Dieudonné : en france, rosa parks n’a toujours pas droit à une place de bus !
Miss Rosa Lee Parks, 1913 -2005
La mère des droits civiques des Noirs américains se retournerait dans sa tombe, si elle pouvait savoir que son combat n’a toujours pas résolu le problème de la ségrégation entre les Hommes, pour occuper un siège. Cette couturière, qui incarna la lutte anti-appartheid non violente, n’avait rien d’une militante dangereuse. Lorsqu’elle ne voulut pas céder sa place à un Blanc, elle le fit sans violence et posa une simple question de bon sens aux officiers de police venus l’arrêter :
- « Pourquoi tant de persécutions ?”.
Question qui entraina une réponse émanant certainement d’un brave homme, obligé d’exécuter une injustice :
-”Je l’ignore, mais la loi est la loi et je vous arrête ».
Un jeune révérend de 26 ans, nommé Martin Luther King, fut ému par l’arrestation de Rosa Parks dont il admirait le courage et la dignité. Il organisa alors, le boycott des bus de la compagnie ségrégationniste. Son appel fut entendu, et la clientèle Noire, plutôt que de rester debout dans un bus, décida de se déplacer, désormais, uniquement à pied. Le boycott dura 380 jours et fut très largement suivi. Des taximans Noirs se proposèrent comme compagnie de transport de substitution, mais ils furent vite sanctionnés et la pratique déclarée illégale…Cependant, le manque à gagner de la compagnie de bus dont 3/4 de la clientèle était Noire fut tel, que la Cour Suprême des Etats-Unis déclara en 1956, soit un an après l’arrestation de Rosa, que la ségrégation dans les bus était, dorénavant, jugée anticonstitutionnelle. A Montgoméry, la ville natale de Rosa, l’ amendement appliquée à ces lois locales qui obligeaient les Noirs à se contenter des “colored places “, soit 2 sièges à l’arrière du bus, à se lever pour laisser la place à un Blanc et à ne jamais s’asseoir à côté de celui-ci, permis l’égalité des Blancs et des Noirs devant un siège libre. Une petite place revendiquée si justement qu’elle fut une véritable avancée dans l’histoire de la lutte contre l’oppression des minorités.
D’ailleurs, Madame Christiane Taubira, à l’origine de la loi 21 mai 2001, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crimes contre l’Humanité, ne s’y est pas trompée lorsqu’elle répond aux questions d’un journaliste d’Afrika.com, à propos de l’histoire de Rosa Parks :
-”… Sa pensée était simple et claire, un matériaux précieux pour la lutte populaire. J’ai pour elle une grande reconnaissance politique. J’ai très vite compris que ce geste n’était pas fortuit. Il a attiré mon attention sur les combats des Afro-américains et des Africains des Caraïbes…C’est un acte grandiose, d’une étoffe humaine extraordinaire. Il est beaucoup plus mobilisateur que les grands actes faits par les géants… ».
Et c’est vrai que ce sont tous ces petits pas héroïques qui font avancer l’Humanité, car Rosa Parks n’était pas la première à s’être rebellée. En 1892, un passager métisse, Homer Plessy, assis dans un train, refusa de céder sa place à un Blanc. Le procès qui s’ensuivit et qui l’opposa à la compagnie de chemins de fer, se conclua par la création de la loi « séparés mais égaux », rendant officielle la ségrégation raciale aux Etats-Unis…Mais ce n’était que partie remise pour la justice immanente, car la révolte de Rosa Parks pris de l’ampleur même si les racistes qui l’ont fait condamner ne se sont pas contentés du verdict officiel du tribunal. Elle perdit son emploi, et son mari fut également licencié. Le couple, harcelé et menacé, fut même obligé de déménager dans le Nord des Etats-Unis, moins racistes que le Sud…
Malgré tout, le mouvement antiségrégationniste était né, et après Martin Luther king, c’est Malcom X qui pris le relais jusqu’à ce que en 1964 l’ abolition de la ségrégation raciale aux Etats-Unis fut actée dans le “Civil Rights Acts”. Quarante-cinq ans plus tard, les Américains élisent le président Barak Obama et n’ont pas oublié la jeune Miss. Rosa Parks est aujourd’hui honorée au Etats-Unis et on trouve de nombreuses marques symboliques de la postérité de son geste, dans des rues, de places ou des écoles à son nom.
Depuis, aux Etats-Unis, un Noir assis dans un bus, à la place éventuelle que pourrait occuper un Blanc, n’est plus considéré comme troublant l’ordre public.
En France, un autocar du nom de la célèbre désobéissante, est arrêté régulièrement ou empêché de passer devant des immeubles administratifs, qu’il doit contourner, sur ordre de l’Elysée. Le ” bus Rosa Parks ” n’a-t-il pas droit à une place pour conduite désordonnée ? Nul ne l’a jamais constaté mais, en tous cas, Laurent Cathala, le maire de Créteil vient de prendre un arrêté municipal ségrégationniste historique, interdisant le stationnement des Bus ( de Dieudonné NDLA), dont l’un d’eux avait prévu de s’arrêter, ce 20 mai, dans sa ville. Le bus dans lequel Dieudonné devait donner une conférence-débat, à défaut de salle n’avait plus, par ordre du pouvoir local, le droit à aucune place de stationnement dans toute la ville de Créteil. Aucune exception tolérée, même pour une urgence physiologique…Tout ça à cause du risque, invisible mais tellement pratique, de trouble public… Mais ces délimititations de zones interdites ne sont-elles pas plutôt possibles, exclusivement, parce-que Monsieur Laurent Cathala, juge et partie, maire et député, à les pouvoirs de l’abus ? Ceux de l’interdit injustifié et du combat électoral déloyal, tout ça dans un contexte frisant l’illégalité, copie confome de la ségrégation parfaite…
“Dans le champ des sciences sociales, la ségrégation désigne tout phénomène évolutif ou tout état de séparation de groupes ethniques ou sociaux, à l’échelle infra-urbaine, urbaine, régionale ou nationale, confirmée ou favorisée éventuellement par la loi (ségrégation d’État), légitimée socialement, et qui conduit à la formation d’aires ségréguées, de territoires hétérogènes et d’espaces-frontières
Des voix se sont levées pour refuser cette dérive totalitaire et ont accompagnés, malgré tout, ” Le Rosa Parks bus” à pied, afin de soutenir l’artiste persécuté qui a refusé de céder sa place, en restant pacifiquement dans son bus, garé au lieu-dit : “emplacement de parking”.
Si Rosa Parks était encore vivante, je crois bien qu’elle aurait protesté calmement et qu’à défaut, si on l’avait empêchée de circuler librement dans un bus, parce-qu’elle aurait été considérée comme une sous-citoyenne à la conduite désordonnée, à cause de son origine ethnique, de son sexe, de ses opinions politiques ou de sa confession religieuse, elle n’aurait pas renoncé à retourner à pied, après son passage obligé au poste, pour reprendre sa place dans un car, quoiqu’il puisse lui en coûter…Question de dignité.
source: agoravox.fr















Ecrit par veda, 25 mai 2009 à 10:27
Si Rosa Parks était encore vivante, je crois bien qu’elle aurait protesté calmement et qu’à défaut, si on l’avait empêchée de circuler librement dans un bus, parce-qu’elle aurait été considérée comme une sous-citoyenne à la conduite désordonnée, à cause de son origine ethnique, de son sexe, de ses opinions politiques ou de sa confession religieuse, elle n’aurait pas renoncé à retourner à pied, après son passage obligé au poste, pour reprendre sa place dans un car, quoiqu’il puisse lui en coûter…Question de dignité.