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- Ce que la loi prévoit et ce que l’étude a réellement trouvé
- Comment et pourquoi les additifs migrent dans le poisson ?
- Emballages « compostables » et substituts chimiques : une fausse garantie
- Pourquoi les produits non conformes arrivent-ils jusqu’aux rayons ?
- Que pouvez-vous faire au quotidien pour réduire votre exposition ?
- Quel rôle pour les autorités et l’Union européenne ?
- Quels risques pour la santé et quelle prudence adopter ?
- Que retenir sans alarmisme ?
Malgré l’interdiction des phtalates et du bisphénol A dans les emballages alimentaires, une étude récente met au jour la présence de ces substances dans des barquettes de poisson vendues en Espagne en 2025, soulevant des questions pratiques pour les consommateurs et pour la régulation européenne.
Ce que la loi prévoit et ce que l’étude a réellement trouvé
En 2022 l’Espagne a adopté une loi visant à interdire certains phtalates et le bisphénol A dans les matériaux en contact avec les aliments. Pourtant, des analyses menées par l’IDAEA-CSIC et l’Université de Florence ont détecté ces mêmes composés dans des barquettes commercialisées en 2025. Les tests ont été réalisés dans des conditions proches de la conservation domestique : 48 heures au réfrigérateur (+4°C) et 30 jours au congélateur (-18°C). Ces résultats montrent un écart entre l’ambition réglementaire et la réalité sur le terrain.
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Comment et pourquoi les additifs migrent dans le poisson ?
Les phtalates et les bisphénols sont des plastifiants et additifs qui ne sont pas chimiquement liés au polymère d’origine. Dans la pratique, ils peuvent migrer du matériau d’emballage vers l’aliment, en particulier lorsque le produit est gras ou que les conditions favorisent la diffusion. L’étude indique une migration importante vers les poissons gras comme le saumon, et une moindre mais notable migration vers des poissons maigres.
Le froid ralentit les processus chimiques, mais il ne les annule pas. Les expériences menées à +4°C et -18°C montrent que la conservation réfrigérée ou congelée ne garantit pas l’absence de migration au fil du temps.
Emballages « compostables » et substituts chimiques : une fausse garantie
Certains emballages dits « écologiques », à base de cellulose, se sont révélés porteurs de plastifiants en quantité parfois supérieure aux plastiques conventionnels. Des produits de substitution comme le DEHA ont été identifiés et migrent fortement vers les aliments gras, selon l’étude. Ces alternatives, présentées comme conformes, peuvent donc poser des questions de sécurité si leur innocuité n’a pas été pleinement évaluée.
Pourquoi les produits non conformes arrivent-ils jusqu’aux rayons ?
Plusieurs facteurs expliquent cette situation : manque de contrôles préalables systématiques, capacités limitées des laboratoires publics pour analyser toutes les références, et contournements éventuels par l’importation d’emballages depuis des pays où la législation diffère. L’étude pointe aussi la difficulté technique et économique évoquée par l’industrie pour remplacer certains additifs, ainsi que des stratégies commerciales qui exploitent les failles du système de vérification basé sur des déclarations de conformité.
Que pouvez-vous faire au quotidien pour réduire votre exposition ?
- Préférez, lorsque c’est possible, les produits en vrac, les conserves en verre ou les poissons vendus sans emballage plastique : moins d’interface plastique = moins de source potentielle de migration.
- Évitez de recongeler plusieurs fois un produit déjà emballé dans du plastique et, si vous transférez le poisson, utilisez des contenants en verre ou en métal adaptés au froid.
- Privilégiez les emballages clairement étiquetés pour contact alimentaire et méfiez-vous des mentions « compostable » sans information sur les tests chimiques réalisés.
- Consultez l’étiquetage et les informations de traçabilité du produit lorsqu’elles sont disponibles ; en cas de doute, demandez au vendeur des précisions sur l’emballage.
- Pour les personnes particulièrement préoccupées (femmes enceintes, jeunes enfants), envisagez de varier les sources de protéines et de limiter la consommation répétée d’un même produit susceptible d’être contaminé.
Quel rôle pour les autorités et l’Union européenne ?
Les autorités nationales et européennes doivent non seulement définir des interdictions mais aussi assurer des contrôles effectifs. La Commission européenne travaille sur une révision des règles relatives aux matériaux en contact avec les aliments, et le cas espagnol renforce les arguments en faveur d’une harmonisation plus stricte et de contrôles obligatoires avant commercialisation. Les défis comprennent la nécessité d’analyses coûteuses, la coordination entre États membres et l’évaluation des substituts chimiques proposés par l’industrie.
Quels risques pour la santé et quelle prudence adopter ?
Les chercheurs rappellent que le problème vient des substances présentes dans les emballages et non du poisson en tant qu’aliment nutritif. Les phtalates et certains bisphénols sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens et ont été associés, dans la littérature scientifique, à des effets potentiels à long terme. Cela dit, l’évaluation précise du risque dépend de l’exposition cumulée et des particularités individuelles. Si vous avez des inquiétudes particulières (grossesse, enfant en bas âge, pathologie), demandez conseil à un professionnel de santé ou à un diététicien.
Que retenir sans alarmisme ?
Adopter des gestes simples au quotidien peut contribuer à réduire l’exposition aux composés migrateurs. En parallèle, la mise en œuvre effective des interdictions et le contrôle des matériaux en contact avec les aliments restent des enjeux collectifs. Poursuivre la diversification alimentaire, privilégier des contenants alternatifs quand c’est possible et exiger davantage de transparence sur la composition des emballages sont des démarches utiles pour les consommateurs attentifs à la qualité de leur alimentation.












