiquement qu’à l’été 2006 j’ai envisagé avec lui d’organiser un voyage de leaders d’opinion au Liban pour y témoigner de ce qui s’y passait. En définitive, les personnalités qui s’étaient portées volontaires ont renoncé les unes après les autres à se rendre dans un pays en guerre. Lorsque le voyage a eu lieu, nous n’étions qu’un petit groupe et les hostilités venaient d’être interrompues.
Dieudonné n’est pas un politicien professionnel. C’est un bouffon qui se moque de nos incohérences et nous renvoie une image ridicule de nous-mêmes. Apparemment tout le monde n’a pas le sens de l’humour et n’accepte pas d’être remis en question par un saltimbanque. Il a fait à son tour l’objet d’une campagne de haine car le rire qu’il provoque met à mal l’hypocrisie et la langue de bois. Où qu’il se trouve, ses propos sont enregistrés et décortiqués. On leur attribue un sens répugnant en les sortant de leur contexte. Tout cela est bien loin de la démocratie.
Il m’a invité à son spectacle au Zénith. Je me suis trouvé assis au carré VIP parmi des personnalités de tous bords. Libération — qui avait publié 25 articles pour me descendre à la publication de L’Effroyable Imposture — a inventé de nouvelles âneries à cette occasion. Ce quotidien a prétendu à ses lecteurs que j’avais rejoint le Front National car j’avais serré la main d’un de ses députés européens ; le frontisme se transmettant probablement par simple contact cutané. Il s’agissait de Bruno Gollnisch que je croisais souvent par le passé au Parlement à Strasbourg ou à Bruxelles et que je respecte à la fois comme homme et comme élu du Peuple. Pour les fanatiques, la courtoisie est un crime, pour les démocrates c’est une vertu.
ReOpen911 : Permettez-nous d’insister, mais lorsque vous avez mené votre enquête au Liban, après les bombardements israéliens, pour écrire L’Effroyable Imposture 2, vous y êtes allés avec MM. Alain Soral et Dieudonné. À la fin de l’interview à la télévision syrienne que vous avez donnée en leur compagnie à cette occasion, Dieudonné a parlé de la présence de M. Le Pen au second tour des élections présidentielles comme d’une émancipation politique du peuple français. Il a par la suite demandé à Jean-Marie Le Pen d’être parrain au baptême de sa fille, ce que M. Le Pen a accepté. Et l’engagement de Soral au Front National est connu. Or les thèses remettant en cause la version officielle des attentats du 11/9 sont considérées par beaucoup à gauche comme étant celles de l’extrême droite antisémite. Vous devez donc être conscient du discrédit que votre apparition à la télévision syrienne jette sur votre personne et, par voie de conséquence, sur la remise en cause de la version officielle des attentats du 11/9 dans la gauche française. Pourquoi avoir néanmoins accepté cette compagnie au Liban et ensuite à la télévision syrienne ?
Thierry Meyssan : Permettez-moi également d’insister. Dans la vie, les mots et les actes des gens se contredisent souvent. Les actes sont plus importants que les mots. J’aurais aimé que beaucoup de leaders d’opinion nous accompagnent au Liban pour témoigner des crimes de l’armée israélienne. Ils ont eu peur et ne sont pas venus. Plus que des bombes, ils ont eu peur pour leur carrière, car l’agresseur c’était Israël. Dieudonné et Alain Soral étaient là, et c’est tout à leur honneur.
Il n’y avait alors que deux moyens d’entrer au Liban, soit par un vol civil britannique placé sous contrôle militaire de l’occupant israélien, soit par voie terrestre depuis la Syrie. Nous avons choisi cette seconde solution. À notre retour, la télévision syrienne a recueilli nos impressions, chacun s’exprimant comme témoin, à titre personnel. Je n’avais aucune raison de refuser de participer à cette émission alors que nous étions venus précisément au Liban pour témoigner de ce qui s’y passait.
Par la suite, Alain Soral a rejoint le Front National et il a présenté Dieudonné à Jean-Marie Le Pen avec lequel il s’est lié d’amitié. C’est étonnant, mais ça n’a rien de criminel. Qu’est-ce qui vous choque ? Que Jean-Marie Le Pen ait accepté d’être le parrain d’un enfant noir ? Ou, plus simplement, que les gens qui partagent notre analyse du 11-Septembre ne soient pas nos amis, mais des adversaires idéologiques ? Moi aussi, cela me perturbe.
Lorsque j’ai publié L’Effroyable Imposture, je m’attendais à des réactions selon le clivage droite-gauche, parce que j’avais toujours vécu avec. Je me suis rendu compte qu’une autre ligne de partage apparaissait, que j’avais des amis et des adversaires dans tous les camps. Je pense que nous devons tous nous repositionner en fonction de la question principale, celle de la souveraineté des peuples face à l’impérialisme. Je milite au PRG, le parti de Jean Moulin, l’homme qui coordonna la Résistance française face à l’invasion nazie. Je m’inspire de son exemple : il accepta de travailler avec tous ceux qui voulaient défendre la liberté, de l’extrême gauche à l’extrême droite. Il n’exclua que les individus et les groupes qui avaient participé à la guerre d’Espagne aux côtés des phalangistes et fait couler le sang des républicains. De même, je suis prêt à travailler avec tout le monde, à l’exception de ceux qui ont participé activement aux agressions impérialistes et fait couler le sang. Je pense aux sarkozystes qui ont envoyé les troupes françaises participer à la colonisation anglo-saxonne de l’Afghanistan.
Je suis étonné que vous soyez choqués par mes relations avec Alain Soral et Dieudonné, et que vous ne voyez rien à redire lorsque la totalité de la classe politique française se presse à des mondanités autour d’Al Gore ou de Condoleezza Rice. Qu’est ce qui est grave : témoigner des crimes israéliens au Liban ou semer la mort et la désolation de la Yougoslavie à l’Afghanistan ?
ReOpen911 : Pour terminer avec ce fameux voyage au Liban à l’été 2006, il vous a aussi été reproché d’être trop proche de la chaîne de télévision al-Manar, interdite en France (vous expliquez très bien dans quelles conditions dans EI-2), et un sympathisant du Hezbollah de M. Nasrallah, mouvement considéré par les médias occidentaux mais aussi par l’administration états-unienne, comme une organisation terroriste. Nous n’allons pas vous demander si vous êtes vous-même un terroriste, mais pouvez-vous expliquer votre position à nos lecteurs ?
Thierry Meyssan : Je ne suis pas simplement proche d’al-Manar, je prépare actuellement des émissions et des documentaires pour elle. Cette chaîne se définit comme la voix de la Résistance dans une région en guerre. Elle est devenue la seconde, en termes d’audience, dans le monde arabe. Contrairement aux allégations souvent colportées, elle n’a pas été interdite en France pour antisémitisme ainsi que le réclamait le CRIF, mais pour trouble à l’ordre public. Ce qui est injuste, mais pas faux car al-Manar pose un problème qu’il ne faut pas minimiser. Transposer en France sans explications les images de guerre du Proche-Orient, c’est introduire la guerre chez nous. On peut craindre que des Français découvrant soudain une réalité d’une extrême violence réagissent eux-mêmes d’une manière violente contre ceux qui en sont responsables et qui l’ont cachée. La solution n’est pas d’interdire al-Manar et de maintenir nos concitoyens dans l’ignorance, mais au contraire de les informer, y compris par le biais d’al-Manar, et d’ouvrir le débat démocratique. Le problème ce n’est pas al-Manar, mais le fait que la population française soit sous-informée sur le conflit au Proche-Orient, les médias ayant adopté la problématique sioniste et ne donnant la parole aux protagonistes que dans ce cadre biaisé.
Je vous ai dit que je ne connais pas d’autres limites à mes alliances que celles voulues en leur temps par Jean Moulin pour créer le Conseil national de la Résistance. Je me sens donc proche du Hezbollah en tant que principal réseau de résistance au Proche-Orient. Jadis, Charles De Gaulle et la Résistance française étaient considérés comme « terroristes » par les médias de la collaboration et par le Reich ; aujourd’hui, Hassan Nasrallah et la Résistance libanaise sont considérés comme tels par la presse occidentale et par l’empire états-unien. C’est dans l’ordre des choses. Vous n’avez pas de raison d’en être troublés.
J’éprouve beaucoup d’admiration pour Hassan Nasrallah, parce qu’il n’est pas simplement un grand résistant, mais parce qu’il a une vision claire du conflit et une pensée généreuse. Alors que beaucoup de Libanais se contenteraient de bouter l’occupant israélien hors du territoire et de régler divers problèmes bilatéraux, il ne se satisferait pas, lui, d’une paix qui laisserait des millions de non-Libanais dans le désespoir. De plus, il est conscient que la paix est impossible au Proche-Orient tant qu’y persistera l’apartheid, comme Nelson Mandela était conscient que la paix était impossible en Afrique australe tant que l’apartheid persisterait en Afrique du Sud.
Certains s’imaginent que, s’ils parviennent à libérer le Proche-Orient, Sayed Hassan Nasrallah et le Hezbollah imposeront une dictature religieuse. Ils pensent que je suis naïf et que je ne devrais pas m’acoquiner avec des fanatiques qui attendent sournoisement le moment pour écraser les mécréants comme moi. C’est prendre la propagande pour la réalité. La même propagande expliquait jusqu’à l’été 2006 que le Hezbollah était un groupuscule terroriste de moins de 500 combattants. Quand il a repoussé l’armée israélienne, il a fallu admettre que c’était une véritable armée soutenue par la majorité de la population, quelle que soit son appartenance ou sa non appartenance religieuse. Le Hezbollah, c’est un réseau de résistance à l’occupation militaire israélienne qui s’est formé au sein du mouvement social de Moussa Sadr, l’imam des pauvres. La seule comparaison contemporaine possible est avec les guérillas issues de la théologie de la libération en Amérique latine. Quand le père jésuite Camillo Torres dirigeait l’Armée nationale de libération en Colombie, il n’avait pas d’agenda caché pour instaurer une dictature religieuse. Il voulait simplement libérer son pays de l’impérialisme états-unien et des injustices sociales qu’il génère. Ce type d’accusation est un classique de la propagande : pendant des années, les médias occidentaux nous ont expliqué que Nelson Mandela voulait massacrer les Blancs et imposer une dictature communiste en Afrique du Sud. Aujourd’hui, les mêmes journaux célèbrent avec emphase son 90e anniversaire tandis que le président Bush s’est juste avisé, il y a quelques semaines, de le retirer de la liste des « terroristes » recherchés par les États-Unis.
ReOpen911 : Il est regrettable que le remarquable travail d’investigation et d’analyse géopolitique qui est le vôtre soit trop souvent discrédité jusque dans les milieux de gauche ou d’extrême gauche, pourtant au moins aussi anti-impérialistes que vous. Les sujets que vous abordez bouleversent tant les consensus habituels et vous déclenchez tant de polémiques qu’il devient difficile de discerner le vrai du faux concernant les bruits qui circulent sur vos sources d’information. Dans leur livre L’Effroyable Mensonge, Guillaume Dasquié et Jean Guisnel supposent que l’une de vos sources d’information sur le 11-Septembre serait Lyndon Larouche (par l’intermédiaire de Jacques Cheminade), qu’ils accusent d’appartenir à l’extrême droite. Larouche vous a-t-il réellement donné des informations sur le sujet ? Que pensez-vous de cette accusation fréquemment portée à son encontre d’appartenir à l’extrême droite ?
Thierry Meyssan : Nous revenons au processus de la diabolisation. Vous vous interdisez de penser quelque chose ou de discuter avec quelqu’un parce que vous craignez qu’il vous contamine. Vous vous interrogez sur l’origine de chaque idée avant de l’examiner. Vous enquêtez sur les relations de chaque personne à qui vous parlez pour vous assurer qu’elle n’est pas elle-même contaminée à son insu, comme le porteur sain d’une maladie. Finalement, votre paranoïa vous étouffe. Avant toute chose, désintoxiquez-vous, émancipez-vous.
Pour répondre à votre question, deux journalistes assurent dans un livre de commande que je serais un incapable et que L’Effroyable Imposture m’aurait été dicté par quelques individus, tous moins recommandables les uns que les autres. Parmi mes supposés mentors, ces journalistes imaginatifs citent le commissaire Hubert Marty-Vrayance que vous avez évoqué la dernière fois, puis Jacques Cheminade et Lyndon LaRouche que je ne connaissais pas à l’époque. Quelque peu surpris par cette élucubration, Jacques Cheminade m’a contacté à la parution de cet ouvrage. Je n’ai donné suite à son invitation qu’une fois le procès en diffamation contre ces auteurs terminé, c’est-à-dire deux ans plus tard. J’ai découvert un économiste de gauche, cultivé et généreux, avec lequel j’ai pris l’habitude de partager des analyses. Par la suite, il m’a présenté Lyndon LaRouche avec lequel j’ai moins accroché. J’ai lu les livres et les principaux articles qui les présentent comme des militants d’extrême droite camouflés, particulièrement le pavé de Dennis King, et j’ai pris le temps de vérifier les documents cités. C’est simplement idiot.
Personne ne m’a dicté ce que j’ai écrit, mais je n’ai pas pour autant le monopole de la lucidité. Bien d’autres personnes que moi ont compris dès le début que George W. Bush mentait à propos du 11-Septembre. Jacques Cheminade et Lyndon LaRouche sont de ceux-là, tout autant qu’Andreas von Bülow et bien d’autres.
ReOpen911 : Au cours de notre précédente interview, vous avez encore déclaré que « vous condamniez l’antisémitisme et le sionisme ». Si pour l’antisémitisme les choses sont claires, pour le sionisme, elles semblent l’être moins. Ce mot employé souvent par des gens qui n’en connaissent pas le sens exact ni la portée politique, fait référence à l’ensemble des tendances et sensibilités politiques de la communauté juive, laïque ou religieuse qui à partir de la fin du XIXe siècle ont milité pour la création d’un État juif.
Après la seconde guerre mondiale et la Shoah, les conditions issues du choc psychologique de cet effroyable événement ont poussé la "communauté" internationale et les Anglais, sous la pression des sionistes, à la création de l’État d’Israël en 1948. Le sionisme par là même aboutissait dans son combat. La formidable injustice faite au peuple palestinien à cette occasion a produit ce qui était prévisible sinon calculé : 60 ans de guerre et de haine, des milliers de morts.Aujourd’hui lorsque vous déclarez condamner le sionisme, devons-nous comprendre que vous appelez, à la déconstruction de ce que la communauté juive, laïque ou religieuse, d’extrême gauche à l’extrême droite, rassemblée par cette idée d’un État laïc pour le peuple juif a obtenu en 1948 ? Si la réponse est oui, pensez-vous que cet appel soit aujourd’hui une stratégie viable pour une paix durable ? Ne pensez-vous pas qu’un partage équitable de Jérusalem et la création d’un État palestinien sur un territoire viable serait une voie plus réaliste, le respect d’un principe d’équité fondement d’une paix durable ?Sinon qu’entendez-vous par « combattre le sionisme » ?
Thierry Meyssan :Premièrement, contrairement à ce que vous dites, et ainsi que je l’ai montré dans L’Effroyable Imposture 2, le sionisme n’est pas un mouvement nationaliste juif qui se serait développé au XIXe siècle en réaction à l’antisémitisme européen et aurait reçu l’appui de la communauté internationale après le massacre des juifs d’Europe par les nazis, comme on le prétend communément. La création de l’État d’Israël pour y regrouper les juifs dispersés est un projet des puritains anglo-saxons (appelés plus tard les "non-conformistes" et aujourd’hui les "évangéliques") depuis le XVIIe siècle. Ce projet a été inscrit par les Britanniques à l’ordre du jour de la conférence diplomatique de Berlin en 1878, contre l’avis des communautés juives d’Europe qui y étaient alors fermement opposées. C’est effectivement à partir de Theodor Herzl et de Zeev Jabotinsky que des juifs européens s’y sont progressivement ralliés. La Déclaration Balfour annonçant la création du "foyer national juif" en Palestine a été rédigée par le Royaume-Uni pour faciliter l’entrée des États-Unis dans la première guerre mondiale. Le président Wilson a alors confirmé que la création de l’Etat Israël (et de l’Arménie, mais c’est une autre histoire) étaient un des 14 objectifs de guerre des États-Unis. Si vous avez le moindre doute sur ces faits, je vous renvoie à mon livre où j’ai donné les références exactes de ces documents.
Cette mise au point est indispensable car on ne peut pas comprendre les relations actuelles de Washington et de Tel-Aviv et certains aspects de la politique internationale post-11-Septembre si l’on ne connaît pas la genèse réelle du sionisme.
Deuxièmement, à mes yeux, le problème actuel ne réside pas dans l’existence de l’État d’Israël, qui est devenu un sujet de droit international, mais dans la nature du régime politique en vigueur dans cet État. En 1947, la faction juive du mouvement sioniste était composée de nombreux groupes, inspirés par des idéologies diverses et antagonistes, mais en définitive, avec le temps, c’est la conception de la faction chrétienne du mouvement sioniste qui a façonné le régime politique de Tel-Aviv, comme elle avait façonné par le passé celui de Pretoria. Là encore, je vous renvoie à L’Effroyable Imposture 2, si vous ignorez l’histoire commune de l’apartheid sud-africain et de l’apartheid israélien.
Lorsque je vous ai dit, en tant qu’humaniste, combattre le sionisme, j’ai affirmé mon opposition résolue au système d’apartheid, rien d’autre. J’ai lu sur le forum de Reopen911 que l’un d’entre vous avait compris que je voulais éradiquer la population israélienne. C’est très insultant. Malheureusement, cela reflète le conditionnement auquel nous soumettent les grands médias. À les entendre, il n’y aurait que deux options : se résigner aux crimes de l’armée israélienne ou préconiser des crimes plus vastes encore ; il n’y aurait aucune possibilité de paix juste et durable. Ne vous laissez pas enfermer dans ces âneries.
Je reviens à mon propos. En l’état actuel des choses (et non pas au regard de la situation de 1947), je considère que la création d’un ou de deux États palestiniens à Gaza et en Cisjordanie privés des attributs de la souveraineté ne serait qu’une fiction, identique à celle des bantoustans d’Afrique du Sud, visant à la consolidation du régime d’apartheid. Je milite pour la reconnaissance de la citoyenneté israélienne des apatrides palestiniens, où qu’ils se trouvent, et la réforme du régime politique israélien sur la base "un homme, une voix". C’est de cette manière que le problème sud-africain a été résolu et c’est ainsi qu’une paix juste et durable peut s’installer au Proche-Orient.
ReOpen911 : Nous n’allons pas nous appesantir sur cette pratique qui tend à accuser (ou à laisser planer la suspicion) d’antisémitisme, puisque vous avez déjà répondu sur ce sujet. Cependant, vous voyagez beaucoup, partout dans le monde, et donc d’après votre expérience personnelle, est-ce là une pratique généralisée ou peut-on parler de spécificité française ?
Thierry Meyssan : Partout en Occident, le souvenir des crimes du passé nourrit une crainte de voir resurgir l’antisémitisme. Mais il n’y a qu’en France et dans les pays anglo-saxons que cette inquiétude légitime ait été instrumentée pour discréditer les dissidents politiques. Vous voulez interdire d’antenne un humoriste qui vous critique ou virer un dessinateur de votre journal ? Dites qu’ils ont la rage ou accusez-les d’antisémitisme.
ReOpen911 : L’Effroyable Imposture ayant été un succès planétaire, il vous a été reproché de vous être « enrichi sur la crédulité des gens ». Certes, nul n’a accusé M. Bernard Henri-Lévy de s’être enrichi grâce à son « romanquête » sur le journaliste Daniel Pearl, mais il était déjà richissime et extraordinairement influent. Peut-on savoir les bénéfices que vous avez personnellement tirés de la vente de ce best-seller ?
Thierry Meyssan : Comme je vous l’ai dit la dernière fois, mon éditeur français de l’époque, [Carnot], a été sollicité par des responsables états-uniens. Il a créé une filiale aux USA et y a transféré tous mes droits d’auteur sur l’édition française et les éditions étrangères dont il avait la charge. Puis, il a déposé son bilan en France et s’est enfui avec l’argent que j’avais gagné. Je n’ai donc jamais eu l’occasion de m’enrichir. Au demeurant, il faut être bien naïf pour croire que l’on puisse faire de l’argent en combattant l’empire états-unien.
J’ai néanmoins perçu quelques royalties avant sa faillite. Une fois payés les frais d’avocat, j’ai consacré la quasi-totalité de cet argent au Réseau Voltaire. Je vis de mon activité de journaliste dans des revues étrangères. Je n’ai ni propriété immobilière, ni voiture.
ReOpen911 : De même, qui finance le Réseau Voltaire ? Quel est son budget ? Le nombre d’employés ? Les méthodes de travail ?
Thierry Meyssan : Le Réseau Voltaire est exclusivement financé par ses lecteurs. Nous avons mis en place un système de dons en ligne qui offre des conditions maximales d’anonymat. Je me suis donc mis dans l’incapacité d’identifier les donateurs et je n’ai aucun moyen de les contacter pour les remercier. Nous touchons également une commission sur les livres vendus en ligne, bien qu’il s’agisse là plutôt d’un service aux lecteurs que d’une source de financement. Mais les petits ruisseaux font les grandes rivières.
Au cours des derniers mois, nous avons racheté du matériel. Dans la période actuelle, nos ressources financières sont insuffisantes et, outre les frais de documentation, sont entièrement absorbées par la maintenance technique des 12 sites Internet que nous éditons. Vous devez avoir en tête que des sites de cette taille coûtent cher.
Par le passé, nous avons eu des journalistes salariés. C’était malsain. On ne peut pas être salarié d’un réseau de résistance, fût-elle intellectuelle. Aujourd’hui, tous nos rédacteurs sont bénévoles.
Pour nous développer, nous devrions avoir des équipes de traducteurs permanents et un secrétariat pour la mise en ligne. Nous devons donc trouver d’autres sources d’argent. Nous voudrions mettre de la publicité sur Voltairenet.org, mais les annonceurs hésitent à mêler leur image à la nôtre. Évidemment pour une société qui a des intérêts aux États-Unis, c’est une mauvaise idée, mais pour ceux qui veulent percer sur les marchés arabes ou sud-américains, ce peut être au contraire très intéressant.
Nos méthodes de travail n’ont rien d’original, sinon que notre rédaction est éclatée dans plusieurs pays et que nous devons donc travailler avec des outils Internet adaptés. Ce qui est original, c’est le choix de nos sources et notre indépendance de pensée.
Après une année difficile, nous avons décidé de nous regrouper au Liban où plusieurs d’entre nous viennent de s’installer. Nous nous sommes placés au service de la Résistance et entendons poursuivre notre travail d’analyse et de prospective en étroit contact avec l’ensemble des formations anti-impérialistes, au Proche-Orient et partout ailleurs dans le monde.
ReOpen911 : A la suite de la publication de L’Effroyable Imposture, de votre point de vue, comment s’est mise en place la campagne de discrédit contre vous (et accessoirement votre présentation des faits) alors qu’au départ l’accueil semble avoir été plutôt neutre, voire assez bienveillant comme chez M. Thierry Ardisson (qui d’ailleurs par la suite invita M. Eric Laurent) ?
Thierry Meyssan : Dès sa parution, ce livre a été chroniqué à l’étranger de manière très positive, puis en France avec bienveillance. La campagne de dénigrement a été lancée simultanément par trois médias : la Radio télévision belge, Le Monde et Libération. Seuls les journalistes du Monde avaient lu l’ouvrage, ceux de la RTBF et de Libération n’avaient aucune idée de son contenu. Les autres ont embrayé en quelques jours.
L’identité et la simultanéité des arguments, alors même qu’ils n’ont aucun fondement, attestent que ces critiques ont été coordonnées. Selon le témoignage d’amis journalistes qui ont assisté à la préparation de ces papiers, une personnalité est intervenue auprès des rédactions de plusieurs médias en ce sens. Les autres ont suivi de manière grégaire. Cette personnalité est aujourd’hui un des proches collaborateurs du président Sarkozy.
On a oublié quels étaient les arguments principaux de cette campagne. Il y avait, nous venons d’en parler, l’accusation d’antisémitisme, et celle d’anti-américanisme, mais il y avait surtout des critiques sur mes sources d’information. On me reprochait d’avoir travaillé en équipe, de ne pas m’être déplacé personnellement sur le site du World Trade Center et sur celui du Pentagone et d’avoir sollicité mes collaborateurs aux États-Unis et dans d’autres pays. On me demandait qui j’étais pour avoir une telle équipe. Surtout, on me reprochait de donner en bas de page les URL des documents cités. En 2002, tous les documents officiels US étaient disponibles sur Internet, mais en France le Journal officiel n’existait encore qu’en version papier. Mes confrères ne savaient pas comment utiliser ce média et n’étaient pas capables de faire la différence entre une déclaration du président des États-Unis publiée sur le site de la Maison-Blanche et les délires d’un illuminé sur son blog. Pour eux, tout ça, c’était du pareil au même et ce n’était pas fiable. J’utilisais un outil étrange et cela leur paraissait déloyal.
ReOpen911 : A l’issue de cette campagne, vous avez décidé de changer de stratégie et d’aller à la rencontre des pays arabes ?
Thierry Meyssan : Non, au début ce n’était pas un choix. L’occasion s’est présentée. Au cours de cette campagne, j’ai été invité au centre Zayed, qui était à l’époque le think tank de la Ligue arabe à Abou Dhabi, puis j’ai été l’invité de la principale émission politique d’al-Jazeera. J’ai convaincu et cela m’a ouvert bien des portes.
Ne croyez pas que c’était facile. Si le public arabe était heureux d’entendre dire que des musulmans n’étaient pas responsables des morts du 11-Septembre, il protestait lorsque j’expliquais qu’Oussama ben Laden était un agent de la CIA chargé de provoquer le choc des civilisations. J’ai multiplié les débats publics avec des ambassadeurs, des généraux et des ministres. Je devais argumenter face à des contradicteurs autrement mieux informés sur ces sujets que les journalistes européens.
Cheikh Zayed, le président des Émirats arabes unis, a fait traduire mon livre. Il l’a imprimé et en a envoyé 5 000 exemplaires dédicacés aux principales personnalités universitaires et politiques arabes. J’ai mobilisé la Ligue arabe pour qu’elle propose à l’Assemblée générale de l’ONU de constituer une commission d’enquête internationale sur le 11-Septembre. Les États-Unis m’ont alors déclaré persona non grata, ils ont menacé les États membres de la Ligue arabe jusqu’à ce qu’ils renoncent au projet, et ils ont contraint le Centre Zayed à fermer et à licencier ses 140 chercheurs.
Ce que j’ai entrepris là est d’autant plus considérable que je l’ai fait seul. Je n’ai jamais exercé de fonctions officielles et je n’ai jamais été adossé à une institution. Je n’avais d’autre arme que la force de mes idées.
ReOpen911 : Parlons de la Russie. Pourquoi être allé « pactiser » avec la Russie de Poutine, où la liberté d’expression est très contrôlée (on pense par exemple à la mort de la journaliste Anna Politkovskaïa), la stratégie des opérations menées « sous faux pavillon » tout aussi connue (attaques « terroristes » tchétchènes de 1999, voire l’empoisonnement de M. Alexandre Litvinenko) et les intentions impérialistes tout aussi fortes que celles des États-Unis ? Quelles étaient alors vos intentions ? Quel est le niveau de connaissance des élites russes sur le sujet du terrorisme fabriqué ?
Thierry Meyssan : Si vous examinez un jour les trois faits que vous me citez avec autant de précision que la version bushienne du 11-Septembre, vous découvrirez que vous vivez dans un monde de propagande et que la version que vous en avez est tout aussi fausse.
Vous me dites que la liberté d’expression est très contrôlée en Russie. C’est vrai, mais c’est relatif. Elle l’est beaucoup moins qu’en France. Il est plus facile de critiquer Vladimir Poutine et Dmitry Medvedev dans les journaux russes que Nicolas Sarkozy dans la presse française.
Précisément, je me suis rendu compte que la presse française n’est pas libre. Ses journalistes s’interdisent de penser hors du conformisme ambiant. J’ai constaté le fantastique écho de mes travaux dans le monde arabe et je me suis décidé à mobiliser l’opinion publique internationale. J’ai donc pris l’initiative de poursuivre par la Russie. J’y conserve des contacts à haut niveau et j’écris régulièrement dans le principal hebdo politique et le mensuel féminin le plus diffusé.
Contrairement à votre préjugé, je ne pense pas que l’on puisse comparer la volonté de puissance des États-Unis à celle de la Russie. Washington prétend contrôler le monde global, Moscou ambitionne de restaurer son influence dans sa sphère linguistique et historique traditionnelle. Vous ne trouverez pas en Russie de projet comparable à celui du PNAC que vous avez traduit. Il faut l’admettre : les États-Unis veulent nous dominer, tandis que la Russie veut être notre partenaire. Les Slaves ne sont pas nos ennemis, ce sont nos frères. Ils sont beaucoup plus proches culturellement de nous que les États-uniens. Voltaire a vécu à la cour de Catherine II de Russie où le français était la langue officielle.
Il y a quelques jours, les États-Unis et Israël ont poussé la Géorgie à tuer les Russes d’Ossétie. Moscou a répliqué par une vaste opération militaire que la presse occidentale présente comme disproportionnée. En réalité, la Russie vient de sauver la paix mondiale, car si elle n’avait pas immédiatement stoppé l’agression, Washington et Tel-Aviv en auraient conclu qu’ils pouvaient se lancer dans la guerre qu’ils ambitionnent : la conquête de l’Iran, qu’ils ont préparée en occupant l’Afghanistan et l’Irak.
Les élites russes sont parfaitement conscientes de la réalité du 11-Septembre. Je vous renvoie à la préface du général Leonid Ivashov de la réédition française de L’Effroyable Imposture et du Pentagate. Jusqu’à présent, les élites russes ne voulaient pas en faire un sujet de polémique. Cela change : ne manquez pas la soirée que la première chaîne de télévision russe y consacrera le 9 septembre.
ReOpen911 : Même question avec une personne et un pays encore plus controversés : M. Mahmoud Ahmadinejad et l’Iran.
Thierry Meyssan : J’ai rencontré les principaux dirigeants iraniens des dernières années, mais pas le président Ahmadinejad et n’ai jamais demandé à le rencontrer. Ceux qui ont lu L’Effroyable Imposture 2 savent que je déplore sa stratégie : je pense qu’il devrait s’efforcer de faire baisser la tension dans cette région du monde au lieu de multiplier les provocations rhétoriques.
Au demeurant, la réalité de l’Iran n’a aucun rapport avec ce qu’en disent les médias occidentaux. On peut présenter la Révolution iranienne de manière négative tout autant que la Révolution russe ou la Révolution française. Mais ces événements ont émancipé des millions de gens à plus d’un titre.
Je vous choque et vous pensez que j’ignore la condition des femmes, des homosexuels ou des baha’is ? Pas du tout. Je vois le chemin qui a été accompli depuis le renversement de la dictature du Shah et l’expulsion des puissances coloniales. Contrairement à ce que prétend la propagande occidentale, les problèmes dont nous parlons ne sont pas dus à la Révolution islamique, ils sont bien antérieurs. La Révolution a réussi de grandes avancées sociales, auxquelles certains pays européens ne sont toujours pas parvenus, de la formation universitaire des femmes au remboursement de l’IVG.
J’ai autorisé les autorités iraniennes à publier mes livres en farsi sans droits d’auteur, à titre de contribution personnelle à la Révolution. Je participe presque chaque semaine à des émissions de radios ou de télévisions iraniennes, et je ne manque jamais une occasion de rappeler au public iranien l’intolérance et la violence qui persistent au sein de la société iranienne.
ReOpen911 : Comment s’est passé votre rencontre avec le Président du Venezuela, M. Hugo Chavez ?
Thierry Meyssan : Le Réseau Voltaire a agrégé de nombreux médias non alignés, particulièrement en Amérique latine. Les pages en espagnol de Voltairenet.org sont les plus lues et notre site est devenu la principale source indépendante en langue espagnole, si je mets de côté Rebelion qui est un portail et non une agence.
La plupart de nos responsables en Amérique latine ont des contacts fréquents avec le président Chavez, je ne l’ai rencontré pour ma part que brièvement, même s’il m’a fait l’honneur de me citer largement.
Vous semblez moins gênés par mes amitiés vénézuéliennes que russes ou iraniennes. Pourtant, Hugo Chavez aussi a été présenté dans la presse occidentale comme un dictateur antisémite et il a rapproché son pays à la fois de la Russie et de l’Iran. Il est vrai que, vu sa popularité dans toute l’Amérique latine, les accusations à son encontre n’ont pas marché.
ReOpen911 : Revenons en France, le gouvernement Sarkozy bénéficie de l’expertise de nos services de renseignement. Leur hiérarchie et leur organisation ont immédiatement subi de grands changements au lendemain des élections. La perception française des attentats du 11-Septembre (en assumant que le tandem Chirac/Villepin avait compris) a-t-elle évolué au sein de ces services et du cabinet Sarkozy et dans quel sens selon vous ? En clair, quel est votre avis, personnel, sur le niveau de connaissance du gouvernement Sarkozy au sujet de ce qui s’est réellement passé le 11-Septembre 2001 ?
Thierry Meyssan : Je ne pense pas que M. Sarkozy s’intéresse à savoir ce qui s’est réellement passé le 11-Septembre.
J’observe par contre qu’il écarte systématiquement tous ceux qui ont un avis dérangeant sur le sujet. Il a procédé à une véritable épuration au sein des services secrets extérieurs, des instituts de défense et de l’audiovisuel extérieur de tous ceux qui s’interrogeaient à voix haute sur le sens de l’opération de l’OTAN en Afghanistan et sur l’authenticité des liens supposés entre le 11-Septembre et ce pays. Il s’agissait de fonctionnaires qui se gardaient bien de professer des opinions dissidentes, mais qui avaient le tort de poser des questions légitimes.
Le président Sarkozy vient d’envoyer à la mort 10 jeunes soldats français en Afghanistan. Il justifie cela en reprenant à son compte le discours des néoconservateurs sur le 11-Septembre et la guerre au terrorisme. Ses arguments n’ont pas convaincu les militaires engagés dans cette opération, d’autant que ceux-ci voient très bien qu’ils ne luttent pas contre des « terroristes internationaux », mais contre une insurrection nationale. Le voilà donc qui se lance lui aussi dans le mensonge, allant jusqu’à reprendre le mythe (lancé par Laura Bush) des jeunes filles dont les « talibans » arracheraient les ongles parce qu’elles les ont vernis. Ce genre d’intox peut convaincre une opinion publique sous-informée aux États-Unis ou en France, mais pas les militaires en mission qui sont sur place. Au contraire, le recours si visible à la propagande ne peut que souligner à leurs yeux la mauvaise foi du président Sarkozy.
ReOpen911 : Qu’en est-il de l’élite diplomatique, journalistique et politique française ? Est-elle aussi désinformée que les citoyens français ?
Thierry Meyssan : Les élites ont les moyens de savoir si elles le veulent. Mais la plupart ne veulent rien savoir du tout. Elles préfèrent s’en tenir au confort du statu quo.
ReOpen911 : À votre avis, le mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre (9/11 Truth Movement) est-il suivi par différents services de renseignement dans le monde, et est-il considéré comme une véritable menace ou simplement comme marginal et minoritaire ?
Thierry Meyssan : Ce mouvement n’a rien de marginal. Il porte sur un point essentiel qui est un révélateur de tout un système. Comprendre le 11-Septembre, c’est retrouver l’esprit critique et découvrir que nous vivons dans un monde de mensonges. C’est par voie de conséquence remettre en cause tous les dogmes de notre époque, y compris les préjugés que vous avez cités à propos de la Russie ou de l’Iran. C’est aussi remettre en cause le bien-fondé de tout ce qu’a permis le 11-Septembre : les guerres en Afghanistan et en Irak, les lois anti-terroristes, les enlèvements de la CIA, la torture, etc.
Bien sûr que le mouvement pour la vérité est suivi par les services de renseignement de nombreux États. Comprendre le 11-Septembre, c’est redevenir un esprit libre. Cela a de quoi inquiéter les partisans de l’empire et conforter ceux qui lui résistent.
source: reopen911.info
publié par veda

















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Commentaires
#1 Ecrit par dual, mardi 2 septembre 2008 à 08:38 XX.XX.215.56
Merci à toi Veda et à Thierry Meyssan dont la foi ne vacille pas..

J'aime cet homme.. D'ailleurs quel beau visage que le sien !
#2 Ecrit par veda, mardi 2 septembre 2008 à 09:23 XX.XXX.37.50
J'ai toujours aimé sa façon de s'exprimer: dans la mesure, dans la justesse, sans débordement. L'argumentaire et le dialogue priment. Un homme qui n'a pas peur de ses idées et convictions. Il ne s'est jamais renié pour avoir une vie moins ballottée. Je partage entièrement son approche voltairienne. C'est ce qui nous manque beaucoup aujourd'hui dans ce monde divisé.
Un grand monsieur à mes yeux. Bravo pour sa force intérieure.
J'espère que beaucoup comprendront ce qu'il veut dire quand il parle d'un monde de mensonge. Certains n'ont même pas idée jusqu'où cela va...
Cordialement.
#3 Ecrit par karen, mardi 2 septembre 2008 à 09:34 XX.XXX.206.169
Pour le "monde de mensonges", Véda, heureusement que certains, et même beaucoup ! n'ont aucune idée de jusqu'où cela va...
Je renvoie au dernier livre, dont j'ai fait mention ici déjà : "VERITES CACHEES,CONNAISSANCES INTERDITES"
#4 Ecrit par dual, mardi 2 septembre 2008 à 09:40 XX.XX.215.56
#5 Ecrit par veda, mardi 2 septembre 2008 à 09:47 XX.XXX.37.50
Tu veux dire quoi Karen? Qu'il est recommandé que les gens restent ignorants et ne fassent pas d'effort?
J'avais lu un bouquin intéressant de Steven Greer.
Dans un registre similaire un livre sympa:
Nous ne sommes pas seuls dans l'espace (Broché)
de Gordon Cooper.
Gordon Cooper fut l'un des sept astronautes du groupe baptisé « The Original Seven » constitué dans le cadre du programme Mercury.
#6 Ecrit par guy, mardi 2 septembre 2008 à 10:51 XX.XXX.57.133
Je lis T. Meyssan depuis des années, voilà un vrai journaliste pas un Vendu aux forces de l'Ombre, un homme sain d'esprit et courageux.
je ne peux que vous conseiller ses analyses, c'est du beau boulot !
#7 Ecrit par altaïr, mardi 2 septembre 2008 à 11:20 XX.XXX.118.201
Dualité quand nous tient ..........
Un ptit tour ici et cela ira mieux, peut etre ......
Message de l'archange michaël
lundi 1 septembre 2008 à 07:14
#8 Ecrit par karen, mardi 2 septembre 2008 à 11:21 XX.XXX.206.169
héhé véda, bien sûr que non !!!
Je voulais simplement dire que l'écoeurement, l'incompréhension et donc le désespoir en résulteraient....
#9 Ecrit par illusions, mardi 2 septembre 2008 à 11:25 XX.XXX.118.201
Quelle prétention que de croire que certains êtres sont indignes de vous et freinent votre évolution !
ETC
#10 Ecrit par etc, mardi 2 septembre 2008 à 11:34 XX.XX.215.56
#9 Ecrit par illusions

Altaïr, que viennent faire ces deux citations (contradictoires) dans un article sur la lucidité et l'esprit critique ? Faudrait-il laisser les coudées encore plus franches aux mafieux sous prétexte (encore un, décidément...) de ne "pas juger" ?
Et puis ces histoires de Xème dimension, va en parler à ceux qui crèvent des agissements des gouverneurs et autres empereurs !
#11 Ecrit par m-agni-fique, mardi 2 septembre 2008 à 11:41 XX.XX.210.94
pas seulement de vos compagnons terriens ... c'"est pourquoi l'illusion est multidimensionel , c'est un effet du jugement de l'ego .. toute les dimension du plus dense au plus subtil son un "effet" du jugement de l'ego .. se sont réelement des -projection- inconsciente de l'ego .. allez a la source .. changer la cause .. seul reste le present-universel
#12 Ecrit par altaïr, mardi 2 septembre 2008 à 11:43 XX.XXX.118.201
Dévoiler certains agissements c'est une chose et juger en est une autre.
Ou est le respect des chemins de vie des autres ?
Ou est votre veritable amour de tous ?
Là encore il sagit de chemins de vie. La compassion est une chose, s'apitoyer en est une autre.
Ah pour ta gouverne je suis administrativement sdf, par choix.
Namasté
#13 Ecrit par karen, mardi 2 septembre 2008 à 11:50 XX.XXX.206.169
pourquoi vous mettez vous en colère ?????
#14 Ecrit par etc, mardi 2 septembre 2008 à 11:52 XX.XX.215.56
Ou est le respect des chemins de vie des autres ?
Ou est votre veritable amour de tous ?
Où vois-tu des jugements ? De l'apitoiement ?
Oh, ton "Ah pour ta gouverne je suis administrativement sdf, par choix." vaut mon "va en parler à ceux qui crèvent des agissements des gouverneurs et autres empereurs"
Et sdf, l'as-tu déjà été, cher "administrateur" ?
#15 Ecrit par veda, mardi 2 septembre 2008 à 11:56 XX.XX.69.4
Que sais-tu de la douleur des êtres qui sont conscients d’avoir involué et qui, par leur énergie négative, aident à évoluer ceux qui sont en évolution exponentielle ? Cet état de fait est certainement plus difficile à vivre que celui du messager qui prépare le chemin en aplanissant les aspérités égotiques d’endroits ou de lieux où doit arriver un être ou une énergie plus puissante.
Je comprends l'idée derrière. On est tous des parcelles divines sans exception mais attention de bien comprendre le sens de la vie. Etre dans le non jugement, dans l'amour c'est ne pas laisser quelqu'un torturer un autre...Ton devoir c'est d'améliorer ta vie et le sens dans ce monde pour élever l'expérience.
C'est pas accepter tout et n'importe quoi. C'est exactement ce qu'attende ceux qui te manipulent : ne rien faire, tout est parfait, reste dans le rang et n'essaye pas d'améliorer quoique se soit, on s'en charge.
Avec cette citation tarabiscotée, je vais me laisser aller à mes pulsions noires: violer, torturer et assassiner des enfants comme ça :
Ben voyons c'est plus dur d'être le bourreau que la victime
Comme ça j'en tirerai toute la gloire d'avoir aider à évoluer ceux qui sont en évolution exponentielle. Malin mais tordu. Masturbation intellectuelle qui amène juste à la procrastination. Comprendre le sens des réalités supérieures et le non jugement dans l'absolu n'amène pas à l'irresponsabilité. La vie est synonyme d'implication qu'on le veuille ou non ou qu'on s'en cache par commodité. le Karma sera là pour te le rappeler sinon.
héhé véda, bien sûr que non !!!
Je voulais simplement dire que l'écoeurement, l'incompréhension et donc le désespoir en résulteraient....
Ok Karen mais c'est peut-être le meilleur cadeau qu'on puisse leur faire ou qu'ils peuvent se donner.
Mieux vaut une bonne désillusion douloureuse pour ensuite une renaissance.
Plutôt que de se conforter dans l'illusion vita-eternam, de continuer à errer avec souffrances et caravanes sans maitrise de sa vie.
#16 Ecrit par guy, mardi 2 septembre 2008 à 12:11 XX.XXX.57.133
T. Meyssan dévoile la vérité sur les actualités de notre planète. Il n'y a pas de jugement mais un constat des faits et des manipulations.
A partir d'une information juste, chacun orientera sa vie où il doit aller.
Le mensonge permanent des médias officiels n'a guère d'intérêt dans l'évolution humaine, surtout quand nous le finançons contre notre gré.
#17 Ecrit par karen, mardi 2 septembre 2008 à 12:22 XX.XXX.206.169
Ok avec toi véda, sauf que parfois il faut être "prêt" pour encaisser certaines vérités...

"Ne pas donner de perles aux pourceaux," n'est-ce-pas ???
Je reste néanmoins convaincue bien sûr, qu'il faut toujours aider dans le sens de l'évolution, de ce qui est juste, et faire de son mieux.
Ne pas "condamner" les Etres, mais les comportements.Donc pas de jugement de l'Etre.
Dire les choses est important mais toujours en tenant compte de qui est en face de soi, sinon cela peut faire aussi des dégâts!
#18 Ecrit par karen, mardi 2 septembre 2008 à 12:26 XX.XXX.206.169
Guy, pour ce qui est des actualités de notre planète, évidemment,il s'agit de constat.

Un exemple récent, de ce soir : une chaîne de télé a relaté l'incident d'un coq mort jeté dans la piscine d'un acteur de ciméma français connu. Cela déclenché un remue-ménage pas possible ! or en fait, il s'agissait d'une statue .....
C'est anodin, certes, mais on peut imaginer ce que ça donne à une autre échelle.
#19 Ecrit par veda, mardi 2 septembre 2008 à 12:28 XX.XX.69.4
D'accord avec toi Guy.
ça dépend à quel niveau on se place :
Il a un intérêt de principe car il répond à l'inconscience et au niveau d'expérience de l'humanité. Le mensonge environnant induit la manipulation et l'expérience ensuite de son affranchissement. C'est une expérience à une plus haute échelle qui nous grandit. C'est un intérêt lié à l'inconscience et il reste temporaire. Le but est d'en sortir à terme.
Dès qu'on en est conscient, l'intérêt est de ne plus en avoir et les valeurs changent de niveau
Il est dans notre intérêt supérieur de ne pas vivre ce mensonge (c'est déjà un autre niveau car tu en as alors conscience)car in finé nous ne sommes pas destinés à être des esclaves manipulés. En ce sens alors le mensonge n'a pas ou n'a plus d'intérêt.
Dans l'absolu le mensonge est rattaché au niveau de l'expérience. Pas au niveau de la nature intrinsèque de chaque être vivant/divin.
#20 Ecrit par etc, mardi 2 septembre 2008 à 12:28 XX.XX.215.56
ps: il y a des "caravanes" heureuses qui maitrisent !
pour pas cher, "sdf" par choix.. qui
calme la colère justifiée qui sourd...
#21 Ecrit par m_agni_fique, mardi 2 septembre 2008 à 12:33 XX.XX.210.94
parce que la politique est un fo probleme ..
#22 Ecrit par m-agni-fique, mardi 2 septembre 2008 à 12:35 XX.XX.210.94
en reponse a karen :
#23 Ecrit par altaïr, mardi 2 septembre 2008 à 12:44 XX.XXX.118.201
Karen, il n'y a pas de colere.

Je blame personne pour avoir un autre regard sur les jeux de cette dimenssions. J'ai connu cela.
Aujourd'hui mon regard est autre et je n'ai nul envie d'un retour en arriere.
Ne pas juger ne veut nullement dire approuver ou participer.
Mes choix, ma vie et ma vision des evenements de ce monde sont miens et je n'ai rien à imposer ni meme besoin ou desir de convaincre.
Tout est bien meme si cela semble folie de dire cela.
Tous les chemins menent à Rome dit on. Il en est de meme des chemins de vie.
Bien, mal sont des notions relatives qui sortent de mon cadre et cela me convient.
Ce monde n'est qu'un vaste champs d'experiences de dualité et toutes les experiences sont autant de connaissances emmagasinés pour tous les mondes.
Amusez vous bien, pour moi c'est le cas.
Namasté.
Les synchronicités et l'abondance sont entrées dans ma vie, je vous en souhaite tout autant.
#24 Ecrit par veda, mardi 2 septembre 2008 à 12:46 XX.XX.69.4
Bien sûr Karen.

C'est en fonction des gens en face de moi. Je ne cherche même pas à éveiller sur un sujet quand je sens que je pourrais lui donner toutes les preuves du monde qu'il s'y refuserait. C'est d'ailleurs marrant le mécanisme de défense psychologique inconscient qui se met en action: c'est toujours le même. Il n'est tout simplement pas près pour ouvrir les yeux sur ça à cet instant. Tu ne peux pas forcer. Il s'agit je pense de sentir ce qui est approprié. Parfois il faut être ferme et bousculer un peu l'autre quand on sent que ça lui apporte quelque chose. Il est déstabilisé mais intègre quelque chose même s'il se rendort sur ce sujet.
C'est le cas typique sur le 11 septembre qui est une brèche merveilleuse pour inciter les gens à repenser leur monde.
J'en ai même vu qui ont sciemment ouvert les yeux pour ensuite sciemment les refermer et oublier. C'est plus confortable et l'illusion est dense.
En fonction des gens, il faut les consoler, les réconforter. Pour d'autre, il faut se montrer ferme, les bousculer. Voir ce qui est approprié. Allez dans le sens du poil ou consoler n'est pas forcement la meilleur preuve d'amour pour l'autre. Parfois c'est le contraire justement car on le "conforte" dans son illusion.
Si la vie a tendance à nous bousculer parfois ça n'est pas pour rien si on en a besoin: c'est pareil
#25 Ecrit par karen, mardi 2 septembre 2008 à 12:47 XX.XXX.206.169
voui, voui ....

#26 Ecrit par etc, mardi 2 septembre 2008 à 12:54 XX.XX.215.56
Une chose est sûre, Veda, tu maitrise parfaitement
le verbe aussi !
#27 Ecrit par karen, mardi 2 septembre 2008 à 13:10 XX.XXX.206.169
Tu ne savais pas, "etc" que véda est un
?

#28 Ecrit par veda, mardi 2 septembre 2008 à 13:44 XX.XX.69.4
ou peut-être juste beau parleur

En même temps je suis un peu comme Altaïr. Je le comprends. Même si je ne refuse pas de tendre la main parfois quand quelqu'un vient et peut trouver de l'aide par ce que je sais.
Je considère aussi que tout est approprié et parfait, que l'expérience est parfaitement adéquate. Je cherche personnellement à être plus conscient et libéré de mes entraves mais en terme d'action et d'apport concret aux autres je me dis que ça ne sert à rien car tout est approprié pour l'expérience de chacun et que je ne fais que perpétuer l'expérience alors en interagissant.
En même temps je me dis qu'il nous faut agir car en tant qu'entité au sein de l'humanité, nous avons tâche de participer et de nous réveillez mutuellement si nous voulons franchir le palier supérieur sans sombrer encore pendant des éons.
J'imagine que ce paradoxe se résoudra quand je serais libéré grandement de moi-même. Je trouverais naturellement ma place, le rôle qui me plait et ça s'inscrira, se conjuguera je pense naturellement avec un apport direct pour l'autre. Mais pas la peine de forcer les choses si on ne le sent pas. Sentir ce qui est bon sur le coup, le moment présent
#29 Ecrit par etc, mardi 2 septembre 2008 à 14:07 XX.XX.215.56
Tu ne savais pas, "etc" que véda est un
Ah mais si, à vrai dire, et maintenant que j'ai quelques éléments,
je me suis reconnu, quadripède du milieu, sur les photos,
c'était dans deux des dernières vies,
l'une de moujik, l'autre de prince,
de Veda, où je l'ai rencontré...
En tous cas, c'est bien agréable de te connaitre (un peu, un peu mieux), j'aime quand tu te dévoiles ...
#30 Ecrit par altaïr, mardi 2 septembre 2008 à 14:26 XX.XXX.118.201
J'imagine que ce paradoxe se résoudra quand je serais libéré grandement de moi-même. Je trouverais naturellement ma place, le rôle qui me plait et ça s'inscrira, se conjuguera je pense naturellement avec un apport direct pour l'autre. Mais pas la peine de forcer les choses si on ne le sent pas. Sentir ce qui est bon sur le coup, le moment présent
Cette planete est comme marecage embrumé (et pas qu'un peu), sorte de goudron qui colle aux pattes et se hisser hors de ce bourbier n'est pas chose facile.
Et pour compliquer le tout, certains singenient à corcer la chose (mensonges, manipulations etc) la signature de bien des politiciens et soit auttres soit disant specialistes et teneurs de verités et de solutions merdiques.
Et chaque nouveau venu (bébé) est rapidement propulsé dans le bourbier de gres ou de force.
En Inde par exemple, le jeux des castes lui font comprendre que c'est ainsi, point final.
Et je parle pas de la place des femmes dans ce monde en general.......
#31 Ecrit par veda, mardi 2 septembre 2008 à 14:47 XX.XX.69.4
faudra vraiment un grand coup de pied dans ce machin pour le briser
Ah ben tu vois qui si même tout est parfait et approprié, tu as quand même envie d'élever le niveau de l'expérience
@etc
A toi aussi tu étais un vil moujik
Je sais que j'ai une affinité (récente en vies antérieures) avec cette partie du monde (d'autre aussi bien sûr). Quand j'étais tout jeune je baragouinais souvent du pseudo-russe. J'aime les pays de l'est et je sais pas pourquoi. Beaucoup de gens des pays de l'est sont venu à moi dans ma vie et y'a des détails à côté qui font tilt. Mon ex-copine avec qui j'ai vécu 4 ans était originaire d'un pays de l'est etc, etc..
#32 Ecrit par jpv, mardi 2 septembre 2008 à 14:54 XX.XX.210.94
oui puisque ce a quoi tu resiste persiste ...
c'est le jeu de la dualité , de l'ego .. on resiste , sa persiste .. sa resiste .. on persiste .. ect..
jp
#33 Ecrit par altaïr, mardi 2 septembre 2008 à 15:09 XX.XXX.118.201
Ben quitte a me repeter et ne pas etre cru, c'est pas mon cas.
Comme d'autres je suis juste de passage. Je ne suis pas de cette humanité.
On m'a traité de con depuis 50 ans que je le dis mais c'est ainsi.
Je comprends que cette humanité est besoin d'aide, et c'est peu dire.
Sans aide exterieur, mon constat serait qu'il faudrait des eons pour sortir cette planete de son enfer, a moins que l'humanité ne se soit exterminé avant.
Et c'est bien parce que cette planete est en danger et que le Sans Nom a des vues de splendeurs pour Urantia, qu'ils y a interventions exterieurs meme en incarnations.
Va falloir la secouer fermement la bouteille d'orangina pour en decoller la pulpe.........
J'attends avec impatience le debut des festivités.
Et dire qu'il y a autonomie des etres en 5D est une erreur.
Hierarchie, gouvernement et Lois seront au programme mais d'un autre niveau.
Quand cela va commencer, les Oasis (en 4D) sauront accueillir les candidats a une vie 5D (avec corps) au moment ou chacun sera apte, donc individuellement et son temps.
Il y a des criteres qui doivent etre obligatoirement integrés pour une admission de vie 5D.
#34 Ecrit par veda, mardi 2 septembre 2008 à 15:13 XX.XX.69.4
Avoir un regard lucide sur la création humaine et le niveau de densité, ne veut pas dire resister.
ça s'applique à tes pensées obsessionnelles, à tes peurs, émotions liées à ce sur quoi tu te focalises au sens de l'"attachement".
Le but me semble t'il est simplement de maitriser nos créations, nos pensées. Faut pas que de telles maximes deviennent un argument de fuite et de complaisance qui répond à tout sans rien dire et penser.
#35 Ecrit par etc, mardi 2 septembre 2008 à 15:19 XX.XX.215.56
#31 Ecrit par veda
Le peuple et les artistes, auteurs, (à une époque j'ai dévoré la littérature russe) acteurs, danseurs, chanteurs, musiciens russes, slaves en général, m'ont toujours touché intensément, je ressens fort "l'âme russe"... et mes origines actuelles sont beaucoup à l'Est qu'au Sud, même si chaque peuple me touche dans sa spécificité culturelle, j'ai aussi une attirance et des "échos" pour les pays de l'Est... (Aussi...pour avoir d'une façon "innée" dans l'enfance, entonné des polyphonies mongoles, je crois avoir vécu aussi parmi cet autre peuple que j'aime...)
De plus la beauté slave est à mes yeux stupéfiante.
L'ÂME RUSSE
D'abord, ce qui m'a frappé le plus : les russes ont des consciences moins individualistes que les nôtres, il y a chez eux un souci d'aider les proches, de rendre service, une solidarité beaucoup plus grande. Donc ce n'est pas un hasard si le concept de "société collectiviste" a vu le jour dans ce pays, elle s'est développée sur un terrain fertile ici plus qu'ailleurs. Le mal vient de ce qu'en ont fait les tyrans au pouvoir, et c'est uniquement cela que l'on retient de cette expérience malheureuse. Je pense qu'il y a dans l'esprit slave un sens de la solidarité, un sens de la collectivité inné qui nous dépasse. Les choeurs russes, qui atteignent la quintescence de leur art, en sont pour moi une parfaite illustration, leurs chants vous prennent, vous font vibrer d'émotions, les voix semblent s'harmoniser et comme entrer en résonnance pour n'en faire plus qu'une.
Ensuite, j'ai senti chez les russes deux sentiments contradictoires par rapport à leur patrie : à la fois une fierté profondément enracinée, un sens de la grandeur du pays, et à la fois un fatalisme et un pessimisme en train de ronger cette fierté nationale. Dans le passage suivant, Soljénitsyne réagit contre cette perte de la conscience nationale :
"La Russie sous l'avalanche" - A. Soljénitsyne - Ch 27
Ce n'est pas directement, ce n'est pas par décret que le patriotisme russe est interdit, mais c'est tout comme, on y est presque. Des forces importantes, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, sont mobilisées pour nous priver, nous autres russes, de notre personnalité.
Et nous ? Nous nous y soumettons. Sous l'avalanche de notre défaite du XXe siècle, notre volonté de défendre notre identité, notre particularité, notre spiritualité propre s'est affaissée. Nous sommes nous-mêmes très, très responsable de notre décadence.
Souvenons-nous de Gogol : "Grande est l'ignorance de la Russie au sein même de la Russie." Souvenons-nous aussi d'Ivan Aksakov (dans son discours sur Pouchkine) : "La somme de nos infortunes et de nos malheurs ne tient-elle pas à la faiblesse de la conscience historique russe, à l'atonie du sens historique chez nous tous, aristocrates comme démocrates ?"
Le plus pénible est l'absence chez les russes d'aujourd'hui de la conscience de leur unité, si faiblarde depuis toujours. Alors que la majorité des peuples de la Russie se trouvent dans le malheur, beaucoup se maintiennent encore grâce à leur union et aux efforts de leur gouvernement local. Le peuple russe, lui, se trouve dans la pire des situations, car dans l'enchaînement de nos déperditions, nous avons égaré la ligature salvatrice qui nous reliait les uns aux autres, et, avec elle le sentiment de notre place dans le pays.
Notre conscience nationale est tombée en léthargie.
Nous sommes à peine vivants : entre la morne amnésie par derrière nous et les signes menaçants de notre disparition par devant.
Pour conclure, une citation péchée dans "l'Idiot" de Dostoïevski : "Celui qui a renié sa patrie, celui-là a aussi renié son Dieu ! "
Je crois très fort que le peuple russe reprendra foi en son pays.
Si ma mémoire est bonne, Tolstoï fut moujik.
#36 Ecrit par veda, mardi 2 septembre 2008 à 15:23 XX.XX.69.4
Comme d'autres je suis juste de passage. Je ne suis pas de cette humanité.
l'humanité, physiquement à des origines extraterrestres. Au niveau de l'âme en même temps que vos vies simultanées, on a un autre vécu stellaire. En ce sens tout le monde est en transit et à un "chez-soi" plus exotique. Certains peuvent ressentir cette nostalgie de leur origine stellaire. L'un n'empêche pas l'autre.
Néanmoins nous faisons l'expérience de cette humanité à ce niveau donc nous en faisons parti avec plus ou moins d'historique c'est tout.
#37 Ecrit par etc, mardi 2 septembre 2008 à 15:27 XX.XX.215.56
я тебя люблю Vefa
#38 Ecrit par veda, mardi 2 septembre 2008 à 15:36 XX.XX.69.4
@etc


Ahh l'Ame Russe! Cette culture et cette sensibilité ne font toujours vibrer. Quel héritage au cours des siècles! Je comprends très bien ce que tu veux dire. On oublie trop leur héritage et le lien séculaire qu'il y a par exemple entre la France et la Russie. Mes amis russes de passage me manquent parfois
Merci pour ce texte de Soljénitsyne
#39 Ecrit par altaïr, mardi 2 septembre 2008 à 15:37 XX.XXX.118.201
Et je dis que cette "verité" communement repandue est fausse.
Oui il y a un grand avenir pour les Slaves, et une nouvelle terre va emmerger dans le nord.
#40 Ecrit par veda, mardi 2 septembre 2008 à 15:40 XX.XX.69.4
possible
#41 Ecrit par etc, mardi 2 septembre 2008 à 15:41 XX.XX.215.56
#42 Ecrit par veda, mardi 2 septembre 2008 à 16:04 XX.XX.69.4
Comme je les aime bien et que je me sens proche, je souhaite qu'ils participent à leur manière comme tous les autres peuples d'ailleurs avec leur sensibilité et leurs particularités.
Indirectement, vous pouvez pas savoir comme ils nous aident par rapport à la crise en Géorgie. S'ils n'avaient pas osé mettre un hola c'était le feu vert rapide pour Israël et les USA contre l'Iran notamment.
Merci etc c'est bien trop gentil.
#43 Ecrit par etc, mardi 2 septembre 2008 à 16:31 XX.XX.215.56
Merci etc c'est bien trop gentil.
***
Juste Vrai, humble Veda ! D'ailleurs..:
Le Véda (devanāgarī : वेद - sanskrit : « connaissance », « qui a été vu ») est un ensemble de textes (appelés « Véda ») de la religion indo-aryenne, issus de la Shruti, Révélation à l'origine du védisme, religion mère de l'hindouisme. Les hindous pensent que les Véda existent depuis toujours, et pour toujours, se transmettant de bouche à oreille, de brahmane en brahmane, et les considèrent comme la
« connaissance révélée ». Les Écritures sacrées de l'hindouisme (Véda) comprennent : Samhitâ, Brâhmana, Âranyaka, Upanishad, Rig-Véda, Yajur-Véda, Sâma-Véda, Atharva-Véda.
La partie la plus ancienne, le Rig-Véda, daterait de 1800 à 1500 av. J.-C. (mais la transmission orale serait bien plus ancienne).
La compilation de ces textes est attribuée au sage Vyāsa. Les parties les plus récentes des Véda dateraient de 500 av. J.-C..
Les Véda constituent sans doute le corpus de connaissance le plus ancien que l'on connaisse et sont la base de la littérature indienne. Ils traitent d'astrologie, d'astronomie, de rituel, et comment ceux-ci se relient à la vie spirituelle de l'humanité.
#44 Ecrit par emilia, mercredi 3 septembre 2008 à 00:42 XX.XXX.144.173
François Feldman à une très jolie chanson qui rend hommage à l'âme slave
http://fr.youtube.com/watch?v=Ur6wCTZFJDw
8+4
#45 Ecrit par blablabla, mercredi 3 septembre 2008 à 04:04 XX.XXX.62.75
Ni moujik, ni quadripède, moi j'étais tsar. rien que ça....
Non en fait, l'aristocratie (ou oligarchie ou nomenclatura). Je me sens proche de l'aristocratie russe dans le coeur, ce qui fait au final quelqu'un qui n'était pas forcément fréquentable ..... Ni moujik, ni quadripède, mais un péteux aristocrate (qui tient en grand respect Tolstoï). La paradoxe de cette noblesse "russe", humaniste, dictateur éclairé à la catherine russe, très proche, jaloux et protecteur du contrôle total de leur pouvoir, aimant le peuple (mais sans les débordements). Beaucoup de contradiction dans ces personnages. du positif et du negatif. Je ne porte aucun jugement sur la russie d'hier (de ses paradoxes) de la russie d'aujourd'hui (de ses ambivalences). juste un grand soulagement que 70 ans de communisme sont derrière. Le sentiment d'une très très grande lourdeur de cette époque. (c'est la seule chose que je ne veux pas)
la photo que j'ai prise est une photo floue et c'est volontaire. Le passé doit rester passé et flou et peu m'importe ce qui a pu être. Les images passentmais ce qui restent prégnant est l'amour. des pensées y retournent mais à des occasions rarissimes, voire exceptionnelle même si ce n'est pas le bon terme. J'adore l'aristocratie russe et je suis aussi très critique. Je sais très bien leurs beautés et toutes leurs fautes..pas de développement.
Il y a des films qui sont sortis en occident. On y montre les milieux mafieux russes....Ca m'amuse beaucoup parce que c'est excessivement restrictif. C'est beaucoup plus vaste que ça. aucune envie de donner une visite guidée de ce pays sur un forum public. Il y a des gens franchement qui auraient mieux fait de rester cantonné dans "leur pays" au lieu d'exhiber une inculture crasse une fois de plus.
La chanson de françois feldman est belle. C'est bien joué d'avoir retrouvé celle-ci. Seul défaut: pas suffisemment slave ou "russe" à mon goût. Je n'y ressens rien. dommage. quand l'âme de la personne/chanteur n'est pas de là-bas. oui effectivement ça sonne creux. mais ça reste une chanson très agréable à écouter (et très mélodiquement commerciale).
Que le passé s'estompe. Pour l'analyse de la justesse politique du présent, "véda" et autre commentataires ont dit ce qu'il y avait à dire et qui est évident à mes yeux. Mes affinités/attachement sont moins fortes que ceux de cette personne. Nous nous serions rencontrés là-bas dans cette contrée...je vous aurais tous SNOBE....même emilia et françois feldman....
Je n'avais pas l'intention de m'exprimer sur la russie. En tout cas je n'y suis pas aujourd'hui. Je le regrette (il ya "beaucoup" d'âme en france en affinité avec ce monde. j'en fais partie et je peux être fermement exclusif quand nécessaire. Je n'aime pas les aculturations à l'endimanchement à des fins d'opportunisme politique. c'est lourd c'est lourd. De toute façon, tout est extrêmement lourd.
En tout cas, les derniers films sur la "mafia russe" m'ont fait rire. Ca manque vraiment de développement. toujours à côté de la plaque malheureusement. c'est pénible, pénible, pauvre. Enfin ne parlons plus. Bonne journée à tous.
J'aime bien la toque en fourure et la lourde fourure autour du coup. C'est un personnage que j'ai joué sur la scène de théâtre il y a un an. Je snobais les autres personnes. Les gens ont été AHURIS par le réalisme. C'était amusant.
Mais je sais bien que tout est grave: la "russie" d'hier, aujourd'hui, les géopolitiques aujourd'hui. J'ai envie de m'effondrer. mais je ne m'effondre pas. et peu importe. sinon thanks pour la chanson de françois feldman. un peu de culture sirupeuse, creuse, c'est TRES TRES reposant.
#46 Ecrit par emilia, mercredi 3 septembre 2008 à 05:01 XX.XXX.144.173
Ben moi je pense que tu ne m'y aurais pas rencontrée car je ne suis pas du tout, du tout attirée par la Russie !
Mais j'aime beaucoup la chanson de François Feldman !
P.S :
No comment !
4+10
#47 Ecrit par b-y-etc, mercredi 3 septembre 2008 à 05:24 XX.XX.215.56
Léon Nikolaïévitch Tolstoï
(1828-1910) Léon Nikolaïévitch Tolstoï naquit à Iasnaïa-Poliana, domaine de sa famille, gouvernement de Toula. Il appartenait à la plus haute noblesse de l’empire; le nom des Tolstoï apparaît souvent avec honneur dans l’histoire militaire et diplomatique de la Russie. Son grand-père avait été maréchal de la Cour et ambassadeur à Paris auprès de Napoléon 1er. Son père, officier, fut fait prisonnier par les Français, en 1814 ; rentré en Russie après 1815, il quitta l’armée et vécut en gentilhomme campagnard dans ses domaines.
Léon Tolstoï fit ses études à l’Université de Kazan. En 1851, il choisit, pour faire son service, un régiment du Caucase, où son frère occupait déjà un grade. C’est alors qu’il écrivit son premier ouvrage Enfance, puis les Cosaques. De sa campagne en Crimée, il tira son troisième ouvrage: Sébastopol. Démissionnaire après la paix, il voyagea en Allemagne, en Suisse, en France, puis il rentra à Iasnaïa-Poliana, et ne cessa guère d’y vivre pendant tout le reste de sa longue existence. Il publia un certain nombre de nouvelles, puis ses grands ouvrages : La Guerre et la paix (achevé en 1872), Anna Karénine (1877) et Résurrection (1900).
Cependant une révolution morale et religieuse se faisait dans l’esprit de Tolstoï. Ses conversations avec des paysans mystiques tels que Sutaïev et Bondarev, lui inspirèrent un grand nombre de brochures ou d’articles. Il voulait, mais sa femme s’y opposa ainsi que ses enfants, distribuer ses terres aux paysans. Il fabriquait lui-même presque tout ce dont il avait besoin, comme vêtements, chaussures, etc. Sa religion parut subversive et le Saint-Synode excommunia Tolstoï, en 1901. Mais il continua à répandre en Russie ses théories, et à mener personnellement la vie d’un moujik. Parmi ses œuvres de propagande signalons: Ma confession (1879-82); En quoi consiste ma foi? (1888); Le salut est en vous (1894); Trois paraboles (1904); Qu’est-ce que l’art? (1905), etc.
Russie.net, le Web franco-russe
#48 Ecrit par vue, mercredi 3 septembre 2008 à 08:03 XX.XX.19.114
#49 Ecrit par b.y.etc, mercredi 3 septembre 2008 à 08:07 XX.XX.215.56
Programme « MK ULTRA »
Ces expériences faisaient partie du fameux programme « MK ULTRA » conduit sous la direction du U.S. Central Intelligence Agency (C.I.A.) dans les années 50 et 60, exposé dans les médias américains ainsi qu’aux audiences du Congrès des États-Unis dans les années 70. Les patients étaient brutalisés et mutilés au moyen de drogues, de chocs et de lobotomies alors que Cameron cherchait un moyen de « désarranger » et « re-programmer » le mental humain.
« Ce n’étaient pas des expériences criminelles que d’utiliser les gens comme cobayes, » déclara en 1984 au Montreal Gazette, Heinz Lehmann, psychiatre collègue de Cameron.
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