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#1 19-10-2007 08:33:46
- Angeline
- Être Humain

- Date d'inscription: 08-06-2007
le secret de la vie
Henri Gougaud
COMMENT VIEUX-PERE ET VIEILLE-MERE CACHERENT LE SECRET DE LA VIE
Sachez qu’aux premiers temps Vieux-Père et Vieille-Mère, après avoir créé animaux et forêts, se mirent en devoir de pétrir l’être humain. Ils façonnèrent un corps doué de quatre membres, un visage à sept portes par où entendre, voir, sentir et savourer, ils lui donnèrent un cœur, un esprit conquérant.
Quand tout fut comme il faut : Voilà, dit Vieille-Mère, un admirable enfant.
Mais il n’est pas complet.
Il nous faudrait placer quelque part dans son corps sa conscience divine.
Où la mettrons-nous, Vieux-Mari ?
Vieux-Père un long moment se gratta la crinière, puis il grogna et répondit :
Mieux vaudrait la cacher. Certes, l’homme est un dieu, puisqu’il est né de nous. Mais le savoir divin est précieux et fragile. Je crains de le laisser au turbulent caprice de notre premier fils et des fils de ses fils. Tels que je les pressens, ils le gaspilleront, l’abîmeront peut-être. À bien y réfléchir, je préfère cacher leur conscience divine à la cime du mont le plus haut d’ici-bas. Ainsi elle sera protégée des mauvais usages possibles, et nous pourrons dormir sans souci excessif.
Vieille-Mère se prit à rire : Oh Vieux-Père ! Oh naïf ! Je connais mes enfants, mon cœur sait tout déjà de leurs folies futures ! Ils grimperont un jour sur tous les monts du monde.
Avant qu’il soit midi dans la vie de la Terre, ils la découvriront, leur conscience divine ! Vieux-Père soupira, puis il grogna deux fois et répondit enfin : Femme, tu as raison. Il nous faut un abri moins venteux, moins visible. Je déposerai donc cet infini savoir au fond le plus profond du plus vaste océan, chez les poissons aveugles. Nos fils n’iront jamais dans ces trous sans soleil.
- Mon pauvre vieux mari répondit Vieille-Mère, quel candide tu es ! J’ai porté nos enfants, je connais leur grandeur. Un jour, ils bâtiront des vaisseaux prodigieux. Il n’est pas une pierre au fond de l’océan qu’ils ne retourneront pour voir ce qu’elle cache. Ils la découvriront leur conscience divine ! Vieux-Père fit la moue, demeura silencieux quatre ou cinq millénaires, enfin grogna trois fois, l’œil soudain allumé.
- Au cœur le plus brûlant du désert le plus nu, dit-il, content de lui. Là ils ne viendront pas. Là leur divinité pourra vivre tranquille, intacte, inexplorée.
- As-tu donc réfléchi si longtemps pour cela ? répondit Vieille-Mère. Oh, fou attendrissant ! Connais-tu bien tes fils ? Un jour, dans le désert ils planteront des tours, des cités, des jardins, des télescopes bleus, des arrosoirs géants !
Ils domestiqueront le sable et le soleil. Un marmot trouvera un matin, sous son pied, leur conscience divine, et tu seras le seul à t’en éberluer !
Vieux-père se sentit soudain désemparé. Il resta rechigné quelques années-lumières, enfin leva le front, et que vit-il, à l’est, par la lucarne ouverte ? Le soleil qui sortait des brumes de la nuit. Un arbre s’ébroua dans le matin naissant, une feuille tomba dans le ruisseau fringant qui traversait le pré. Vieux-Père rit enfin. Il dit à Vieille-Mère : Regarde la lumière. Sait-elle qu’elle brille ? Regarde le ruisseau. Que sait-il de la soif ? Dans le souffle et le sang de tes fils, vieille femme, au tréfonds de leur être, au plus chaud de leur cœur je dissimulerai leur conscience divine. Et comme le soleil ignore son éclat, comme l’eau ne sait pas qu’elle donne vie au monde, nos fils ignoreront cette divinité lumineuse et féconde dont je les ai pétris.
Vieille-Mère un moment resta le regard vague, puis elle hocha la tête et répondit pincée : La cachette est subtile. J’avoue que pour le coup nos fils auront du mal à trouver son chemin. Et tandis que Vieux-Père allait à son jardin, elle cogna l’air du poing sur le pas de la porte et dit pour elle seule, avec une vaillance à nouveau jubilante : Oh, ils y arriveront. Je connais mes enfants, c’est moi qui les ai faits.
Il leur faudra du temps, mais confiance, confiance !
Source : nouvellesclés.com
Rien ne meurt jamais, tout se transforme !
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#2 19-10-2007 08:37:20
- Karen
- Être Humain

- Date d'inscription: 30-05-2006
Re: le secret de la vie
Oh! merci Angeline pour ce texte de Henri Gougaud...un merveilleux conteur et écrivain. Je le connaissais, mais ne m'en lasse pas !
Son ouvrage '"initiatique" LES SEPT PLUMES DE L'AIGLE est un petit bijou....

karen 
L'instant est un atome d'Eternité
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#3 19-10-2007 10:08:40
- nina
- Être Humain

- Date d'inscription: 08-10-2007
Re: le secret de la vie
OUI,OUI ENCORE....
TRES BELLE CETTE HISTOIRE.....
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#4 19-10-2007 14:26:50
- Emilia
- Être Humain

- Date d'inscription: 06-12-2006
Re: le secret de la vie
MERCI Angéline 
OUI , j'ai aussi déjà lu cette histoire quelque part 

au tréfonds de leur être, au plus chaud de leur cœur je dissimulerai leur conscience divine.
ce que la chenille appelle mort, le papillon l'appelle renaissance
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#5 20-10-2007 12:49:02
- Angeline
- Être Humain

- Date d'inscription: 08-06-2007
Re: le secret de la vie
Henri Gougaud est un merveilleux conteur en effet, vous pouvez lire beaucoup d'autres de ses contes tous aussi beaux sur le site du magazine Nouvelles Clés.
Il y a une autre rubrique que j'aime beaucoup, celle de Bernard Montaud. Il y raconte les aventures de César et Jacques, un sage et un apprenti-sage...
Voici l'histoire que je préfère
Bernard Montaud
LA FORCE DES MAINS
Il arriva qu’un jour... Jacques et César se promenaient dans les bois autour de Sauveterre lorsqu’un chevreuil surgit soudain à quelques mètres d’eux sur le chemin. Rencontre magique ! Le vieil homme s’arrêta net, tendant les mains presque instinctivement vers l’animal. Il y eut alors quelques minutes immobiles où ils se scrutèrent l’un l’autre jusqu’au fond de l’âme. Et puis l’animal paisiblement s’en alla. Encore sous le charme de cet instant et se retournant pour parler à son vieil ami, Jacques le surprit à nouveau en arrêt devant une épilobe des bois.
Incroyable ! Il la caressait, peut-être même lui parlait-il à voix basse ! Ils reprirent leur chemin, et Jacques ne cessait d’épier ce bougre d’homme du coin de l’oeil.
Comment regardait-il le monde, pour être aussi simplement heureux ? Pour le jeune homme, cette promenade était certes très agréable, mais il n’y avait pas de quoi s’extasier outre mesure.
Sa réflexion devint plus incisive. Où vivait César, dans quelle contrée existait-il pour aimer une fleur ou un chevreuil de la sorte ? Et comme lui-même devait être infirme pour seulement passer à côté des choses pendant que le vieil homme se réjouissait de tout !
Jacques se trouva soudain estropié en réjouissances ordinaires, et alors qu’il allait poser une question à César, une nouvelle fois le vieil homme s’arrêta, cette fois devant un buisson d’églantine sauvage, dont il se mit à caresser la chevelure.
- Sais-tu mon Jacques, lança-t-il à voix basse, l’églantine a besoin de la main du jardinier pour devenir rosier ! Seulement par la grâce de cet amour de la main, la rose va éclore, pour le séduire en retour.
Jacques regarda ses mains empotées au bout de ses bras, ses mains taries de caresses.
De plein fouet il se mesura analphabète de la tendresse ! Immédiatement il lui revint l’ambiance familiale, où son père et sa mère ne se touchaient jamais.
Il lui revint un petit garçon chétif assis au milieu de ces deux-là, trop accaparés par leurs soucis respectifs pour avoir le temps de s’étreindre. Il en était là, quand César s’arrêta une nouvelle fois. Peut-être pleurait-il déjà, peut-être le vieux magicien avait-il perçu la peine de son jeune ami ? Toujours est-il qu’il se retourna tout net devant Jacques, immobile, le fouillant de part en part, avec son regard bleu chargé d’une patience infinie.
- Dis donc, mon Jacques, tu sais, l’homme aussi peut devenir un magnifique rosier, si on sait par où le caresser !
- Tu sais, César, répondit Jacques en sanglotant, je... heu, je...enfin, oui, je voulais te dire, je ne sais pas me servir de mes mains comme toi, parce que vois- tu... moi je suis un ancien petit garçon qui n’a jamais été pris dans les bras de sa maman... jamais ! jamais ! répéta-il en pleurant.
César s’avança, ouvrit les mains comme avec le chevreuil, et prit le jeune homme dans ses bras avec une infinie douceur. Jacques pleura longuement de cette étreinte, comme si par-dessus le temps il se lavait de toutes les souffrances du petit garçon.
Et puis il se calma, retrouvant le sourire et la paix. César, en lui passant les mains sur le visage, lui murmura alors à l’oreille :
- Tu vois, l’homme aussi peut devenir un rosier magnifique, rien qu’avec la force d’amour des mains magiques !
Rien ne meurt jamais, tout se transforme !
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