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#1 23-10-2007 00:41:05
- yaris
- Être Humain

- Date d'inscription: 31-05-2007
Dédicace pour qui m'est cher
Merci d'être là....
Phil Collins
Another Days In Paradise
She calls out to the man on the street, sir, can you help me?
It's cold and I've nowhere to sleep, is there somewhere you can tell me
He walks on, doesn't look back, he pretends he can't hear her
He starts to whistle as he crosses the street, seems embarassed to be there
Oh, think twice, it's just another day for you and me in paradise
Oh, think twice, it's just another day for you, you and me in paradise
Just think about it
She calls out to the man on the street, he can see she's been crying
She's got blisters on the soles of her feet, she can't walk, but she's trying
Oh, just think twice, it's just another day
paradise
Oh yes, think twice, it's just another day for you, you and me in paradise
Just think about it, aha, just think about it
Oh Lord, is there nothing more anybody can do
Oh Lord, there must be something you can say
You can tell by the lines on her face, you can see that she's been there
Probably they moved on from everyplace, 'cos she didn't fit in there
Oh yes, think twice, it's just another day for you and me in paradise
Oh yes, think twice, it's just another day for you, you and me in paradise
Just think about it, aha, just think about it
It's just another day for you and me in paradise
It's just another day for you and me in paradise
It's just another day for you and me in paradise
It's just another day for you and me in paradise
It's just another day for you, it's another day for you and me
It's another day for you and me in paradise
In paradise, oho, oho, oh yeah
Dernière modification par yaris (23-10-2007 00:43:20)
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#2 23-10-2007 00:59:34
- Emmanuel G.
- Être Humain
- Date d'inscription: 22-11-2006
Re: Dédicace pour qui m'est cher
Merci d'être, Yaris.





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#3 23-10-2007 02:27:16
- Asulf Thorvald
- Être Humain

- Date d'inscription: 13-10-2007
Re: Dédicace pour qui m'est cher
Amour
Amour! "Loi", dit Jésus. "Mystère", dit Platon.
Sait-on quel fil nous lie au firmament? Sait-on
Ce que les mains de Dieu dans l'immensité sèment?
Est-on maître d'aimer? pourquoi deux, êtres s'aiment,
Demande à l'eau qui court, demande à l'air qui fuit,
Au moucheron qui vole à la flamme la nuit,
Au rayon d'or qui veut baiser la grappe mûre!
Demande à ce qui chante, appelle, attend, murmure!
Demande aux nids profonds qu'avril met en émoi
Le coeur éperdu crie: Est-ce que je sais, moi?
Cette femme a passé: je suis fou. C'est l'histoire.
Ses cheveux étaient blonds, sa prunelle était noire;
En plein midi, joyeuse, une fleur au corset,
Illumination du jour, elle passait;
Elle allait, la charmante, et riait, la superbe;
Ses petits pieds semblaient chuchoter avec l'herbe;
Un oiseau bleu volait dans l'air, et me parla;
Et comment voulez-vous que j'échappe à cela?
Est-ce que je sais, moi? c'était au temps des roses;
Les arbres se disaient tout bas de douces choses;
Les ruisseaux l'ont voulu, les fleurs l'ont comploté.
J'aime! -- O Bodin, Vouglans, Delancre! prévôté,
Bailliage, châtelet, grand'chambre, saint-office,
Demandez le secret de ce doux maléfice
Aux vents, au frais printemps chassant l'hiver hagard,
Au philtre qu'un regard boit dans l'autre regard,
Au sourire qui rêve, à la voix qui caresse,
A ce magicien, à cette charmeresse!
Demandez aux sentiers traîtres qui, dans les bois,
Vous font recommencer les mêmes pas cent fois,
A la branche de mai, cette Armide qui guette,
Et fait tourner sur nous en cercle sa baguette!
Demandez à la vie, à la nature, aux cieux,
Au vague enchantement des champs mystérieux!
Exorcisez le pré tentateur, l'antre, l'orme!
Faite, Cujas au poing, un bon procès en forme
Aux sources dont le coeur écoute les sanglots,
Au soupir éternel des forêts et des flots.
Dressez procès-verbal contre les pâquerettes
Qui laissent les bourdons froisser leurs collerettes;
Instrumentez; tonnez. Prouvez que deux amants
Livraient leur âme aux fleurs, aux bois, aux lacs dormants,
Et qu'ils ont fait un pacte avec la lune sombre,
Avec l'illusion, l'espérance aux yeux d'ombre,
Et l'extase chantant des hymnes inconnus,
Et qu'ils allaient tous deux, dès que brillait
Vénus, Sur l'herbe que la brise agite par bouffées,
Danser au bleu sabbat de ces nocturnes fées,
Éperdus, possédés d'un adorable ennui,
Elle n'étant plus elle et lui n'étant plus lui!
Quoi! nous sommes encore aux temps où la Tournelle,
Déclarant la magie impie et criminelle,
Lui dressait un bûcher par arrêt de la cour,
Et le dernier sorcier qu'on brûle, c'est l'Amour!
Juillet 1843.
***
Aimons toujours ! Aimons encore !
Quand l'amour s'en va, l'espoir fuit.
L'amour, c'est le cri de l'aurore,
L'amour c'est l'hymne de la nuit.
Ce que le flot dit aux rivages,
Ce que le vent dit aux vieux monts,
Ce que l'astre dit aux nuages,
C'est le mot ineffable : Aimons !
L'amour fait songer, vivre et croire.
Il a pour réchauffer le coeur,
Un rayon de plus que la gloire,
Et ce rayon c'est le bonheur !
Aime ! qu'on les loue ou les blâme,
Toujours les grand coeurs aimeront :
Joins cette jeunesse de l'âme
A la jeunesse de ton front !
Aime, afin de charmer tes heures !
Afin qu'on voie en tes beaux yeux
Des voluptés intérieures
Le sourire mystérieux !
Aimons-nous toujours davantage !
Unissons-nous mieux chaque jour.
Les arbres croissent en feuillage ;
Que notre âme croisse en amour !
Soyons le miroir et l'image !
Soyons la fleur et le parfum !
Les amants, qui, seuls sous l'ombrage,
Se sentent deux et ne sont qu'un !
Les poètes cherchent les belles.
La femme, ange aux chastes faveurs,
Aime à rafraîchir sous ses ailes
Ces grand fronts brûlants et réveurs.
Venez à nous, beautés touchantes !
Viens à moi, toi, mon bien, ma loi !
Ange ! viens à moi quand tu chantes,
Et, quand tu pleures, viens à moi !
Nous seuls comprenons vos extases.
Car notre esprit n'est point moqueur ;
Car les poètes sont les vases
Où les femmes versent leur coeurs.
Moi qui ne cherche dans ce monde
Que la seule réalité,
Moi qui laisse fuir comme l'onde
Tout ce qui n'est que vanité,
Je préfère aux biens dont s'enivre
L'orgueil du soldat ou du roi,
L'ombre que tu fais sur mon livre
Quand ton front se penche sur moi.
Toute ambition allumée
Dans notre esprit, brasier subtil,
Tombe en cendre ou vole en fumée,
Et l'on se dit : " Qu'en reste-t-il ? "
Tout plaisir, fleur à peine éclose
Dans notre avril sombre et terni,
S'effeuille et meurt, lis, myrte ou rose,
Et l'on se dit : " C'est donc fini ! "
L'amour seul reste. O noble femme
Si tu veux dans ce vil séjour,
Garder ta foi, garder ton âme,
Garder ton Dieu, garde l'amour !
Conserve en ton coeur, sans rien craindre,
Dusses-tu pleurer et souffrir,
La flamme qui ne peut s'éteindre
Et la fleur qui ne peut mourir !
Mai 18...
Victor Hugo
Lara Fabian
Un Ave Maria
Avant même que l'on ne soit vie, on est pris
Dans un nid de chair et de tendresse
Une étreinte infinie qui nous lie
Nous délivre une sagesse
Tout déjà est acquis
Mais pour qui dès ce cri
Trahissons-nous le geste d'amour qui unit
Désunit et nourrit les regrets
Un Ave Maria dont l'enfant ne serait pas
Une statuette, une prière sans foi
Mais une lettre offerte
A ceux qui n'écrivent pas
Pour que les mots résonnent enfin
Comme un Ave Maria
A vous, à nous, à ceux qui
Trouveront une paix, une terre, une harmonie
Une infinie raison, sans raison d'être, sans être honni
Et ceux qui "mal y pense", qu'ils le pensent
À bientôt, mais dans une autre vie
Dans celle-ci qu'on se donne
Une chance de tout recommencer
Un Ave Maria dont l'enfant ne serait pas
Une statuette, une prière sans foi
Mais une lettre offerte
A ceux qui n'écrivent pas
Pour que les mots résonnent enfin
Comme un Ave Maria
Un Ave Maria
Pour ceux qui ne prient pas
Pour que la musique soit à nouveau la voix
D'un aveu impudique pour ceux qui ne croient pas
Pour tous ceux qui méritent enfin
Un Ave Maria
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#4 23-10-2007 04:44:08
Re: Dédicace pour qui m'est cher
Contre vents et marées
Oser prendre le large
Oser tourner la page
Vivre est à inventer
Contre vents et marées
Se frotter aux orages
La vie comme un voyage
Où risquer c'est AIMER
Rien ne meurt jamais, tout se transforme !
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#5 23-10-2007 10:07:06
- yaris
- Être Humain

- Date d'inscription: 31-05-2007
Re: Dédicace pour qui m'est cher
Merci Vicking pour ce merveilleux poème de Victor Hugo et merci Manu pour ta douceur...Angeline, l'amour du risque..
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#6 23-10-2007 12:13:50
- Martine
- Être Humain
- Date d'inscription: 04-11-2006
Re: Dédicace pour qui m'est cher
T’es pas la même que moi, c’est sûr. T’es toute petite devant moi.
Mais quand j’te quitte, ah ! tu grandis ! t’es sur la mer une grande figure, qui grimpe au ciel, qui couvre tout. Moi, je suis toujours moi pour moi. Dans mes souvenirs je n’grandis pas. J’suis à ma taille dans mes souvenirs. C’est déjà ça, mignonne d’amour !… T’es pas la même que moi, c’est sûr. T’es toute petite quand t’es devant moi. Mais quand j’suis loin, quand j’pense à toi, dans mes souvenirs tu couvres tout, la mer, le ciel, la nuit, le jour ! Et ça, c’est trop mignonne d’amour !
Dernière modification par Martine (23-10-2007 22:44:16)
Qui ne peut changer la direction du vent .... ajuste sa voile
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#8 24-10-2007 00:06:36
- yaris
- Être Humain

- Date d'inscription: 31-05-2007
Re: Dédicace pour qui m'est cher
LA PEUR ? de......

l'initiation du héros
The Power of Myth – with Bill Moyers (éd. Doubleday).
"Lorsqu'on parvient à confronter la Sphinx et à vaincre la peur de mourir, la mort n'a plus de prise sur soi et la menace de calamité s'évanouit. Vaincre la peur de mourir permet de recouvrer la joie de vivre. On ne parvient à accepter inconditionnellement la vie que lorsqu'on a accepté la mort, non pas comme le contraire de la vie mais comme l'une de ses manifestations. Car la vie, qui ne cesse de devenir, entraîne fatalement la mort derrière elle. Vaincre la peur de mourir donne le courage de vivre. Telle est l'initiation cardinale de toute aventure héroïque..."
Joseph Campbell
LA RENCONTRE AVEC LA SPHINX
C'est vers le milieu de sa vie que le héros doit résoudre pour lui-même l'énigme de la Sphinx.
Parvenu au sommet de la montagne avec, derrière lui, le flanc ascendant et, devant, le flanc descendant; au milieu de sa vie, entre l'ascension qui commence à quatre pattes et la descente qui se termine... à l'aide d'une canne, pour la première fois le héros a une vue d'ensemble du cycle de sa vie. Il prend alors conscience du chemin parcouru : le passé sur lequel il ne peut plus revenir et de l'avenir incertain, comme un abîme insondable – le temps qu'il lui reste à vivre... C'est en quoi consiste la résolution de l'énigme de la Sphinx : dans le fait de voir la vie dans son ensemble, avec sa fin inéluctable, et de l'assumer.
Le héros se retrouve alors seul, face à lui-même.
Résoudre l'énigme de la Sphinx, c'est vaincre la mort, plus précisément la peur de la mort inévitable – la mort dans la vie; mais aussi, vaincre l'instinct de mort – la vie dans la mort – qui est souvent plus fort que l'instinct de vie, déterminant nos pensées, nos émotions, nos sentiments, nos paroles et nos actes.
Résoudre l'énigme de la Sphinx, consiste aussi à saisir qu'il n'est pas un instant où je ne meure pour renaître; que la mort et la vie sont les deux aspects de l'expérience d'être. Tel que je me connais, ici et maintenant, je ne suis pas la forme définitive de mon être : je dois mourir sans cesse pour renaître à l'infini. Vaincre la mort revient à vaincre, jour après jour, la peur des petites morts successives qui permettent à la vie de devenir, et trouver le courage de vivre en dépit de – c'est dire "oui" à la vie.
Résoudre l'énigme de la Sphinx, c'est aussi prendre conscience du processus universel de destruction et de construction. Mais alors que l'aspect destructif est relativement facile à reconnaître à travers son propre vieillissement au plan physique et ce qu'il entraîne au plan psychologique, l'aspect constructif est souvent plus difficile à reconnaître : il se trouve dans l'expansion de la conscience qui doit se poursuivre toute la vie, compensant pour les pertes associées au déclin.
Telle est la dimension initiatique de l'expérience que représente la confrontation avec la Sphinx : mourir pour renaître à un niveau de conscience plus élevé, élucidant ainsi le mystère de l'aventure héroïque de vivre.
DE LA TRANSITION DU MILIEU DE LA VIE
- COMME CRISE
Je ne prétends pas que tout le monde vive la transition du milieu de la vie comme une crise. Je ne prétends pas non plus que, chez ceux qui la vivent comme telle, elle entraîne nécessairement une dépression, comme ce fut le cas chez moi... Et je ne voudrais surtout pas que les informations et les réflexions que je vais communiquer sur la nature de cette transition contribuent à augmenter chez certains les difficultés qui lui sont associées. Je suis conscient du risque que comporte la communication : alors qu'elle vise, en fait, à prévenir les états de mal-être qui peuvent se manifester à ce moment et à en atténuer les effets, il n'y a pas de doute qu'elle puisse aussi, parfois, contribuer à les susciter ou à les aggraver par suite de la suggestion qu'elle comporte. Mais je ne puis parler de la transition du milieu de la vie qu'à partir de mon expérience personnelle et de ce que j'ai pu observé en tant que psychothérapeute. Sans compter que...
•... selon plusieurs études, la transition du milieu de la vie est effectivement vécue comme une crise par environ 80 p. cent des gens. Ce qui justifie qu'on la considère sous cet angle. De plus, cette crise qui, jusqu'ici, concernait surtout les hommes, paraît s'étendre de plus en plus aux femmes.
• D'autre part, une réflexion sur la transition du milieu de la vie et sur la crise qu'elle entraîne parfois me paraît s'imposer d'autant plus aujourd'hui que les baby-boomers parviennent, ces années-ci, à cette étape de leur vie. Ce qui, étant donné le nombre considérable de ceux et de celles qui la traversent ou qui vont la traverser à peu près en même temps, pourrait bien avoir une très grande influence sur la collectivité. Cette expérience, vécue simultanément ou presque par un grand nombre d'individus, devrait inspirer dans les années qui viennent une transformation de la vision collective, en fonction de valeurs différentes.
• Enfin, en nous familiarisant avec cette crise en particulier, nous allons du même coup nous familiariser avec la structure de toutes les crises de la vie. Car, bien que les contenus soient différents, la structure fondamentale demeure la même.
OBJET DE LA TRANSITION
La transition du milieu de la vie est, par définition, une étape charnière entre les deux grandes phases de la vie. En quelques années, il faut, en principe, compléter la démarche de la première : réaliser ses derniers rêves de jeunesse; et amorcer celle de la seconde : accéder à la maturité.
Par rapport à la première phase :
La transition du milieu de la vie représente, en fait, l'aboutissement de l'évolution progressive de la première phase, dont l'objet était de devenir adulte. C'est maintenant que l'individu doit dépasser le niveau de l'être collectif auquel il se définissait surtout jusque-là – alors qu'on est les autres, c'est-à-dire le produit des conditionnements par l'éducation et des valeurs du milieu – pour parvenir à celui de l'être individuel, relativement libéré de ces conditionnements. Jusque-là, l'individu poursuivait, en principe, un cheminement progressif dans ce sens, mais le plus souvent inconsciemment. Il lui faut maintenant franchir résolument cette étape. Il lui faut maintenant devenir son propre père-mère. Son propre maître.
Par rapport à la seconde phase :
L'épreuve que représente la transition du milieu de la vie consiste à se préparer à entreprendre la nouvelle phase, autrement dit à passer du sprint de la jeunesse au marathon de la maturité.
Cette transition est donc l'un des temps forts de la vie, qui débouche sur la seconde phase, plus riche que la première – quoi qu'on pense de nos jours, obnubilés que nous sommes par la jeunesse – et elle est l'occasion d'une résurgence d'énergie, d'un élargissement de la vision, qui vont permettre d'accéder progressivement à une véritable maturité.
Parvenu à la transition du milieu de la vie, alors qu'on éprouve soudain un sentiment d'urgence, il est nécessaire de faire le point : de s'interroger sur le sens de sa vie, de redéfinir ses valeurs personnelles et ses priorités. C'est le moment de faire de nouveaux choix.
Cet examen lucide doit permettre de sortir grandi de cette épreuve, sans lequel on risque, au contraire, d'en sortir diminué... Cette interrogation implique, par ailleurs, de se réconcilier avec soi-même et de se redéfinir à un niveau de conscience plus élevé.
DE «LA CRISE D'IDENTITÉ DE L'ÂGE ADULTE»
Selon Carl Jung, qui fut le premier, du moins à l'époque moderne, à attirer l'attention sur l'importance de la transition du milieu de la vie, qu'il définit comme "la crise d'identité de l'âge adulte", elle se situe plus précisément entre 38 et 43 ans. Mais j'ai observé que, depuis une dizaine d'années, elle paraît se produire plus tôt, entre 35 et 40 ans – signe des temps sans doute... Quant à la durée de cette crise, elle s'étend en général sur une période de deux à trois ans.
Ce qui déclenche la crise
Nous sommes en général assez peu convaincus que le temps suffit à déclencher les crises, en particulier celle du milieu de la vie. Nous cherchons le plus souvent les causes dans les circonstances, les événements, les conditions extérieures. Pourtant, quoi de plus irréductible que le temps! Car le temps est le moteur de toute chose. Il se manifeste sur tous les plans. À l'échelle humaine : sur le plan psychologique aussi bien que sur le plan biologique.
Sans compter que le temps s'impose aussi dans la perception que les autres ont de nous. Arrive un temps – justement – où on ne s'adresse plus à nous de la même façon. Les jeunes, en particulier, nous voient vieillir et nous le rappellent par leurs attitudes.
Mais il arrive cependant que certaines conditions extérieures interviennent dans le déclenchement de la crise du milieu de la vie – comme ce fut le cas pour moi. Il est évident qu'à cette étape, toute condition extérieure de nature à entamer l'estime de soi peut agir comme déclencheur. Par exemple, une mise à pied, une faillite, un divorce, un accident grave, une intervention chirurgicale... – la vie quoi!
Mais dans quelle mesure les conditions sont-elles toujours aussi extérieures qu'on voudrait le croire? Qu'est-ce qui, au juste, entraîne le divorce, ou même la mise à pied? Ou encore, quelle est la cause première de tel accident, de telle intervention chirurgicale, de telle faillite...? Dans quelle mesure, en effet, l'évolution même de l'individu dans le temps n'est-elle pas pour quelque chose?
Je ne nie pas pour autant l'existence de conditions extérieures. Mais je crois important d'attirer l'attention sur une interaction subtile des événements et des êtres, dans le temps – justement!
Une seconde adolescence
La crise d'identité à l'âge adulte évoque celle de l'adolescence.
Au moment de l'adolescence s'amorce un mouvement intérieur qui tend à une libération relative de la dépendance à l'égard des parents et du milieu familial. Il s'agit alors de trouver son identité. Mais, paradoxalement, cette étape de la première jeunesse n'en est pas moins régie par l'irresponsabilité... À l'âge adulte, vers le milieu de la vie, s'amorce un mouvement intérieur de même nature, qui tend cette fois à une libération de la relation de dépendance à l'égard du milieu social. Il s'agit alors de trouver sa véritable identité, au-delà de l'identité sociale. Ce mouvement, dans la mesure où il évoque celui de l'adolescence, une vague nostalgie de l'irresponsabilité de la première jeunesse, alors qu'on n'était pas encore tenu pour vraiment responsable de sa vie. Ce qui n'est pas sans provoquer parfois des remises en question de ses engagements à l'égard des autres, voire même, pour ceux qui sont mariés, à l'égard du conjoint et des enfants; mais aussi à l'égard du monde en général, aux plans de la profession, de la fonction, du rôle. C'est un moment de la vie où on tire très fort sur sa chaîne... Comme si c'était la dernière chance de se libérer pour, enfin, vivre la vie sans contraintes – comme une aventure. Je me rends compte que ces propos tiennent pour beaucoup des fantasmes masculins. Je dois préciser, du reste, que cette nostalgie de l'état d'irresponsabilité de la première jeunesse est nettement plus manifeste chez l'homme que chez la femme. On trouve peut-être ici l'une des raisons qui font que la crise du milieu de la vie demeure surtout associée à l'homme.
L'homme de plaisir et l'homme de devoir
Dans le prolongement de cette réflexion, il faut aussi souligner la résurgence, au moment de cette transition, de l'opposition entre les deux tendances dont il a été question à propos de la première phase : l'une incitant à vivre la vie comme une aventure et l'autre, au contraire, de façon plus conformiste afin de trouver sa place dans la société. Cette opposition, qui tient parfois du dilemme – encore une fois surtout chez l'homme – se traduit par un conflit intérieur difficile à résoudre entre l'homme de plaisir et l'homme de devoir.
Chez la femme
La transition du milieu de la vie paraît moins difficile pour la femme que la crise de la trentaine. Peut-être la disposition chez elle à assurer la continuité tout au long de sa vie, qu'elle en soit consciente ou non, et plus particulièrement dans le cas où son compagnon ‘traverse sa crise’, comme on dit, intervient-elle pour beaucoup dans le fait que la femme paraît s'en tirer plus facilement. Mais sans doute faut-il tenir compte ici de l'effet de la tendance actuelle à l'uniformisation – au moins relative – des rôles traditionnels. En assurant davantage leur dimension masculine – certains diraient : en se masculinisant! – les femmes seraient de plus en plus sensibles à certaines difficultés d'être, jusqu'ici associées aux hommes, telles que, précisément, la crise du milieu de la vie, comme par ailleurs à certains états physiologiques tels que les accidents cardio-vasculaires... Il devient de plus en plus difficile, ces années-ci, de cerner la réalité psychosociale parce qu'elle évolue très rapidement.
Le couple
Le secret désir de se libérer relativement des contraintes qu'on s’est imposées au cours de la première phase, ou du moins de réévaluer ses engagements, se traduit souvent, chez ceux et celles qui ont une vie de couple, par une interrogation sur la qualité de ce lien, qui peut aller jusqu'à sa remise en question – davantage chez l'homme, encore une fois – que chez la femme.
La tension chez l'homme est d'autant plus grande qu'il projette souvent sur sa compagne l'image de la mère. Cette tension paraît même, de ce point de vue, proportionnelle à l'intensité de la projection. Or, la régression au stade de l'adolescence qu'entraîne la crise du milieu de la vie, éveille souvent chez l'homme l'impulsion à se libérer de la relation parentale à l'égard de sa conjointe. En réalité, ce n'est pas tant la personna-lité de la conjointe qui est en cause, ici, mais la nature du lien lui-même, avec ce qu'il comporte de contraintes et d'obligations. Car c'est surtout par rapport à la vie de couple que l'opposition entre l'homme de devoir et l'homme de plaisir se fait sentir. Il y a peu d'hommes, à ma connaissance, qui ne remettent en question, à ce moment de leur vie, sinon ouvertement du moins dans les zones obscures de la psyché, leur lien conjugal. Ce qui ne va pas, par ailleurs, sans une certaine culpabilité, qui ajoute encore à l'exigence de cette transition.
C'est aussi très souvent à ce moment que les enfants parviennent eux-mêmes à la crise de l'adolescence : la contestation de l'autorité parentale qu'ils manifestent alors a souvent pour effet d'accentuer la crise du milieu de la vie chez les parents, qui en viennent à s'interroger sur le sens de leur fonction parentale. Et je dirais – encore une fois – plus spécialement dans le cas de l'homme, de sa fonction paternelle. Comme je l'ai signalé plus haut, il est d'autant plus difficile aujourd'hui de se définir comme père, qu'on a soi-même participé dans sa jeunesse à la vague de contestation de l'autorité parentale et surtout paternelle, alors que ses propres enfants parviennent eux-mêmes à l'âge de la contestation, faisant ainsi écho, une vingtaine d'années plus tard, à ce qui fut l'amorce d'une véritable révolution. Certains hommes trouvent malaisé d'assumer à cette étape de leur vie la fonction qu'ils ont contestée chez les autres, parfois même avec fracas, dans leur jeunesse. Il faut se rendre à l'évidence et reconnaître que la recherche de nouveaux modèles d'autorité ne va pas sans ratés. Alors qu'on voit, aujourd'hui, de plus en plus de pères s'occuper activement de leurs jeunes enfants – ce dont les médias font d'ailleurs grand état – il n'en demeure pas moins que l'interaction avec les adolescents est, en fait, beaucoup plus difficile. Les pères ont alors, parfois, tendance à abandonner la partie. On trouve sans doute ici l'une des causes de ce qu'on appelle la ‘démission des pères’. Or, par ailleurs, cette démission n'est pas sans représenter, très souvent, un écueil pour la vie de couple. Depuis quelques années, certains conseillers conjugaux en sont venus à penser que, dans bien des cas, l'homme souhaite en réalité non pas divorcer de sa compagne mais plutôt de sa famille, afin de se libérer des contraintes qu'elle représente, entraînant du même coup une libération... de la mère!
Il est évident que les crises que traverse l'un des conjoints ont toujours des répercussions sur l'autre et représentent autant d'écueils pour la vie de couple. D'autant plus qu'on a généralement tendance à chercher à l'extérieur de soi, et surtout dans la vie de couple elle-même, plutôt qu'à l'intérieur de soi, la cause de ses états de mal-être. Alors qu'en réalité les problèmes du couple sont très souvent l'effet de problèmes individuels qui n'ont pas été résolus.
Je me suis souvent demandé pour quelle raison les hommes, au moment où ils traversent une crise, cherchaient souvent à en faire porter la responsabilité à leur compagne. Aussi longtemps, semble-t-il, qu'un homme ne s'assume pas, il a tendance à faire porter aux femmes en général et à sa compagne en particulier, la responsabilité non seulement de ses crises mais aussi... de tout ce qui ne marche pas dans le monde! Et ce, parce qu'il projette sur elle(s) l'image de la mère, de celle qui l'a mis au monde, l'éveillant ainsi, pour reprendre la formule de Joseph Campbell, à "l'horreur de vivre"... Curieusement, la plupart des femmes, à moins de s'être elles-mêmes éveillées, ont culturellement (je n'ose pas dire : naturellement) tendance à se tenir pour responsables de tout ce qui ne marche pas dans le monde... De ce que la porte ferme mal, de ce que le lait à suri, de ce qu'il pleut, de ce que les enfants ont le rhume... J'exagère à peine!
Chez les célibataires
Chez les célibataires, la crise du milieu de la vie se manifeste surtout par un profond sentiment d'isolement. C'est particulièrement vrai pour les homosexuels qui vivent souvent cet isolement de façon dramatique, dans la mesure où, le plus souvent, ils assument mal le vieillissement.
... À la recherche de nouveaux paradigmes
Mais, comme à peu près tout le reste à notre époque, la transition du milieu de la vie n'est plus ce qu'elle était...
Il devient de plus en plus difficile, en effet, de cerner la problématique de la crise du milieu de la vie parce qu'aujourd'hui, les normes, les repères, les valeurs, ont éclaté; et qu'on peut désormais se définir en fonction d'une grande diversité de ‘modèles’. Car, il n'existe pas encore de modèles éprouvés de ce que nous voulons être et qu'il nous faut précisément les inventer. Ce qui ne va pas sans essais et erreurs. Cette situation représente de toute évidence, à notre époque, un gain au plan de l'évolution, mais elle ne va pas sans risques, la diversité des styles de vie suscitant une certaine confusion dans les esprits.
Il m'a donc fallu généraliser. Mais en définitive, je dirais que, quels qu'aient été les choix de la première phase de la vie, la transition du milieu de la vie entraîne nécessairement leur remise en question.
Jung, Carl G.; Psychologie du transfert (éd. Albin Michel).
Des états de mal-être plus aigus:
le burn-out et la dépression
Il arrive qu'au moment de la transition du milieu de la vie, on éprouve le sentiment d'être coincé dans sa vie et jusque dans son être, impuissant à réaliser son potentiel, à cause des conditions extérieures de sa vie, alors que ce sont plutôt les conditions intérieures qu'il faudrait considérer.
Il est évident que je ne puis parler des états de mal-être plus aigus qu'à partir de ma propre expérience. Selon que l'on a soi-même traversé ou non une telle épreuve, on sera enclin à leur accorder plus ou moins d'importance. Ou encore, selon que l'on accepte ou non de le reconnaître publiquement... Il est difficile d'être objectif lorsqu'on aborde le cycle de vie. À moins de s'abstraire du discours – comme le veut l'approche scientifique – et encore! C'est pourquoi j'ai tenu à témoigner, à chaque étape, de ma propre expérience. Ce qui permet au lecteur de prendre une certaine distance par rapport à ma recherche.
J'ai fait une dépression. J'ai aussi fait un burn-out... Je l'ai dit. Je voudrais ajouter qu'avec le recul, je considère que ces expériences ont été non seulement déterminantes dans ma vie, ce qui va sans dire, mais positives. J'ai déjà dit du burn-out en particulier que s'il n'existait pas, il faudrait l'inventer... Du moins pour ce qui est de l'occasion qu'il offre de se recentrer et d'accéder à un niveau de conscience plus élevé. À mes yeux, il en va de l'expérience personnelle de ces états comme de celle des humanités : je reconnais ceux qui sont ‘passés par là’ à une certaine lucidité, je dirais même à une certaine disposition à l'équanimité... Ce qui n'est pas peu dire! Je considère, en fait, l'expérience de tels états comme essentiellement initiatique.
Voilà pour ce qui est de l'objectivité.
Cela dit, pour ceux qui redouteraient une telle expérience – ce que je peux comprendre, car on n'y entre pas de plein gré – je précise que la transition du milieu de la vie ne provoque pas obligatoirement des états de mal-être aigus tels que le burn-out ou la dépression. Il est d'autant plus difficile d'évaluer la proportion de ceux qui font une telle expérience que les états de mal-être sont non-spécifiques, c'est-à-dire qu'ils se manifestent diversement. Il demeure, cependant, que l'interrogation qui s'impose au milieu de la vie, de même que les états anxieux qui en découlent, sont propices au burn-out ou même, comme ce fut le cas chez moi, à la dépression. Il n'y a pas de doute, quant à moi, que la transition du milieu de la vie, telle qu'elle est vécue ces années-ci, contribue à faire du burn-out, en particulier, le mal du siècle .
Le burn-out apparaît souvent, du reste, comme une résistance à passer de la première phase de la vie à la seconde, de l'adaptation au monde extérieur à l'approfondissement de son monde intérieur. Le burn-out paraît très souvent causé par un arrêt de la croissance.
Quant à la dépression, que je vois comme l'affrontement de son dragon intérieur, elle peut être causée, soit par les conditions extérieures, alors que les repères éclatent, par exemple à la suite d'une épreuve; soit par les conditions intérieures, c'est-à-dire certaines prédispositions de l'individu qui se concrétisent, à un moment ou l'autre de l'existence, comme par exemple au moment de la transition du milieu de la vie.
Le burn-out ou la dépression, c'est l'expérience de la descente aux enfers, au plus profond de son être, là où se trouve le dragon qu'il faut vaincre. Comme le dit Jung: "...on apprend, au cours de ce difficile travail, à prendre le vrai, le beau et le bien là où il se trouve. Et ce n'est pas toujours là où on le cherche : c'est bien souvent dans l'ordure ou sous la garde du dragon. "In Stercore Invenitur" (on le trouve dans l'excrément), dit une sentence magistrale de l'alchimie, et ce qu'on trouve n'en est pas moins précieux."
Dans l'École de psychologie jungienne on associe, du reste, l'angoisse qui accompagne les expériences intérieures au processus d'individuation, qui tend à la réalisation de l'être, et on la définit comme la "nigrido" ou stade inférieur du processus alchimique. Particulièrement chez les hommes – encore une fois – qui éprouvent, au moment de la transition du milieu de la vie, le besoin d'une initiation à la masculinité.
Corneau, G; IN Guide Ressources, nov.-déc. 88, vol. 4, no 2. Comme le disait le psychologue jungien Guy Corneau dans une interview : "Mon hypothèse est que la dépression, les ulcères, les faillites, les accidents sont autant de rites d’initiation contemporains que se donnent inconsciemment les hommes pour accéder à une vie adulte et sortir de la dépendance maternelle."
Je me suis souvent demandé à quelle révélation difficile tendaient, en définitive, ces états de mal-être plus aigus. Le mot qui me vient, et auquel j'ai déjà recouru, est celui de lucidité. Il me semble qu'à certains moments, comme par exemple au milieu de la vie, qui me paraît, de ce point de vue, une moment privilégié, des individus sont frappés par un éclair de lucidité qui les atteint en pleine action, libérant toute une kyrielle de questions sur le sens de la vie.
C'est peut-être ce à quoi pensait le poète Gérard de Nerval lorsqu'il écrivait : "L'hypocondrie mélancolique est un terrible mal : elle fait voir les choses telles qu'elles sont..." Mais ne serait-ce pas plutôt le contraire : ne serait-ce pas parce que, soudain, on voit les choses telles qu'elles sont, qu'on sombre dans ce qu'il appelait 'l'hypocondrie mélancolique' – qui serait une expérience nécessaire sur la voie de la sagesse?
C'est en quoi, précisément, toute crise et, plus particulièrement celle du milieu de la vie, peut être vécue comme une initiation. Ce serait même, de nos jours en Occident, la seule véritable initiation.
DE LA MORT INITIATIQUE
Au cœur de la transition du milieu de la vie se trouve la confrontation, plus ou moins consciente, avec l'éventualité de sa propre mort. Mais pour que cette transition prenne vraiment un caractère initiatique, elle doit éventuellement être vécue en pleine conscience.
Car la démarche que je suggère se veut être initiatique : non pas seulement informative, mais transformative. Je souhaite qu'elle soit l'occasion d'une véritable conscientisation. Car, ou bien vous avez traversé la transition du milieu de la vie – mais, compte tenu des valeurs de notre société qui se définissent à peu près exclusivement en fonction de l'adaptation au monde extérieur, vous n'avez peut-être pas poussé assez loin cette confrontation; ou bien vous êtes parvenu à cette étape de votre évolution – et il me paraît alors important d'alimenter votre réflexion, de vous fournir certains outils pour la structurer; ou bien, enfin, vous êtes encore dans la première phase de la vie – et les informations que je communique ici peuvent sans doute ajouter une dimension importante à votre vie dans l’action en vous permettant d'en avoir déjà une vue d'ensemble.
Dans la première phase de la vie active, on est assez peu conscient du temps qui passe et de sa propre évolution dans le temps. On va au-devant de sa vie. Car le temps apparaît devant soi. Mais au moment de la transition du milieu de la vie, alors qu'on atteint le sommet de la montagne, une division s'opère dans la perception du temps de sa vie : il y a, désormais, le temps derrière soi, sur lequel on ne peut plus revenir; et le temps devant soi : le temps qui reste à vivre... Et pour la première fois, on constate que le temps nous échappe.
Cette prise de conscience ébranle l'image de soi. L'adéquation au temps est, en fait, d'autant plus difficile à vivre parce que l'on se raccroche à la vision d'hier. Car il est difficile de lâcher prise, de renoncer à ce qui nous définissait, à ce à quoi nous nous étions identifiés jusque-là, pour simplement aller avec le temps.
Le temps passe... Oui, bien sûr. Mais derrière ce constat, il s'en trouve un autre qu'on cherche à occulter. Comme disait le poète : "C'est nous qui passons..."
Car l'interrogation sur le temps qui passe, le temps de sa vie, débouche très souvent sur la confrontation avec l'éventualité de sa propre mort.
L'interrogation sur la mort, qui s'impose une première fois au moment de l'adolescence, est particulièrement intense vers le milieu de la vie et revient entre cinquante-cinq et soixante ans, pour ensuite se manifester plus ou moins jusqu'à la fin de la vie. Mais c'est au moment de la transition du milieu de la vie, au moment où l'individu réalise émotivement qu'il est mortel et que le compte à rebours est commencé, que cette interrogation prend la forme d'une véritable confrontation.
Mais cette confrontation n'est pas l'affaire d'un moment. Elle se traduit le plus souvent par une démarche qui comporte plusieurs étapes ou "phases", vécues plus ou moins consciemment selon le degré d'ouverture de l'individu.
Or, il se trouve que les étapes de la confrontation avec l'éventualité de sa propre mort sont, en fait, les mêmes que celles de la confrontation avec la mort elle-même.
Il faut donc s'attendre à rencontrer une résistance qui pourra se traduire, selon le niveau de conscience où on est parvenu, par le refus ou l'isolement, la colère, le marchandage, la dépression avant d'en arriver à l'acceptation ou la transcendance.
Élisabeth Kübler-Ross, Sida, un ultime défi à la société (éd. Stanké). Mais elle aborde la question des "phases du mourir" dans plusieurs autres de ses livres. Cette femme étonnante, psychiatre célèbre, a personnellement assisté des milliers de mourants.
Telles sont les cinq "phases du mourir" identifiées par Élisabeth Kübler-Ross, mais qui ne se produisent pas obligatoirement dans cet ordre. Ce sont aussi, du reste, les étapes que chacun doit traverser, pas forcément non plus dans cet ordre, au moment de la plupart des épreuves de sa vie : la perte d'un être cher, un divorce, une dépression, une faillite... Encore une fois, le refus ou l'isolement, la colère, le marchandage, la dépression, l'acceptation ou la transcendance. De même que les étapes que nous traversons tous au moment des crises qu'entraîne l'évolution au cours du cycle de vie, en particulier celle de la transition du milieu de la vie. Car ce sont, en définitive, les étapes de toute expérience initiatique alors qu'il s’agit, chaque fois, de mourir pour renaître à un niveau de conscience plus élevé.
Toutefois, comme je l'ai dit plus haut, pour que la transition du milieu de la vie prenne un caractère initiatique, elle doit éventuellement être vécue en pleine conscience. Mais il est rare que la démarche qu'elle entraîne soit consciente dès le début : elle se traduit d'abord, le plus souvent, par le refus et/ou la colère et/ou le marchandage et/ou la dépression... Pour qu'elle se traduise par l'acceptation ou la transcendance, cette démarche doit absolument devenir consciente, les deux dernières "phases du mourir" ne pouvant être vécues autrement qu'en pleine conscience.
Car, en dernière analyse, l'enfant doit mourir, c'est-à-dire, ici, que le système de défense découlant de la mentalité de l'enfance doit éclater, pour donner naissance à l'adulte. Or, aussi longtemps qu'on résiste à la croissance par le refus et/ou la colère et/ou le marchandage et/ou la dépression, le système de défense n'éclate pas. Seules, donc, l'acceptation ou la transcendance donnent naissance à l'adulte et permettent plus tard d'accéder à la maturité.
Voici maintenant le moment, pour le héros, de confronter la Sphinx.
Jean-Louis Gassée; PDG d'Apple - France. IN Les nouveaux guerriers (éd. Autrement, numéro sous la direction de Bob Aubrey).
DE LA CONFRONTATION AVEC LA MORT
"C'est quand j'ai eu mon premier enfant et quand j'ai compris que je pouvais mourir, que le déclic s'est fait et que je suis passé de l'autre côté... Disons que maintenant je me nomme moi-même... J'ai sur mon bureau un truc qui est la seule décoration personnelle que je possède au boulot. C'est la statuette d'un guerrier avec casque, lance, bouclier qui tient son fils, vêtu de même, devant lui. Quand je l'ai vue dans un magasin je me suis dit : "Mais oui, c'est ça!" Ce n'est pas à mon fils de m'aimer, mais c'est à moi de l'aimer. Mon métier est de laisser la place au désir. Pour moi, c'est la voie du guerrier : penser une chose et son contraire et semer les germes contagieux de l'autonomie. (...) Maintenant je peux mourir, ce qui me permet de savoir pourquoi je vis."
Jean-Louis Gassée
Carlos Castaneda, Le voyage à Ixtlan (éd. Gallimard/coll. Témoins).
Posséder une identité de guerrier passe nécessairement par la confrontation à l'idée de sa propre mort.
Cette confrontation représente dans l'évolution de l'individu un moment crucial : c'est l'acte héroïque. De cette confrontation lucide dépend la suite. Mais très souvent on cherche à l'éviter : on ne fait qu'entrevoir vaguement l'éventualité de sa propre mort pour aussitôt détourner le regard et investir encore davantage dans toutes les formes possibles d'activités extérieures afin d'échapper à l'angoisse. Pour s'étourdir, on investit davantage dans le travail ou dans une forme d'hyperactivité; ou encore dans diverses activités de loisirs auxquelles on s'adonne fiévreusement, entretenant ainsi une certaine inconscience, plus facile à vivre que la confrontation avec la mort. À moins qu'on ne trouve refuge dans les vertus hypnotiques des médias, en particulier de la télévision, de façon à n'avoir désormais de la vie qu'une expérience vicariale, c'est-à-dire non plus directe mais à travers le spectacle qu’en offre une société de plus en plus médiatisée.
La recherche du sens de la vie comporte nécessairement, à l'étape de la transition du milieu de la vie, une réflexion lucide sur le sens de la mort. C'est la découverte du sens de la mort qui va permettre de découvrir dans la seconde phase, celle de la maturité, le sens de la vie qui se trouvera désormais dans la continuité et l'apport du guerrier à cette continuité. Car la maturité suppose d'accepter la révélation que le monde me survivra.
"La mort est le seul conseiller valable que nous ayons"
C'est au moment de la transition du milieu de la vie, à la charnière des deux grandes phases de la vie, alors qu'il se trouve au sommet de la montagne avec, derrière lui, le passé qui correspond à la phase ascendante et, devant, l'avenir qui correspond inévitablement à la phase descendante, que le guerrier rencontre pour la première fois sa mort en face.
Peut-être a-t-il frôlé la mort plus tôt dans sa vie, au moment du décès d'un proche, ou encore d'une expérience personnelle, comme par exemple d'un accident de voiture... Sans compter que dans la première phase de la vie, parfois dans l'enfance mais le plus souvent au moment de l'adolescence et de la crise d'identité qu'elle entraîne, la plupart ont déjà été confrontés à l'énigme de la mort... Mais cette fois, au moment de la transition du milieu de la vie, c'est à l'éventualité de sa propre mort qu'on se trouve confronté.
Cette confrontation, on ne doit pas chercher à l'éviter : elle est au cœur de la remise en question que provoque la transition du milieu de la vie. Sans compter qu'il en va ici comme de la confrontation avec certains mauvais rêves : plus on refuse de les regarder en face et de les assumer, plus ils s'imposent avec force. Tout se passe donc comme s'il s'agissait d'une épreuve, au sens héroïque du terme, qu'il faut traverser pour ne pas entrer à reculons dans la seconde phase de la vie. Le guerrier doit confronter l'éventualité de sa propre mort avec lucidité et coura-ge – deux qualités du guerrier.
Car, désormais, le guerrier devra cheminer avec sa mort.
"La mort est notre éternel compagnon, dit Don Juan, le chaman amérindien, à son disciple l'anthropologue Carlos Castaneda. Elle est toujours à notre gauche, à une longueur de bras... La mort est le seul conseiller valable que nous ayons. (...) Lorsque tu t'impatientes, tourne-toi simplement vers ta gauche et demande un conseil à ta mort. Tout ce qui n'est que mesquineries s'oublie à l'instant où la mort s'avance vers toi, ou quand tu l'aperçois d'un seul coup d'œil, ou seulement quand tu as l'impression que cette compagne t'observe sans cesse. (...) L'un de nous deux doit demander à la mort de le conseiller et laisser tomber les mesquineries courantes des hommes qui vivent leur vie comme si la mort n'allait jamais les toucher."
À partir de ce moment, le contrat entre Don Juan et son disciple est clair : pour devenir un guerrier, un homme de connaissance, il devra désormais modifier l'organisation de sa vie et, avant tout, apprendre à tenir compte de cette compagne qu'est la mort.
C'est désormais la présence de sa mort qui va permettre au guerrier de renouveler le sens de son action.
UNE RÉFLEXION SUR DEUX THÈMES :
La confrontation avec l'éventualité de sa propre mort doit donc provoquer une réflexion. Cette réflexion, elle va déboucher ou non sur la conviction de la survie de la conscience individuelle après la mort du corps physique. Car ce qui importe à cette étape, c'est la confrontation même, le face à face avec la mort, et non pas la conviction qui peut éventuellement en résulter. Une confrontation lucide et courageuse aura nécessairement pour effet, à un moment ou à un autre, d'enclencher un mécanisme qui fera surgir la réponse.
Cette confrontation, pourtant, ne doit pas susciter la morosité mais plutôt déboucher sur le choix de vivre pleinement la vie en remportant une victoire renouvelée, jour après jour, sur toutes les petites morts que représentent les regrets, les inquiétudes et surtout les peurs...
Le guerrier doit donc considérer la confrontation avec la mort de deux points de vue :
• celui de la mort dans la vie...
Cet aspect de la démarche se traduit par la découverte de la réalité de la mort. C'est toute la différence entre un certain intérêt pour cette question, tel qu'on peut l'éveiller dans la première phase de la vie, et la confrontation avec l'éventualité de sa propre mort. Or, le refus d'envisager cette éventualité entraîne nécessairement un arrêt de la croissance, alors qu'une confrontation lucide permet, au contraire, d'accéder à la maturité.
• ... et celui de la vie dans la mort
Cet aspect de la démarche que représente la confrontation avec la mort doit, par ailleurs, se traduire par une attitude positive face... à la vie. C'est le sens même de l'initiation alors que l'initié qui a atteint par suite de cette expérience un niveau de conscience plus élevé, adopte une attitude nouvelle qui se traduit par l'acceptation de la vie telle qu'elle est et par le courage de la vivre pleinement.
Je vous propose maintenant en guise d'exercice, au sens d'épreuve initiatique, de confronter la mort sous ces deux aspects : la mort dans la vie et la vie dans la mort.
LA MORT DANS LA VIE...
La confrontation avec l'éventualité de sa propre mort est d'autant plus difficile à notre époque que la mort a fait l'objet, depuis le début du siècle, d'une véritable occultation. Phénomène unique dans l'Histoire, la mort est devenue taboue. Pour autant qu'on sache, en effet, nous participons d'une civilisation qui serait la première à ignorer à peu près complètement la mort. Tout se passe aujourd'hui comme si la mort n'existait pas. Non seulement on cache la mort mais on étouffe le plus possible le discours sur la mort. Il n'y a pas de doute que cette occultation contribue grandement à faire de la crise du milieu de la vie une étape plus difficile à vivre à notre époque qu'elle ne l'a sans doute jamais été dans le passé.
La conscience individuelle survit-elle à la mort du corps physique?
Je crois utile de communiquer ici la réponse que j'ai trouvée pour moi-même à cette question et témoigner de l'attitude qu'elle devait m'inspirer.
Mais je précise qu'en communiquant ma propre conviction, je ne cherche pas à l'imposer aux autres. C'est chacun pour soi qu'il faut confronter la mort. Comme tous les grands moments de la vie, on doit les traverser seul. La démarche du guerrier est solitaire. Considérez donc mon témoignage comme l'occasion d'une interrogation – d'un exercice sur le thème de la mort.
Je crois que la mort n'existe pas.
Je veux dire que la conscience individuelle survit à la mort du corps physique.
Ce que nous appelons la mort serait donc une transition d'un plan à un autre.
Car rien ne meurt jamais. Tout se transforme.
C'est du moins ma conviction personnelle. Elle découle de la confrontation avec l'éventualité de ma propre mort, qu'a suscitée chez moi la crise du milieu de la vie.
Cette confrontation devait me pousser à consacrer plusieurs années à l'étude de cette question .
La Pensée traditionnelle enseigne que ce n'est pas le corps qui a une âme, mais l'âme qui, à un moment, prend un corps pour franchir une étape de son évolution. L'âme devient alors prisonnière du corps physique et de la nature humaine, alors qu'elle doit faire l'expérience d'une incarnation au plan matériel.
De ce point de vue, ce serait donc ici, au plan physique, que nous serions ‘morts’; et au-delà, au plan psychique, que nous serions ‘vivants’.
Ce qui fait dire que le sens de la vie se trouve dans le sens de la mort.
... ET LA VIE DANS LA MORT
Mais au-delà de la réflexion nécessaire pour enclencher le processus de conscientisation, ne vous occupez plus de la mort qui vient. Elle va s'occuper de vous... Occupez-vous plutôt de la mort qui vous habite et qui détermine vos attitudes, vos comportements, et employez-vous à la vaincre, jour après jour. Telle est la tâche du guerrier.
Ce qui importe, en effet, c'est de se libérer de la mort psychique et spirituelle qui nous habite au plan physique où nous sommes, ici et maintenant, et qui se manifeste par notre résistance à accepter ce qui est – à dire "oui" à la vie.
C'est l'exercice auquel je vous invite à vous livrer en répondant à la question suivante : quelle est la chose la plus grave qui puisse vous arriver?
La réponse qui normalement surgit à l'esprit est : "la mort...".
Pourtant, si la chose la plus grave qui puisse vous arriver est de mourir, vous ne pouvez avoir de la vie qu'une vision tragique. Considérée sous cet aspect, la vie apparaît comme une tragédie : il est évident, en effet, que personne n'échappe à la mort. Il est même étonnant qu'on n'en soit pas davantage conscient...
Je n'ai pas dit : un drame mais une tragédie. Le drame se définit au plan humain : il s'élabore à partir d'attitudes humaines; alors que la tragédie échappe à toute intervention humaine : elle procède de la Fatalité. C'est ainsi que je peux décider de me rendre à la campagne pour le week-end mais, quelques minutes avant d'arriver à destination, mon véhicule entre en collision avec un camion-citerne... et s'en est fait de moi! Devant la Fatalité, il n'y a qu'à s'incliner.
La réponse à la question devrait donc être plutôt : "de ne pas vivre pleinement la vie, ici et maintenant."
Telle est la chose la plus grave qui puisse vous arriver. Car s'il est vrai qu'on est impuissant devant la mort en tant que manifestation de la Fatalité, en revanche chacun de nous peut intervenir au niveau de la mort qui l'habite et qui se manifeste en lui tous les jours de la vie, dans ses attitudes, ses comportements, ses pensées, ses créations mentales...
Les deux grands moteurs qui déterminent nos existences sont l'instinct de mort et l'instinct de vie. C'est au niveau même de cette opposition que nous pouvons et que nous devons intervenir, en réduisant le plus possible l'influence de l'instinct de mort et en augmentant celle de l'instinct de vie. Mais tous les jours nous laissons l'instinct de mort étendre son emprise sur nous par notre refus inconscient de la vie.
Car nous portons en nous une contradiction fondamentale, partagés que nous sommes entre l'instinct de vie et l'instinct de mort. Chacun de nous est à la fois James Bond et le Dr No qui, devant sa chute imminente et l'effondrement de son entreprise, souhaite entraîner le monde entier avec lui. Il nous faut prendre conscience de cette dualité fondamentale qui nous habite.
L'instinct de mort se traduit souvent par un goût inconscient du malheur et de la catastrophe. L'impression que tout pourrait s'effondrer nous venge, pour ainsi dire, de toutes les déceptions, les désillusions, les frustrations que nous endurons dans un monde qui tend de plus en plus à nous dépersonnaliser. Il est donc très important de devenir conscient que cet instinct de mort nous habite, pour ensuite choisir la vie.
La confrontation avec la mort, c'est donc aussi la confrontation avec l'instinct de mort, qui cherche à déterminer nos vies en entretenant nos résistances à ce qui est, à travers nos sentiments négatifs et en particulier notre peur de vivre. Car le refus de la vie s'exprime surtout par la peur...
Par la peur des événements : peur d'échouer mais aussi, curieusement, peur de réussir; par la peur des autres, qui se manifeste dans le domaine de l'action par la volonté de les contrôler, de les manipuler; par la peur qu'on s'inspire à soi-même, en particulier par la peur de notre aspect obscur, d'autant plus grande qu'on l'entretient par le refus de l'éclairer. Et surtout peut-être par la peur de la liberté, la sienne et celle des autres. Bref, par la peur de vivre.
Dire 'non' à la vie, c'est entretenir, par exemple, la peur confuse de 'mourir de faim'. Cette formule vous fait sourire? Pourtant, la peur de manquer du nécessaire est toujours bien vivante en chacun de nous, plus ou moins impérative selon qu'on est parvenu ou non à l'identifier et à composer avec elle en pleine conscience. Il n'y a qu'à observer jusqu'où nous poussons notre besoin de sécurité, que ce soit par le biais de nos régimes d'assurances et de nos plans de retraite, pour constater que la plus grande partie de nos énergies physiques et psychiques passent à apaiser en nous cette peur de manquer du nécessaire, autrement dit – pour prendre le langage de l'instinct – de 'mourir de faim'... Je ne dis pas qu'il faille renoncer à toute forme de prévoyance. Je suis en général opposé à toute démarche radicale car, en toutes choses, il faut trouver le juste milieu. Mais je dis qu'il faut voir nos véritable mobiles, afin de réduire le plus possible la peur qui les entretient.
La peur de la mort.
La peur de la vie.
La peur de l'amour inconditionnel.
La peur du plaisir.
La peur du bonheur.
La peur de la liberté.
La peur de pardonner.
La peur de déplaire, de ne pas être apprécié.
La peur de l'intimité véritable dans les relations.
La peur du ridicule.
La peur de ne pas être à la hauteur des attentes.
La peur du vide...
L'ennemi, il est en chacun de nous. C'est la mort qui nous habite et qui détermine, jour après jour, nos petitesses, nos mesquineries, nos inquiétudes... – notre médiocrité.
C'est l'instinct de mort en chacun de nous, qui s'exprime aussi dans notre complaisance à interroger anxieusement l'avenir : les inquiétudes, les doutes que nous entretenons; et à ressasser maladivement le passé : les regrets, les remords, les pertes mal assumées...
La peur de laisser tomber nos ressentiments, nos colères, nos haines.
De nous libérer de nos sentiments négatifs.
De nettoyer nos représentations négatives.
La peur de lâcher prise.
La peur de devenir transparent et de se reconnaître.
C'est la paranoïa sensitive qu'on entretient.
La peur d'aller au bout de ses entreprises et de soi-même, d'exploiter toutes ses possibilités.
Quel gaspillage que la mort au jour le jour!
La peur de s'engager.
La peur du changement. La peur de changer. La peur de croître.
La peur de servir.
Le peur des autres.
La peur, si on commence à donner, de ne rien recevoir en retour.
C'est la petite mort, jour après jour, que représente l'alcoolisme, la «télévisionnite», le laisser-aller, le suicide à la petite journée.
Telle est la mort que le guerrier doit vaincre, celle qu'il porte en lui. Et non pas l'autre, celle qui s'impose de plus en plus à lui : elle est, au contraire, une compagne avec laquelle il doit apprendre à vivre, une compagne dont la présence lui permet de voir les événements de sa vie dans leur véritable perspective. Alors que la mort qu'il porte en lui, le guerrier doit la vaincre dans ses pensées, dans ses paroles, dans ses attitudes, dans ses actes – par sa détermination à vivre pleinement.
Choisir la vie, c'est vaincre la mort que représente une vie sans idéal, sans défi, sans grandeur... Choisir la vie, pour le guerrier, c'est dire oui à la vie!
Tel est le sens de l'initiation.
Dernière modification par yaris (24-10-2007 00:08:25)
Hors ligne
#10 24-10-2007 06:06:29
- gab
- Être Humain

- Lieu: Paris
- Date d'inscription: 18-06-2006
Re: Dédicace pour qui m'est cher
Je me suis souvent demandé pour quelle raison les hommes, au moment où ils traversent une crise, cherchaient souvent à en faire porter la responsabilité à leur compagne. Aussi longtemps, semble-t-il, qu'un homme ne s'assume pas, il a tendance à faire porter aux femmes en général et à sa compagne en particulier, la responsabilité non seulement de ses crises mais aussi... de tout ce qui ne marche pas dans le monde! Et ce, parce qu'il projette sur elle(s) l'image de la mère, de celle qui l'a mis au monde, l'éveillant ainsi, pour reprendre la formule de Joseph Campbell, à "l'horreur de vivre"... Curieusement, la plupart des femmes, à moins de s'être elles-mêmes éveillées, ont culturellement (je n'ose pas dire : naturellement) tendance à se tenir pour responsables de tout ce qui ne marche pas dans le monde... De ce que la porte ferme mal, de ce que le lait à suri, de ce qu'il pleut, de ce que les enfants ont le rhume... J'exagère à peine!
-Ce texte a été écrit par une femme. Elles sont incroyables! Elles épousent un rugbyman, et après elles sont surprises qu'ils ne s'adonnent pas à l'introspection. Alors qu'elles ... Elles sont réalistes, elles ont les pieds sur terre... Elles sont responsables.
Et si elles choisissaient quand elles sont jeunes, un homme protecteur costaud, qui a une meilleure situation qu'elle... Et puis quelques années plus tard, acquérant la maturité, leur propre pouvoir, elles commencent à vouloir décider de leur vie, n'ayant plus besoin de ce type qu'elles commencent à trouver un peu lourdaud!
-Réducteur, Gab! Tu nous parles de toi?
-Non, pas du tout. Je travaille dans un milieu féminin et je reçois tous les jours des femmes en crises qui ont des problèmes de couple.
-Et bien je les plains si tu les reçois en leur disant des conneries comme ça!
-Mais non, je sais rester professionnel et épouser un discours consensuel.
-Bon... Je te laisse. J'ai plein de trucs à faire? Je dois...
-C'est bon, moi aussi, je dois aller à la piscine.
-Heu... Ouais, alors...
-Salut!
-Ouais, Salut Gab, on...
- Ciao! (raccroche) En plus, elles ne savent jamais finir une conversation.
Hors ligne
#11 24-10-2007 07:11:42
- yaris
- Être Humain

- Date d'inscription: 31-05-2007
Re: Dédicace pour qui m'est cher
Salut Gab,
Je vois que tu es le dialogue unilatéral...
- Bonjour Gab,
-Salut Yaris, que me veux-tu ?
Joli sourire de Yaris
- Pas de mal Gab, je te rassure, je veux simplement te faire part d'une chose.
Gab fronce les sourcils.
Une chose ? quelle chose ? Une pourquoi pas des ? Aie !
Les choses se corsent pense-t-il tout bas...Soyons prudent. Ca mord ces choses là.
- Que t'ont fait les femmes pour etre aussi négatif dans tes propos ?
Gab regarde Yaris d'un air suspicieux.
Elle me tend un piège, c'est certain. Et c'est quoi ce sourire narquois sur ses lèvres ?
- L'histoire du rugby man, je l'ai en travers de la gorge finit-il pas répondre d'une voix où pointe un soupçon d'agacement
Le sourire s'aggrandit sur le visage de Yaris.
C'est vrai que ce pauvre Gab n'a rien d'un rugby man physiquement. Serait-il
en proie à un complexe physique ! Pourtant, je le trouve trognon comme ça.
Battements involontaires des cils...
Le visage de Gab se radoucit. Héhé, elle me fait du gringue la garce, on dirait.
Yaris penche un peu la tete de coté.
- Et si je te parlais de la petite crise des hommes qui après avoir fait des enfants, se retrouvent pieds aux murs et n'assument pas leur responsabilité, préfèrent aller draguer la minette ?
Gab plisse les yeux.
- pFFFFFFFF. Voilà, fallait s'y attendre. Derrière ce joli minois, la bete est prete à bondir et à sortir ses griffes. Une tigresse ! héhé ! C'est qu'elle me casse les pieds celle-là ! On leur a demandé d'etre jolies pas futées !
- Combien de femmes se retrouvent toutes seules à élever leurs enfants. N'est-ce pas de ces femmes en crise que tu vois tous les jours dont tu parles ? continue Yaris qui ne se laisse pas impressionner par l'attitude qui se veut désinvolte de son interlocuteur.
Gab grogne.
Yaris ne sourit plus.
L'atmosphère est électrique.
(LA SUITE ... au prochain épisode. Ne rater pas ce super feuilleton intitulé "Gab et ses amours révélés"
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#12 24-10-2007 07:47:20
- gab
- Être Humain

- Lieu: Paris
- Date d'inscription: 18-06-2006
Re: Dédicace pour qui m'est cher
L'atmosphère est électrique.
Je sens son souffle chaud sur ma main. Je repose mon verre. Sa respiration s'accélère, sa poitrine gonfle. Je l'ai contrarié. Maintenant elle est prête à en découdre, et elle ira jusqu'au bout.
je dois répondre quelque chose. Quelque chose qui la calme un peu, mais je n'ai pas envie d'aller dans son sens. Et je n'ai pas envie de la contrarier non plus.
-Je te parle de la reprise du pouvoir personnel des femmes dans le couple à un certain moment de leur vie. Et tu me parles des hommes qui laissent tomber leurs femmes pour courir après des minettes.
Yaris s'empourpre, serre sa main droite et lance avec dédain sa serviette de table.
-Mais Gab, quand est-ce que tu vas mettre les pieds sur terre! Tu crois que l'on vit pour de vrai dans ton monde de pouvoir, d'égocentriques et de lutte avec l'ombre?
Ses yeux sont de feux, comme je les aime toujours.
Elle baisse ses yeux. yaris ne veut pas en arriver à la dispute. Ce n'est pas tous les jours qu'elle a la chance de passer une soirée avec 
Dernière modification par gab (24-10-2007 07:53:54)
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#13 24-10-2007 08:17:10
- peps
- Être Humain
- Date d'inscription: 22-06-2006
Re: Dédicace pour qui m'est cher
punaise ça chauffe vas y gab..........
celui qui le dit, c'est celui qui y est
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#14 24-10-2007 08:31:57
- cloé
- Être Humain

- Date d'inscription: 26-09-2007
Re: Dédicace pour qui m'est cher
Elles sont incroyables! Elles épousent un rugbyman, et après elles sont surprises qu'ils ne s'adonnent pas à l'introspection. Alors qu'elles ..... Elles sont réalistes, elles ont les pieds sur terre... Elles sont responsables.
Et si elles choisissaient quand elles sont jeunes, un homme protecteur costaud, qui a une meilleure situation qu'elle... Et puis quelques années plus tard, acquérant la maturité, leur propre pouvoir, elles commencent à vouloir décider de leur vie, n'ayant plus besoin de ce type qu'elles commencent à trouver un peu lourdaud!
Gag, Je suis une femme et tu as parfaitement raison ! Tu viens de mettre à jour un mode de fonctionnement récurant chez mes consoeurs.De belles girouettes ces femmes. Elles prenent une décision, font des choix et puis quelques années plus tard...Hop on change de voie , contrat moral, engagement, à la poubelle....
Proprement irresponsable et egoiste ce type de comportement....
Cloé.
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#15 24-10-2007 08:34:51
- peps
- Être Humain
- Date d'inscription: 22-06-2006
Re: Dédicace pour qui m'est cher

celui qui le dit, c'est celui qui y est
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#16 24-10-2007 08:38:00
- pierre
- Être Humain

- Date d'inscription: 13-09-2007
Re: Dédicace pour qui m'est cher
gab, cloé, je suis parfaitement en phase avec vous su le sujet. j'ai eu de nombreux cas dans mon entourage. pathétique.






























































































































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#17 24-10-2007 08:41:42
- JULIA
- Être Humain

- Lieu: paris
- Date d'inscription: 11-07-2007
Re: Dédicace pour qui m'est cher
Gab, Yaris

Quelles pompom boy and girls à l'horizon...

Qui fait l'arbitre? 
Est-ce seulement possible dans les escarmouches homme/femme ? 
Ah! Dualité ou n'être pas dans, telle est l'énigme... 
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#18 24-10-2007 08:52:50
- gebo
- Être Humain

- Date d'inscription: 05-09-2007
Re: Dédicace pour qui m'est cher

Observons l'émoi vif suscité par les thèmes éternellement sensibles homme/femme et les clichés universels en cours.
Y - a -t'il utilité de "faire mousser ou jaser" la multitude?


Dernière modification par gebo (24-10-2007 08:53:57)
parle si tes mots sont plus forts que le silence
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#19 24-10-2007 09:08:49
- yaris
- Être Humain

- Date d'inscription: 31-05-2007
Re: Dédicace pour qui m'est cher
...Et pourtant pourquoi sous des apparences qui se veulent libérés de toutes entraves de "l'égo", ses reflexions qui viennent comme des couperets gacher ce dîner.
Yaris lui jette un regard qui lui en dit long sur la tournure que prend la conversation.
Que faire ? Entériner ses propres dires et rejoindre la longue file d'attente de ces femmes qui ne méritent pas son amour pour être entrées en conflit avec lui où se taire ?
Gab se concentre sur son assiette et massacre les spaghettis à coups de fourchettes.
Yaris reprend sa serviette et la remet sur ses cuisses.
Est-ce vraiment du ressort de la dualité que de ne pas aller dans le sens de l 'autre et de le lui clamer ?
N'est-ce pas plutot un signe d'amour que de lui faire part de ses conceptions ?
-Je ne comprends pas pourquoi tu t'évertues à vouloir généraliser un certain types de comportement sur l'ensemble féminin. T'es tu une seule fois posé la question ? Le problème ne vient-il pas de moi tout simplement et de ma non aptitude à gérer le genre féminin ?
Gab relève la tête et rencontre le regard de Yaris et y perçoit une grande douceur..
Il sait qu'il ne peut pas ne pas lui répondre...
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#20 24-10-2007 09:11:08
- sirus
- Être Humain

- Date d'inscription: 03-06-2007
Re: Dédicace pour qui m'est cher
Prends garde gab, la Yaris c'est pas ce que l'on pense.....
Dans l'ombre :
A la lumière :
Ya comme un truc....
sirus.
Radio actif
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#21 24-10-2007 09:14:52
- peps
- Être Humain
- Date d'inscription: 22-06-2006
Re: Dédicace pour qui m'est cher
Il sait qu'il ne peut pas ne pas lui répondre...
si si repond gab on compte sur toi cré nondijiou de gab...

celui qui le dit, c'est celui qui y est
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#22 24-10-2007 09:27:15
- yaris
- Être Humain

- Date d'inscription: 31-05-2007
Re: Dédicace pour qui m'est cher
Sirus
En voilà d'un comportement purement masculin. Une femme qui aurait de la tête devrait sans nulle doute avoir une queue. Peut-etre est-ce là l'origine de tous les conflits femme/homme qui depuis la nuit des temps reposent sur le fait que le masculin a longtemps voulu faire taire la force morale féminie en usant de sa force physique.
Il ne s'agit de trouver un juste équilibre qui nous permettrait non pas de s'affaiblir mutuellement dans une guerre retranchée mais de nous transcender avec ce que nos différences peuvent avoir de bénéfiques sur l'évolution de nos deux sexes.
On peut largement, messieurs, se passer de votre queue mais pas de votre amour, de votre douceur et de vos caresses au masculin !
Dernière modification par yaris (24-10-2007 09:32:22)
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#23 24-10-2007 10:23:01
- gab
- Être Humain

- Lieu: Paris
- Date d'inscription: 18-06-2006
Re: Dédicace pour qui m'est cher
Quand elle me regarde comme ça, le visage figé, ses yeux s'abandonnant dans les miens, c'est signe qu'elle veut me faire part de sa totale sincérité. Combien de fois, je me suis fait avoir!
De cette fausse soumission, elle en fait une arme redoutable. Et une fois de plus j'aime y succomber en toute conscience. Si nous pouvions une fois pour toute déposer nos armes et nous abandonner à la confiance des âmes.
-Je me souviens de Sophie, l'amie de ma soeur. Elle avait 8 ou 9 ans, avec ses cheveux blonds et ses jambes toutes droites sans relief. Moi , je devais avoir 6 ou 7ans. J'aimais voir ses chaussettes trop larges qui finissaient toujours par glisser jusqu'à la cheville. C'était l'un de mes premiers amours, et je n'ai jamais rien pû lui dire. A la fin de l'année scolaire, elle avait déménagé. Elle ne doit pas se souvenir de moi.
Yaris mélangeait de la moutarde avec ses spaggettis sauce tomate. De temps en temps elle détachait son regard de son affreux mélange pour me regarder. Elle feignait l'indifférence, mais je la sentais sur ses gardes. Comme si elle craignait ma réponse.
Elle n'avait rien à craindre, mais à ce moment là, sans le savoir, elle incarnait tout son genre dans la crainte ancestrale dont on ne sais plus quelle était la cause si ce n'est la méconnaissance de l'autre. Des souffrances de l'autre.
-Mmm? Murmura t'elle.
-Oui? Dis-je.
-Non c'est rien, continue. Tu veux en venir où? Pour rien au monde, elle n'aurait avoué s'être laissé distraire par le plis de la manche de ma chemise.
-Toutes ces souffrances, toutes ces blessures, je crois que l'on attend d'une femme, une forme de réparation pour toutes les souffrances occasionnées par toutes les autres.
-Si ce n'est toi, c'est donc ta soeur! S'empressa d'ajouter Yaris, l'oeil vif.
-Et c'est certainement le même chose du côté des femmes.
La soirée s'annonçait paisible. Je pensai avoir répondu comme il le fallait, et Yaris ne trouverait rien à redire. j'étais un peu étonné d'en être arrivé à ce constat dans la discussion, mais bon c'est vrai que c'était intéressant cette idée du representant du genre.
Yaris avait fini son assiette, elle s'étirait sur sa chaise passant ses mains sur ses cheveux comme pour les lisser.
C'est comme ça qu'elle réflechissait le mieux. Se masser la tête est l'une des techniques préférées de ceux qui sont dans le mental, comme pour activer leurs neurones.
A tout moment elle pouvait rompre ce calme. Ce regard ne me disait rien de bon. L'issue de la soirée restait incertain.
Et puis, je compris. Tout me vint à l'esprit. Quand elle avait repris la serviette, elle l'avait déposée sur sa cuisse en prennant soin de relever sa robe, m'exposant un peu de ses rondeurs. Elle avait même dégraffé son chemisier, pretextant un défaut du modèle.
Mais bien sûr... La garce! Elle usait de sexe dans la conversation! C'était pour me distraire. Pour ne pas me faire voir qu'elle déplaçait la conversation une fois de plus vers un thème plus anodin.
La diablesse! Comment je peux l'aimer?
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#24 24-10-2007 11:58:36
- Emilia
- Être Humain

- Date d'inscription: 06-12-2006
Re: Dédicace pour qui m'est cher
Je ne suis d'habitude pas passionnée par la lecture les romans 
mais là les personnages sont attachants 
Quelque-chose m'intrigue cependant .....
Yaris avait fini son assiette, elle s'étirait sur sa chaise passant ses mains sur ses cheveux comme pour les lisser.
C'est comme ça qu'elle réflechissait le mieux. Se masser la tête est l'une des techniques préférées de ceux qui sont dans le mental, comme pour activer leurs neurones.
Es-tu sur qu'elle ne se grattait pas la tête plutôt ??? 
ce que la chenille appelle mort, le papillon l'appelle renaissance
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#25 24-10-2007 12:10:50
- yaris
- Être Humain

- Date d'inscription: 31-05-2007
Re: Dédicace pour qui m'est cher
Mais pourquoi me regarde-t'il avec ses yeux de merlans frits pensais-je en croisant mes jambes et en tirant instinctivement sur les plis de ma robe en soie que la brise légère du vent avait relevé.
Où veut-il encore m'emmener avec ses histoires de jeunesse et d'amour non avouées, désavouées.
Je lui jettais à la dérobée, un coup d'oeil. Son visage restait impassible tandis qu'il remplissait les verres d'un pommard dont les reflets acajoux dansaient avec la lumière des bougies.
Non, je ne pouvais pas le laisser dire n'importe quoi. C'était plus fort que moi,
je sentais toute l'injustice de la situation m'étreindre le coeur. M'avait-il invité à diner seulement dans le but de me faire payer l'addition ?
- j'ai l'impression que tu fais un amalgame d'un tout et de rien. La brutalité de ma voix me surprit et je détournais mon regard, génée, vers la table voisine. Un vieux couple y était attablé, dans leurs yeux, le bonheur d'etre à deux.
Avaient-ils trouvé la formule magique me dis-je en soupirant.
La voix grave de Gab me fit légèrement sursauter.
- DANS la lumière la femme, mais dans l'ombre....
- Quoi dans l'ombre ?
Gab posa son verre et ricana.
- Dans l'ombre, un égoisme, une irresponsabilité, sans fin..qui finit toujours par une catastrophe.
Je sentais la moutarde me monter au nez mais j'avais compris son petit manège et il était hors de question que je donne de l'eau à son moulin.
Je décidais de laisser parler un élan de mon coeur.
- Je t'aime lui dis-je en posant ma main sur la sienne.
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