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#1 11-12-2007 22:53:48
- Phénix
- Être Humain

- Date d'inscription: 06-11-2007
Quid de Lucifer ?
Source: arielpage.com
Jacques : Voilà la question: Dans sa première transmission, Uriel parle de Lucifer. Pouvez-vous nous donner des précisions là-dessus? Est-il à prendre à un niveau symbolique? Est-il la représentation d'un archétype et si oui que représente-t-il? Pourquoi dit-il qu'il lui fallait un grand amour pour pouvoir venir sur les plans de la dualité?
Arthur : Bien! Nous pourrions vous dire que ce que vous concevez sous cette imagerie de Lucifer est votre perception de l'intelligence qui a présidé, si vous voulez, à la création de votre dimension (dit sur un ton amusé). Nous pourrions même peut-être vous choquer, certains d'entre vous, en vous disant que ce Lucifer est bien la représentation de l'effort créateur de votre univers, de votre dimension et donc un des attributs de ce que vous avez identifié comme étant vos dieux, votre dieu créateur (très amusé).
Il est l'aspect, si vous voulez, associé étroitement à la manifestation concrète … ce que beaucoup d'entre vous concevez comme étant l'infusion de l'esprit dans la matière. Nous pourrions vous dire qu'il est effectivement un archétype, dans ce sens qu'il est une forme que vous prêtez à l'un des attributs du champ de conscience ayant donné lieu à vos dimensions.
N'oubliez pas, cependant, que ce champ de conscience est constitué par l'ensemble de tous les champs de conscience qui participent, si vous voulez, à cette création, y compris vos propres champs de conscience. Nous pourrions dire également qui participent de cette dimension dans ce sens que les nombreux champs de conscience appartenant à tous les focus (incarnations, rôles) qui ont été créés en rapport direct avec cette dimension et dans le but d'expérimenter cette dimension appartiennent également à cette vaste entité, si vous voulez, qui est le champ de conscience global.
Nous vous rappelons que dans les réalités de l'essence, vous n'avez ni commencement ni fin, même vous en tant que focus (rôle). Ceci reste encore, bien sûr, un mystère pour vous puisque votre conscience est étroitement liée au temps linéaire. Mais dans votre réalité essentielle, vous participez de tous temps à la création et nous dirions à la dynamique également de ces plans dimensionnels sur lesquels vous expérimentez. Par votre illustration de la chute de Lucifer, vous créez simplement l'image de cet investissement, si vous voulez, dans les mondes de la dualité.
Si Uriel mentionne cet état de l'amour inconditionnel de Lucifer … de la nécessité de cet amour, pour s'investir sur vos plans dimensionnels, c'est simplement que vous êtes tous … hum … nous pourrions dire … en tant que champ de conscience global … vous êtes Lucifer et que le choix d'opérer sur les dimensions de la dualité et à l'intérieur du voile de l'inconscience – inconscience dans ce sens d'ignorance volontaire de votre nature réelle afin de permettre à la globalité de Tout Ce Qui Est finalement (petit rire) l'expérimentation de l'individualité versus l'universalité de l'esprit – vous avez dû faire preuve d'un amour absolu (rire) car, si vous voulez, vous entrepreniez peut-être là l'une des expériences les plus … selon vos concepts, nous pourrions dire les plus ardues qui soient puisque vous acceptiez, pour ce faire, d'opérer dans l'ignorance de ce que vous êtes, autrement dit d'opérer derrière le voile.
Et c'est dans ce sens que vous avez conçu Lucifer comme étant, si vous voulez, l'archange préféré de Dieu (petit rire), son égal presque et vous avez perçu cet amour inconditionnel comme étant l'orgueil de Lucifer. Vous l'avez transformé ainsi à partir du moment où vous en êtes arrivés à concevoir votre présence sur ces plans dimensionnels comme étant une punition.
Nous avons présenté Lucifer comme étant vous-mêmes, ce vaste champ de conscience ayant présidé à la création de ces plans dimensionnels et étant en expérimentation, si vous voulez, sur ces plans dimensionnels. Maintenant vous pouvez considérer également Lucifer comme étant, en soi, une manifestation du même type que celle que vous identifiez comme étant des manifestations archangéliques. Il est, si vous voulez, l'aspect d'intellection et de volition de ce champ de conscience dont nous venons de parler, auquel vous appartenez. Il est l'aspect infusion dans la matière. Bien.
Jacques : C'est très intéressant. Cela signifie que l'on pourrait rentrer en contact avec lui au même titre que l'on rentre en contact avec Uriel ou avec toi …
Arthur : Eh bien, nous pourrions dire que Lucifer, si vous voulez, est un aspect de la même « entité » qu'Uriel. Vous pourriez concevoir qu'ils sont de la même réalité. Nous vous dirions que Lucifer est cet aspect totalement investi, si vous voulez, dans les mondes manifestés physiquement alors qu'Uriel, qui participe de la même réalité essentielle, serait cet aspect qui jusqu'à un certain point reste libre par rapport à la « physicalité », à la matérialité.
Ceci vous révèle, peut-être, une autre dimension de cette affirmation qu'Uriel faisait au sujet de Lucifer en parlant de l'amour incommensurable qui avait été nécessaire à Lucifer pour s'investir dans vos plans, car il représente cet aspect de la réalité de cette essence qui s'investit totalement et qui, de ce fait, amène son champ vibratoire à un ralentissement extrême.
Bien que la mort soit impossible, qu'elle n'existe pas, et bien sûr, que l'anéantissement de l'être soit un non-sens, nous pourrions dire qu'un pareil mouvement, opéré par ce type d'essence, s'apparente à un quasi anéantissement. Nous dirions que cette essence se retrouve à baigner, si vous voulez, dans cette perception de l'anéantissement, si nous pouvons dire ainsi. De cette façon nous croyons bien qu'il vous est plus facile de concevoir l'ampleur de l'amour présidant à ce choix d'opérer sur vos dimensions. Bien.
Jacques : Cet anéantissement dont tu parles est l'anéantissement ressenti par l'essence ?
Arthur : Il ne s'agit pas ici d'un anéantissement dans les faits, puisque ceci est un non-sens…
Jacques : … oui, oui ……
Arthur : Il s'agit, bien sûr, de ce sentiment d'être menacé continuellement d'anéantissement … oui de l'essence et vous pourriez également concevoir que cette situation de conscience de Lucifer, dans laquelle se positionne Lucifer, si vous voulez, produit, en quelque sorte, dans vos champs de conscience individuels, à chacun, cette notion de la mort, de l'anéantissement et bien sûr la terreur qui en découle. Nous dirions qu'Uriel est ici l'aspect de ce champ de conscience qui demeure dégagé, jusqu'à un certain point … qui demeure en contact permanent, si vous voulez, avec la réalité d'essence de ce vaste champ de conscience dont nous avons parlé. Bien.
Jacques : En somme, l'aventure de la manifestation implique, pour l'essence, une mise en contact directe avec la souffrance. Chose que probablement elle ne contacte pas d'en d'autres manifestations …
Arthur : Mon cher ami, la souffrance n'est, en somme, qu'un produit de cette ignorance dont nous avons parlé, c'est-à-dire de cette illusion d'être différents et séparés de votre essence. La souffrance est issue de l'illusion que vous maintenez quant à l'existence absolue de votre identité. Plus vous permettez à votre champ de conscience individuel de s'ouvrir aux réalités de ce que vous êtes en tant qu'essences, plus vous diminuez vos créations, de souffrance.
Nous pourrions dire qu'à un plan essentiel, autant sur ceux vous concernant que sur les plans concernant les entités dont nous faisons mention, la souffrance n'existe pas. Elle ne peut exister qu'à partir de vos perceptions physiques … de vos perceptions ayant cours sur vos plans spécifiques, donc physique, émotionnel, psychologique et même psychique, jusqu'à un certain point … ce que vous appelez vos corps, vos différents corps.
Et donc ce que vous concevez comme étant « l'Esprit » n'expérimente pas ce que vous percevez vous comme étant de la souffrance, même à un stade extrêmement investi, comme nous l'avons mentionné concernant Lucifer. Nous pourrions cependant spécifier que ce que vous concevez comme étant Lucifer est ce qui préside, si vous voulez, à cette illusion, à la création et au maintien de cette illusion que vous avez construite face à Tout Ce Qui Est et face à votre Essence, cette illusion d'être totalement séparés et différents et donc l'illusion du voile. La souffrance découle de cette illusion. Bien.
Jacques : Merci. Il y a un deuxième volet à cette question qui est le suivant: Dans une autre transmission dont on m'a fait part, il est dit: "Cette union énergétique a formé six corps astraux parfait, qui créèrent eux-mêmes, après la mise en place des nouvelles sphères (bien que le terme "nouvelles" n'est aucune signification temporelle), une septième entité, celui que l'on nomme Uriel, ayant pour but de veiller au plus près sur les récentes planètes de notre système dimensionnel." Y a-t-il un lien avec la question précédente?
Arthur : Bien, nous avons en parti répondu à cette question.
Jacques : Oui.
Arthur : Maintenant, nous pourrions amener cette précision qu'il s'agit de neuf sphères plutôt que de sept et qu'Uriel est, effectivement non pas, selon notre point de vue, issu des huit sphères précédentes, et nous pouvons utiliser des termes temporels aussi, mais bien investi par ces sphères, en quelque sorte. Vous diriez dans vos concepts, mandaté par ces sphères pour, effectivement, présider, si vous voulez, aux plans dimensionnels que vous occupez et dont il est question depuis le début.
Et pour répondre de nouveau à notre amie, il y a certainement un lien entre ce que vous concevez comme étant Uriel, l'archange Uriel et bien sûr l'archange Lucifer. Nous pourrions vous dire qu'ils sont les deux aspects de la même réalité, de la même entité. Et vous voyez là, de façon archétypale, la source de la dualité, si vous voulez … (petit rire) Lucifer le ténébreux et Uriel le lumineux (rire). Bien.
Jacques : C'est très curieux ce que tu dis parce que Lucifer signifie en latin 'Celui qui porte la lumière'!
Arthur : Voilà.
Jacques : Alors que tu dis qu'il est ténébreux. (rire)
Arthur : Vous l'avez conçu, bien sûr, depuis très longtemps dans vos dogmes, si vous voulez, comme étant l'ange déchu (ici Arthur fait un lapsus et dit déçu, ce qui l'amuse beaucoup, puis se reprend) et donc comme celui ayant, en quelque sorte, éteint sa lumière, si vous voulez, en plongeant dans les profondeurs de la matière, sous l'impact de son orgueil incommensurable (grand rire).
Mais à l'intérieur de ce que vous appelez vos courants ésotériques, si nous pouvons dire ainsi, vous avez bien sûr conservé cette notion du porteur de lumière, puisque vous avez, en quelque sorte, conservé des traces de la connaissance de la réalité de l'Esprit et de ce que vous êtes dans vos natures essentielles, dans vos natures réelles. Bien.
Jacques : Eh bien je crois que nous allons en rester là.
Arthur : Bien (petit rire) Ce fut un sujet fort passionnant que nous avons abordé là.
Jacques : Ma foi oui …
Arthur : Vous avez d'ailleurs ici matière à réflexion, nous pourrions dire, en ce qui a trait à vos nombreux systèmes de croyances, n'est-ce pas ?
Jacques : Oui bien sûr!
Arthur : Bien.
Jacques : Eh bien les systèmes de croyances sur lesquels je voulais qu'on parle encore seront remis à une prochaine séance. Mais ce n'est pas oublié.
Arthur : Bien. Et donc mon ami, nous vous souhaitons une bonne continuation dans votre exploration (petit rire) et nous pourrions ajouter rapidement qu'il est fort probable que vous expérimentiez prochainement ce que vous percevez comme étant des percées dans cette expérimentation (rebirthing) que vous faites actuellement. Bien.
Jacques : Et bien cela m'encourage à continuer dans cette expérience et je te remercie de me faire avoir un avant-goût de ce qui pourrait s'ensuivre. Et j'attends avec impatience que ces effets se produisent et en même temps j'attends avec impatience la prochaine séance avec toi.
Arthur : Bien. Nous pourrions simplement vous donnez un dernier conseil en vous disant de faire attention à cette impatience qui, elle-même, pourrait fort bien vous empêcher d'expérimenter ce qui pourrait surgir (petit rire). Bien. Alors mon ami c'est un au revoir.
Jacques : Oui, c'est un au revoir, comme toujours.
Arthur : À bientôt.
Jacques : À bientôt.
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#2 11-12-2007 23:08:20
- Phénix
- Être Humain

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Re: Quid de Lucifer ?
Source: arielpage.com
Robert : Ça me fait plaisir. J'ai préparé quelques points, quelques questions que j'aimerais clarifier avec vous. Je voudrais premièrement savoir jusqu'à quel point c'est louable d'être comme je suis, presque obsédé par l'idée de comprendre – comprendre ce que l'on fait ici, pourquoi nous sommes là, qu'est-ce qui se passe; c'est quoi cette condition humaine dans laquelle nous vivons. J'ai besoin de savoir. C'est fondamental pour moi. Cela fait beaucoup d'années que je recherche cela. Si vous avez des éléments de réponse, j'apprécierais beaucoup.
Uriel : Pourquoi existons-nous… C'est une question à plusieurs volets, qui appelle une réponse à plusieurs volets. D'abord, se poser cette question – vous avez utilisé le terme louable – ce n'est ni louable ni pas louable. Vous n'avez pas à être approuvés ou désapprouvés ou à vous approuver vous-mêmes ou à vous désapprouver vous-mêmes pour une telle question. Mais il est profondément, je dirais, légitime de se poser une telle question et elle fait partie intégrante de l'aventure humaine – cette question. Elle dénote un désir d'accroissement de la conscience, d'accroissement dans le sens de la conscience devenant consciente d'elle-même. Elle dénote également, cette question, du fait que l'être, après avoir expérimenté à plusieurs niveaux et après avoir intégré plusieurs aspects de l'aventure de la conscience dans cette dimension, se retrouve au point, je dirais, d'être prêt au retour. Lorsque l'essence introduit ce type de préoccupation dans la dimension dans laquelle vous expérimentez, elle est prête à ramener à elle les différents aspects de son expérience – ces aspects ayant été représentés sous la forme de ce que vous appelez les incarnations (simultanées).
Chaque incarnation illustre, je dirais, un aspect de l'expérience que cette essence tente, plutôt veut, fait, à l'intérieur de cette dimension. Bien sûr, sur d'autres dimensions, la même essence peut expérimenter d'autres façons, à d'autres niveaux. Lorsque, je me répète, lorsque cette essence est prête à synthétiser et ... je pourrais dire, extraire, extraire de toutes ses expériences la valeur intrinsèque, comme vos alchimistes pouvaient le faire dans leurs laboratoires avec leurs cornues – ceci est un excellent exemple. Lorsque l'essence exprime, par le biais d'un de ses « fragments », ce type de préoccupation, elle est en mesure de commencer à créer l'unification entre tous ses fragments, tous ses aspects qu'elle a créés dans une dimension spécifique, dans un but d'expérience. Le fait que vous vous posiez ce type de questions – d'où est-ce qu'on vient, pourquoi, où allons-nous, etc. – démontre, signifie que vous êtes cette incarnation, ce fragment, par lequel cette essence commence son processus d'unification. Ce type de questions vous est inévitable; elle est pour vous incontournable et j'ai bien peur, mon ami, qu'elle vous suive jusqu'à votre passage.
Robert : Pouvez-vous m'expliquer pourquoi … Ce qui m'incite, dans ces questions, c'est le fait que la nature humaine, la condition humaine est limitée, de sorte que cela devient très difficile d'être heureux dans cette condition humaine-là. Elle est remplie de contradictions.
Uriel : La condition humaine est très loin d'être limitée. Votre point de vue de la condition humaine est limité. La condition elle-même comporte en elle-même un pouvoir inouï. Elle contient, je dirais en elle-même des capacités difficiles pour vous à imaginer. Déjà, à travers votre histoire, beaucoup ont illustré ces capacités, beaucoup ont démontré le grand pouvoir que possède un humain. Le problème, s'il y a problème, ne se situe absolument pas au niveau de ce qu'est l'être humain en soi et de ce qu'il peut. Il se situe dans votre regard sur l'être humain et surtout dans votre regard sur vous-mêmes. Pour des raisons qui vous appartiennent à chacun et qui vous sont très légitimes à chacun, vous limitez votre point de vue, votre regard. Et par cette limitation vous créez exactement l'expérience que vous avez choisi de faire, de créer en vous incarnant de cette façon, à cette époque, à cet endroit.
Si vous preniez la peine de fouiller l'histoire d'un peu tous les peuples, sans même avoir à remonter le temps si loin, vous trouveriez beaucoup, beaucoup d'individus ayant dépassé cette vision de la condition humaine et ayant pris entre leurs mains leur plein pouvoir. Ils sont ainsi devenus des maîtres capables de créer leur vie selon leur volonté, selon leur vision. Un des stratagèmes que vous utilisez pour bloquer, je dirais, ce type de changement – le changement de vision qu'il vous faudrait opérer – est de croire que ces individus sont exceptionnels, qu'ils ont peut-être une intelligence exceptionnelle ou qu'ils ont fait une démarche exceptionnelle; que d'une façon ou d'une autre ce sont des êtres hors du commun et que donc, vous en tant qu'individu ... du commun, justement, n'avez pas accès à ce type d'accomplissement, à ce type de connaissance. Or, ce type d'individus avaient, dans la plupart des cas, comme une de leur première préoccupation, je dirais, de démontrer à tous la possibilité d'atteindre ces accomplissements et de démontrer également les capacités réelles de ce que vous identifiez comme un être humain.
L'être humain possède de très, très, très grandes capacités. C'est un être très puissant. Tellement puissant – vous n'avez pas idée – tellement puissant, qu'il peut, de façon incroyable, créer la dualité dans laquelle ... dans laquelle il fait son expérience. Il peut, à l'encontre du divin, sensiblement, en tout cas, puisque rien ne peut aller à l'encontre du divin en réalité, mais il peut créer cette inconscience, créer, par ce fait les dysfonctions physiques, relationnelles, intellectuelles également; il peut créer les jeux incroyables de la guerre. Cela demande une puissance incroyablement plus grande que vous ne pouvez l'imaginer car cela demande d'accepter et de situer, en apparence, en dehors du plan divin.
Ce que vous ne comprenez pas est que seulement des êtres supérieurs possédant une force inouïe peuvent se permettre ce type d'expérience. Car pour vivre ce type d'expérience, il vous faut créer l'illusion de la séparation; il vous faut créer l'illusion de l'inconscience. Vous devez vous concevoir comme étant à l'extérieur du divin. Vous êtes des êtres à la magnificence inouïe et le seul fait que vous n'en soyez pas conscients, à lui seul, suffirait à dénoter votre pouvoir incroyable. Rappelez-vous – Lucifer était le favori, le plus grand, le plus près de la gloire divine et ce que vous avez interprété comme étant sa chute et que vous ne pouviez interpréter autrement est en fait son choix, pleinement son choix de se rendre dans les dimensions de la dualité et de l'inconscience. Ceci ne pouvait se faire autrement qu'avec un immense pouvoir et un immense amour.
Robert : Si nous sommes si extraordinaires, pourquoi avoir tant de difficulté à être heureux ?
Uriel : Je vous dirais que la notion de bonheur, telle que je la perçois, en tout cas, dans votre question, est tout simplement liée, en fait, à la réalité de la personnalité liée à cette incarnation (focus), je pourrais dire. L'essence ne possède pas cette vision du bonheur ou du malheur. L'essence, c'est-à-dire l'aspect de vous en évolution, l'aspect de vous englobant les différentes incarnations, ce que vous appelez les différentes incarnations, possède la notion d'expérience. Lorsque l'essence crée un fragment, ce que vous percevez vous-mêmes comme étant une personnalité, elle crée un champ d'expérience. Si cette expérience demande ... Cette expérience demandera toujours un jeu de balancier, c'est-à-dire, si l'essence désire expérimenter la réalité divine de la justice, il lui faudra créer des champs d'expérience où elle pourra ... je dirais, valider le spectre entier de cette réalité. Cela signifie qu'elle aura à créer des fragments, parfois des expériences spécifiques, limitées à l'intérieur de la vie d'un fragment, ayant trait avec un aspect ou l'autre de la justice.
Ces aspects sont ceux que vous qualifiez de positifs ou de négatifs. En soi, ils ne sont ni l'un ni l'autre. Ils ne sont que des champs d'expériences. Au niveau de l'essence, ce qui sous-tend toute votre ... raison d'existence se situera toujours en regard des extrêmes de ce qui est désiré comme expérience. Si je reviens à l'expérience de justice, cette essence aura à créer des fragments qui expérimenteront la position de victime. C'est un aspect important dans cette dynamique, qu'elle veut intégrer à un niveau direct, en tant qu'expérience directe, évidemment. Elle aura également à créer, peut-être dans la même expérience avec le même fragment, peut-être avec un autre fragment, dans une autre incarnation, la position du bourreau.
Robert : Donc si nous avons le sentiment que la vie est injuste, c'est que nous avons à vivre l'expérience de la victime.
Uriel : Une troisième position existe qui est la position, je dirais, de conciliation, de compréhension, d'équilibre. Quant l'essence a vraiment intégré, expérimenté, intégré les deux aspects dualistes, elle désire intégrer l'aspect lui-même, dans son unité. Et certains fragments s'attacheront, si on peut dire, d'une certaine façon, à cette conscience d'unification. Et c'est ce que vous recherchez, entre autres choses, mon ami. Vous ne ... vous ne vous sentez pas ni, je dirais, dans le camp des victimes, ni dans celui des bourreaux. Et la raison en est que votre incarnation en est une d'harmonisation, de conciliation, d'unification, de synthèse à cet effet.
Robert : Je voulais bifurquer un peu pour vous amener sur une autre question qui est connexe. Dans notre vie, nous expérimentons le regret, nous regrettons des choses, ce que l'on ne devrait pas, probablement. Comment peut-on faire pour ne pas vivre le regret ? Est-ce qu'on peut ne pas vivre le regret ?
Uriel : Il est même préférable de ne pas vivre le regret. Mais vous pourriez tout simplement, transformer ces regrets. Vous savez, ce que vous appelez des regrets ne sont, en définitive, que des expériences non intégrées. Ils ne sont que des expériences qui ne sont pas comprises et qui ne font pas encore partie du champ de conscience globale. Aussi longtemps que vous maintenez cette expérience sous forme de regret, vous l'empêchez de s'intégrer, vous l'empêchez de devenir expérience vivante, réellement, profondément intégrée dans le champ de la conscience. Maintenant, il arrive souvent que vous choisissiez de garder ces expériences sous forme de regrets, choisissant à ce moment-là de faire jouer le rôle de miroir à ces expériences. De cette façon, ces expériences restent ... nous pourrions dire, comme à l'extérieur de vous. Elles demeurent une sorte de reflet et vous pouvez continuer à les utiliser dans ce sens, aussi longtemps que vous maintenez l'attitude du regret.
Cependant, il faut faire attention avec ce type de dynamique. Le regret se transforme en culpabilité et la culpabilité, elle, ne peut servir de miroir. Elle constitue un reflet beaucoup, beaucoup trop déformé pour que vous puissiez l'utiliser ainsi. Donc, lorsque vous choisissez de conserver la vision de l'expérience sous forme de regret, soyez conscient que celui-ci tend à aller vers une plus grande déformation, toujours et à devenir la culpabilité. Et à partir de ce point, vous ne pouvez plus utiliser cette expérience. Il vous faut alors, lorsque vous vous rendez compte que votre regret s'est transformé, que votre vison s'est déformée à ce point, il vous faut, je dirais, dégager cette expérience de toute forme de jugement et d'accepter de l'intégrer totalement. C'est le seul moyen, on pourrait dire, que cette expérience puisse encore servir, si on peut utiliser ces termes.
Robert : C'est quoi l'intégrer ? Prendre la leçon qu'il y a à l'intérieur ?
Uriel : Oui, oui, prendre la leçon. Maintenant, encore une fois je vous dirais, prenez garde à cette notion de leçon qui est peut-être limitée, peut-être un peu trop limitée. Essayez de remplacer la notion de leçon, qui comporte, d'une certaine façon, déjà un jugement – dans une leçon, il y a des choses bonnes et il y a des choses à rejeter. Essayez de remplacer la notion de leçon par celle d'expérience. Vous êtes tous des chercheurs d'abord et avant tout et vous créez ces incarnations en guise de laboratoire de recherche. Vous utilisez ces incarnations, vous utilisez vos corps, vos différents corps comme laboratoires, comme outils extrêmement raffinés vous permettant de construire votre expérience et d'intégrer ce qui en ressort, les connaissances que vous acquérez de cette expérience.
Robert : Est-ce que vraiment, nous choisissons toutes nos expériences ?
Uriel : Non seulement vous les choisissez, mais vous les construisez moment par moment. Vous savez, presque toutes les nuits, vous révisez l'ensemble de votre vie, l'ensemble de la période dans laquelle vous êtes maintenant et l'ensemble de vos choix. Vous réévaluez. Vous vous rendez sur certaines dimensions, moins limitées que celles-ci où vous allez, je dirais, créer ... une sorte de mise en scène, je pourrais vous dire, des différentes potentialités que peuvent impliquer les choix que vous posez maintenant ou que vous vous apprêtez à faire. Vous créez l'ensemble de ce que vous êtes et de votre vie à tout instant. Avant de vous asseoir ici, vous n'étiez pas celui que vous êtes maintenant. Vous choisissez à tout instant.
Robert : De façon consciente ou inconsciente ?
Uriel : Les deux. Votre conscience, votre vraie conscience, celle de votre essence, celle qui vous maintient à tout instant, est toujours consciente. Il est tout à fait, totalement impossible que la conscience soit inconsciente. C'est un non-sens. Vous avez créé ce que vous nommez l'ego. Vous avez créé un obscurcissement de la conscience, un mécanisme, je dirais, de rétrécissement du point de vue, du champ de vision de la conscience. Et ceci, dans le but spécifique d'expérimenter strictement dans le cadre du champ dimensionnel que vous avez choisi – très particulier, dans celui de la dualité. Vous aviez besoin de vous créer vous-même comme un être duel pour expérimenter évidemment la dualité. Donc, à tout moment, vous êtes les deux : conscient et inconscient. Je peux par contre vous dire que l'aspect conscient de vous est très nettement supérieur à l'aspect inconscient, votre ego. Car c'est l'aspect conscient de votre conscience qui maintient les deux, qui maintient la conscience d'elle-même et qui maintient l'existence de l'illusion qu'est l'ego, de l'illusion d'inconscience. L'ego n'est que l'illusion de l'inconscience. Donc, en réalité, vous êtes toujours conscients; tous les humains sont toujours conscients.
Robert : Mais quant on parle dans un cheminement, d'élever le niveau de conscience, qu'est-ce qu'on veut dire au juste ?
Uriel : Il y a deux niveaux. Il y a le processus lui-même et il y a les gens qui vivent ou qui croient vivre ce processus. Le processus lui-même est tout simplement d'amener la conscience ... je dirais plutôt d'amener ce que vous nommez l'ego conscient de la conscience.
Robert : Oui, c'est très logique.
Uriel : L'ego est un aspect de la conscience. Il n'est pas cette espèce d'identité que vous identifiez comme étant différent, détaché, extérieur à la conscience, comme étant, en quelque sorte, un aspect parasite qu'il vous faut éradiquer de votre être.
Robert : L'ego serait un indicateur de notre niveau de conscience ?
Uriel : Je ne crois pas. L'ego est un état de votre conscience, est un état destiné à vous faire expérimenter selon le schéma choisi. Si, par exemple, avant votre incarnation vous décidez, vous choisissez d'être, en tant que mâle blanc, et axé, je dirais, sur la dynamique de la justice, vous allez totalement définir votre personnalité, vous allez définir votre champ de conscience autour de ces paramètres. C'est ce champ de conscience qui devient l'ego. Lorsque vous avez dépassé, je dirais, la validité de l'existence de ce champ de conscience, de cette restriction de conscience même, je pourrais dire, vous commencez à laisser venir, je pourrais utiliser le terme de pulsion, même si normalement il s'utilise à un autre niveau, de pulsion de retour vers la conscience, d'élargissement du point de vue. Lorsque l'être arrive à ce désir d'élargissement de la conscience, cela signifie que, en grande partie, les expériences choisies sont en voie d'intégration.
Dernière modification par Phénix (11-12-2007 23:58:56)
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#3 12-12-2007 20:07:35
- Phénix
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Re: Quid de Lucifer ?
Dialogue entre Merlin et Arthur :
Source : le Retour de Merlin de Deepak Chopra
… Tout en parlant, Arthur se sentait aspiré dans les profondeurs mystérieuses d’un lointain secret. Il y était question de dragon… Merlin lui avait dit quelque chose à ce propos dans la grotte de cristal, voilà des lustres, alors qu’il était encore enfant…
- Les dragons sont toujours vivants.
Ils étaient assis près du feu, se souvenait-il. Merlin lui avait confié ce secret, de but en blanc.
Qu’est-ce que ça veut dire ? avait-il demandé.
Arthur sombrait dans un demi-sommeil…
- Juste ça. Ils sont vivant, toujours vivants, avait répondu Merlin. Même si, de mémoire d’homme, on n’a plus jamais vu de dragons, puisqu’ils ont été bannis par les magiciens.
Les villages qui se serraient à la lisière du bois du quêteur ne craignaient plus pour leurs récoltes, se souvenait confusément Arthur. La terre, autrefois rendue stérile par les méfaits de ces bêtes légendaires, était redevenue verte avec le temps, recouvrant les tombes de leurs victimes innombrables. On avait oublié l’horreur qui hantait autrefois les nuits.
- Comment les dragons pourraient-ils revenir si vous les avez tués ? avait demandé Arthur.
- Tués ? Je n’ai jamais dit çà, avait rétorqué le magicien. Les dragons restent une éventualité tant que les mortels refuseront d’accepter d’où ils viennent.
Je pourrais certes, mener une expédition jusqu’à leurs nids infâmes et écraser tous leurs œufs. Renard et lynx finiraient de manger les jaunes, même si les embryons ont déjà du cuir et des écailles. Mais les mortels ne permettraient jamais une chose pareille.
Le secret des dragons, c’est qu’ils sont nés du désir des hommes, comme toute forme que revêt le mal.
Arthur état silencieux et perplexe.
- Personne de sain d’esprit ne peut désirer le mal. Tu parles de gens méchants ?
Merlin avait secoué la tête
- Non, le mal est une nécessité universelle, que les hommes soient bons ou mauvais.
- Pourquoi ?
- Je t’ai déjà expliqué que ce monde n’est qu’une illusion. Il a l’air réel mais la première leçon qu’apprend un enchanteur, c’est de ne pas se fier à ses sens. Quand tu regardes le monde, que vois-tu ? La lumière suivie par l’obscurité, la joie par le chagrin, la vie par la mort. Si ceci devait être la réalité, alors la quête de l’enchanteur vers la vie éternelle ne pourrait jamais aboutir.
- Peut-être ce monde n’est-il pas fait pour la vie éternelle.
- C’est ce qu’il semble à première vue. Le cycle de la vie et de la mort se répète sans cesse, mais seulement pour nos sens. Et si tout cela n’était qu’une illusion ? Si la mort n’existait que parce que les gens croient qu’ils sont nés un jour, parce que quelqu’un d’autre le leur a dit ? En fait, les souvenirs des gens s’arrêtent à la naissance. Personne ne se souvient de ce qu’il y a eu avant, n’est-ce pas ?
Le jeune Arthur avait hoché la tête, tout en se demandant ce que tout ceci avait avoir avec les dragons.
- Peut-être as-tu toujours été en vie et ta naissance n’est-elle qu’un moment d’oubli ?
Merlin se passionnait pour son sujet, et la passion chez lui était toujours teintée d’un zeste de chagrin.
- Pourquoi, à ton avis, les villageois ont-ils peur de nous ? Pourquoi des prêtres stupides et bornés me méprisent-ils à ce point, au nom du tout-Puissant ?
Parce que les hommes, plus que tout au monde, redoutent de voir disparaître cette illusion. Ils sont prêts à tout pour ne pas voir la réalité, pour ne pas y croire. Et quelle est cette réalité ?
L’enchanteur avait tendu les paumes de ses mains en avant et des langues de feu bleu s’en étaient échappées.
- La lumière ! Tout n’est que lumière* !!! (* lumière = conscience = hologramme)
Le garçon était ébloui. Le visage de Merlin était un masque de concentration.
- La lumière est toute chose, la lumière est la vie éternelle. Elle ne peut être ni créée ni détruite. L’enchanteur n’a pas peur de marcher la nuit – c’est même une obligation – car c’est là que meurt l’illusion.
- Les prêtres disent que vous êtes des êtres de l’ombre.
- Alors que nous nés de l’éternité. L’enchanteur regarde autour de lui et voit l’infini aux quatre points cardinaux. Son seul dilemme, c’est : que faire de ce pouvoir ? Il faut jouer avec la lumière, la moduler. Voilà la joie de notre existence. Celle de percer l’illusion et de trouver la source du pouvoir créateur.
- Comment les mortels pourraient-ils apprendre à faire une chose pareille ?
- Ils le font déjà sans le savoir. L’illusion a été créée par eux, et maintenant ils croient en elle avec trop de force.
Ils utilisent leur pouvoir pour créer une tragédie, faite de naissance et de mort, de joie et de peine. On ne peut leur en vouloir. C’est le seul quadrille qu’ils connaissent. En vérité, l’ombre n’a pas d’autre pouvoir que celui qu’ils désirent lui conférer.
Merlin avait approché son visage de celui du jeune Arthur.
- Je vais te dire le secret pour vaincre le mal : Le mal, c’est toi. Sitôt que tu l’as accepté, tous les monstres se dissolvent dans la brume.
- Et les dragons aussi ?
- Oui. Comme je te l’ai dit, les mortels refusent de voir d’où proviennent les dragons. Tous les monstres vivent dans un lieu de ténèbres où les mortels enfouissent leurs peurs, leur honte et leur culpabilité. Ce n’est rien d’autre qu’un petit placard, mais il y fait suffisamment noir pour contenir tout ça et, de temps en temps, lorsque le besoin s’en fait sentir, ses occupants en sortent pour répandre la terreur sur terre.
- Mais les dragons tuent les gens. C’est bel et bien réel, non ?
Merlin avait haussé les épaules.
- Il faut mettre le paquet pour crédibiliser l’illusion ! Si jamais tu rencontrais un dragon, tu serais étonné de voir jusqu’où ils ont poussé le souci du détail.
Il y avait de l’amusement et de l’admiration dans la voix du magicien.
- Je n’aurais pas fait mieux !
Il avait étendu sa main, laissant le garçon regarder la flamme bleue qui dansait sur sa paume ; elle avait vacillé un moment puis avait fini par s’éteindre.


Dernière modification par Phénix (12-12-2007 21:26:47)
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#4 12-12-2007 22:25:30
Re: Quid de Lucifer ?
Son seul dilemme, c’est : que faire de ce pouvoir ? Il faut jouer avec la lumière, la moduler. Voilà la joie de notre existence. Celle de percer l’illusion et de trouver la source du pouvoir créateur.
- Comment les mortels pourraient-ils apprendre à faire une chose pareille ?
- Ils le font déjà sans le savoir. L’illusion a été créée par eux, et maintenant ils croient en elle avec trop de force.
Ils utilisent leur pouvoir pour créer une tragédie, faite de naissance et de mort, de joie et de peine. On ne peut leur en vouloir. C’est le seul quadrille qu’ils connaissent. En vérité, l’ombre n’a pas d’autre pouvoir que celui qu’ils désirent lui conférer.
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#5 12-12-2007 22:51:54
- Phénix
- Être Humain

- Date d'inscription: 06-11-2007
Re: Quid de Lucifer ?
Cette citation de Nietzsche est assez éloquente :
« Celui qui lutte contre les monstres doit prendre garde, A ne pas devenir un monstre lui-même.
Et si vous fixez trop longtemps un abîme, L'abîme aussi regarde en vous »
« Si tu plonges longtemps ton regard dans l'abîme, l'abîme te regarde aussi. »
Savoir que certaines forces existent (d’un certain point de vue), et sont actives, c’est bien et c’est nécessaire, il faut être vigilant.
Savoir que l’ombre existe (d’abord) en nous et à l’extérieur de nous c’est bien et c’est nécessaire, il faut être lucide.
S’informer de temps en temps sur d’éventuels projets des forces obscures etc. c’est ok.
Mais passer la majeure partie de son temps à se focaliser sur l’ombre, gaspiller son énergie à analyser l’ombre plus que nécessaire… là il y a peut-être problème.
Il y a peut être un grave problème lorsque l’on passe son temps à :
- s’occuper des moindres faits et gestes des forces obscures et de leurs marionnettes.
- analyser le passé des forces de l’ombre.
- essayer de connaître les plans des forces obscures, à essayer de savoir ce qu’elles vont faire, à anticiper leurs actions.
- à spéculer sur un futur lié à ces forces.
En ayant cette attitude face aux forces obscures :
- on nourrit ces forces de l’ombre.
- on renforce ce qu’on veut combattre, on renforce l’ombre.
- on lui donne une importance qu’elle n’a pas.
- on renforce sa réalité (vous connaissez tous maintenant l’importance de l’Observateur, en physique quantique).
- on a tendance à nier l’existence de notre ombre intérieur.
Cette attitude est aussi une conséquence de l’illusion de « séparativité », donc de la peur
Par cette attitude on est souvent focalisé, fasciné par le monde extérieur, on n’a plus le goût d’aller à l’intérieur de soi même, d’entrer dans le divin silence intérieur, de s’installer dans le cœur du cœur… et donc on ne prend plus ses responsabilités de Créateur Conscient.
On n’a plus le goût de la joie de l’instant présent et notre « joie » est conditionnée par le sort des forces de l’ombre.
Celui qui refuse de prendre conscience de sa propre obscurité, celui qui refuse d’accepter l’ombre à l’intérieur de lui, alors il va la retrouver à l’extérieur de lui dans sa vie quotidienne, mais d’une manière peu agréable.
L’ombre d’un certain point de vue a besoin de nous, il est notre création, il est notre « enfant » autant que la lumière, toutefois on ne doit surtout pas le nourrir exagérément, on ne doit pas le laisser faire n’importe quoi, ni le laisser nous faire peur, mais on doit surtout reconnaître que l’ombre est d’abord en nous, l’ombre est une partie de nous, et donc d’un certain point de vue l’ombre est nous !!! et je sais que cette affirmation choque encore beaucoup d’entre nous, mais nous ne pourrons pas « échapper » indéfiniment à la réalisation de notre complétude !!!
C’est évident, l’obscurité extérieure ne pourra nous faire de mal que si on refuse de reconnaitre qu’elle est d’abord un reflet de l’obscurité à l’intérieur de nous !!!
L’ombre à l’extérieur de nous qui veut nous attaquer, est comme notre enfant que nous refusons de reconnaitre comme tel, c’est pour cette raison qu’il nous en veut, et qu’il veut nous attaquer et commettre un « parricide ».
Par ces attaques l’obscurité extérieure demande juste qu’on la reconnaisse et qu’on l’accepte comme une partie de nous, et elle sait qu’on ne l’aime pas, mais elle ne nous demande pas forcément de l’aimer, elle nous demande juste qu’on accepte que l’on est son créateur, au même titre qu’on est créateur de la lumière, elle demande juste qu’on accepte que tout est en Nous !!!
On doit toujours prendre nos responsabilités, nous entrons dans l’ère du JE SUIS… dans l’ère du UN.
On peut toujours brandir des crucifix, de l’eau bénite, le l’ail, réciter des versets bibliques, cela ne changera rien : on sera obligé à un moment donné de prendre nos responsabilités de Créateur, dans une réelle pratique de la vigilance (eu égard à notre monde intérieur) et du moment présent !!! (Bref de l’Acte de Conscience, sans oublier le lâcher-prise et s’installer le plus souvent possible dans le divin silence du monde quantique intérieur, ou dans le cœur du cœur etc.)
Qu’est ce qui se passe avec les conspirationnistes excessifs :
Au fur et à mesure de l’exercice de leurs activités de conspirationnistes pathologique, ils se forgent une identité, liée à ces activités, et à l’instar des formes-pensées-fortes* (schème, larve etc.), cette identité va acquérir autonomie, instinct de survie et va les inciter à toujours se focaliser de manière inappropriée sur les forces obscures, dans le but de se nourrir. Cette identité pourra même créer par peur d’anéantissement une sorte de boulimie concernant cette « nourriture » conspirationniste.
Et donc notre focalisation inappropriée va nourrir l’ombre et l’ombre va nous nourrir, et donc on se retrouvera dans une situation inverse de celle que l’on a voulu !!!
Ce qui fait froid dans le dos, c’est lorsqu’on se rend compte, que pour se nourrir, les forces obscures organisent elle-même leur propre opposition à elle-même, leur propre contraste, leur propre contraire. Elles organisent littéralement les forces qui sont censées être antithétique à elle-même. Ces forces poussent ces conspirationnistes à être obsédés, à se focaliser exagérément sur elles.
Et qui sont les premiers à tomber dans le panneau ? : ceux qui sont dans la peur, et voyant le malheur partout, ceux qui ont du mal à stabiliser leur émotionnel, qui ont du mal à être des piliers de sérénité (en cas d’événements dramatiques), et un grand nombre de tdl etc. etc. etc.
C’est ironique : nous sommes donc dans un monde où certains êtres implacables (et peut-être même célèbres) pourfendeurs des forces obscures, travaillent eux-mêmes sans le savoir pour ces forces et contribuent grandement au raffermissement de ces forces !!!
(L’extrait d’un livre de Bernard Werber proposé récemment en post partage sur choix est très intéressant eu égard à ce que je viens d’évoquer : http://www.choix-realite.org/?3575-lutt … le-systeme)
Et donc on aboutit à des absurdités : les conspirationnistes excessifs ne peuvent plus se passer des forces de l’ombre, et ils auront toujours intérêt à ce que les forces de l’ombre continuent comme d’habitude, sinon ils n’existeront plus, ils n’auront plus de « nourriture », ils ne pourront plus se lamenter, crier au scandale, ils ne pourront plus radoter et dire à quel point tel ou tel homme politique ou groupe de personnes est détestable et dangereux, ils n’auront plus rien pour se distraire et mettre un peu de piment dans une vie peut-être ennuyeuse, plate, vide, sans surprise agréable, sans joie réelle et sans abondance !!!
Une idée reçue très répandue chez les spiritualistes : c’est croire que les forces obscures ont violée notre libre arbitre !!! C’est erroné les forces obscures n’ont fait qu’utiliser le libre arbitre en vigueur dans ce secteur de la galaxie.
C’est choquant et dur à entendre, mais Nous en tant qu’Humanité, et Gaïa avons autorisé la venue sur Terre des forces de l’ombre !!!
Figurez-vous que dans les secteurs universels, dans les planètes où il n’y a pas de libre arbitre* il n’y a pas le bordel planétaire que l’on connaît ici sur terre depuis des milliers et des milliers d’années.
Cette croyance répandue est encore une astuce (inconsciente), pour nier notre pouvoir créateur, notre souveraineté, pour se dégager de toute responsabilité face à nos choix.
Nous faisons quelquefois consciemment et « inconsciemment » des choix absurdes, par peur, par manque d’estime de soi, par manque de confiance en soi, par fascination de l’extérieur etc. et après on prétend qu’on a violé notre libre arbitre !!!
* commentaires sur les formes-pensées : http://www.choix-realite.org/?3415-le-b … topunition
* éclaircissements sur le nouveau libre arbitre : http://www.choix-realite.org/?3435-evol … multaneite
Peace 
Love ya all 
Dernière modification par Phénix (14-12-2007 00:04:13)
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#6 13-12-2007 01:38:03
- Phénix
- Être Humain

- Date d'inscription: 06-11-2007
Re: Quid de Lucifer ?
Source : La Voie du Magicien du Dr Deepak Chopra
Le décor change, le voyant demeure le même.
Récit :
Merlin préférait éviter de rencontrer des mortels, mais on pouvait parfois l’apercevoir certains soirs d’été, tard, debout sur un pied à la lisière d’un champ. Des fermiers intrigués s’approchaient, mais Merlin, immobile comme une statue, muet, ignorait leur présence. Á ces moments-là, Arthur trouvait que son maître ressemblait à un vieil échassier en équilibre au bord de l’étang, guettant l’occasion d’embrocher un poisson. Un jour que Merlin était resté plusieurs heures ainsi, l’enfant ne put s’empêcher de lui demander ce qu’il regardait.
- Je ne puis le dire exactement, répondit Merlin. J’ai vu une libellule et j’ai voulu l’observer de plus près. Elle a traversé le chemin comme un papillonnement féerique, mais au bout d’un moment j’ai oublié si j’étais en train de rêver de cette libellule ou si elle rêvait de moi.
- La réponse n’est-elle pas évidente ? demanda Arthur. Merlin assena à l’enfant une grande claque sur la tête.
- Tu crois que tes rêves se déroulent ici, à l’intérieur. Moi, je me rencontre partout… Qui sait par conséquent quelle partie de moi en rêve une autre ?
Comprendre la leçon
On pourrait aussi appeler témoin le magicien que chacun de nous abrite. Le rôle du témoin n’est pas d’interférer dans les métamorphoses du monde mais de voir et de comprendre. Le témoin ne se repose pas – il demeure éveillé quand vous rêvez, ou même dans un sommeil sans rêves. Il n’a donc pas besoin de voir à travers vos yeux, ce qui semble vraiment magique. (…) Le savoir du magicien reste en éveil même quand il dort. L’intelligence universelle, éternelle, omnisciente n’est pas pour le magicien une quelconque force créatrice lointaine. Elle est présente en chaque atome de matière. Elle est l’œil derrière chaque œil, l’Oreille qui précède toute oreille, l’Esprit d’avant tout esprit.
Pour voir le magicien n’a nul besoin d’être réveillé et d’ouvrir les yeux. Nous pouvons voir, dans le sens le plus profond du terme, pendant que nous rêvons ou que nous dormons, parce que voir signifie être réceptif à l’intelligence universelle. Quand le témoin est pleinement présent, rien ne lui échappe.
Le savoir du magicien est une connaissance pure, indépendante des phénomènes extérieurs. Il est l’eau de la vie puisée directement à la source. La connaissance du magicien est immuable, indifférente aux diverses transformations qui affectent le monde. Avant de rencontrer le magicien en nous-même, nous nous fions à nos sens et à notre esprit pour apprendre ce que nous savons. Notre savoir est le résultat d’un apprentissage. Il est stocké dans la mémoire et classé selon nos goûts et intérêts, il est donc sélectif. La connaissance du magicien est innée.
Un jour, Arthur vit Merlin courir comme un fou en brandissant un énorme couteau de boucher.
- Que fais-tu ? demanda l’enfant, paniqué.
- Je pense, répondit Merlin. Ne penses-tu pas de cette façon ?
- Non, dit Arthur.
Merlin s’arrêta soudainement.
- Ah ! alors je dois faire erreur. J’avais l’impression que tous les mortels utilisaient leur esprit comme des couteaux, pour trancher et disséquer. Je voulais voir à quoi cela ressemblait. Il me semble qu’au fond de ce que vous, les mortels, appelez rationalité, se cache une bonne dose de violence.
L’esprit du magicien est comme une lentille qui perçoit et restitue tout ce qu’il voit sans distorsion. L’intérêt de ce type de conscience est qu’elle réunit, alors que l’esprit rationnel sépare. L’esprit rationnel regarde « à l’extérieur » un monde d’objets situés dans le temps et l’espace, alors que le magicien voit tout comme une partie de lui-même. La séparation entre « extérieur » et « intérieur » est abolie. La conscience est indivisible. D’où la réplique de Merlin déclarant qu’il pouvait difficilement dire s’il rêvait d’une libellule ou si la libellule rêvait de lui. Cette distinction est une création artificielle de l’esprit rationnel. Dans l’œil du magicien tous deux se confondent totalement.
(…) Un magicien ne se voit pas comme un événement localisé rêvant d’un monde plus vaste. Un magicien est monde rêvant d’événements localisés.
Vivre avec la leçon
Il n’est pas aisé d’expliquer en quoi consiste le témoignage. Quand nous sommes réveillés, chacun de nous voit en général des objets, mais le témoin voit la lumière (l’énergie). Il se voit lui-même comme un foyer de lumière, l’objet comme un autre foyer lumineux, tous deux immergés dans un immense espace vide empli de lumière.
La lumière : une métaphore pour désigner des niveaux d’être plus élevés. (…) La lumière peut revêtir l’apparence du paradis ou d’un autre monde, mais pour le magicien notre monde ordinaire n’est qu’une image. Cette image est, elle aussi, une projection de la conscience. « Toute conscience est lumière, disait Merlin, toute lumière est conscience. » Les frontières que nous dressons entre le ciel et la terre, l’esprit et la matière, le réel et l’irréel, ne sont que des artifices. Étant les auteurs de ces frontières, rien ne nous est plus aisé que de les supprimer.
Regarder attentivement cette page. Vous la voyez comme un objet. Elle est matérielle dans la mesure où elle est constituée de fibres de bois transformées en papier, mais elle est abstraite quant aux idées qu’elle renferme. Une page est-elle un objet de papier, un agencement d’idées, ou le deux ? Notez que vous pouvez facilement l’envisager sous ces deux aspects, mais vous ne pouvez l’envisager comme matérielle et spirituelle simultanément. Autrement dit, des réalités différentes peuvent coexister, mais chacune cantonnée à son propre niveau d’existence. Un mot est, à un certain niveau, une succession de taches d’encre, mais, à un autre niveau, il est la clé d’une idée. Chaque état de l’être, de sa forme la plus subtile et immatérielle à la plus tangible et matérielle, dépend de l’observateur. Si nous le voulions, nous pourrions annihiler cette page de la manière suivante : une page est faite de papier, le papier est fait de molécules, les molécules d’atomes, les atomes sont des magmas d’énergie infinitésimaux, et les magmas d’énergie sont constitués à 99,99% d’espace vide. Comme la distance qui sépare deux atomes est immense – proportionnellement plus grande que la distance qui sépare la Terre du Soleil – on ne peut qualifier cette page de solide qu’à condition de soutenir que l’espace qui nous sépare du Soleil est lui aussi solide.
Cette expérience qui consiste à dématérialiser des choses apparemment solides peut aussi fonctionner en sens inverse. En partant de l’espace « vide », on peut construire des magmas d’énergie, d’atomes, de molécules et remonter la chaîne de la création pour reconstituer n’importe quel objet, y compris votre corps. La main qui tourne cette page est un nuage d’énergie, et ce n’est que par un acte de conscience que vous pouvez sentir cette main ou que celle-ci peut sentir la page. D’autres magmas d’énergie, comme les rayons ultraviolets qui vous entourent, échappent totalement à votre attention. Ainsi la consistance du monde est entièrement tributaire de la faculté qui le perçoit. Vous avez été créés voyants afin que le monde existe comme chose visible ; sans yeux pour le contempler, le monde serait invisible.
Cette hypothèse une fois admise, allons encore plus loin : chaque chose sur Terre est alimentée par la lumière du Soleil, celui-ci n’étant qu’une étoile. La nourriture que vous mangez a été transformée par la lumière solaire et en la mangeant vous créez un corps – le vôtre – qui provient de la même source. En d’autres termes, manger un plat n’est rien d’autre qu’une action de la lumière solaire s’absorbant elle-même. Cette lumière, bien qu’elle prenne de multiples formes, celles de tourbillons de gaz et de quasars, comme celle d’un lapin broutant du trèfle, est une seule et même lumière. Elle se trouve à la fois partout et nulle part. Vous croyez vous trouver quelque part, mais ce n’est vrai que parce que vous vous engagez à présent dans l’acte suprêmement créatif de convertir l’univers de la lumière en un simple foyer, celui de votre corps et de votre esprit.
Arthur adressa un jour cette prière à Merlin :
- Je voudrais accomplir des miracles.
- Ce monde existe à cause de toi, répliqua Merlin, n’est-ce pas déjà un miracle suffisant ?
Le magicien pousse ce raisonnement magique à son terme. Si le regard a rendu le monde visible, demande-t-il, qui ou quoi a crée la vue ? Qui a vu l’œil avant que celui-ci ait reçu le don de voir ? C’est la conscience. Le voyant antérieur à tout œil est simplement la conscience elle-même, qui engendre nos sens afin que ceux-ci puissent à leur tour engendrer tout ce qui nous entoure. (…)
L’information n’est que la conscience rendue manifeste sous une forme stockable – comme ce livre. Si vous ne saviez pas ce qu’est un livre, vous diriez que c’est simplement un ensemble de signes appartenant à un code étrange, alors qu’il s’agit en fait du canal par lequel une conscience communique avec une autre.
Merlin considérait le monde entier comme un moyen de se parler à lui-même.
- Si jamais tu oublies quelque chose, la forêt te le rappellera, expliqua-t-il un jour à Arthur.
- J’ai oublié des tas de choses que la forêt ne m’a jamais rappelées, objecta l’enfant.
- Faux, répliqua Merlin. La seule chose que tu puisse oublier, c’est toi, et cela, tu peux le retrouver sous chaque arbre.
Pourquoi le monde existe-t-il ? Parce qu’une immense conscience (le soi) a voulu écrire le code de la vie et dérouler ses entrelacs sur les pages du temps. Il n’y a pas lieu de s’étonner qu’un magicien ne puisse dire où finit son propre corps et où commence le monde. Rêvez-vous ce livre ou est-ce ce livre qui vous rêve ?
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#7 13-12-2007 02:28:14
- gebo
- Être Humain

- Date d'inscription: 05-09-2007
Re: Quid de Lucifer ?
Bonjour Phénix,
Merci pour le thème présenté.
Survolant les extraits que tu as choisi de placer ici, je suis agréablement surprise, je prendrai le temps d'approfondir...
Quelle est la référence du début du forum ( dialogue entre Jacques et Arthur)?
Je trouve en celà réponses satisfaisantes à un questionnement en profondeur.
J'aime quand on épluche les données comme on ôte les différentes couches de l'oignon.....
Celà résonne aussi fort en moi, que nous sommes les Créateurs de cette illusion utile et choisie par nous.

Même si nous arrivons à un temps où le désir est intense d'intégrer les expériences vécues depuis des éons, je pense qu'il est aussi important de réaliser la responsabilité de qui nous sommes ici et maintenant.
Et de prendre conscience de ce que nous sommes où nous en sommes et ce que nous sommes en train de faire, et prendre conscience de nos choix : nourrir, grossir les "forces du mal" , les placer encore et encore hors de soi, les diaboliser davantage,
ou sagement observer, et s'occuper à "faire avec " notre ombre intérieure?
Faire comme si nous sommes le jouet, la marrionnette des forces du mal et élaborer nos énergies/préoccupations/efforts et imaginer les miracles qui nous délivreront,
ou trouver un accord intérieur entre qui nous étions et sommes, et le vague souvenir de notre divinité?
Il est aussi salutaire de ne jamais perdre de vue la force que nous avons déployé pour créer cette expérience illusoire, et la force agissante qui nous maintient encore à ce stade.
Tout est parfait tel que c'est, malgré les apparences
Que le parfait n'est pas vécu comme tel, qu'il héberge un désir immense, de retrouver le paradis perdu.....fait partie de nos contradictions,jusqu'à ce que nous réalisons que ce que l'on croit perdu, ne l'est pas.

Chaleureusement,

parle si tes mots sont plus forts que le silence
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#8 13-12-2007 03:21:25
- Phénix
- Être Humain

- Date d'inscription: 06-11-2007
Re: Quid de Lucifer ?
gebo 
ravi que ces textes résonnent en toi belle âme 

Quelle est la référence du début du forum ( dialogue entre Jacques et Arthur)
c'est le 139e Propos d'Arthur

Dernière modification par Phénix (13-12-2007 03:25:49)
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#9 13-12-2007 03:35:45
- Phénix
- Être Humain

- Date d'inscription: 06-11-2007
Re: Quid de Lucifer ?
Source : La Voie du Magicien du Dr Deepak Chopra
Aphorismes :
- La réalité que vous percevez est le reflet de vos attentes
- Si vous projetez les mêmes images tous les jours, votre réalité sera la même tous les jours
- Quand l’attention est impeccable, elle fait surgir l’ordre et la clarté du chaos et de la confusion
Récit :
Après son accession au trône, Arthur partagea son expérience acquise dans la grotte de cristal avec une seule personne, son épouse Guenièvre. Cela se passait des années avant le retour de Merlin, que Guenièvre imaginait à peu près semblable à une licorne ou à quelque autre animal de légende.
- S’il est aussi sauvage que les noires montagnes galloise où l’on raconte qu’il est né, je redoute de le rencontrer, dit-elle un jour à Arthur.
- Il n’est pas comme cela, répondit Arthur. Il ne ressemble à rien de ce que tu pourrais imaginer ou prévoir.
- Messire, j’ai rencontré des magiciens ou prétendus tels à la cour de France, dit Guenièvre. Ne sont-ce pas simplement des vieillards à longue barbe blanche qui agissent très sagement, secouent la tête comme s’ils voyaient des choses que nous ne pouvons voir et prétendent posséder des pouvoirs que personne n’a jamais vraiment vérifiés ?
Arthur sourit.
- J’ai aussi rencontré de tels magiciens, mais Merlin était différent. Je lui ai demandé un jour : « En quoi sommes-nous différents, toi et moi ? Pour moi, nous sommes seulement deux personnes allongées au bord d’une rivière sous un arbre attendant d’attraper un poisson pour le dîner. » Il me regarda et secoua la tête. « Il est vrai que nous sommes que deux personnes allongées ici, comme tu dis, mais que ce décor constitue ta réalité tout entière, pour moi la rivière, l’arbre et tout ce qui nous entoure ne sont qu’un point infime perdu sur l’immense écran de ma conscience. »
Guenièvre demanda : - S’il vivait vraiment dans un monde aussi différent du nôtre, Merlin expliquait-il comment on atteint ce monde ?
- Oui, dit Arthur. Il soulignait le fait que ma version de la réalité – l’arbre, la rivière, la forêt – n’était qu’une totale illusion, une incommunicable hallucination de mon esprit, alors que son monde était ouvert à tous en tant que monde de pure lumière.
Guenièvre était abasourdie.
- Mais toi et moi voyons tous deux cette pièce de la même façon, comme tous ceux que nous connaissons. Je ne crois pas que ce soit une illusion.
- Alors laisse-moi te montrer quelque chose, répondit Arthur.
Il demanda à la reine de quitter la salle et lui fit promettre de ne pas y revenir avant minuit sonné. Guenièvre obtempéra et, à son retour, elle trouva la salle plongée dans l’obscurité, toutes les bougies éteintes et les rideaux de velours tirés.
- Ne crains rien, fit une voix. Je suis là.
- Que veux-tu que je fasse, Arthur ?
Arthur répondit : - Je voudrais savoir jusqu’à quel point tu connais cette pièce. Marche vers moi et décris les objets qui t’entourent mais sans en toucher aucun.
Elle trouva cette épreuve fort étrange, mais s’exécuta. - Voici notre lit et là se trouve la commode de chêne que j’ai apportée de France. Un haut candélabre de fer forgé espagnol se dresse dans ce coin et deux tapisseries sont accrochées de chaque côté de la pièce. Tout en marchant prudemment pour ne pas heurter les meubles, Guenièvre parvint à décrire chaque détail de la pièce, qu’elle avait en fait décorée et meublée elle-même jusqu’au moindre oreiller.
- Maintenant regarde, dit Arthur.
Il alluma une bougie, puis une deuxième et une troisième. En regardant autour d’elle, Guenièvre découvrit à sa grande stupeur que la pièce était complètement vide.
- je ne comprends pas, murmura-t-elle.
- Tu as décrit tout ce que tu t’attendais à trouver dans la pièce et non ce que la pièce contient vraiment. Mais l’anticipation est suggestive. Même sans lumière tu as vu ce que tu anticipais et tu as réagi en conséquence. La pièce ne te paraissait-elle pas la même que d’habitude ? N’as-tu pas ralenti aux endroits où tu craignais de heurter les meubles ? (Guenièvre acquiesça.) Même à la lumière du jour, dit Arthur, nous avançons dans le monde en tenant de ce que nous nous attendons à voir, entendre et toucher. Chaque expérience est fondée sur la continuité que nous fabriquons en nous rappelant chaque chose telle qu’elle était la veille, l’heure précédente ou la seconde précédente. Merlin me disait que si je parvenais à tout voir sans rien prévoir, tout ce que je tenais pour évident sombrerait dans l’irréel. Le magicien perçoit un monde réel, illuminé. Le nôtre est un monde fantôme que nous traversons en tâtonnant dans l’obscurité.
Comprendre la leçon
Le magicien s’est complètement libéré du connu. Pour lui, l’unique liberté réside dans l’inconnu, parce que tout ce qui est connu est passé et mort. « Sais-tu pourquoi je continue à dire que ton monde est une prison ? demanda Merlin. Parce que tout ce que l’esprit conçoit est limité. Dès que tu mets des mots sur une expérience ou l’enfermes dans une pensée, ou dis : « Je sais », quelque chose de merveilleux et d’invisible s’enfuit. Les limites sont des cages ; la réalité est un oiseau fragile qui tremble dans ta main. Serre-le trop longtemps et il meurt. »
S’il est vrai que l’inconnu est votre laissez-passer pour la liberté, il est aussi vrai que les limites procurent à l’ego un appréciable confort. Jour après jour, notre esprit engendre les mêmes images. Ces images sont le miroir de ce que vous êtes, bien que l’ego les prenne pour la réalité. « N’est-il pas évident qu’un arbre est un arbre, un mur un mur, une montagne une montagne ? » demande l’ego. Mais ces choses ne sont réelles que dans un certain état de conscience, l’éveil.
Dans un rêve, vous pouvez être assis dans un champ et regarder passer les nuages au dessus d’une montagne. Au réveil, vous vous apercevez que la montagne, les nuages et le champ n’étaient que l’effet aléatoire de l’effervescence de vos cellules cérébrales qui ont produit ces images fugaces. Rien ne prouve que la conscience vigile fonctionne différemment. Des montagnes, des champs, des nuages « réels » n’ont aucune réalité vérifiable en dehors des images qui surgissent dans votre cerveau.
Arthur était choqué que Merlin rejette le monde visible en le taxant d’illusion.
- Mais les choses qui m’entourent sont tangibles, et mêmes dures ! Si je me cogne la tête contre un rocher, j’aurai un bleu, objecta-t-il.
- Les images ne sont pas seulement visibles, lui rappela Merlin. Tu peux aussi toucher les choses en rêve et ressentir les mêmes sensations.
- Alors, comment distinguer le rêve de l’éveil ? Pourquoi baptise-t-on l’un réalité et l’autre illusion ?
- Par habitude. Si les mortels suivaient l’enseignement des magiciens, ils apprendraient comment reproduire éveillés ce qu’ils font en rêve. Les limites commenceraient alors à se dissoudre et la réalité t’inciterait à sortir du carcan de la pseudo-réalité dont tu es prisonnier.
Nous faisons tous l’expérience du nouveau et de l’inconnu, mais peu d’entre nous reconnaissent l’inconnu comme une force qui nous appelle. L’inconnu renferme des indices de l’autre réalité. En quoi consistent ces indices ? Ils ne cessent de changer mais, si vous regardez de plus près toutes les images que le monde vous présente, vous développerez une intuition nouvelle des événements. Leurs arbitraire apparent commencera à prendre forme et sens, comme si une part de vous-même disait : « Je suis là. Peux-tu me découvrir ? » Les rencontres heureuses, les coïncidences inattendues, les prémonitions qui se vérifient, les vœux soudain exaucés, les bouffées de joie inexplicables, un sentiments de compréhension profonde, de confiance naissante, tous ces instants sont les visages que prend la réalité pour nous attirer hors des cages que nous nous sommes forgées. Rien ne nous force à répondre à cet appel presque inaudible. C’est à chacun d’en décider pour soi-même. Il s’agit de choisir en notre âme et conscience entre le connu rassis mais familier et l’inconnu qui est neuf et offre une palette de possibilités infinies.
Vivre avec la leçon
Vivre avec cette leçon implique de franchir les limites du connu. Si vous pouviez tout oublier et ne rien anticiper, vous franchiriez automatiquement les limites qui vous protègent contre la perception d’une réalité plus haute. Cette réalité plus haute est imbriquée dans la réalité visible dans laquelle vous vous mouvez chaque jour. Il n’y a aucune distance entre les deux. En un sens, pourtant, elles sont à des années-lumière l’une de l’autre. Tout comme l’habitude et l’inertie, la peur joue un grand rôle dans la sclérose de la réalité.
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#10 13-12-2007 03:40:01
- Phénix
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Re: Quid de Lucifer ?
Karl H. Pribram (né le 25 février 1919, à Vienne (Autriche) est chercheur en psychologie et sciences cognitives à l’université de Georgetown, Washington (États-Unis). Professeur à l’université Stanford, et pionnier de la recherche sur le cortex cérébral, il est connu pour avoir développé le modèle holonomique du cerveau et de la fonction cognitive et pour sa contribution à la recherche neurologique actuelle sur les engrammes. Il s'est également intéressé à la base neurophysiologique des expériences « spirituelles ».
Théorie
En 1969 à l'université de Stanford, le Dr Karl H. Pribram, physiologiste du cerveau renommé, suggéra que l'hologramme offrait un puissant modèle des processus cérébraux. En 1971, le Dr David Bohm conforta la théorie de Pribram et soumit la proposition d'une organisation holographique de l'univers. Pribram stipula que notre cerveau se comporte comme un hologramme et que la vraie réalité se trouve dans l'énergie que détectent nos sens et pas dans les objets que nous appelons réels. Pour lui, nos sens s'entendent pour créer l'illusion du monde qui nous entoure.
Source : Wikipédia
L'univers est-il une illusion? : http://www.onnouscachetout.com/themes/t … rammes.php
Le fonctionnement du cerveau : http://psy-quantique.espace-mieux-etre. … ique-3.htm
Vers une psychologie quantique de la personne : http://psy-quantique.espace-mieux-etre. … ique-5.htm
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#11 13-12-2007 05:43:11
- LeSurHumain
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Re: Quid de Lucifer ?
merci à toi Phénix
pour tous ces textes d'une rare profondeur et qui sont pour moi des découvertes :
- le site Les propos d'Arthur et d'Uriel contient beaucoup de canalisations intéressantes.
- les deux livres de Deepak Chopra ("le Retour de Merlin" et "La Voie du Magicien") font désormais parti de mes prochains achats.
- Je n'ai pas encore eu le temps de m'intéresser aux théories de Karl H. Pribram, alors ...
- Quant à ton commentaire sur l'ombre, il est d'une rare lucidité. 
Une tel débauche de diffusion de connaissances entre le 11 et le 13 décembre ne peut-être dû qu'à l'effet 12/12 12:12 !!! 
@+
L'unique doctrine universelle et éternelle de l'Esprit est celle de l'Amour car l'Amour est la cause, le principe et la semence de la sagesse, la grandeur, La Force, l'élévation et La Vie !
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#12 13-12-2007 15:19:05
- Phénix
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Re: Quid de Lucifer ?
LeSurhumain

- les deux livres de Deepak Chopra ("le Retour de Merlin" et "La Voie du Magicien") font désormais parti de mes prochains achats.
- Je n'ai pas encore eu le temps de m'intéresser aux théories de Karl H. Pribram, alors ...
- Quant à ton commentaire sur l'ombre, il est d'une rare lucidité.
Tu as bien raison ce sont de super livres.
Et il est grand temps qu'on expanse réellement notre conscience.
Il est grand temps qu'on sorte plus souvent des sentiers battus et de nos peurs héréditaires.
Toujours dans la confiance en soi, dans l'amour de soi et de la vie, et aussi dans le respect des différences. Chacun avance à son rythme et à sa manière, et cela est approprié.
Peace 

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#13 13-12-2007 22:42:44
- Phénix
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Re: Quid de Lucifer ?
David Bohm était un homme à tous égards exceptionnel et, en tant que scientifique, il se révéla être un penseur particulièrement iconoclaste. En effet, il s'est mis très tôt en marge de la communauté scientifique qui, selon lui, donnait plus d'importance à la résolution de problèmes et à la compétition qu'à la pensée originale. Bohm se retira donc dans le monde de l'esprit mais fut pourtant reconnu par ses pairs comme un scientifique de premier ordre. Il obtint même l'approbation d'Albert Einstein qui, à la fin de sa vie, commença à être attiré par les théories de Bohm.
Quittant le continent américain sous la menace de la chasse aux sorcières anticommuniste des années 1950 et chassé du Brésil par des sympathisants nazis, Bohm alla s'établir à l'université de Londres où il embrassa le monde du mystique. En tant que proche ami du dalaï-lama, Bohm était déterminé à explorer des interprétations alternatives de la physique quantique dont il pressentait qu'elles le conduiraient à la découverte de ces niveaux de réalité cachés dans lesquels réside la vérité de notre existance. Par malheur, Bohm mourut avant d'avoir atteint son but.
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Source : onnouscachetout.com/themes/technologie/hologrammes.php
Les théories de Pribram et de David Bohm portent un regard neuf sur le monde: nos cerveaux construiraient une réalité "concrète" irréelle et la réalité objective n'existerait pas.
Cette idée n'est certes pas nouvelle puisque depuis des siècles, les philosophes ont prêché que le monde matériel est une illusion, comme l'est la percep-tion de nous-mêmes en tant qu'êtres physiques dans un monde physique. Mais ce qui est remarquable dans le tra-vail de Bohm et de Pribram, c'est que la science est en train de le prouver.
Là où le modèle holographique est vertigineux, c'est quand il donne sens à un vaste éventail de phénomènes si difficiles à cerner qu'ils restaient jusqu'à présent exclus du champ de la science. C'est le cas de phénomènes comme la télépathie, la précognition, le sentiment de ne faire qu'un avec l'univers décrit par les mystiques et même la psychoki-nésie (la faculté de déplacer des objets par la concentration). Les phénomènes paranormaux méprisés par le milieu scientifique parce qu'ils n'entraient dans aucun des schémas connus devraient désormais trouver leur place dans la compréhension du monde. Certes, bien des scientifiques restent sceptiques mais le modèle holographique a ses adeptes qui disposent d'une clé permettant d'expliquer certains phénomènes déclarés inexplicables.
Applications
En 1987, l'Américain Stanislav Grof, directeur du Centre de recherches psychiatriques du Maryland, déclara que le modèle holographique était le seul à pouvoir expliquer les expériences archétypales, à savoir les rencontres avec l'inconscient collectif et les états modifiés de conscience. En 1987, le physicien canadien David Peat de la Queen's University soutint que la synchronicité - des coïncidences insolites et si riches de sens qu'elles ne peuvent résulter du seul hasard - trouve son explication dans le modèle holographique. Elle trahirait des processus de pensée infiniment plus connectés que nous ne le soupçonnons.
Le XXème siècle a débuté avec la quête d'une théorie unifiée de l'univers, capable de combiner les forces fondamentales de la nature. Avec l'hologramme, nous entrons dans le XXIème siècle avec une possible réconciliation des mondes jusqu'à présent opposé de la science et de la magie.
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Source: europepolycentrique.org/physiquequantique.html
Un atome est essentiellement constitué de vide. L’essentiel de la matière est concentré dans le noyau : neutron et proton, qui se subdivisent en quarks. En fait, il n’y a pas de véritable brique fondamentale, les particules quantiques ne sont pas des entités stables, permanentes et isolées. Toute particule peut se transformer et revêtir toute forme dans un véritable théâtre d’apparence sous l’œil de l’observateur.
ORDRE EXPLICITE ET ORDRE IMPLICITE – MONDE EMPIRIQUE ET RÉEL VOILÉ
Sur les rapports entre l'esprit et la matière, la plupart des physiciens ne se prononcent pas et se contentent de constater la validité de la physique quantique. Un courant à part, en particulier représenté par David Bohm, suppose la présence d'une réalité plus profonde et inconnaissable dont la matière et l'esprit ne seraient que deux manifestations complémentaires. Ses théories sont compatibles avec le principe de non séparabilité, c'est-à-dire que des particules non contiguës dans l'ordre explicite le sont dans l'ordre implicite.
David Bohm considère que l'esprit et la matière sont interdépendants et reliés, mais non pas causalement connectés. Ils sont mutuellement des projections enveloppantes d'une réalité élevées qui n'est ni la matière ni la conscience.
L'ordre implicite (ou implié) est au-delà de l'espace-temps. C’est un vide plein de toutes les potentialités.
L’ordre explicite, manifeste, déployé, est l’univers tel qu'il nous apparaît, articulé autour de l'espace-temps, mais créant une réalité qui nous semble séparée et indépendante. Ainsi, selon David Bohm, « nous nous accrochons dans une large mesure au monde manifeste considéré comme la réalité fondamentale où l'important consiste à disposer d'unités séparées, relativement tout au moins, mais en interaction. Dans la réalité non manifeste tout s'interpénètre, tout est interrelié ». L'espace-temps de l'ordre explicite se développe à partir de l'ordre implicite.
Tout comme la lumière et les ondes radio ont leur fondement dans un ordre commun, la conscience et la matière sont réunis au-delà de leur ordre implicite respectif, dans l'ordre super implicite. Cet ordre super-implicite est un univers auto-organisé dans lequel la conscience et la matière sont indissociables. L’ordre super-implicite est le fondement du monde dont il assure la cohérence.
Les objets en mouvement, reliés par des champs, apparaissent dans l'ordre explicite, dans un référentiel espace temps, mais ce qui nous apparaît est sous tendu par un ordre implicite voilé. Puisque nous sommes immergés dans l’espace-temps, nous ne pouvons dévoiler le réel. Le réel nous est voilé (d'Espagnat), il est connaissable seulement en certaines de ses structures, et on ne peut que partiellement l’appréhender.
Le réel voilé se situe au-delà des phénomènes. Le réel en soi, ou l'ordre implicite, est différent de notre monde quotidien. Le concept de la vitesse n'a plus de sens. C'est un espace multidimentionnel où le temps ne s'écoule plus : il y a instantanéité de tous les événements, il n'y a ni passé, ni présent, ni futur. Il n'y a plus de causalité mais information pure et synchronicité. Ce réel voilé se projette dans notre univers que nous expérimentons quotidiennement et notre cortex construirait une apparence structurée sur l'espace-temps et le principe de causalité. Cependant, parfois, notre cerveau droit serait le canal récepteur de l’intuition de l’unité de notre univers par le biais par exemple des expériences de synchronicité qui représentent un temps acausal où il n'y a ni passé ni futur.
Dans l'ordre implicite, tous les événements sont repliés dans une totalité dont on ne peut rien dire et qui sous-tend l'ordre explicite. Selon David Bohm, cette totalité inconnaissable (comme le savoir absolu de Jung, ou le Réel de Lacan) en perpétuel mouvement se manifeste à la manière d'un hologramme : c’est ce qu’il définit par Holomouvement. Il y a continuellement un processus de projection et d'introjection entre l'ordre implicite et l'ordre explicite. Les particules sont continuellement en déploiement dans l'ordre explicite ou en involution dans l'ordre implicite.
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#14 13-12-2007 23:59:53
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Re: Quid de Lucifer ?
conversation entre J. Krishnamurti et David Bohm
le 1er avril 1980, Ojai, Californie
Krishnamurti : Par où commencer ? L'humanité a-t-elle fait fausse route ? C'est la question que j'aimerais soulever.
David Bohm : Fait fausse route ? A mon sens, c'est effectivement ce qui a dû se passer, il y a bien longtemps.
Krishnamurti : C'est aussi mon impression. Il y a longtemps... C'est bien le sentiment qu'on a — pourquoi ? A mon point de vue, voyez-vous, l'humanité a toujours essayé de devenir.
David Bohm : Peut-être, en effet. Parmi mes souvenirs de lecture, ce qui m'a un jour frappé, c'est la façon dont l'homme a basculé voilà cinq ou six mille ans dans le pillage et l'esclavage. A partir de là, le but essentiel de son existence est devenu l'exploitation et le pillage.
Krishnamurti : Oui, mais que dire de la notion de « devenir » intérieur ?
David Bohm : Essayons de définir le lien entre ces deux notions. Quelle forme de « devenir » cela impliquait-il ? Au lieu d'adopter une attitude constructive, de découvrir des techniques nouvelles, d'inventer de nouveaux outils, etc., à un certain moment les hommes ont trouvé plus facile de piller leurs voisins. Que cherchaient-ils à devenir, ces hommes-là ?
Krishnamurti : C'est le conflit qui a été à la racine de tout ceci.
David Bohm : Mais de quel conflit s'agissait-il ? Si nous pouvions nous mettre à la place de ces peuples anciens, comment définiriez-vous ce conflit ?
Krishnamurti : Quelle était la racine du conflit ? Et pas seulement sur le plan extérieur, mais également au niveau de ce formidable conflit intérieur de l'humanité... Quelle en est la racine ?
David Bohm : Apparemment, il est né de désirs contradictoires.
Krishnamurti : Non, ce n'est pas cela. Les religions y sont peut-être pour quelque chose, elles qui toutes incitent à devenir, à atteindre un certain but.
David Bohm : Mais dans ce cas, qu'est-ce qui a poussé les gens dans cette voie ? Pourquoi n'ont-ils pas pu se contenter d'être ce qu'ils étaient ? A mon avis, voyez-vous, la religion n'aurait pas eu de prise sur eux s'ils n'étaient pas tellement séduits par l'idée de se dépasser.
Krishnamurti : Alors, il s'agirait d'une fuite, d'une incapacité à affronter la réalité ? Et donc, on se tourne vers autre chose, quelque chose de plus, toujours plus ?
David Bohm : Et que sont, selon vous, ces réalités que les hommes ne parviennent pas à affronter ?
Krishnamurti : Pour les Chrétiens, par exemple, le péché originel.
David Bohm : Mais l'humanité avait déjà fait fausse route bien avant cela.
Krishnamurti : Bien avant, c'est exact. Bien avant cela, les Hindous avaient cette notion de karma. Quelle est l'origine de tout ceci ?
David Bohm : Nous avons parlé de cette incapacité qu'ont les hommes à affronter certains faits. Ils ont donc préféré les embellir par l'imagination.
Krishnamurti : Exactement. Les embellir. Devenir.
David Bohm : En quelque sorte, c'est l'ébauche du progrès technique qui les aurait incités à appliquer cette idée au plan personnel : « Moi aussi je dois devenir meilleur. »
Krishnamurti : C'est cela, devenir meilleur intérieurement.
David Bohm : Il faudrait tous devenir meilleurs intérieurement.
Krishnamurti : Voilà, exactement. Mais la racine de tout ceci ?
David Bohm : A mes yeux, c'est tout naturel : la pensée projette ce but de devenir meilleur. C'est une tendance inhérente à la structure de la pensée.
Krishnamurti : Le principe de devenir meilleur extérieurement aurait donc suscité l'idée de devenir meilleur intérieurement ?
David Bohm : Mais... si le progrès extérieur est légitime, pourquoi le progrès intérieur serait-il nocif ?
Krishnamurti : Cernons-nous là l'origine du conflit ?
David Bohm : On s'en approche; nous y arrivons.
Krishnamurti : Vous croyez ? Le temps est-il le facteur décisif ? Le temps comme « connaissance nécessaire à l'accomplissement d'une tâche » ? Donc le même principe de temps, mais appliqué à la vie intérieure ? Le temps serait-il le facteur essentiel ?
David Bohm : Pour moi, il n'est pas du tout évident que le temps soit l'unique facteur.
Krishnamurti : Mais bien sûr que si. Le temps. Le devenir, qui implique nécessairement le temps.
David Bohm : D'accord, mais on ne discerne pas bien en quoi le temps pose problème. Précisons alors qu'il n'y a aucun problème lorsque le temps s'applique au plan extérieur.
Krishnamurti : Mais si, il y a problème, dans une certaine mesure. Mais nous discutons actuellement du temps sur le plan intérieur.
David Bohm : Il faut donc examiner pourquoi le temps est un si grand facteur de destruction intérieure.
Krishnamurti : La raison, c'est qu'on s'efforce de devenir quelque chose.
David Bohm : Bon; mais la plupart des gens vont vous rétorquer que c'est tout naturel. Il faut expliquer la nocivité de la notion de « devenir ».
Krishnamurti : De toute évidence, c'est une source de conflit : dès lors que je m'efforce de devenir quelque chose, cela engendre une lutte perpétuelle.
David Bohm : Exactement. Pourrions-nous approfondir ? Pourquoi y a-t-il lutte ? Lorsque j'essaie d'améliorer ma situation extérieure, cette lutte n'a pas lieu, n'est-ce pas ?
Krishnamurti : Dans ce cas-là, non; le but est plus ou moins légitime, mais si ce même principe s'applique à la vie intérieure, il entraîne une contradiction.
David Bohm : Qui est... ?
Krishnamurti : Qui est l'écart entre « ce qui est » et « devenir ce qu'il faudrait être ».
David Bohm : Mais voilà la question épineuse : pourquoi cette contradiction s'applique-t-elle à la vie intérieure et pas à la vie extérieure ?
Krishnamurti : A l'intérieur de nous-mêmes, cette contradiction donne naissance à un noyau égocentrique, à un centre. D'accord ?
David Bohm : Oui, mais est-il possible de comprendre pourquoi ? Ce centre se forme-t-il quand nous sommes dans le champ extérieur ? Il semble que ce ne soit pas forcément le cas.
Krishnamurti : Non, pas obligatoirement.
David Bohm : Mais dans le champ intérieur, nous cherchons à nous forcer à devenir autres que ce que nous sommes.
Krishnamurti : Exactement. C'est un fait. Notre cerveau serait-il tellement habitué au conflit que nous rejetions tout autre mode de vie ?
David Bohm : Mais pourquoi en sommes-nous arrivés à considérer le conflit comme inéluctable et nécessaire ?
Krishnamurti : Quelle est donc l'origine de ce conflit ?
David Bohm : Nous avons constaté que nous nous forçons : à mon avis, voilà un indice. Lorsque notre idée de nous-mêmes coïncide avec nos désirs, nous restons cependant susceptibles de nous souhaiter également autres, différents — et donc de poursuivre deux buts distincts en même temps. Cette idée vous paraît-elle exacte ?
Krishnamurti : Je l'admets volontiers. Mais mon intention, c'est de découvrir l'origine de tous ces malheurs, de cette confusion, de ces conflits. Comment tout cela a-t-il commencé ? Voilà pourquoi je me demandais, au début, si l'humanité avait fait fausse route. L'origine serait-elle : ce qui est « je » et ce qui n'est pas « je » ?
David Bohm : Il me semble que nous brûlons.
Krishnamurti : Oui, nous y sommes. Et le « moi » — pourquoi l'homme a-t-il créé ce « moi », qui va fatalement engendrer le conflit ? « Moi », et « toi », et « moi meilleur que toi », et ainsi de suite ?
David Bohm : Ce doit être une erreur très ancienne, ou bien, pour reprendre votre expression, une « fausse route » qui, après avoir établi extérieurement un clivage entre divers éléments, nous a incités à perpétuer ce clivage — non par mauvaise volonté, mais par pure ignorance.
Krishnamurti : C'est tout à fait cela.
David Bohm : Sans nous rendre compte de ce que nous faisions.
Krishnamurti : Est-ce donc là l'origine de tout ce conflit ?
David Bohm : Je n'en suis pas certain. Qu'en dites-vous, personnellement ?
Krishnamurti : J'aurais tendance à en attribuer l'origine à l'ego, au « moi », au « je ».
David Bohm : Effectivement.
Krishnamurti : S'il n'y a pas d'ego, le problème disparaît, il n'y a pas de conflit, il n'y a pas de temps — pas de temps en termes de devenir ou non-devenir, d'être ou non-être.
David Bohm : Mais ne sommes-nous pas toujours susceptibles de retomber dans ce qui nous a poussés à façonner l'ego au départ ?
Krishnamurti : Une petite seconde ! Disons peut-être que l'énergie — cette énergie immense, infinie — s'est trouvée condensée, restreinte aux dimensions de l'esprit et que le cerveau lui-même s'est restreint, faute de pouvoir englober cette énergie colossale ? Me suivez-vous ?
David Bohm : Oui.
Krishnamurti : Et donc le cerveau s'est peu à peu réduit au « moi », au « je » ?
David Bohm : Là, je ne vous suis plus très bien. Ce qui s'est produit, — et que ce soit cela, je l'admets, mais je ne vois pas bien toutes les étapes. Vous dites que l'énergie était colossale et que le cerveau n'a pas pu la maîtriser, ou a conclu qu'il en était incapable ?
Krishnamurti : Il n'a pas réussi à la maîtriser.
David Bohm : Mais dans ce cas, c'est l'impasse totale.
Krishnamurti : Non, un instant ! N'allez pas trop vite. Tout ce que je cherche à faire, c'est explorer, avancer un peu. Pourquoi le cerveau — et avec lui toute la pensée — a-t-il créé ce sentiment du « moi » ? Pourquoi ?
David Bohm : Les hommes avaient besoin d'un certain sentiment d'identité pour fonctionner.
Krishnamurti : Pour fonctionner, c'est cela.
David Bohm : Pour pouvoir se situer.
Krishnamurti : Effectivement. Est-ce donc là le mouvement qui a créé le « moi » ? Ce mouvement de l'extérieur ? Il fallait pouvoir s'identifier à la famille, à la maison, au métier, ou à la profession. Et c'est peu à peu devenu le « moi » ?
David Bohm : A mon avis, l'énergie dont vous parlez actuellement y a participé aussi.
Krishnamurti : C'est vrai, mais je ne veux aborder cette idée que pas à pas.
David Bohm : Lorsque vous dites que, d'une certaine manière, ce sentiment du « moi » s'est peu à peu conforté, c'est exact, mais cela ne suffit pas à expliquer la force phénoménale de l'ego. Cela reviendrait à le réduire à une simple habitude. La prépondérance absolue de l'ego exigeait qu'il focalise la plus grande énergie possible, la totalité de l'énergie.
Krishnamurti : Et l'explication, c'est que le cerveau ne peut pas contenir cette immense énergie ? Est-ce que nous y sommes ?
David Bohm : Disons que le cerveau s'efforce de contrôler cette situation, d'y mettre de l'ordre.
Krishnamurti : L'énergie n'a pas d'ordre.
David Bohm : Mais si le cerveau s'aperçoit qu'il ne peut pas contrôler quelque chose qui se déroule à l'intérieur de lui-même, il essaie toujours d'instaurer l'ordre.
Krishnamurti : Dans ce cas, avançons l'idée que le cerveau, votre cerveau, ou celui d'un tel ou d'une telle, n'est pas né d'hier; qu'il est très ancien.
David Bohm : Dans quel sens ?
Krishnamurti : En ce sens qu'il a évolué.
David Bohm : Évolué, oui, depuis le stade animal. Et l'animal a évolué. Disons donc que, dans un certain sens, toute cette évolution s'est en quelque sorte condensée dans le cerveau.
Krishnamurti : Je voudrais mettre en question la notion d'évolution. Qu'il y ait eu évolution, par exemple, entre le char à bœufs et l'avion à réaction, je l'admets.
David Bohm : Bien sûr. Mais avant toute remise en cause de cette notion, il nous faut prendre en compte l'évidence que l'homme a progressé par étapes successives. C'est un fait indéniable, n'est-ce pas ?
Krishnamurti : Bien entendu.
David Bohm : Je veux dire que, sur le plan physique, il est évident que l'évolution a eu lieu d'une façon ou d'une autre.
Krishnamurti : Physiquement, oui.
David Bohm : Et le cerveau est devenu plus volumineux, plus complexe. Mais on peut contester l'idée d'évolution mentale.
Krishnamurti : Voyez-vous, ce que je veux, c'est abolir le temps psychologique. Vous comprenez ?
David Bohm : Oui, je comprends.
Krishnamurti : A mes yeux, c'est lui l'ennemi. Est-ce donc la cause, l'origine du malheur de l'humanité ?
David Bohm : Cette utilisation-là du temps ? Sûrement. L'homme était obligé d'utiliser le temps dans un certain but, mais il s'en est mal servi.
Krishnamurti : Je suis d'accord là-dessus. Si je dois apprendre une langue étrangère, il me faut du temps.
David Bohm : Mais je détourne l'usage du temps si je l'applique à ce qui est intérieur...
Krishnamurti : La réalité intérieure : nous y voilà. Serait-ce la cause de cette confusion de l'homme que l'intervention du temps comme moyen de devenir : devenir de plus en plus parfait, de plus en plus évolué, de plus en plus aimant ? Est-ce que vous me suivez ?
David Bohm : Oui, je comprends. A coup sûr, si nous ne faisions pas cela, tout le système s'effondrerait.
Krishnamurti : Exactement.
David Bohm : Mais je ne suis pas certain qu'il n'y ait pas d'autre cause.
Krishnamurti : Un instant. J'aimerais approfondir un peu ce point. Personnellement, ce n'est pas une vue théorique que j'exprime ici. Mais à mes yeux, psychologiquement parlant, la notion de « demain » n'existe pas. Donc le temps non plus, en tant que mouvement soit intérieur, soit extérieur.
David Bohm : Vous voulez dire le temps psychologique ?
Krishnamurti : Oui, le temps psychologique, et le temps extérieur. Donc, si le temps psychologique n'existe pas, il n'y a pas de conflit, il n'y a pas ce « moi », ce « je », qui est à la base du conflit. Mais extérieurement, technologiquement, l'homme a progressé, évolué.
David Bohm : Et également dans sa structure physiologiquement interne.
Krishnamurti : Dans sa physiologie; et en tout. Mais psychologiquement, nous avons aussi évolué extérieurement.
David Bohm : Oui, nous avons axé notre vie sur l'extérieur. C'est bien ce que vous suggérez ?
Krishnamurti : Exactement. Nous avons élargi nos capacités extérieures. Et à l'intérieur, c'est le même mouvement qui a lieu. Mais s'il ne se produit aucun mouvement intérieur procédant du temps, de l'idée d'avancement, de progrès, que se passe-t-il alors ? Comprenez-vous ce que j'essaie d'exprimer ? Alors, le temps est aboli. Le mouvement extérieur, voyez-vous, et le mouvement intérieur sont identiques.
David Bohm : Oui, c'est un cycle sans fin.
Krishnamurti : Qui implique le temps. Si ce mouvement cesse, alors que se passe-t-il ? Je me demande si je me fais bien comprendre. Disons que, jusqu'à présent, nous n'avons jamais touché d'autre mouvement que le mouvement extérieur.
David Bohm : En tout cas, la plupart du temps. La quasi-totalité de notre énergie s'applique aux mouvements extérieurs.
Krishnamurti : Et le mouvement psychologique est également extérieur.
David Bohm : Tout au moins, c'est le reflet de ce mouvement extérieur.
Krishnamurti : Nous croyons qu'il est intérieur, mais en fait, il est extérieur; c'est cela ?
David Bohm : Oui, c'est cela.
Krishnamurti : Donc, si ce mouvement cesse — et c'est une condition impérative —, il y aurait alors un mouvement intérieur qui n'est pas dans le plan du temps ?
David Bohm : Votre question, c'est de savoir s'il existe une autre espèce de mouvement qui, tout en poursuivant sa trajectoire, ne procède pas du temps ?
Krishnamurti : C'est cela même.
David Bohm : Il faut creuser cette idée. Pourriez-vous l'approfondir ?
Krishnamurti : Bon. Ce terme « mouvement » signifie « temps ».
David Bohm : Voyons... en fait il signifie passage d'un lieu à un autre. Mais de toute façon, il reste toujours l'idée de quelque chose qui ne soit pas statique. En niant le temps, on ne veut pas revenir à quelque chose de statique, et qui procéderait donc encore du temps.
Krishnamurti : Prenons un exemple : supposons que notre cerveau soit depuis des siècles habitué, entraîné à suivre la direction du nord. Et voilà qu'il s'aperçoit soudain que ce cheminement vers le nord implique un conflit perpétuel. Dès lors qu'il prend conscience de cela, le cerveau lui-même change — la qualité même du cerveau subit un changement.
David Bohm : D'accord. J'admets qu'il va s'éveiller dans une certaine mesure à un mouvement différent.
Krishnamurti : C'est cela, différent.
David Bohm : Le terme d'influx serait peut-être mieux approprié ?
Krishnamurti : J'ai passé toute ma vie à suivre la direction du nord et soudain il y a un coup d'arrêt. Mais le cerveau ne prend pas pour autant la direction de l'est, du sud ou de l'ouest. C'est alors que le conflit cesse — voyez-vous ? Parce qu'il n'est plus engagé dans aucune direction.
David Bohm : Voilà donc le point crucial : la direction du mouvement. Quand le mouvement est axé dans une direction, intérieurement, le conflit est inévitable. Mais extérieurement, nous avons besoin d'une direction déterminée.
Krishnamurti : Bien entendu; cela va de soi.
David Bohm : Oui. Mais si nous disons que le cerveau ne suit pas de direction déterminée, que fait-il alors ? Est-ce qu'il va dans toutes les directions ?
Krishnamurti : J'hésite un peu à aborder ce point. Pourrait-on seulement dire que lorsqu'on parvient à cet état-là, c'est la source de toute énergie ?
David Bohm : Oui, lorsqu'on pénètre plus profond, plus à l'intérieur.
Krishnamurti : L'intériorité véritable, c'est cela; ce n'est pas la transformation du mouvement extérieur en mouvement intérieur, mais qu'il n'y ait ni mouvement extérieur ni mouvement intérieur.
David Bohm : C'est cela, nous pouvons les nier tous les deux, de sorte que tout mouvement paraisse s'arrêter.
Krishnamurti : Serait-ce là la source de l'énergie ?
David Bohm : Peut-être. On peut le penser.
Krishnamurti : Me permettez-vous une allusion personnelle ?
David Bohm : Naturellement.
Krishnamurti : D'abord, à propos de la méditation. Toute méditation consciente n'est pas de la méditation — sommes-nous d'accord ?
David Bohm : Qu'entendez-vous par méditation consciente ?
Krishnamurti : La méditation délibérée, cultivée, qui est en fait une méditation préméditée. Existe-t-il une méditation qui ne soit pas préméditée — qui ne soit pas de la part de l'ego une démarche de progrès, ni une démarche de négation ?
David Bohm : Avant de poursuivre, pourriez-vous évoquer ce que devrait être la méditation ? Est-ce une observation de l'esprit en train d'observer ?
Krishnamurti : Non, cela va bien au-delà. J'utilise le mot de « méditation » pour décrire un état dans lequel il n'existe pas la plus infime tentative consciente de devenir quoi que ce soit, d'atteindre un niveau quelconque.
David Bohm : L'esprit est simplement face à lui-même, silencieux.
Krishnamurti : C'est là où je veux en venir.
David Bohm : Il n'est pas en quête de quoi que ce soit.
Krishnamurti : Voyez-vous, je ne médite pas au sens classique du terme. Ce qui se passe, en fait, c'est que je me réveille en train de méditer.
David Bohm : Comment cela ?
Krishnamurti : Une nuit, en Inde, je me suis réveillé; j'ai regardé ma montre, il était minuit et quart. J'hésite à en parler tellement cela a l'air extravagant, mais la source de toute énergie avait été atteinte. Et l'effet sur le cerveau était extraordinaire. Physiquement aussi — excusez-moi de parler ainsi de moi-même — mais, voyez-vous, il n'existait littéralement plus aucune division, plus aucun sentiment du monde, du « moi » Est-ce que vous me suivez ? Il ne restait que la sensation d'une formidable source d'énergie.
David Bohm : Donc le cerveau était en contact avec cette source d'énergie ?
Krishnamurti : Oui, et si je parle depuis soixante ans, c'est que je voudrais que d'autres y parviennent — non, il ne s'agit pas de parvenir. Est-ce que vous me comprenez ? Tous nos problèmes sont alors résolus. Parce que c'est l'énergie pure, de toute éternité. Comment puis-je — pas « moi », bien entendu —comment ne pas enseigner, aider, inciter — comment réussir à dire : « cette voie mène à une paix totale, à l'amour » ? Pardonnez-moi d'avoir recours à ces mots-là. Mais supposez que vous ayez atteint le point où votre cerveau lui-même en devient tout vibrant — comment feriez-vous pour aider les autres ? Vous comprenez ? Aider — pas débiter des mots. Comment aider les autres à accéder à cela ? Vous voyez ce que je veux dire ?
David Bohm : Oui.
Krishnamurti : Mon cerveau — pas le mien propre, bien sûr — a évolué. Cette évolution implique le temps, donc le cerveau ne peut vivre, penser, que dans le plan du temps. Et nier le temps est pour lui une activité formidable, car tout problème qui surgit, toute question qui se pose se trouvent alors résolus instantanément.
David Bohm : Est-ce un état qui perdure, ou bien est-ce temporaire ?
Krishnamurti : C'est un état durable, évidemment, sinon cela ne servirait à rien. Ce n'est pas un état sporadique, intermittent. Par conséquent, comment peut-on ouvrir les portes, aider les autres à admettre : « Bon, nous avons fait fausse route, seul compte le non-mouvement; et si le mouvement cesse, tout sera parfait » ?
David Bohm : Oui, mais c'est difficile de savoir à l'avance que tout sera parfait.
Krishnamurti : Revenons à notre point de départ : la question de savoir si l'humanité avait fait fausse route, pas physiquement, mais psychologiquement. Peut-elle rebrousser chemin ? Ou s'arrêter ? Mon cerveau est tellement habitué à cette idée évolutionniste de devenir, de gain personnel, d'accumulation de connaissance, etc.; ce cerveau peut-il percevoir d'un seul coup que le temps n'existe pas ? Comprenez-vous où je veux en venir ?
David Bohm : Oui.
Krishnamurti : J'écoutais l'autre jour un débat télévisé sur Darwin — ses connaissances, ses découvertes, toute sa théorie de l'évolution. Il me semble que, sur le plan psychologique, c'est totalement inadéquat.
David Bohm : Il a apparemment prouvé que toutes les espèces ont changé au fil du temps. En quoi cette idée est-elle inadéquate ?
Krishnamurti : Mais voyons, c'est évident.
David Bohm : A un certain point de vue, la théorie est exacte, bien qu'à mon avis il soit inexact de dire que l'esprit a évolué au cours du temps.
Krishnamurti : C'est indiscutable.
David Bohm : Mais physiquement, il paraît évident qu'un processus d'évolution ait eu lieu, et que ce processus ait augmenté les capacités du cerveau dans certains domaines. Par exemple, si le cerveau n'avait pas gagné en volume, nous ne serions pas en mesure de discuter comme nous le faisons actuellement.
Krishnamurti : Bien sûr.
David Bohm : Mais vous sous-entendez, me semble-t-il, que l'esprit n'a pas sa source dans le cerveau. Est-ce exact ? Le cerveau est peut-être un instrument de l'esprit ?
Krishnamurti : Et l'esprit n'est pas le temps. Regardez de près ce que cela signifie.
David Bohm : L'esprit n'évolue pas parallèlement au cerveau.
Krishnamurti : Si l'esprit ne procède pas du temps, et que le cerveau procède du temps, ne tenons-nous pas là l'origine du conflit ?
David Bohm : Voyons d'abord ce qui produit ce conflit. Ce n'est pas si évident d'affirmer que le cerveau procède du temps; disons plutôt qu'il s'est développé de telle manière que le temps y est inclus.
Krishnamurti : Oui, c'est ce que je voulais dire.
David Bohm : Mais ce n'est pas forcément le cas.
Krishnamurti : Le cerveau a effectivement évolué.
David Bohm : Il a évolué, donc il inclut le temps.
Krishnamurti : Oui, il a évolué; le temps en est partie intégrante.
David Bohm : Le temps est devenu indissociable de sa structure même.
Krishnamurti : C'est exact.
David Bohm : Et pourtant l'esprit agit en dehors du temps, bien que le cerveau, lui, en soit incapable.
Krishnamurti : Ce qui signifie que Dieu est dans l'homme, et Dieu ne peut agir que si le cerveau est silencieux, que s'il n'est pas prisonnier du temps.
David Bohm : Ce n'est pas ce que je voulais dire. Je constate que le cerveau, ayant une structure temporelle, n'est pas capable de réagir de façon adéquate face à l'esprit. C'est bien cela qui est en cause ici, dirait-on.
Krishnamurti : Le cerveau peut-il percevoir lui-même qu'il est emprisonné dans le temps, et que, tant qu'il suivra cette direction, le conflit n'aura pas de cesse, pas de fin ? Est-ce que vous me suivez ?
David Bohm : Oui. Le cerveau est-il en mesure de percevoir cela ?
Krishnamurti : A-t-il la faculté de voir que dans sa trajectoire actuelle — qui l'emprisonne dans le temps —, que dans ce processus, le conflit n'en finira jamais ? En d'autres termes : y a-t-il dans le cerveau un élément qui ne procède pas du temps ?
David Bohm : Qui ne soit pas prisonnier ou tributaire du temps ?
Krishnamurti : Peut-on affirmer cela ?
David Bohm : Je l'ignore.
Krishnamurti : Cela reviendrait à dire — pour s'exprimer différemment — que le cerveau n'est pas totalement conditionné par le temps, de sorte qu'une partie de lui-même échappe au temps.
David Bohm : « Partie » n'est pas le terme exact; disons que le cerveau est largement dominé par le temps — ce qui ne signifie pas pour autant qu'il soit immuable.
Krishnamurti : Oui, c'est bien la question : le cerveau, dominé par le temps, peut-il échapper à son emprise ?
David Bohm : C'est cela. Un tel moment suppose qu'il sorte du champ temporel. Il me semble que je vois très bien : c'est uniquement quand on lui accorde du temps que le cerveau se laisse dominer par lui. La pensée, qui exige du temps, y est asservie, mais tout ce qui parvient à prendre le temps de vitesse lui échappe.
Krishnamurti : Exactement. Comment le cerveau — accoutumé comme il l'est au temps — peut-il s'apercevoir que dans ce processus s'engage un conflit sans fin ? Peut-il le voir, c'est-à-dire en prendre conscience ? Va-t-il prendre conscience sous la contrainte ? Bien sûr que non. Ou alors sous la pression de la force, l'appât de la récompense ou la menace d'une sanction ? Assurément non. Dans ce cas-là, ou bien il résiste, ou bien il s'échappe. Quel est donc le facteur susceptible de déclencher dans le cerveau la prise de conscience de son fonctionnement inadéquat ? (Utilisons ce terme pour l'instant.) Comment peut-il s'apercevoir soudain que ce mode de fonctionnement est radicalement pernicieux ? Qu'est-ce qui peut déclencher cette réaction ? Certainement pas les drogues, ni un produit chimique quelconque.
David Bohm : Non, aucun de ces agents extérieurs, assurément.
Krishnamurti : Alors, quel autre facteur peut susciter cette prise de conscience ?
David Bohm : Qu'entendez-vous au juste par prise de conscience ?
Krishnamurti : La conscience de ce que la voie suivie jusqu'ici par le cerveau ne peut être que la voie du conflit.
David Bohm : A mon avis, cela soulève la question d'une éventuelle résistance du cerveau à une telle prise de conscience.
Krishnamurti : Bien entendu. Parce que cela fait des siècles qu'il suit la même voie ! Comment l'amener à se rendre à l'évidence ? Si on y parvient, le conflit s'évanouit alors.
Voyez-vous, les gens ont tout essayé : le jeûne, l'austérité, la pauvreté, la chasteté — dans le vrai sens du terme —, la pureté, la rigueur de l'esprit; ils ont essayé les voies solitaires; ils ont essayé pratiquement tout l'éventail des tentatives humaines, mais aucun de ces moyens ne s'est avéré efficace.
David Bohm : Que dire alors ? Et vous, qu'en dites-vous ? De toute évidence, ceux qui poursuivent ces buts extérieurs restent encore dans une démarche de devenir.
Krishnamurti : C'est vrai, mais sans se rendre compte que ce sont des buts extérieurs. Donc, vis-à-vis de tout cela, un rejet catégorique s'impose.
David Bohm : Disons — pour avancer un peu — qu'il faut nier la notion même du temps vu comme une anticipation de l'avenir, et nier aussi tout le passé.
Krishnamurti : C'est tout à fait cela.
David Bohm : Et donc, nier le temps dans sa globalité.
Krishnamurti : Le temps, voilà l'ennemi. Il faut lui faire face, et le dépasser.
David Bohm : Nier qu'il possède une existence autonome. Je crois, voyez-vous, que nous avons le sentiment d'un temps qui existe indépendamment de nous. Nous sommes dans le cours du temps, donc il paraîtrait absurde de le nier, car telle est notre condition de fait.
Krishnamurti : Exact, tout à fait exact. Il faut donc s'éloigner vraiment (les mots sont bien dérisoires) de tous les moyens élaborés par l'homme pour accéder à ce qui est hors du temps.
David Bohm : Peut-on dire qu'aucune des méthodes « extérieures » utilisées par l'homme ne délivreront son esprit du temps ?
Krishnamurti : Absolument.
David Bohm : Car toutes ces méthodes impliquent le temps.
Krishnamurti : Bien sûr. C'est tellement évident.
David Bohm : Dès le départ, nous élaborons toute la structure du temps; c'est déjà toute la notion de temps qui est présupposée d'emblée.
Krishnamurti : Effectivement. Mais comment faire passer cela? Comment vous, ou tel autre, allez-vous y sensibiliser un homme qui est prisonnier du temps, et qui va résister, se défendre, parce qu'il n'y a pas d'autre issue à ses yeux ? Comment lui faire comprendre ?
David Bohm : Je pense qu'on peut seulement toucher ceux qui ont déjà approfondi la question; aucune chance de toucher tant soit peu un homme qu'on aurait accosté dans la rue !
Krishnamurti : Que faire, alors ? Si les mots sont impuissants, que faire ? Pourrait-on avancer l'idée que, lorsqu'un problème surgit, il faut le prendre à bras le corps immédiatement, sinon on risque de se convaincre à bon compte de l'avoir résolu ? Admettons que j'aie un problème psychologique quelconque; l'esprit peut-il le cerner, le résoudre instantanément ? Sans être dupe, sans y opposer de résistance — vous me suivez ? Mais l'affronter, et en finir avec lui ?
David Bohm : Dans le cas d'un problème psychologique, c'est la seule solution. Sinon, nous restons empêtrés dans les racines mêmes du problème.
Krishnamurti : C'est évident. Cet acte seul suffirait-il donc à abolir le temps — ce temps psychologique qui nous occupe ici ?
David Bohm : Oui, à condition qu'une démarche immédiate s'applique au problème, c'est-à-dire à l'ego.
Krishnamurti : Supposons que l'on soit envieux, ou avide, par exemple. En mettant fin immédiatement à cette envie, à cet attachement, n'est-on pas en passe d'abolir le temps ?
David Bohm : Si, car une action qui n'est pas immédiate est déjà porteuse de temps.
Krishnamurti : Oui, oui, je sais.
David Bohm : Donc le temps est immédiatement aboli —c'est bien cela ?
Krishnamurti : Immédiatement, c'est certain. Serions-nous donc ici devant ce carrefour où l'humanité a fait fausse route ?
David Bohm : Oui, si l'homme a l'impression que quelque chose ne va pas psychologiquement, il fait intervenir la notion de temps et l'idée de devenir, et cela crée une infinité de problèmes.
Krishnamurti : Cela ne débouche-t-il pas sur l'évidence que cette notion de temps ne se situe pas sur un plan intérieur ? Et par conséquent, que la pensée n'existe que dans le plan extérieur ?
David Bohm : Cela revient à dire, en fait, que la pensée est un processus indissociable du temps.
Krishnamurti : Ne peut-on affirmer, alors, que la pensée est le processus du temps ? Parce qu'elle se fonde sur l'expérience, le savoir, la mémoire, et le réflexe —qui représentent le temps dans son intégralité.
David Bohm : Disons, pour plus de clarté, que la pensée, telle qu'elle nous apparaît généralement, est dans le plan du temps.
Krishnamurti : La pensée telle que nous la connaissons fait partie du temps.
David Bohm : En gros, je suis d'accord.
Krishnamurti : Au sens large, donc, la pensée est le temps.
David Bohm : Elle est basée sur la notion de temps.
Krishnamurti : Bon, si vous voulez. Mais pour moi, la pensée en elle-même est le temps.
David Bohm : La pensée en elle-même crée le temps; d'accord.
Krishnamurti : Cela indique-t-il que s'il n'y a pas de temps il n'y a pas de pensée ?
David Bohm : En tout cas, pas de pensée de ce type-là.
Krishnamurti : Non, je veux dire : il n'y a pas de pensée. (Là, j'avance tout doucement.)
David Bohm : Pourrait-on admettre qu'il existe une pensée, dans laquelle nous vivons, et qui est depuis toujours dominée par le temps ?
Krishnamurti : Oui, mais nous n'en sommes plus là, c'est terminé.
David Bohm : Mais il existe peut-être un autre type de pensée, que le temps ne domine pas... Vous disiez, n'est-ce pas, qu'on peut toujours se servir de la pensée pour faire certaines choses.
Krishnamurti : Bien sûr, extérieurement, c'est ce qui se passe.
David Bohm : Attention, nous allons finir par dire que la pensée est obligatoirement dominée par le temps; non.
Krishnamurti : En effet. Si je dois me rendre d'un point à un autre, rentrer chez moi, cela demande du temps, mais ce n'est pas de ce temps-là que je parle.
David Bohm : Alors précisons que vous parlez d'une pensée qui vise l'esprit — dont le contenu est de l'ordre de l'esprit.
Krishnamurti : C'est cela. Admettriez-vous que le savoir soit le temps ?
David Bohm : Voyons..., oui...
Krishnamurti : Tout savoir est temps.
David Bohm : Oui, en ce sens qu'il est acquis dans le passé et peut se projeter dans l'avenir, et ainsi de suite...
Krishnamurti : Le passé, l'avenir..., évidemment. Le savoir, quel qu'il soit — science, mathématiques —, s'acquiert grâce au temps et à travers lui. J'étudie la philosophie, ou quoi que ce soit d'autre, et tout le mouvement du savoir implique le temps. Vous voyez ce que je veux dire !
David Bohm : D'après vous, me semble-t-il, l'homme a fait fausse route et s'est retrouvé piégé dans ce type de savoir, qui est dominé par le temps, parce qu'il est devenu un savoir psychologique.
Krishnamurti : Oui, donc l'homme vit dans le temps.
David Bohm : Il vit dans le temps parce qu'il s'est efforcé d'élaborer un savoir de la nature de l'esprit. Affirmeriez-vous qu'il n'y a pas de savoir réel de l'esprit ? Est-ce bien là votre pensée ?
Krishnamurti : Dès lors qu'on emploie le terme « savoir », cela implique le temps. Quand on abolit le temps — dans l'acception que nous donnons à ce terme —, le savoir ne procède plus de l'expérience.
David Bohm : Il faudrait définir le terme « expérience ».
Krishnamurti : L'expérience ? — la mémoire.
David Bohm : Les gens disent : « c'est par l'expérience, grâce à elle, que j'acquiers, que j'apprends quelque chose ».
Krishnamurti : ... ce qui est une démarche de devenir !
David Bohm : Bon, tâchons d'être clair. Disons qu'il existe un type d'expérience — par exemple professionnelle — qui devient une compétence, et une aptitude à percevoir.
Krishnamurti : Bien sûr, mais c'est tout à fait différent.
David Bohm : Mais ce que nous sommes en train de dire, c'est qu'il ne sert à rien d'acquérir une expérience de l'esprit, une expérience psychologique.
Krishnamurti : C'est cela, en un sens. L'expérience psychologique est dans le plan du temps.
David Bohm : Et elle est sans intérêt, parce qu'on ne peut pas dire : « J'ai acquis une compétence dans ma profession, je vais donc acquérir de la même façon une compétence de l'esprit, ou une compétence fondamentale. »
Krishnamurti : Exactement. Où cela nous mène-t-il ? A comprendre que le savoir est le temps; le cerveau le comprend, il constate que le temps a de l'importance dans une certaine dimension, mais qu'il existe une autre dimension dans laquelle le temps n'a plus cours, ce qui n'est pas contradictoire.
David Bohm : Je dirais que la valeur du temps est circonscrite à un certain domaine, à une certaine zone, et qu'au-delà, il perd toute valeur.
Krishnamurti : Voilà. Demandons-nous donc ce qu'est l'esprit ou le cerveau sans le savoir, en dehors de lui. Vous comprenez ?
David Bohm : Sans le savoir psychologique?
Krishnamurti : Oui, je me place d'un point de vue psychologique.
David Bohm : Ce n'est pas tant que le cerveau soit prisonnier du temps; c'est surtout que, pour s'organiser, il se trouve privé de savoir psychologique.
Krishnamurti : C'est cela.
David Bohm : Donc, selon vous, le domaine du cerveau doit se structurer en ayant une complète connaissance de lui-même.
Krishnamurti : Le cerveau, l'esprit seraient donc le désordre ? Certainement pas.
David Bohm : Bon, mais à mon avis, les gens face à cette question risquent de croire qu'il y a désordre.
Krishnamurti : Oui, sans doute.
David Bohm : Vous affirmez, semble-t-il, que l'idée de se contrôler psychologiquement n'a pas de sens.
Krishnamurti : Donc le savoir du « moi » — le savoir psychologique — est le temps.
David Bohm : Oui, j'admets que, globalement, le savoir soit le « moi », soit le temps.
Krishnamurti : Et que devient alors l'existence, privée de cela ? S'il n'y a plus de temps, plus de savoir au sens psychologique du terme, plus de sentiment du « moi », alors qu'y a-t-il ? Arrivés à ce point, la plupart des gens vont s'écrier : « Quelle horreur! ».
David Bohm : Oui, parce qu'on a l'impression qu'il n'y a plus rien.
Krishnamurti : Rien. Mais, arrivés à ce point, qu'y a-t-il ? Pourrait-on dire que, parce qu'il n'y a rien, il y a tout ?
David Bohm : Oui, je suis prêt à accepter cela. C'est quelque chose que je sais. C'est la vérité, et cela inclut tout.
Krishnamurti : Pas de méditation, pas la moindre chose.
David Bohm : Pas la moindre chose.
Krishnamurti : C'est cela même.
David Bohm : Toute chose est par essence limitée, et là nous ne sommes pas en présence d'une « chose » parce que cette chose-là n'a pas de limites. Ou, tout du moins, elle contient tout en puissance.
Krishnamurti : Attendez ! Si « cela » n'est rien, et donc tout, alors tout est énergie.
David Bohm : Oui, le fondement de tout est l'énergie.
Krishnamurti : C'est évident. Tout est énergie. Et quelle est la source de cette « chose » ? Ou bien n'existe-t-il pas du tout de source à l'énergie ? Rien que l'énergie ?
David Bohm : L'énergie est, c'est tout. L'énergie est « ce qui est ». Il n'y a pas besoin de source... Voilà peut-être une approche possible ?
Krishnamurti : Non. S'il n'y a rien, et par conséquent tout, et que tout soit énergie... Il faut faire très attention ici : les Hindous aussi ont cette notion — l'idée que Brahman est tout. Vous voyez ? Mais c'est devenu une idée, un principe, et une fois de plus c'est dans le cerveau que tout se passe. Mais c'est un fait qu'il n'y a rien, et par conséquent tout, et que c'est l'énergie cosmique. Alors, qu'est-ce qui a suscité cette énergie à l'origine ?
David Bohm : Nous sommes en train de nous éloigner de la question du temps.
Krishnamurti : Je sais. Mais, vous voyez bien, les Chrétiens diraient : « Dieu est énergie, et c'est lui la source de toute cette énergie ». Non ?
David Bohm : Mais les Chrétiens ont une notion qu'ils appellent la Divinité, et qui est aussi la source même de Dieu.
Krishnamurti : De même que les Hindous; les Arabes et les Juifs aussi. Sommes-nous à contre-courant de tout ceci ?
David Bohm : Ce que nous disons paraît assez proche, sous certains aspects.
Krishnamurti : Et en même temps, pas tellement. Il faut faire très attention.
David Bohm : Depuis des millénaires, on entend des propos du même ordre.
Krishnamurti : Alors, est-ce que nous cheminons dans le vide ? Est-ce que nous vivons dans le néant ?
David Bohm : Eh bien, tout cela n'est pas si clair.
Krishnamurti : Il n'y a rien, et tout est énergie. Qu'est-ce que ça veut dire ?
David Bohm : Voyons... Y a-t-il quelque chose au cœur de l'énergie ?
Krishnamurti : Cela ne se distingue pas de l'énergie. « Cela »... Mais cette « chose » qui se trouve à l'intérieur, affirme : « Je suis totalement distinct de cela. »
David Bohm : Le « moi » s'inclut lui-même et dit : « Je suis distinct, je suis éternel. »
Krishnamurti : Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi cette séparation a-t-elle eu lieu ? Parce que, extérieurement, je m'identifie à une maison, etc. ?, et que cette identification s'est étendue au plan intérieur ?
David Bohm : Effectivement. Le deuxième point, c'est qu'une fois établie la notion de quelque chose d'intérieur, il est devenu indispensable de le protéger. C'est donc ce qui a créé la séparation.
Krishnamurti : Bien entendu.
David Bohm : Ce qui est intérieur était de toute évidence tellement précieux qu'il fallait le protéger de toutes nos forces.
Krishnamurti : Alors est-ce que cela signifie que seul existe l'organisme, qui fait partie de l'énergie ? Qu'il n'y a pas de « moi » du tout, à part un nom sur un passeport, et l'apparence physique, et en dehors de cela, rien ? Et donc il y a tout, et donc tout est énergie ?
David Bohm : Exactement. La forme n'a pas d'existence indépendante.
Krishnamurti : C'est cela. Il n'y a que la forme, et c'est tout.
David Bohm : Et aussi l'énergie, dites-vous.
Krishnamurti : Cela fait partie de l'énergie. Donc il n'y a que la forme extérieure.
David Bohm : Il n'y a que la forme extérieure de l'énergie.
Krishnamurti : Vous rendez-vous compte de ce que nous venons de dire ? Serions-nous au bout du voyage ?
David Bohm : Non, bien sûr que non.
Krishnamurti : L'humanité aurait-elle traversé les millénaires pour en arriver à cela à la fin ? A l'idée que je ne suis rien, et que par conséquent je suis tout, et tout énergie ?
David Bohm : Mais ce n'est pas la fin; c'est impossible; ce pourrait bien être le commencement.
Krishnamurti : Attendez. C'est tout ce que je voulais vous entendre dire, dans un premier temps. La fin est le commencement — c'est bien ça ? J'aimerais approfondir cela à présent. Cette fin de tout — appelons cela le temps aboli — porte en elle un nouveau commencement. Qu'est-ce que cela signifie ? Parce qu'autrement, nous allons rester dans le bavardage futile. Donc, je suis tout énergie, et seule existe la coquille extérieure, et le temps est aboli... Cela paraît tellement futile.
David Bohm : Si nous en restons là, bien sûr que oui...
Krishnamurti : C'est tout.
David Bohm : A mon point de vue, nous avons défriché le terrain; nous avons balayé les décombres, éliminé la confusion.
Krishnamurti : C'est vrai. Donc, la fin est un commencement. Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Le commencement implique aussi le temps.
David Bohm : Pas forcément. Nous avons dit, n'est-ce pas, qu'il pouvait y avoir un mouvement qui échappe au temps.
Krishnamurti : C'est tout. Je tiens à ce que ce soit très clair.
David Bohm : Oui, mais c'est difficile à exprimer. La question n'est pas que l'on soit statique, mais que d'une certaine manière le mouvement ne soit pas de l'ordre du temps. Il me semble que le moment est venu de dire cela.
Krishnamurti : Bien. Alors, nous emploierons le terme de « commencement » en faisant abstraction du temps.
David Bohm : Parce que la fin et le commencement ne procèdent pas d'un temps spécifique. En fait, ils peuvent se situer à n'importe quel niveau du temps, ou hors du temps.
Krishnamurti : Hors du temps. Que se passe-t-il alors ? Qu'arrive-t-il ? Non pas à moi, ou à mon cerveau —mais que se passe-t-il ? Nous avons dit que lorsqu'on nie le temps, il n'y a rien. A l'issue de cette longue conversation, rien signifie tout. Tout est énergie. Et nous nous sommes arrêtés là. Pourtant nous ne touchons pas la fin.
David Bohm : Non.
Krishnamurti : Si ce n'est pas la fin, alors, qu'est-ce qui se passe ? Est-ce la création ?
David Bohm : Quelque chose dans ce genre, en effet.
Krishnamurti : Mais pas l'art de la création, comme en littérature ou en peinture.
David Bohm : Nous pourrions peut-être nous expliquer plus tard sur ce que nous entendons par « création ».
Source : Le temps aboli - Les racines du conflit psychologique
L'unique doctrine universelle et éternelle de l'Esprit est celle de l'Amour car l'Amour est la cause, le principe et la semence de la sagesse, la grandeur, La Force, l'élévation et La Vie !
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#15 14-12-2007 00:01:16
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Re: Quid de Lucifer ?
conversation entre J. Krishnamurti et David Bohm
le 2 avril 1980, Ojai, Californie
Krishnamurti : Nous disions que le temps psychologique est conflit, que le temps est l'ennemi de l'homme, et que cet ennemi existe depuis l'aube de l'humanité. Nous avons alors cherché à savoir pourquoi, dès l'origine, l'homme avait « fait fausse route », s'était « fourvoyé ». Et s'il était possible, dans ce cas, d'ouvrir à l'homme une voie où il puisse vivre sans conflit. Car, ainsi que nous le faisions remarquer hier, le mouvement extérieur est identique au mouvement intérieur. Il n'y a pas de clivage entre l'intérieur et l'extérieur. C'est le même mouvement. Et la question était de savoir si nous étions profondément, passionnément attachés à orienter l'homme vers une voie différente, afin qu'il ne vive plus dans le réseau du temps, à la seule lumière de la connaissance des réalités extérieures. Les religions, les hommes politiques, les éducateurs ont échoué, faute de s'y être jamais vraiment impliqués. Partagez-vous ce point de vue ?
David Bohm : Oui. Je crois que les religions ont entrepris une amorce de débat sur les valeurs éternelles qui transcendent le temps, mais apparemment sans succès.
Krishnamurti : C'est là où je veux en venir. Les religions en sont restées au stade des concepts, des idéaux, des principes, des valeurs, sans en faire une réalité, et la plupart des hommes religieux demeurent ancrés dans une croyance, un principe, une image, un savoir, dans Jésus, ou que sais-je d'autre ?
David Bohm : Effectivement. Mais à supposer qu'on passe en revue toutes les religions — par exemple toutes les variantes du Bouddhisme —, elles en viennent toutes à dire, dans une certaine mesure, précisément la même chose que vous.
Krishnamurti : Dans une certaine mesure, oui; mais voici où je veux en venir : pourquoi l'homme n'a-t-il jamais affronté ce problème ? Pourquoi n'avons-nous jamais dit : « Mettons fin au conflit » ? Au lieu de quoi nous persistons, mus par l'idée que l'issue du conflit, c'est le progrès.
David Bohm : On peut trouver un certain stimulant à s'efforcer de vaincre les obstacles.
Krishnamurti : Bien sûr, mais si vous et moi percevons cette évidence, non pas d'une manière abstraite, mais réellement, profondément, pouvons-nous faire en sorte que chaque problème soit résolu sur-le-champ, immédiatement, de façon à abolir le temps psychologique ? Et comme nous nous le demandions hier, lorsqu'on parvient à ce stade où il n'y a rien et où il y a tout, où tout est énergie — où le temps est aboli —, alors cela marque-t-il le commencement de quelque chose de totalement neuf ? S'agit-il d'un commencement qui ne soit pas emprisonné dans les mailles du temps ? Comment s'en assurer ? Pour communiquer, il nous faut des mots. Mais le mot n'est pas la chose. Alors qu'y a-t-il donc lorsque le temps est totalement aboli ? Le temps psychologique, bien sûr; rien à voir avec...
David Bohm : ... le temps qui s'écoule, l'heure qu'il est.
Krishnamurti : Tout à fait. Aucun rapport avec le temps assimilé au « moi », à l'ego. Donc, quand cela prend fin totalement, qu'est-ce qui commence alors ? Peut-on dire que des cendres du temps émerge un renouveau ? Qu'est-ce qui commence alors — non, le mot « commencer » implique aussi le temps.
David Bohm : Disons alors : qu'est-ce qui surgit ?
Krishnamurti : Oui; ce qui surgit, c'est quoi ?
David Bohm : Eh bien, nous avons dit hier que c'était essentiellement la création, la possibilité d'une création.
Krishnamurti : Oui, la création; nous y voilà, n'est-ce pas ? Naît-il quelque chose de neuf ?
David Bohm : Il ne s'agit pas du processus de devenir.
Krishnamurti : Oh, non ! Cela, c'est terminé. Devenir, c'est ce qu'il y a de pire, c'est le temps, c'est la vraie racine du conflit. Nous voulons découvrir ce qui se passe quand le « moi », qui procède du temps, parvient à sa fin ultime. C'est, me semble-t-il, ce que le Bouddha nomme Nirvâna, les Hindous Moksha. Je ne sais pas si cela correspond au paradis des Chrétiens.
David Bohm : Les mystiques chrétiens ont connu un état similaire.
Krishnamurti : Similaire, c'est exact. Mais, si je ne me trompe, les mystiques chrétiens sont enracinés dans Jésus, n'est-ce pas ? — dans l'Église, dans toute une croyance, sans jamais les avoir dépassés.
David Bohm : Apparemment; pour autant que je sache, en tout cas.
Krishnamurti : Nous avons dit que la croyance, l'attachement à toutes ces valeurs, c'était fini, terminé. Tout ça fait partie du « je », du « moi ». Lorsqu'on a complètement débarrassé l'esprit de cette accumulation de temps — qui est l'essence du « moi » —, que se passe-t-il ? Pourquoi sommes-nous amenés à poser cette question ?
David Bohm : Voulez-vous dire que ce n'est pas une bonne question ?
Krishnamurti : Je me demande seulement : pourquoi faut-il poser cette question ? Dissimule-t-elle encore de subtiles traces d'espoir ? Une façon subtile de dire : j'ai atteint ce stade, et il n'y a rien. Dans ce cas, la question est mauvaise. Vous êtes bien de mon avis ?
David Bohm : C'est, en effet, une invitation à espérer une issue favorable.
Krishnamurti : Si tout l'effort consiste à découvrir quelque chose qui transcende le « moi », alors cet effort, et ma découverte éventuelle, sont encore dans l'orbite du « moi ». Aussi je ne nourris aucun espoir, dépouillé de toute notion d'espoir, de tout désir de découvrir quoi que ce soit.
David Bohm : Alors, qu'est-ce qui vous pousse vers cette recherche ?
Krishnamurti : Le but de ma démarche est de mettre fin au conflit.
David Bohm : Bien. Mais alors, il faut faire très attention. Car nous sommes susceptibles de faire naître un espoir de mettre fin au conflit.
Krishnamurti : Non, pas du tout, l'espoir est hors de question. Je l'abolis. Dès que J'introduis le mot « espoir », la perception du futur intervient.
David Bohm : Oui; c'est le désir.
Krishnamurti : Le désir, exactement, et par conséquent c'est dans le plan du temps. Donc je dois — disons l'esprit doit — écarter tout cela complètement. J'insiste sur le terme « complètement ». Quelle est alors l'essence de toute cette démarche ? Mon esprit est-il toujours en quête, à la recherche de quelque chose d'intangible qu'il voudrait saisir et retenir ? Si oui, on est encore dans le plan du temps.
David Bohm : En fait, ce serait encore du désir.
Krishnamurti : Du désir, et une forme subtile de vanité.
David Bohm : De vanité ? Comment cela ?
Krishnamurti : En ce sens que l'on s'enorgueillit d'avoir « atteint le but ».
David Bohm : C'est se duper soi-même.
Krishnamurti : La duperie et toutes les formes d'illusion viennent de là. Il s'agit donc d'autre chose. Là, je suis en train de déblayer le terrain en chemin.
David Bohm : On dirait surtout que vous débusquez le mouvement du désir jusque dans ses nuances les plus subtiles.
Krishnamurti : Les plus subtiles, en effet. Donc, il faut se défaire aussi du désir. Ne reste plus alors que l'esprit — nous sommes d'accord ?
David Bohm : Oui, mais, si tout est esprit, alors il faut savoir ce que l'on entend par « nature »; parce que la nature, a priori, paraît indépendante.
Krishnamurti : Mais nous avons également dit que l'univers entier est l'esprit.
David Bohm : Entendez-vous par là que la nature, c'est l'esprit ?
Krishnamurti : Elle fait partie de l'esprit.
David Bohm : De l'esprit universel ?
Krishnamurti : Oui.
David Bohm : Pas d'un esprit particulier ?
Krishnamurti : Non, car l'esprit individuel est alors distinct; il s'agit ici de l'Esprit.
David Bohm : Là, voyez-vous, il faut préciser. Car vous êtes en train d'affirmer que la nature est créée par l'esprit universel, bien que cette nature ait néanmoins une certaine réalité.
Krishnamurti : Sans aucun doute.
David Bohm : Mais cela revient pratiquement à dire que la nature, c'est la pensée de l'esprit universel.
Krishnamurti : Elle en fait partie. J'essaie de toucher du doigt la charnière où l'esprit individuel s'abolit; il n'y a plus alors que l'Esprit, l'esprit universel — n'est-ce pas ?
David Bohm : Oui. Nous avons abordé le désir auquel aspire l'esprit individuel, et dit que si tout ce processus prenait fin...
Krishnamurti : Voilà; c'est ce que je veux dire. Si ce processus est vraiment révolu, quelle est l'étape suivante ? En existe-t-il une ? Hier, nous avons dit qu'il y avait un « commencement », mais ce mot implique le temps.
David Bohm : Si nous abandonnions le mot « commencement » pour lui préférer le mot « fin » ?
Krishnamurti : La fin; nous avons déjà dit cela.
David Bohm : Alors sommes-nous en présence de quelque chose de nouveau ?
Krishnamurti : Quelque chose qui échappe à l'esprit ?
David Bohm : Quel esprit ? L'esprit universel, ou individuel ?
Krishnamurti : Mais l'esprit individuel a pris fin.
David Bohm : C'est exact. Vous dites que c'est aussi hors de portée de l'esprit universel ?
Krishnamurti : C'est ce que nous cherchons à savoir.
David Bohm : Suggérez-vous qu'il existe une réalité — ou quelque chose — qui transcende l'esprit universel ?
Krishnamurti : Serions-nous en train de nous livrer à un petit jeu d'épluchage successif ? Comme on pèle un oignon — et à la fin il ne reste que les larmes ?
David Bohm : Franchement, je l'ignore.
Krishnamurti : Parce que nous avons dit qu'il y avait la fin, puis l'esprit cosmique universel, et au-delà... y a-t-il encore autre chose ?
David Bohm : Cette « autre chose », pourrait-on dire que c'est de l'énergie ? Et que l'énergie transcende l'esprit universel ?
Krishnamurti : J'irais dans ce sens, en effet, parce que l'esprit universel fait partie de cette énergie.
David Bohm : C'est compréhensible. D'une certaine façon, l'énergie est vivante — c'est bien ce que vous dites ?
Krishnamurti : Oui, oui.
David Bohm : Et également intelligente ?
Krishnamurti : N'allez pas si vite.
David Bohm : Dans un certain sens... Dans la mesure où elle procède de l'esprit.
Krishnamurti : Mais si cette énergie est intelligente, pourquoi a-t-elle laissé l'homme se fourvoyer ?
David Bohm : Je pense que cela fait peut-être partie d'un processus inhérent à la nature de la pensée. Pour que la pensée soit susceptible de se développer, cette éventualité doit exister. L'irruption de la pensée dans l'homme...
Krishnamurti : Est-ce donc là la liberté originelle de l'homme ? Le choix ?
David Bohm : Non, disons plutôt que la pensée doit avoir la faculté de commettre cette erreur.
Krishnamurti : Mais si cette intelligence est à l'œuvre, pourquoi a-t-elle autorisé une telle erreur ?
David Bohm : Eh bien, nous pouvons suggérer qu'il existe un ordre universel, une loi.
Krishnamurti : C'est d'accord. L'univers fonctionne dans l'ordre.
David Bohm : Oui, et que ce mécanisme particulier puisse se détraquer, cela fait partie de l'ordre de l'univers. Si une machine tombe en panne, cela n'entraîne pas le désordre de l'univers; cela participe de l'ordre universel.
Krishnamurti : En effet. Dans l'ordre universel, il y a désordre, et c'est là que l'homme se trouve concerné.
David Bohm : Il ne s'agit pas d'un désordre au niveau de l'univers.
Krishnamurti : Non; à un niveau très inférieur.
David Bohm : Au niveau de l'homme, c'est le désordre.
Krishnamurti : Et comment se fait-il que l'homme vive dans ce désordre depuis l'origine ?
David Bohm : Parce qu'il est encore ignorant, il n'a pas encore saisi l'essentiel.
Krishnamurti : Mais il fait partie du tout; et pourtant dans un petit recoin, l'homme existe, et vit dans le désordre. Et cette énorme intelligence consciente n'a pas...
David Bohm : Oui, on pourrait dire que la faculté de création implique aussi cette possibilité de désordre. Et donc, que si l'homme avait la faculté d'être créatif, il y aurait aussi une éventualité d'erreur. Tout ne pourrait pas fonctionner comme un mécanisme rigide voué à l'ordre parfait. L'intelligence n'aurait pas transformé l'homme en une machine incapable de désordre.
Krishnamurti : Bien sur que non. Alors, y a-t-il donc quelque chose, au-delà de l'ordre cosmique, qui serait l'esprit ?
David Bohm : Voulez-vous dire que l'univers, que cet esprit, a créé la nature, qui est dotée d'un ordre, mais sans pour autant tourner en rond comme un automate, et qu'il existe un degré de signification plus profond ?
Krishnamurti : C'est ce que nous cherchons à découvrir.
David Bohm : Là, vous faites entrer en jeu l'univers tout entier, ainsi que l'humanité. Qu'est-ce qui vous y amène ? Quelle est l'origine de cette perception ?
Krishnamurti : Reprenons : après l'abolition du « moi » comme temps, il n'y a plus d'espoir; tout cela, c'est fini, terminé. En y mettant fin surgit cette sensation de néant. Et le néant, c'est tout cet univers.
David Bohm : Oui, l'esprit universel, la matière universelle.
Krishnamurti : L'univers tout entier.
David Bohm : Qu'est-ce qui vous amène à dire cela ?
Krishnamurti : Ah, je sais. En termes simples : la division est abolie, d'accord ? La division créée par le temps, créée par la pensée, créée par notre éducation, etc.; tout cela a pris fin, alors le reste coule de source.
David Bohm : Vous voulez dire qu'une fois la division abolie, le « reste » est là — à portée de perception ?
Krishnamurti : Pas à portée de perception, c'est simplement là.
David Bohm : Mais alors, comment en prendre conscience ?
Krishnamurti : Je ne crois pas qu'on en prenne conscience.
David Bohm : Alors qu'est-ce qui vous amène à dire cela ?
Krishnamurti : Ne pourrait-on dire plutôt que c'est ? Et non que je le perçois, ou que c'est perçu.
David Bohm : En effet, c'est.
Krishnamurti : Voilà : cela est.
David Bohm : On pourrait aller jusqu'à dire que c'est « cela » qui s'exprime. Dans un certain sens, on dirait que vous sous-entendez que c'est « cela » même qui parle.
Krishnamurti : Oui. Je n'osais pas prononcer... — je suis heureux que ce soit vous qui prononciez cette formule. Bien, où en sommes-nous ?
David Bohm : Nous disons que l'univers est vivant, pour ainsi dire, il est esprit, et nous en faisons partie.
Krishnamurti : Nous ne pouvons dire cela que s'il n'y a pas de « moi ».
David Bohm : Plus de division.
Krishnamurti : Plus de division. J'aimerais pousser un peu plus avant; y a-t-il quelque chose au-delà de tout ceci ?
David Bohm : Vous voulez dire : au-delà de l'énergie ?
Krishnamurti : Oui, le néant, et nous avons dit que le néant est tout, et que c'est donc cela l'énergie totale. C'est une énergie pure, sans mélange, intacte. Y a-t-il quelque chose au-delà ? Pourquoi nous posons-nous cette question ?
David Bohm : Je l'ignore.
Krishnamurti : J'ai l'impression que nous n'avons pas touché cet au-delà, mais je pressens qu'il existe.
David Bohm : Peut-on suggérer l'idée que ce « quelque chose » au-delà soit le terrain fondamental, la base originelle de la totalité ? Vous dites bien, n'est-ce pas, que tout ceci émerge d'une base interne ?
Krishnamurti : Oui, il existe une autre — là, je dois faire très attention à ce que je dis. Il faut veiller à ne pas verser dans le romanesque, à ne pas se bercer d'illusions, de désirs, à ne pas même se mettre en quête. Il faut simplement laisser les choses arriver d'elles mêmes. Vous me suivez ?
David Bohm : Nous disions que les choses doivent venir de « cela ». Quelle que soit votre formulation, c'est nécessairement de « cela » que les choses découlent.
Krishnamurti : De « cela » en effet. Exactement. Ça a l'air assez présomptueux.
David Bohm : Et vous, vous voyez « cela », réellement présent. Ce qui est tout autre chose que d'avoir d'abord vu, pour dire ensuite : « Voilà ce que j'ai vu. »
Krishnamurti : Tout à fait. Parce que dans ce cas-là, ce serait complètement faux.
David Bohm : Donc, il n'y a pas de division. Bien sûr, on peut facilement s'illusionner dans ce domaine.
Krishnamurti : Oui, mais nous avons bien précisé que l'illusion n'existe que s'il y a désir et pensée. C'est tout simple. Le désir comme la pensée font partie du « moi », qui est le temps. Lorsque le désir et le temps sont totalement abolis, alors il n'y a absolument rien, ce rien c'est l'univers, ce vide, qui est empli d'énergie. On peut s'arrêter là...
David Bohm : Parce que nous n'avons pas encore compris la nécessité d'aller au-delà de l'énergie. Il faut percevoir la nécessité de cette démarche.
Krishnamurti : J'estime que c'est nécessaire.
David Bohm : Oui, mais cela reste à voir. Il faut mettre en évidence cette nécessité.
Krishnamurti : Pourquoi est-ce nécessaire ? Avançons l'hypothèse que quelque chose en nous est à l'œuvre, de beaucoup plus comment dire — de beaucoup plus grand. Là, j'avance prudemment, très prudemment. Ce que j'essaie de dire, c'est qu'il existe selon moi quelque chose au-delà. Et quand je dis « selon moi », vous savez bien ce que je veux dire.
David Bohm : Je comprends tout à fait.
Krishnamurti : Il y a quelque chose qui transcende cela. Comment en parler ? Voyez-vous, l'énergie n'existe que là où il y a vacuité. Les deux vont de pair.
David Bohm : Cette pure énergie dont vous parlez est vacuité. Suggérez-vous que ce qu'il y a au-delà de la vacuité, c'est la base fondamentale, le terrain originel de cette vacuité ?
Krishnamurti : Oui.
David Bohm : Cela serait-il de l'ordre de la substance ? Car le problème est celui-ci, n'est-ce pas : si ce n'est pas la vacuité, alors qu'est-ce que c'est ?
Krishnamurti : Je ne saisis pas très bien votre question.
David Bohm : Vous avez parlé de quelque chose qui transcende la vacuité, qui est autre. Je pense que nous suivons bien l'idée jusqu'au niveau de l'énergie et de la vacuité. Mais si nous suggérons à présent quelque chose d'autre que la vacuité...
Krishnamurti : Quelque chose d'autre.
David Bohm : Bien; dans ce cas, cette « autre chose » ne peut être que distincte de la vacuité. Quelque chose d'autre que la vacuité ne peut donc pas être cette vacuité. Est-ce que ce raisonnement se tient ?
Krishnamurti : Alors, il s'agit de substance.
David Bohm : Oui, voilà ce qui est sous-jacent : s'il ne s'agit pas de vacuité, il s'agit de substance.
Krishnamurti : La substance est matière, n'est-ce pas ?
David Bohm : Pas forcément, mais elle possède la qualité de la substance.
Krishnamurti : Qu'entendez-vous par là ?
David Bohm : La matière est une forme de substance, en ce sens que c'est de l'énergie, mais qui possède également la qualité de la substance, parce qu'elle a une forme constante, et qu'elle résiste au changement. Elle se maintient dans un état stable.
Krishnamurti : Oui. Mais lorsque vous employez le mot « substance » pour qualifier ce qui transcende la vacuité, est-ce que ce mot recouvre ce sens-là ?
David Bohm : Ce que nous essayons, c'est d'explorer le sens possible de ce que vous voulez dire. Si vous dites qu'il ne s'agit pas de vacuité, alors ce ne serait pas la substance telle que nous la connaissons dans la matière. Mais nous percevons une certaine qualité qui est propre à la substance en général; si elle possède cette qualité-là, nous pourrions utiliser le mot « substance », en élargissant l'acception de ce terme.
Krishnamurti : Je vois. Et si nous utilisions le mot « qualité » ?
David Bohm : Le mot « qualité » n'est pas forcément cette vacuité; l'énergie pourrait avoir la qualité de vacuité, voyez-vous. Et donc il s'agit d'autre chose. Quelque chose d'autre pourrait avoir cette qualité de substance. Voilà comment je vois la question. Cela répond-il à votre propos ?
Krishnamurti : Il existe quelque chose au-delà de la vacuité. Comment aborder la question ?
David Bohm : Tout d'abord, qu'est-ce qui vous amène à dire cela ?
Krishnamurti : Le simple fait que « c'est ». Nous sommes restés assez logiques jusqu'ici, nous avons évité le piège de l'illusion jusqu'à présent. Pouvons-nous donc garder cette même vigilance, qui ne laisse aucune place à l'illusion, pour découvrir — ou ne pas découvrir — ce qu'il y a au-delà de la vacuité ? Et revenir sur terre. J'entends par « remettre les pieds sur terre » : parvenir à communiquer cela. Est-ce que vous me suivez ?
David Bohm : Oui. Bon, si nous revenions à la question précédente : pourquoi cela n'est-il pas parvenu jusqu'à nous ?
Krishnamurti : Pourquoi ce n'est pas parvenu jusqu'à nous ? L'homme s'est-il jamais délivré du « moi » ?
David Bohm : Non, en effet. Ce n'est généralement pas le cas.
Krishnamurti : Non. Et l'abolition du « moi » est un impératif.
David Bohm : Nous pourrions envisager le problème sous l'angle suivant : l'ego devient une illusion de cette substance. Vous estimez que l'ego est également une sorte de substance.
Krishnamurti : Oui, l'ego est substance.
David Bohm : Et donc, cette substance serait...
Krishnamurti : ... intouchable.
David Bohm : Mais l'ego est une illusion de la vraie substance peut-être l'esprit essaye-t-il de créer une sorte d'illusion de cette substance.
Krishnamurti : C'est une illusion. Pourquoi la rattachez-vous à l'autre substance ?
David Bohm : Dans ce sens que si l'esprit croit posséder déjà cette substance, alors il ne s'ouvrira pas...
Krishnamurti : Bien sûr que non. Comment trouver les mots pour exprimer cela ? Il ne s'agit pas de biaiser, d'éluder les conclusions. Mais voyez-vous, jusqu'à présent, nous avons tout exprimé par des mots.
David Bohm : Effectivement. Je crois qu'une fois la réalité correctement perçue, les mots pour l'exprimer viennent au bout d'un moment.
Krishnamurti : Oui, mais est-il possible de percevoir « cela » ? Et donc de le communiquer. Ou bien cela dépasse-t-il...
David Bohm : Cette « chose au-delà », diriez-vous également qu'elle est douée de vie ? La vie au-delà de la vacuité, est-ce encore la vie ? Est-ce vivant ?
Krishnamurti : Vivant, oui. Oh, oui.
David Bohm : Et intelligent ?
Krishnamurti : Je me refuse à employer ces mots.
David Bohm : Ils sont trop limités ?
Krishnamurti : La vie, l'intelligence, l'amour, la compassion; tous sont trop limités. Nous voici tous les deux, face à face, et parvenus au point où nous sommes en présence de cette chose qui, peut-être, plus tard, pourra être formulée en mots, sans rien de forcé et sans rien d'illusoire. Ne voyez-vous pas par-delà le mur — je veux dire au-delà des mots ? Nous sommes arrivés à un certain point, et nous disons qu'il y a encore autre chose — vous comprenez ? Il y a quelque chose derrière tout cela. Est-ce que c'est palpable ? Peut-on le toucher ? L'esprit peut-il l'appréhender ? Vous me suivez ?
David Bohm : Oui. Voulez-vous dire que c'est impossible ?
Krishnamurti : Je ne crois pas que l'esprit puisse l'appréhender...
David Bohm : Ou le saisir ?
Krishnamurti : Le saisir, le comprendre... que l'esprit puisse même le regarder. Vous êtes un scientifique, vous avez examiné l'atome, et tout le reste. N'avez-vous pas l'impression, après avoir effectué cette étude, qu'il existe bien autre chose au-delà de tout ceci ?
David Bohm : Il ne suffit pas d'avoir le sentiment qu'il existe autre chose pour savoir ce que c'est. De toute évidence, quoi que l'on sache, cela demeure limité.
Krishnamurti : Oui.
David Bohm : Et il doit y avoir autre chose, au-delà.
Krishnamurti : Comment cette « autre chose » peut-elle communiquer avec vous, afin que vous — avec toutes vos connaissances scientifiques, et les aptitudes de votre esprit — puissiez la saisir ?
David Bohm : Suggérez-vous qu'elle est insaisissable ?
Krishnamurti : Non. Comment peut-on la saisir ? Je ne dis pas qu'elle est inaccessible. Peut-on la saisir ?
David Bohm : Voyons, ce n'est pas très clair. Vous avez dit précédemment que l'on ne peut pas la saisir par...
Krishnamurti : Voilà ce que j'entends par « saisir » : votre esprit peut-il dépasser les théories ? Je veux dire : pouvez-vous avancer jusqu'au cœur de cette réalité ? Pas avancer en termes de temporalité, etc., mais pouvez-vous la pénétrer ? Non, ce sont là encore des mots. Qu'y a-t-il au-delà de la vacuité ? Serait-ce le silence ?
David Bohm : N'est-ce pas du même ordre que la vacuité ?
Krishnamurti : Oui, c'est là où je veux en venir. Avançons pas à pas. Est-ce le silence ? Ou bien le silence fait-il partie de la vacuité ?
David Bohm : Oui, il me semble que oui.
Krishnamurti : C'est aussi mon avis. Si ce n'est pas le silence, pourrait-on — c'est une simple question —pourrait-on dire que c'est quelque chose d'absolu ? Vous comprenez ?
David Bohm : Bon; nous pourrions envisager l'absolu. Il faudrait que ce soit quelque chose de totalement indépendant; c'est le véritable sens du mot « absolu » : qui ne dépend de rien.
Krishnamurti : C'est cela. Vous brûlez.
David Bohm : Quelque chose qui ait un mouvement propre, en quelque sorte; doué d'une activité autonome.
Krishnamurti : Exactement. Si l'on disait que tout a une cause, et que « cela » n'en a aucune ?
David Bohm : Nous revoilà face à une notion déjà ancienne. Cette notion, selon laquelle l'absolu a sa propre cause en lui-même, a déjà été exposée par Aristote.
Krishnamurti : En effet.
David Bohm : L'absolu n'a pas de cause; en un sens, cela revient au même.
Krishnamurti : Voyez-vous, dès l'instant où vous avez cité Aristote... nous n'y sommes pas. Comment aborder le problème ? La vacuité est énergie, et cette vacuité est présente dans le silence, ou vice-versa — c'est sans importance, n'est-ce pas ? Oh oui, il existe quelque chose qui transcende tout ceci. Que l'on ne pourra probablement jamais exprimer avec des mots. Et pourtant il faut l'exprimer. Vous me comprenez ?
David Bohm : Vous dites qu'il faut exprimer l'absolu avec des mots, mais que cela nous semble impossible ? Toute intervention des mots relativise l'absolu.
Krishnamurti : Oui, je ne sais comment dire tout cela.
David Bohm : Je crois que nous avons derrière nous un long passé de malentendus concernant l'absolu. On a cherché à le cerner avec des mots, et il est devenu très tyrannique.
Krishnamurti : Laissez cela de côté. L'ignorance de ce qu'ont dit Aristote, Bouddha et les autres est un avantage — voyez-vous ce que je veux dire ? Un avantage, en ce sens que l'esprit n'est pas coloré par les idées des autres, n'est pas prisonnier des affirmations des autres. Et tout ceci fait partie de notre conditionnement. Alors, dépassons-le. Quel est notre but ?
David Bohm : Établir, me semble-t-il, une communication à propos de cet absolu, de ce quelque chose au-delà.
Krishnamurti : J'ai tout de suite retiré ce terme d'absolu.
David Bohm : Dans ce cas, disons, quel que soit le terme employé : ce qui transcende la vacuité et le silence.
Krishnamurti : Oui, qui les transcende. Il existe un au-delà à tout ceci. Tout cela est quelque chose, fait partie d'une immensité.
David Bohm : Oui, c'est entendu. Mais même la vacuité et le silence sont une immensité, n'est-ce pas ? L'énergie est elle-même une immensité.
Krishnamurti : Oui, je l'admets. Mais il y a quelque chose de bien plus immense que cela. La vacuité, le silence, l'énergie sont immenses — vraiment incommensurables. Mais il y a quelque chose — je dirais de « plus grand » qu'eux.
David Bohm : Je me contente d'examiner. Je regarde. On constate que vos propos sur la vacuité, ou quoi que ce soit d'autre, débouchent toujours sur ce quelque chose au-delà.
Krishnamurti : Non. Vous, en tant que scientifique, pourquoi acceptez-vous — non, pardonnez-moi cette expression — pourquoi accompagnez-vous une telle démarche ?
David Bohm : Parce que nous sommes parvenus jusqu'à ce stade pas à pas, conscients de la nécessité de chaque étape.
Krishnamurti : Vous estimez que tout ceci est très logique, raisonnable, sensé.
David Bohm : Et on s'aperçoit aussi que c'est d'une telle justesse.
Krishnamurti : Bien. Donc, si je dis qu'il y a quelque chose de plus grand que tout ce silence, toute cette énergie — êtes-vous disposé à l'admettre ? Quand je dis admettre, je veux dire que jusqu'à présent, nous sommes restés logiques.
David Bohm : Disons que vous parlez d'une chose — quelle qu'elle soit — qui est transcendante. Silence, énergie ou autre, il y a toujours une place, logiquement, pour quelque chose d'autre qui se situe au-delà. Tout le problème est là : même si vous deviez affirmer qu'il existe quelque chose au-delà de tout ceci, il resterait toujours, logiquement, une place pour quelque chose d'encore plus transcendant.
Krishnamurti : Mais non.
David Bohm : Comment cela ? Quoi que vous disiez, voyez-vous, il y a toujours place pour quelque chose de plus transcendant.
Krishnamurti : Non, il n'y a rien au-delà.
David Bohm : Ce n'est pas clair du tout, à mon sens.
Krishnamurti : Il n'y a rien au-delà. J'insiste là-dessus. Non pas de façon dogmatique, ou par obstination. Mais je sens que c'est là le commencement et la fin de toute chose. La fin et le commencement sont une seule et même chose —vous êtes bien d'accord ?
David Bohm : Dans quel sens ? Dans le sens où vous utilisez comme fin le commencement de tout ?
Krishnamurti : Oui. Seriez-vous d'accord sur ce point ?
David Bohm : Oui. Si nous partons du terrain originel, de la base fondamentale, celle-ci doit être la base à laquelle tout retourne.
Krishnamurti : Exactement. C'est la base qui sous-tend toute existence : l'espace.
David Bohm : ... l'énergie...
Krishnamurti : ... l'énergie, la vacuité, le silence, tout ce qui est. Tout cela. Mais pas la base elle-même, vous saisissez ?
David Bohm : Bien sûr. L'expression « base » n'est qu'une métaphore.
Krishnamurti : Il n'existe rien au-delà d'elle. Pas de cause. Si l'on a une cause, alors on a une base.
David Bohm : On a une autre base.
Krishnamurti : Non. C'est le commencement et la fin.
David Bohm : Les choses s'éclairent un peu.
Krishnamurti : Exactement. Est-ce que vous vous y retrouvez ?
David Bohm : Oui, je crois que cela me dit quelque chose.
Krishnamurti : Quelque chose... Iriez-vous jusqu'à dire qu'il n'y a plus ni commencement ni fin ?
David Bohm : Oui. Tout vient de ce terrain originel, de cette base, et tout y retourne, mais sans commencer ni finir.
Krishnamurti : Voilà. Il n'y a ni commencement ni fin. Les implications sont immenses. Est-ce que c'est ça, la mort ? — pas dans le sens de : « je vais mourir un jour », mais en tant que fin totale de toute chose ?
David Bohm : Voyons, vous avez dit tout d'abord que la vacuité était la fin de toute chose, alors quel sens supplémentaire avons-nous, à présent ? La vacuité, c'est bien la fin de toute chose, n'est-ce pas ?
Krishnamurti : Oui, bien sûr. Cette vacuité, est-ce la mort ? La mort de tout ce que l'esprit a cultivé ? Cette vacuité n'est pas le produit de l'esprit — de l'esprit individuel.
David Bohm : Non, elle est l'esprit universel.
Krishnamurti : Voilà donc ce qu'est cette vacuité.
David Bohm : Oui.
Krishnamurti : Cette vacuité n'existe que lorsqu'il y a mort — mort totale — de l'individuel.
David Bohm : En effet.
Krishnamurti : Je me demande si je me fais bien comprendre.
David Bohm : Mais oui. C'est cela, la vacuité. Mais vous suggérez qu'au sein de cette base, la mort va plus loin ?
Krishnamurti : Oh, oui.
David Bohm : Nous disons donc que la fin de l'individuel, la mort de l'individuel, est cette vacuité — qui est universelle. Allez-vous maintenant dire que l'universel meurt lui aussi ?
Krishnamurti : C'est justement ce que j'essaie d'expliquer.
David Bohm : L'universel meurt en retournant à ce terrain originel, à cette base.
Krishnamurti : Est-ce que cela traduit quelque chose pour vous ?
David Bohm : Oui, peut-être bien.
Krishnamurti : Arrêtons-nous un instant. Examinons cela. Je crois que cela veut dire quelque chose, n'est-ce pas ?
David Bohm : Oui. Donc si l'individuel et l'universel meurent alors ce serait cela, la mort ?
Krishnamurti : Exactement. Après tout, les astronomes disent bien que tout dans l'univers meurt, explose, meurt.
David Bohm : Mais naturellement on pourrait supposer qu'il existe quelque chose au-delà.
Krishnamurti : Oui, précisément.
David Bohm : Il me semble que nous avançons. L'universel et l'individuel. D'abord, l'individuel meurt en se dissolvant dans la vacuité, puis vient le tour de l'universel.
Krishnamurti : Qui meurt également.
David Bohm : En retournant au « fondamental ».
Krishnamurti : Oui.
David Bohm : On pourrait donc dire que ce « fondamental » ne naît ni ne meurt.
Krishnamurti : Voilà.
David Bohm : Là, à mon avis, nous sommes aux limites de l'exprimable, si vous dites que l'universel a disparu, car l'expression est l'universel.
Krishnamurti : Voyez-vous — j'essaie seulement d'expliquer : tout meurt — sauf « cela ». Est-ce que cela vous dit quelque chose ?
David Bohm : Oui. Donc, c'est de là que tout part, et à cela que tout retourne dans la mort.
Krishnamurti : Et donc cela n'a ni commencement ni fin.
David Bohm : Y aurait-il intérêt à parler de la fin de l'universel ? Que signifierait la fin de l'universel ?
Krishnamurti : Rien. Pourquoi faudrait-il que cette fin ait un sens ? Il suffit qu'elle ait lieu. Quel rapport avec l'homme ? Vous me suivez ? L'homme, qui traverse une terrible épreuve. En quoi cela le concerne-t-il ?
David Bohm : Disons que l'homme estime qu'il doit établir un certain contact avec ce terrain originel, cette base ultime de sa vie, sinon rien n'a de sens.
Krishnamurti : Mais c'est le cas. Cette base n'a aucun rapport avec l'homme. L'homme est en train de se détruire , tout ce qu'il fait est contraire à ce « fondamental ».
David Bohm : Oui. Voilà pourquoi sa vie est dénuée de sens.
Krishnamurti : Je suis un homme ordinaire, et je dis : bon, vous venez de me parler merveilleusement du coucher de soleil, mais en quoi est-ce que cela me concerne ? Est-ce que le coucher de soleil, ou ce que vous m'en dites, va m'aider à oublier ma laideur ? Mes disputes avec ma femme, ou tout autre problème du même genre ?
David Bohm : Je crois qu'il faudrait faire machine arrière, et reprendre avec rigueur les étapes, à partir des souffrances de l'humanité, montrer qu'elles ont poussé l'homme à faire fausse route, ce qui l'amène inévitablement...
Krishnamurti : Oui, mais l'homme vous dit : « Aidez-moi à sortir de ce mauvais pas. Remettez-moi dans le droit chemin. » Et tout ce que nous répondons, c'est : « N'essayez pas de devenir. »
David Bohm : C'est cela. Où est le problème ?
Krishnamurti : Mais il ne va même pas écouter !
David Bohm : Alors, il me semble indispensable que celui qui constate cette situation découvre l'obstacle qui empêche l'homme d'écouter.
Krishnamurti : L'obstacle est d'une évidence aveuglante.
David Bohm : Quel est cet obstacle ?
Krishnamurti : Le « je », le « moi ».
David Bohm : Bien sûr, mais je pensais à un niveau plus profond.
Krishnamurti : Au plus profond, ce sont toutes les pensées, les attachements profonds — tout cela fait obstacle. Si l'on ne parvient pas à s'en défaire, alors on n'établira aucune relation avec « cela ». Mais l'homme refuse de s'en détacher.
David Bohm : Oui, je comprends. Ce qu'il désire découle de son mode de pensée.
Krishnamurti : Ce qu'il veut, c'est un mode de vie confortable, facile, sans aucun souci, et c'est impossible.
David Bohm : Impossible sans le détachement.
Krishnamurti : Il doit y avoir un lien. Il faut qu'il existe un certain rapport entre le « fondamental » et tout ceci, entre le « fondamental » et l'homme ordinaire. Sinon, quel sens a la vie ?
David Bohm : C'est ce que je disais tout à l'heure. Sans cette relation...
Krishnamurti : ... la vie n'a aucun sens.
David Bohm : Alors les gens lui en inventent un.
Krishnamurti : Bien sûr.
David Bohm : Même en remontant dans le passé, on constate que les religions ont eu des positions très proches — affirmant que Dieu est le « fondamental », et en préconisant donc de chercher Dieu. Vous savez bien.
Krishnamurti : Ah, mais ça n'a rien à voir avec Dieu.
David Bohm : Non, ce n'est pas Dieu, mais l'idée est la même. On pourrait dire que « Dieu » est une manière peut-être un peu trop personnalisée d'exprimer cette notion.
Krishnamurti : Voilà. Il fallait leur donner de l'espoir, de la foi, vous me suivez ? Leur promettre une vie un peu plus facile à vivre.
David Bohm : Donc, ce que vous vous demandez, à ce stade, c'est comment rendre cette notion perceptible à l'homme ordinaire ? Est-ce bien là votre question ?
Krishnamurti : Plus ou moins. Ce qui compte, c'est d'amener l'homme à écouter. Vous êtes un homme de science. Vous avez la gentillesse d'écouter parce que nous sommes amis. Mais qui va nous prêter attention, parmi les autres scientifiques ? J'ai le sentiment que, si nous persévérons, nous parviendrons à un monde merveilleusement ordonné.
David Bohm : Oui. Et que ferons-nous dans ce monde-là ?
Krishnamurti : Nous vivrons.
David Bohm : Mais, je veux dire... — nous avons parlé de créativité.
Krishnamurti : Oui. A ce moment-là, s'il n'existe plus de conflit, plus de « je », de « moi », quelque chose d'autre se met en œuvre.
David Bohm : Oui, c'est capital de le dire, parce que l'idée de perfection telle que la conçoivent les Chrétiens peut paraître plutôt ennuyeuse, puisqu'on n'a rien à faire.
Krishnamurti : Il faudra poursuivre notre entretien à un autre moment, car il faut mettre en orbite cette notion.
David Bohm : Cela semble impossible.
Krishnamurti : Nous avons déjà parcouru pas mal de chemin.
Source : Le temps aboli - Un esprit délivré du temps accumulé
L'unique doctrine universelle et éternelle de l'Esprit est celle de l'Amour car l'Amour est la cause, le principe et la semence de la sagesse, la grandeur, La Force, l'élévation et La Vie !
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#16 14-12-2007 01:35:25
- Phénix
- Être Humain

- Date d'inscription: 06-11-2007
Re: Quid de Lucifer ?
Merci LeSurHumain 

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#17 14-12-2007 04:09:14
- JULIA
- Être Humain

- Lieu: paris
- Date d'inscription: 11-07-2007
Re: Quid de Lucifer ?
Comprendre la leçon
Le magicien s’est complètement libéré du connu. Pour lui, l’unique liberté réside dans l’inconnu, parce que tout ce qui est connu est passé et mort. « Sais-tu pourquoi je continue à dire que ton monde est une prison ? demanda Merlin. Parce que tout ce que l’esprit conçoit est limité. Dès que tu mets des mots sur une expérience ou l’enfermes dans une pensée, ou dis : « Je sais », quelque chose de merveilleux et d’invisible s’enfuit. Les limites sont des cages ; la réalité est un oiseau fragile qui tremble dans ta main. Serre-le trop longtemps et il meurt. »
S’il est vrai que l’inconnu est votre laissez-passer pour la liberté, il est aussi vrai que les limites procurent à l’ego un appréciable confort. Jour après jour, notre esprit engendre les mêmes images. Ces images sont le miroir de ce que vous êtes, bien que l’ego les prenne pour la réalité. « N’est-il pas évident qu’un arbre est un arbre, un mur un mur, une montagne une montagne ? » demande l’ego. Mais ces choses ne sont réelles que dans un certain état de conscience, l’éveil.
Dans un rêve, vous pouvez être assis dans un champ et regarder passer les nuages au dessus d’une montagne. Au réveil, vous vous apercevez que la montagne, les nuages et le champ n’étaient que l’effet aléatoire de l’effervescence de vos cellules cérébrales qui ont produit ces images fugaces. Rien ne prouve que la conscience vigile fonctionne différemment. Des montagnes, des champs, des nuages « réels » n’ont aucune réalité vérifiable en dehors des images qui surgissent dans votre cerveau.
Arthur était choqué que Merlin rejette le monde visible en le taxant d’illusion.
- Mais les choses qui m’entourent sont tangibles, et mêmes dures ! Si je me cogne la tête contre un rocher, j’aurai un bleu, objecta-t-il.
- Les images ne sont pas seulement visibles, lui rappela Merlin. Tu peux aussi toucher les choses en rêve et ressentir les mêmes sensations.
- Alors, comment distinguer le rêve de l’éveil ? Pourquoi baptise-t-on l’un réalité et l’autre illusion ?
- Par habitude. Si les mortels suivaient l’enseignement des magiciens, ils apprendraient comment reproduire éveillés ce qu’ils font en rêve. Les limites commenceraient alors à se dissoudre et la réalité t’inciterait à sortir du carcan de la pseudo-réalité dont tu es prisonnier.
Nous faisons tous l’expérience du nouveau et de l’inconnu, mais peu d’entre nous reconnaissent l’inconnu comme une force qui nous appelle. L’inconnu renferme des indices de l’autre réalité. En quoi consistent ces indices ? Ils ne cessent de changer mais, si vous regardez de plus près toutes les images que le monde vous présente, vous développerez une intuition nouvelle des événements. Leurs arbitraire apparent commencera à prendre forme et sens, comme si une part de vous-même disait : « Je suis là. Peux-tu me découvrir ? » Les rencontres heureuses, les coïncidences inattendues, les prémonitions qui se vérifient, les vœux soudain exaucés, les bouffées de joie inexplicables, un sentiments de compréhension profonde, de confiance naissante, tous ces instants sont les visages que prend la réalité pour nous attirer hors des cages que nous nous sommes forgées. Rien ne nous force à répondre à cet appel presque inaudible. C’est à chacun d’en décider pour soi-même. Il s’agit de choisir en notre âme et conscience entre le connu rassis mais familier et l’inconnu qui est neuf et offre une palette de possibilités infinies.
Vivre avec la leçon
Vivre avec cette leçon implique de franchir les limites du connu. Si vous pouviez tout oublier et ne rien anticiper, vous franchiriez automatiquement les limites qui vous protègent contre la perception d’une réalité plus haute. Cette réalité plus haute est imbriquée dans la réalité visible dans laquelle vous vous mouvez chaque jour. Il n’y a aucune distance entre les deux. En un sens, pourtant, elles sont à des années-lumière l’une de l’autre. Tout comme l’habitude et l’inertie, la peur joue un grand rôle dans la sclérose de la réalité.
Merci Phénix pour la découverte de ce livre...
Beaucoup de ce qui est écrit correspond à mon cheminement actuel... cela résonne...
(Désolée, cela m'a 'choquée', mais l'auteur pourrait s'en expliquer:
- La réponse n’est-elle pas évidente ? demanda Arthur. Merlin assena à l’enfant une grande claque sur la tête.
Dommage...)
Beaux textes limpides...
Je te cite LeSurHumain en réponse à Phénix :
- Quant à ton commentaire sur l'ombre, il est d'une rare lucidité. chinois
Une tel débauche de diffusion de connaissances entre le 11 et le 13 décembre ne peut-être dû qu'à l'effet 12/12 12:12 !!! largesourire
Merci à vous deux, je respire...
LeSurhumain, je n'ai pas encore eu le temps de lire ton site web.
Mais j'y viendrai...
Un atome est essentiellement constitué de vide. L’essentiel de la matière est concentré dans le noyau : neutron et proton, qui se subdivisent en quarks. En fait, il n’y a pas de véritable brique fondamentale, les particules quantiques ne sont pas des entités stables, permanentes et isolées. Toute particule peut se transformer et revêtir toute forme dans un véritable théâtre d’apparence sous l’œil de l’observateur.
En intuitive, cela me parle depuis plusieurs années...
Pour déplacer entre autre un objet par la pensée, à la condition d'avoir un comportement parfait, donc bien maitriser ses formes-pensées (et je n'en suis pas encore là...), j'ai compris il y a longtemps, que c'est bien sur 'le vide' qu'il faut interagir... Tout comme l'on s'allège, 'le vide' entre les os... entre autres...
Est-ce que je me trompe?...
C'est hardue la physique quantique quand on est nulle en maths comme moi...
Je peux juste en avoir une approche 'poétique', intuitive...
De fait, les neutrinos... me fascinent depuis la lecture d'un bref article pour tout people dont je fais partie, paru en 2000... Comme une porte qui s'ouvre...
Voir
http://fr.wikipedia.org/wiki/Neutrino
et
http://www.linternaute.com/science/dive … es/1.shtml
Apparté people, je trouve amusant, que la série tv 'charmed' (trois soeurs 'sorcières') que regardent nombres d'ado, s'appelle ainsi... 'Charmed' étant aussi le nom donné à un quark...


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#18 14-12-2007 07:30:11
- Phénix
- Être Humain

- Date d'inscription: 06-11-2007
Re: Quid de Lucifer ?
JULIA

Ton intelligence intuitive est un atout important chez toi, conserve là, donne lui de l'attention !!! 
(Désolée, cela m'a 'choquée', mais l'auteur pourrait s'en expliquer:
- La réponse n’est-elle pas évidente ? demanda Arthur. Merlin assena à l’enfant une grande claque sur la tête.
Dommage...)
Ce qui est ironique ou bizarre c’est que j’en connais d’autres qui ont trouvé cet extrait drôle. 
Cet extrait m’a aussi interpellé, mais quand on « observe » depuis la nuit des temps la vie des prophètes, des maîtres spirituelles de toutes les cultures, on constate qu’ils ont eu quelquefois ou très souvent des moments de violence physique ou verbale (et souvent avec leurs disciples).
Ce n’est pas toujours très évident d’expliquer ce genre de chose, et cela peut donner lieu à des dizaines et des dizaines de pages…
La « spiritualité » est souvent faite de paradoxe.
Les magiciens à un niveau intérieur plus profond s’amusent toujours et sont toujours en paix car ils expérimentent concrètement le tout-est-illusion. Mais au niveau superficiel, extérieur ils sont très souvent comme monsieur « tout le monde » … et ce contraste avec leur nature profonde infinie, (sans forme et silencieuse) les amuse beaucoup. Ils jouent un rôle.
Et de plus, il y a souvent des accords énergétiques et des besoins d’expériences entre un maître et son disciple qui sont difficiles à appréhender.
Les raisons qui poussent un maître à mettre en colère une personne ou à créer un effet de surprise chez une personne sont profondes et multidimensionnelles !!!
Un Maître Authentique sait ce qu’il fait, il ne fait rien au hasard et il sait ce qui est approprié pour une situation données et donc il n’est pas dans la réaction, il est dans l’action (nécessaire, utile) même si ça peut parfois choquer.
(Je crois que dans un de ces ouvrages Osho explique bien les motivations de ce genre d’attitude « choquante », chez les Maîtres)

Dernière modification par Phénix (14-12-2007 07:58:39)
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#19 14-12-2007 12:30:10
- kalinda
- Être Humain
- Date d'inscription: 26-10-2007
Re: Quid de Lucifer ?
j adore cette decouverte et comme c est si bien dit il n y a rien pour rien
toute experience surtout les plus difficiles font toucher cette profondeur d ame
et ce qui est ettonant c est les reponses qui viennent suite a nos questions
qu on se pose et vlan il y a la toute les reponses sur le chemin
tous y participent 
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#20 14-12-2007 15:41:43
- Phénix
- Être Humain

- Date d'inscription: 06-11-2007
Re: Quid de Lucifer ?
Kalinda 
Julia j’ai trouvé un truc intéressant sur www.osho.com
16. La Foudre
________________________________________
La Foudre
Ce que la méditation permet, lentement, lentement, ... le cri inattendu du maître au moment où le disciple pose une question, et le maître saute et crie où le gifle où encore le jette dehors, où lui saute dessus…
Ces méthodes étaient inconnues. Elles proviennent du génie créatif du maître Zen MatZu, qui a guidé beaucoup de gens vers l’éveil.
C’est parfois si hilarant : il jeta un homme depuis une fenêtre, un bâtiment de deux étages et l’homme était venu demander sur quoi méditer. Et MatZu ne l’a pas seulement jeté, il a sauté après lui, lui est tombé dessus, s’est assis sur sa poitrine et a dit : " T’as compris !" Et le pauvre diable a dit "oui" - parce que si vous dites "non", il pourrait vous battre ou faire autre chose. C’est assez – son corps est fracturé et MatZu, assis sur sa poitrine, disant : "T’as compris !"
Et en fait il a compris, parce que c’était si soudain, inattendu – il n’aurait jamais pu imaginer une telle chose.
Osho Isan: No Footprints in the Blue Sky Chapter 4
Commentaire :
La carte montre une tour qui brûle, détruite, s’effondrant. Un homme et une femme se jettent dans le vide, non par choix, mais parce qu’ils n’ont plus d’autre issue. À l’arrière-plan, on distingue une figure translucide en état de méditation, elle représente la conscience témoin.
Vous pouvez vous sentir quelque peu ébranlé en ce moment, comme si la terre tremblait sous vos pieds. Votre sens de la sécurité est menacé et la tendance naturelle est d’essayer de s’accrocher à tout ce que nous pouvons. Mais ce tremblement de terre intérieur est nécessaire et extrêmement important. – Si vous le laissez être, vous sortirez plus fort du désastre, plus disponible à de nouvelles expériences.
Après le feu, la terre se renouvelle, après la tempête, l’air est pur. Essayez d’observer la destruction avec détachement, presque comme si cela arrivait à quelqu’un d’autre. Dites oui au processus en cours en allant à sa rencontre.
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#21 14-12-2007 16:21:32
- Phénix
- Être Humain

- Date d'inscription: 06-11-2007
Re: Quid de Lucifer ?
Source: www.osho.com
Il y a tant de méthodes si différentes. Ont-elles une base commune ?
Il y a cent douze méthodes de méditation, mais l´observation est une partie essentielle de ces cent douze méthodes. Aussi, en ce qui me concerne, observer est la seule méthode. Ces cent douze techniques sont différentes formes de l´observation de soi.
Le noyau essentiel, l´esprit de la méditation est d´apprendre comment observer. Vous voyez un arbre: vous êtes là, l´arbre est là, mais ne pouvez-vous pas découvrir une chose de plus ? Que vous voyez l´arbre et qu´ il y a un observateur en vous qui vous voit en train de voir l´arbre. Le monde n´est pas seulement divisé entre l´objet et le sujet. Il y a également quelque chose au-delà des deux et ce "quelque chose au-delà" est la méditation.
Ainsi dans chaque acte... et je ne veux pas que les gens s´assoient pendant une heure ou demi-heure le matin ou le soir. Cette forme de méditation ne va pas aider, parce que si vous méditez pendant une heure, alors pendant les vingt-trois heures restantes, vous ferez tout simplement le contraire. La méditation peut être gagnante: le fait d´observer est une méthode telle qu´elle peut se propager sur les vingt-quatre heures de votre journée.
En mangeant, ne vous identifiez pas avec celui qui mange. La nourriture est là, celui qui mange est là et vous êtes ici, observant. En marchant, laissez le corps marcher, vous ne faites qu´observer. Lentement, vous comprenez l´astuce. C´est une astuce et une fois que vous pouvez observer de petites choses... Une corneille croasse... vous écoutez. Il y a ces deux phénomènes, l´objet et le sujet mais ne pouvez-vous voir le témoin qui voit les deux ? La corneille, celui qui écoute et il y a en plus celui qui observe les deux. C´est un phénomène si simple. Ensuite, vous pouvez accéder à des niveaux plus profonds: vous pouvez observer vos pensées, vous pouvez observer vos émotions, vos humeurs.
Il n´y a pas besoin de dire: "je suis triste." Le fait est que vous êtes témoin qu´un nuage de tristesse passe sur vous. Il y a de la colère en vous, vous pouvez simplement en être le témoin. Il n´y a pas besoin de dire: "je suis fâché." Vous n´êtes jamais fâché, il n´est pas possible pour vous d´être fâché, vous êtes toujours le témoin. La colère vient et disparaît, vous êtes juste un miroir. Les choses viennent, sont reflétées, s´éloignent et le miroir reste vide et propre, même pas égratigné par les réflexions.
Être témoin, c´est trouver votre miroir intérieur. Une fois que vous l´avez trouvé, les miracles commencent à se produire. Lorsque vous êtes simplement le témoin des pensées, les pensées disparaissent. Il y a alors soudainement un silence énorme que vous n´avez jamais connu. Lorsque vous observez les humeurs, colère, tristesse, bonheur, elles disparaissent soudainement et vous faites l´expérience d´un silence plus grand encore.
Lorsqu´il n´y a rien à observer, alors la révolution. Alors l´énergie engagée dans l´observation tourne sur elle-même parce qu´il n´y a rien pour l´en empêcher, il n´y a plus aucun objet. Le mot objet est beau. Il signifie simplement ce qui vous empêche, vous fait objection. Lorsqu´il n´y a plus aucun objet à votre observation, elle revient simplement de nouveau vers vous-même, à la source. C´est le point d´où l´on se réalise.
La méditation est seulement un chemin, la fin en est toujours l´état de bouddha, la réalisation. Connaître ce moment est connaître le Tout. Alors il n´y a aucune misère, aucune frustration, aucun manque de sens, alors la vie n´est plus un accident. Elle devient une part de ce tout cosmique. Une part essentielle et un extraordinaire bonheur s´élève en vous: cette existence entière a besoin de vous.
Osho, Extrait de: Light on the Path, #1
Dernière modification par Phénix (14-12-2007 17:57:14)
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#22 14-12-2007 23:33:43
- Phénix
- Être Humain

- Date d'inscription: 06-11-2007
Re: Quid de Lucifer ?
Source : La Voie du Magicien du Dr Deepak Chopra
Aphorismes :
- Nous renfermons tous un moi obscur qui est une part de notre réalité totale.
- Quand vous pourrez concilier toutes vos caractéristiques opposées, vous coïnciderez complètement avec vous-même, comme le magicien.
Récit :
-- Tu ne semble jamais souffrir de la solitude, fit un jour remarquer Arthur à Merlin.
Sa voix était teintée de mélancolie. Le magicien le regarda attentivement.
- Non. Il est impossible d’être seul.
- Peut-être pour toi, mais…
L’enfant s’arrêta net et se mordit la lèvre. Puis, ne pouvant se retenir plus longtemps, il s’exclama :
- c’est tout à fait possible de se sentir seul !
Il n’y a personne dans ces bois hormis toi et moi et, bien que je t’aime comme un père, il y a tout de même des moments…
Arthur se tut, ne sachant qu’ajouter.
- Il est impossible d’être seul, répéta Merlin plus fermement.
La curiosité d’Arthur l’emporta sur sa véhémence.
- Je ne vois pas pourquoi, dit-il.
- Eh bien, il nous suffit de considérer deux catégories d’êtres, commença Merlin. Les magiciens et les mortels. Il est impossible aux mortels d’être seuls à cause de toutes les personnalités antagoniques qu’ils contiennent.
Il est impossible aux magiciens d’êtres seuls parce qu’ils n’ont aucune personnalité.
- Je ne comprends pas. Qui suis-je d’autre que moi-même ?
- Commence par te demander qui est celui que tu appelles « moi-même ». Malgré le sentiment d’être unique, tu es en fait un amalgame de multiples êtres, et tes nombreuses personnalités ne coexistent pas toujours harmonieusement, loin s’en faut. Tu es divisé en dizaines de factions, qui rivalisent toutes pour le contrôle de ton corps.
- Est-ce vrai pour tout le monde ? demanda l’enfant.
- Oh ! oui. Jusqu’à ce que tu trouves ta voie vers la liberté, tu seras retenu en otage par le conflit qui oppose tes personnalités intérieures. Selon mon expérience, les mortels sont sans cesse aux prises avec des guerres intimes qui engendrent toutes sortes de factions.
- Pourtant je m’éprouve comme un seul être, protesta Arthur.
- Je n’y peux rien, rétorqua Merlin. Ton sentiment d’unité intérieure est le résultat de l’habitude. Tu pourrais tout aussi bien te voir comme je t’ai décrit. Ma description est plus vrai, parce qu’elle explique pourquoi les mortels semblent si fragmentés et déchirés aux yeux d’un magicien. Tout compte fait, la rencontre avec un mortel est si déconcertante que j’ai souvent l’impression de m’adresser à un village tout entier rassemblé en un seul individu de chair et d’os.
L’enfant eut l’air songeur
- Alors comment se fait-il que je me sente si seul ? Car c’est le cas maître, pour ne rien te cacher.
Merlin jeta à son disciple un regard perçant.
- Avec tous ces êtres qui se bagarrent pour dominer ton corps, il semble merveilleux que tu puisses jamais être seul.
Ma conclusion est que la solitude existe dans la mesure où les autres existent. Aussi longtemps qu’il y aura un « Je » et un « Tu », le sentiment de séparation et donc d’isolement sera inévitable. Qu’est-ce que la solitude, sinon un synonyme de l’isolement ?
- Mais il y aura toujours d’autres êtres dans le monde protesta Arthur.
- En es-tu certain ? répliqua Merlin. Il existera toujours des gens – c’est indéniable – mais seront-ils toujours d’autres êtres ?
Attends d’être parvenu au terme de la voie du magicien pour me donner ton opinion à ce sujet.
Comprendre la leçon
En vous examinant attentivement, vous découvrirez de multiples personnalités en lutte pour prendre le contrôle de votre corps. Ainsi le conflit entre le bien et le mal engendre deux personnalités, le « saint » et le « pécheur ». Ils ne cessent de se disputer, l’un des deux espérant toujours être assez bon pour satisfaire Dieu, l’autre sans cesse en proie à de « mauvaises » impulsions qu’il ne parvient pas toujours à réprimer.
Puis viennent les rôles auxquels vous vous identifiez, l’enfant, le parent, le frère, la sœur, le mâle, la femelle, sans parler de votre travail – médecin, juriste, prête, puéricultrice, etc.
Chacun de ces rôles s’est emparé de vous et s’efforce de vous annexer pour faire triompher son point de vue étroit. Nous n’avons même pas mentionné votre rapport à la nation ou à la religion et les problèmes insolubles qui en découlent.
Ces personnalités sont habituellement en conflit. Dans l’état que nous appelons bonheur l’essentiel de ce conflit s’est apaisé. A votre naissance, cette guerre n’existait pas, parce que les nouveau-nés n’éprouvent pas de conflits au sujet de leurs désirs. Les enfants ne distinguent les voix du bien et du mal que quand ils deviennent capables d’apprendre ces notions de leurs parents.
- Tu pourras devenir un magicien le jour où tu recommenceras à penser comme un nouveau-né, affirma Merlin.
- Comment un nouveau-né pense-t-il ? demanda Arthur.
- D’abord par sensations. Un nouveau-né ressent le besoin de manger ou de dormir. Quand les sensations l’assaillent, nourrisson les associe au plaisir ou à la douleur et il réagit en conséquence. Un nourrisson n’éprouve aucune inhibition à rechercher le plaisir et à fuir la douleur.
- Je ne vois là rien d’exceptionnel, dit Arthur. Les nourrissons pleurent, sourient, tètent et dorment.
- Bien des mortels adultes se contenteraient de ce mode de vie, marmonna Merlin. Atteindre un état de satisfaction ici-bas, dans ce monde, constitue une prouesse.
Le nouveau-né perd rapidement l’instinct innocent de ce qui est bon et mauvais pour lui. Différentes voix commencent à le tirailler, et d’abord la voix de sa mère disant « oui » et « non », « bon bébé » et « vilain bébé ». Tant que « oui », « non », « bon » et « mauvais » concordent avec la volonté du nourrisson, tout va bien. Mais les besoins de l’enfant finissent inévitablement par entrer en conflit avec la volonté des parents. Le monde intérieur et le monde extérieur commencent à se combattre. Très vite les germes de la culpabilité et de la honte sont semés. Le nouveau-né qui ignorait la peur commence à l’éprouver. Il apprend à douter de ses propres instincts. L’impulsion interne : « Je veux cela » se transforme en question : « Est-ce bien de vouloir cela ? »
Durant toute notre vie, nous essayons de revenir à l’état d’auto-acceptation que nous avons connu à la naissance. Les questions se multiplient au fur et à mesure que nous grandissons et nous entassons dans les cavernes secrètes et les recoins obscurs de la psyché autant de doutes, de honte, de culpabilité et de peur que nous pouvons. Ces sentiments demeurent vivants, si profondément enfouis soient-ils. Tous les conflits intérieurs que nous trouvons si difficiles à résoudre nous renvoient à notre part obscure.
- C’est intéressant de voir la Cour, déclara un jour Merlin à Arthur après son couronnement. Je ne m’étais jamais aperçu que tous les mortels faisaient le même travail.
- Vraiment ? demanda Arthur. De quel travail s’agit-il ?
- Gardien de prison, répliqua Merlin, qui refusa de préciser sa pensée.
Aux yeux d’un magicien, nous sommes tous les gardiens de prison de notre moi obscur. L’inconscient est la prison dans laquelle les énergies refoulées sont enfermées, non parce que c’est nécessaire, mais parce que nous avons été modelés par des années de oui et de non, de bien et de mal.
Ayant réfléchi aux propos de Merlin, Arthur vint le trouver et lui déclara :
- Je ne veux pas être ainsi. Comment puis-je changer ?
- Rien de plus facile, répondit Merlin. Considère simplement que tu joues les deux rôles, le prisonnier et le gardien. Étant les deux faces de la médaille, tu n’es aucune des deux car elles s’annulent. Admets ce fait et sois libre.
- Je ne sais comment, protesta Arthur. Comment trouver ce moi obscur dont tu parles ?
- Contente-toi d’écouter. Comme tous les prisonniers, il envoie des messages en tambourinant sur les murs de sa cellule.
Le moi obscur n’est qu’un rôle de plus, une des identités que nous possédons mais n’exhibons pas en public. La plupart du temps, le moi obscur est trop embarrassant ou peureux pour que nous l’exposions au grand jour. Mais on ne saurait douter de son existence, car chacun de nous a créé sa propre part obscure, un double intérieur dont la mission est de se charger de toutes les énergies que nous avons été incapable de décharger.
Pour un nouveau-né, le problème de la conservation de sentiments mauvais ou malsains n’existe pas. Á l’instant même où vous projetez quelque chose de négatif dans l’environnement d’un nourrisson, il pleure ou se détourne.
Cette réaction est extrêmement saine, parce que, en s’exprimant de façon aussi libre, il peut se décharger d’énergies qui s’accumuleraient en lui.
En grandissant, toutefois, nous avons appris qu’il n’est pas toujours judicieux de donner libre cours à nos impulsions. Au nom de la politesse et du tact, des convenances, ou des principes inculqués par nos parents, chacun de nous a appris à refréner ses énergies « négatives ». Nous sommes devenus des piles de plus en plus chargées d’électricité et, une fois adultes, nous regorgeons de vieux sentiments de colère, de rancune, de frustration et de peur. Mais le pire, c’est que nous avons oublié l’instinct de décharger nos piles.
- ça t’intéressera beaucoup un jour de découvrir à quel point tu ressembles à une bombe, déclara Merlin au jeune Arthur.
- Qu’est-ce qu’une bombe ?
- Si tu vivais à contretemps, la seule manière sensible de vivre, tu le saurais. (Merlin réfléchit une seconde) Imagine une vessie de porc que tu gonfles jusqu’à ce qu’elle éclate. Une bombe fonctionne de la même façon, à ceci près qu’elle éclate si fort qu’elle tue des gens.
- Mon dieu ! Est-ce qu’on ne pourra empêcher ça à l’avenir ? demanda Arthur avec inquiétude.
- Non, tu ne comprends pas. Les bombes explosent pour tuer des gens. C’est leur but. Je mentionne ce fait parce que les bombes ressemblent beaucoup aux mortels, eux-mêmes toujours sur le point d’exploser. L’explosion d’un obus n’est rien d’autre que la traduction d’une explosion de rage. Si les humains pouvaient exploser et tuer des gens sans crainte de représailles, la plupart le feraient.
Vivre avec la leçon
Pour mettre fin à la guerre qui sévit en vous, il faut réconcilier toutes vos personnalités. Vous pouvez soulager le moi obscur de son fardeau d’énergies accumulées et donc créer les conditions de la paix intérieure, car c’est la peur d’être blessé qui engendre la discorde entre vos différentes voix intérieures. Mais vous ne pourrez commencer à résoudre ces tensions qu’après avoir cerné les profils de vos personnalités.
Les personnalités sont toujours faites de la même substance, une vielle énergie liée à un souvenir. […]
Vos personnalités intérieures prennent des formes plus ou moins agréables suivant que vos souvenirs sont liés au plaisir ou à la douleur. […]
Mais ces souvenirs opposés ne s’annulent pas l’un l’autre. Ils se combattent réciproquement tout en demeurant intacts. […]
Toutes les infrapersonnalités veulent la même chose : s’exprimer à travers vous. Le nouveau-né qui pleure, l’enfant solitaire, l’adolescent frustré, l’amoureux transi, le travailleur ambitieux, tous ces personnages veulent vivre à travers vous. Et ils y parviennent tant bien que mal. Aucune de ces personnalités ne parvient seule, à un complet épanouissement. Toutes doivent donc réclamer leur place au soleil – ou à l’ombre.
Il en résulte un conflit qui rend la vie humaine si ambiguë, si pleine de clair-obscur. Le magicien lui s’épanouit exclusivement dans la lumière (de vie). Comme les enfants, il ne réprime aucune énergie. Délivré de tous les refoulements accumulés qui alimentent notre guerre intérieure, le magicien transcende sa personnalité pour s’installer au sein de la pure conscience. Le passage de l’état de mortel à celui de magicien peut paraître mystérieux, mais il est en fait complètement naturel. La seule condition est l’équilibre, que le flux de la vie est parfaitement capable de préserver.
Il existe de nombreuses façons de libérer d’anciennes énergies. L’une des plus efficaces consiste simplement à reconnaître leur existence. Au lieu de nier que vous ressentez de la honte ou de la culpabilité, par exemple, regardez-vous et dite simplement : « C’est ce que je ressens. » Cette brève prise de conscience (acte de conscience) suffit souvent, car c’est la dénégation qui, en dernier ressort, empêche toutes les énergies refoulées de se libérer. Surmontez la dénégation et la moitié de la bataille est gagnée.
La reconnaissance est une des formes de l’auto-acceptation, toutefois la honte et la culpabilité étant des énergies que vous voulez évacuer et non perpétuer, il n’est pas nécessaire de les ressasser. Mais il est parfaitement pertinent de vous dire : « J’éprouve ces sentiments. Ils sont réels. »
L’une des meilleures techniques pour surmonter la dénégation fait à nouveau appel à la respiration […]
N’oublions pas que notre part d’ombre n’a pas pour objectif de nous blesser, mais juste de « montrer du doigt » notre manque de présence, d’attention, de vigilance, et d’acceptation.

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#23 15-12-2007 05:05:40
- Phénix
- Être Humain

- Date d'inscription: 06-11-2007
Re: Quid de Lucifer ?
Source : http://terrenouvelle.free.fr/fr/htm/accueil.htm
Légende Cosmique :
Le cygne blanc et le cygne noir
Je suis un géant du ciel, je suis le cygne cosmique et je vais vous conter une histoire tendre et cruelle à la fois, l'histoire d'un amour impossible entre un frère et une sœur. Une histoire éternelle pensez-vous, répétée de tout temps, dans toutes les civilisations? Elle est en effet le creuset dans lequel toutes les autres se sont forgées.
Je vais rapidement me présenter afin que vous mesuriez l'ampleur et la puissance des actes que je pose. Je suis un être que vous ne verrez peut-être jamais car je n'apparais pas sur terre. J'existe dans des dimensions élevées, dans des espaces de vie où les énergies vibrent à une telle vitesse que si vous y mettiez les pieds, vous seriez littéralement volatilisés. Je suis un animal composé des vibrations de tous les cygnes existants, vibrations unies en un seul être vivant. Je parcours les cieux tel un véhicule de très très hautes fréquences. Celles et ceux d'entre vous dont l’œil intérieur est déjà ouvert peuvent me voir. Mais jamais vous ne pourrez me toucher. J'ai une délégation sur Terre en ce moment et elle fera parler d'elle en temps voulu. Allons-y avec notre histoire.
Tout commence par un craquement, un bruit à vous faire sursauter, un son de déchirement. Avec les sens d'observation terrestre on pourrait le comparer au craquement d'une branche d'arbre sèche, craquement d'une durée interminable qui, à la longue, vous taperait sur le système. Et c'est le but recherché, par qui, pourquoi ? Vous l'apprendrez en cours de route.
Laissez maintenant le calme s'installer en vous, votre compréhension en dépend. Avant le craquement, tout était silencieux, paisible, harmonieux, fluide. Laissez s'installer ces états en vous. Soyez sereins, esprits libres flottant aux ras d'une mer d'huile; une mer d'huile, symbole de la tranquillité profonde, féconde.
Dessinez mon reflet dans l'eau, tel que vous l'imaginez, mon reflet comme si je volais à ce moment aux limites de l'atmosphère terrestre plus lumineux que des milliers d'étoiles réunies. Ne pensez actuellement qu'à mon reflet, c'est plus prudent. Recouvrez maintenant mon reflet de couleur noire et observez. Dites-vous que c'est mon ombre, le double obscur de moi-même.
Qu'est-ce que cela vous fait d'imaginer un oiseau cosmique de mon envergure reflétant un aspect sombre de lui-même ? C'est moi qui vous ai suggéré de le dessiner, me direz-vous ! Je vous le confirme: ce sont bien les côtés noirs de mon être. Ils tentent de se mirer dans cette mer paisible. Lorsque mon ombre s'y projette, la mer s'agite en tous sens, me croyez-vous ? Observez combien les mers sont turbulentes en ce moment. Je vous l'affirme, c'est mon ombre, naturellement en action.
Voilà un premier point acquis, je suis une grande lumière, je suis une ombre puissante. Y a-t-il de quoi faire une histoire avec cela ? Et bien amis, amies, toutes les aventures de votre humanité sont faites de cette simple distinction entre l'ombre et la lumière. Ma propre histoire va vous éclairer.
Je connais la paix sur la mer d'huile, c'est mon état naturel; je suis des plus paisibles. A l'origine, j'étais cette mer, j'étais ce fabuleux giron, tranquille, accueillant et dans votre jargon; « je me la coulais douce. » Vint le moment du craquement. Je l'entendis dans un état d'extase, état permanent dans mon bain originel. Je n'y prêtai guère attention, il ne méritait pas que je quitte mon bien être absolu. Mais ce bruit se maintint, je dirais même qu'il s'imposait. Quelqu'un devait l'actionner à dessein, mû par je ne sais quelle intention de déranger.
Nous étions nombreux dans cette mer profonde, mais à première vue, j'étais le seul à entendre le bruit, toutes les autres énergies fusionnées dans ce giron continuaient à se pâmer d'aise. Je fus traversé par une sorte de vibration qu'aujourd'hui j'appellerai frisson. A l'époque, j'étais pure énergie, sans expérience aucune, je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Et le bruit s'intensifiait et ce courant électrisé me traversait. Au bout d'un certain temps, il forma une masse grisâtre qui se dirigea vers la surface de l'eau. Elle ressemblait à une bouée.
« J'ai besoin d'air » entendis-je.
Cette bouée de frissons s'était mise à parler mais de quoi parlait-elle ? De l'air, mais de quoi s'agit-il ? Je me sentis attiré vers elle, vers la surface de la mer où la bouée avait déjà provoqué des petits remous.
« Je suis tes frissons de colère » me dit-elle. « Tu ne sais pas encore ce que c'est, mais moi que tu as créé, je le sais. »
« Qui ai-je créé ? » Lui dis-je.
« Je sais que tu es encore novice, mais n'as-tu rien compris de ce qui se passe ? »
« Ce bruit insupportable m'a simplement dérangé. » Répondis-je.
« Et comment as-tu réagis ? »
« Je n'appréciais guère d'être importuné, et en plus d'être le seul dans le cas. Pour ces raisons, j'ai résisté à l'appel du bruit, je me suis crispé pour rester à tout prix dans mon état de félicité. »
« Très bien, très bien, c'est ainsi que tu m'as créé de toutes pièces, je suis désormais ton double, dans sa version ombragée. Toi, tu restes lumière et moi je suis ombre, ton ombre. »
Je dois avouer que cet événement me dépassait, je ne voulais rien créer, je voulais simplement rester dans le giron originel pâmé avec mes frères. Mais voilà, je me retrouvais à la surface de la mer à respirer de l'air. Rien ne me préparait à cela, mais si maladroit que j'étais dans cet exercice, je constatai que le craquement avait cessé. J'étais face à mon ombre dont le comportement me paraissait si impertinent. Que devais-je faire?
C'est mon ombre qui prit les choses en main. Elle me dit « si on cherchait l'origine de ce bruit, si on découvrait celui qui le provoque, nous pourrions peut-être nous entendre ? »
« Je n'ai pas envie de t'accompagner tout le temps » lui répondis-je, « je suis lumière et je n'ai que faire d'être suivi par une ombre que je n'ai pas choisie. »
« Choisie ou pas, tu es mon créateur; de un tu es devenu deux, je ne vois pas comment tu pourrais te débarrasser de moi. Nous sommes condamnés à vivre ensemble. »
« Mais je ne t'aime pas » lui lançai-je à la figure.
« Il n'est pas besoin que tu me le dises, je le sais déjà. »
Qu'allions-nous faire, qu'allions-nous faire? La situation se corsa lorsque le craquement se fit à nouveau entendre. Il ne me restait plus qu'à me ranger à la proposition de mon ombre car je voulais également savoir si quelqu'un se trouvait derrière cette machination. Nous restâmes là, entre l'eau et l'air, indécis, entre l'action et l'inaction, à attendre celui qui prendrait la prochaine initiative.
Toutefois le bruit devenait si lancinant que je pris les devants. « J'entends le craquement par là-bas, » et je montrai une direction que l'on nomme le haut. « Partons à sa recherche » dis-je. Aussitôt le bruit cessa. Je me demandai quel casse pied se jouait de nous ? Je souris à cette idée saugrenue.
« Comment un être de lumière peut-il avoir des idées pareilles ? » Me dis-je. Aussi sec, mon double répliqua: « c'est moi qui parle en toi chère lumière. Je fais désormais partie de toi. Regarde autour de toi, je ne suis plus là. » En effet, l'amas de colère flottant sur la mer avait disparu. « Coucou » me dit-il l'air narquois, « je suis à l'intérieur de toi. »
Décidément les événements se précipitaient, voilà que j'étais devenu deux êtres en un seul. « Il va falloir que je contrôle mieux la situation » me dis-je.
Je ne savais pas que mes peines ne faisaient que commencer.
Je vivais cette présence en moi telle une contrariété, annonciatrice d'une expérience que je nommerais souffrance intérieure. Mes idées ne m'appartenaient plus. Je les partageais avec quelqu'un d'autre. Lorsque je parlais, je ne savais pas immédiatement qui, de lui ou moi, s'exprimait ? Cela provoquait un terrible désordre dans mon existence que je souhaitais sereine. Je devais retrouver la paix, voilà l'impératif du moment.
Je me replongeai en pensée dans la mer de tranquillité d'où je sortais à peine. L'effet fut instantané, je retrouvai une paix intérieure profonde. « Ouf ! » Me dis-je, la félicité reste à ma portée. Je distinguai un grand sourire tout au fond de mon giron, un sourire d'amour infini: « bonjour enfant de lumière, je suis le craquement. » Je fus interloqué, comment un être rayonnant d'un tel amour pouvait-il être en même temps un bruit aussi désagréable ? "
« Tu vois enfant de lumière, tu viens de regagner la paix et tu la perds déjà. Tu es un pionnier, je t'ai choisi pour faire une expérience parce que ton esprit la demandait. Cependant, tu étais tellement bien dans mon giron; tu ne voulais pas le quitter, alors j'ai inventé le stratagème du craquement pour t'attirer hors de ton nid originel.
L'expérience est simple et subtile à la fois. Tu es invité à vivre avec ton double ombrageux, à l'aimer au point de l'épouser. Dès que tu l'auras épousé tu seras à nouveau un être unique, un en un, un en tout, enrichi d'une précieuse connaissance. Ainsi tu prépareras la route à tous ceux et toutes celles qui te suivront. »
Je reçus cette information comme une douche froide et en même temps, un éclair déchira une mémoire en moi. Oui je voulais vivre une telle aventure, oui j'acceptais d'être celui qui ouvre la voie. L'être d'amour infini continuait à sourire: « va maintenant, tu sais comment me rejoindre. »
Je me retrouvai instantanément à la surface de l'eau, tout ragaillardi.
« Et bien ombre de moi-même, où es-tu, je t'aime, nous allons nous marier. »
Elle ne répondit rien, ou plutôt si, je ressentis un choc violent dans mon plexus signifiant « ce n'est pas aussi simple que cela mon cher. Je suis déjà devenue une énergie très dense. Crois-tu que je peux me mêler instantanément aux tiennes, si vibrantes. Il faudra trouver un moyen, et c'est à toi à le découvrir, car moi, je me laisse vivre mon vieux. Je ne chercherai pas à t'empoisonner la vie, mais je me sens coriace. »
Par quel bout prendre un tel double passif et pesant ? Par le cœur, je le savais, mais comment. J'aurais beau l'aimer, si mon ombre refusait mon amour que resterait-il à faire ? Voilà que je commençais à penser au futur. Quelle drôle d'impression, c'est comme si ma lumière s'atténuait lorsque je pensais à demain ou à plus tard. « C'est encore moi » me souffla mon ombre, « je te pousse à explorer des horizons diversifiés. »
« Tu n'es donc pas si passive que cela alors. » Lui dis-je.
« Je choisis mes moments car moi aussi je suis inspiré par l'être au grand sourire d'amour infini, c'est lui qui me souffle ma conduite. »
« Mais à quel jeu jouait-on, mon ombre serait-elle aussi aimée que moi par la grande lumière ? Pourquoi l'être au sourire d'amour infini jouait-il double jeu ? » Tout se passait trop vite, j'étais chaque fois un temps en retard, je devais me reprendre.
« Calme-toi, je suis ta sœur, à ma façon je t'aime, mais je suis ta sœur, jamais je ne pourrai t'épouser. »
« Qu'est-ce que tu racontes, l'être au grand sourire d'amour infini ne t'a-t-il pas annoncé que tu avais à m'épouser ? »
« Nullement » me répondit-elle, « au contraire, je sens que ce serait un acte contre nature. »
Je me sentais KO (chaos), tout l'univers que je tentais construire pour arriver à mon but se brouillait. J'avais à faire à si forte partie !
« Pourquoi veux-tu faire des plans, des prévisions, chercher quelque chose à faire? » Entendis-je en moi. Cette fois j'en étais sûr, c'était ma partie lumineuse, elle me parlait enfin. Je laissai sa question me pénétrer, sonder chaque atome d'énergie de mon être. Et chaque atome pris séparément me disait: « j'aime me couler dans le mouvement dansé de la vie, j'aime fusionner avec la belle lumière et me laisser porter en toute liberté où elle m'emmène ». Ma parole, ils s'étaient donnés le mot. Je leur demandai ce qu'ils voulaient me dire plus précisément et tous me dirent en chœur « trouve ! » Mais où recevoir de l'aide finalement ? J’en avais assez de toutes ces informations énigmatiques.
Au fond étais-je vraiment obligé de croire mon ombre, fut-elle ma sœur ? D'où tenait-elle l'idée qu'un frère et une sœur ne pouvaient se marier ? J'étais souverain assez pour décréter le contraire bon sang ! Je ne fis ni une ni deux, je me libérai de cette croyance et je lançai dans l'air une déclaration tonitruante « j'arriverai à mon but, je retrouverai mon unité. » A peine avais-je crié que des milliers d'oiseaux blancs apparurent dans le ciel. Ils tournoyèrent autour de moi et vinrent se poser en cercle à mes côtés.
« Nous attendions ta déclaration » dit l'un d'entre eux avec un ton cérémonieux. « Nous sommes ton véhicule pour conquérir les airs, il y a tant de choses à y découvrir. »
« Je vous remercie » dis-je émerveillé, « mais comment voulez-vous que je voltige dans l'air, je ne dispose d'aucun support pour m'appuyer dessus ? »
« Nous sommes ce support, belle énergie, nous sommes des cygnes, des oiseaux issus de l'eau, capables de voler et de nager.
Tu nous vois séparés actuellement mais si tu le décides, nous pouvons unir nos corps les uns aux autres pour ne former qu'un seul et immense cygne. Nous n'avons pas encore réussi ce prodige car nous avions besoin de ta volonté pour le réaliser. Te voilà maintenant informé, tu es libre de le vouloir ou non ». C'était enfin une bonne nouvelle. Mon choix fut instantané, je voulais tenter cette aventure.
Cette fois, je restai calme et me dirigeai spontanément vers mon cœur « dessine un grand cygne de lumière sur la mer » entendis-je. « Invite tes compagnons du ciel à y pénétrer et à s'y unir de la meilleure façon. Ensuite, étends ta propre énergie lumineuse sur eux et de ton cœur affirme clairement, « je suis vous, que cela soit. »
« Et mon ombre, qu'en fais-je ? » demandai je à mon cœur.
« Tu la laisses tranquille, elle sera de toute façon avec toi baignée dans une formidable lumière.
Ensuite, tu écouteras instant après instant, la manière de réussir les épousailles que tu recherches. »
J'avais enfin trouvé la réponse, vivre dans l'instant et rien que dans l'instant. Je remerciai mon cœur.
Ainsi fut dit, ainsi fut fait et je me retrouvai inséré dans le corps de milliers de cygnes, aux commandes d'un véhicule de lumière d'une souplesse extraordinaire. Je pouvais l'agrandir, le rétrécir, le rendre plus ou moins lumineux, tout cela avec mon cœur. Je disposais du plus merveilleux des cadeaux.
Mes aventures dans le cosmos sont tellement nombreuses que je ne pourrais les conter ici. Sachez seulement que j'ai connu bien des peurs, des colères, des jalousies vis-à-vis de mon ombre car elle avait également reçu le cadeau d'un véhicule céleste, celui du grand cygne cosmique noir. Nous avons vécu des disputes, des déchirements, des moments de bonheur. Aujourd'hui, nous volons côte à côte en train de nous demander comment nous allons convoler en justes noces. Mais cette fois, la demande vient du cygne noir voyez-vous, cela change tout. Ce qui a provoqué son revirement ? A vous de le deviner ! Il revient à chacun de découvrir sa propre façon d'épouser son ombre. Encore quelques jours et mes noces seront accomplies, votre Terre en récoltera les bienfaits et vous également amies, amis. Allez, bonne chance, l'ombre et la lumière sont faits pour s'unir profondément, charnellement. L'ombre vient de la lumière, je vous l'ai conté, elle émane de vous, êtres de pure lumière. Elle est destinée à retourner à sa source. Elle vous offre le cadeau d'expérimenter tous les aspects de la dualité et d'en renaître uni, riche de tout l'or du monde.
Je vous souhaite de retrouver votre richesse, amies, amis. Vibrez avec moi et je vous faciliterai la tâche.

Dernière modification par Phénix (15-12-2007 05:37:00)
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#24 15-12-2007 11:30:16
- JULIA
- Être Humain

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- Date d'inscription: 11-07-2007
Re: Quid de Lucifer ?
Kalinda!
toute experience surtout les plus difficiles font toucher cette profondeur d ame
et ce qui est ettonant c est les reponses qui viennent suite a nos questions
qu on se pose et vlan il y a la toute les reponses sur le chemin


Merci L'Oiseau
Bel Envol!
Merci d'avoir développé...
Citation
Les raisons qui poussent un maître à mettre en colère une personne ou à créer un effet de surprise chez une personne sont profondes et multidimensionnelles !!!
Un maître sait ce qu’il fait, il ne fait rien au hasard et il sait ce qui est approprié pour une situation données et donc il n’est pas dans la réaction, il est dans l’action (nécessaire, utile) même si ça peut parfois choquer.
Hum!! Tant que la formulation ou l’action est d’une justesse parfaite; l’élève au sens large du terme, peut ‘mâturer’ sa réaction ou réponse même si elle doit contenir des pages et des pages d’écrits... ainsi sans claquer la porte avec violence... ou retourner ‘la PAF!’...
Encore faut-il pouvoir prendre le temps...
D'où ma méfiance envers les 'maîtres' terrestres... n'est prophète qui veut...
Mais heu... Méthode des plus yang... Suis pas trop adepte... :
Ce que la méditation permet, lentement, lentement, ... le cri inattendu du maître au moment où le disciple pose une question, et le maître saute et crie où le gifle où encore le jette dehors, où lui saute dessus…
Ces méthodes étaient inconnues. Elles proviennent du génie créatif du maître Zen MatZu, qui a guidé beaucoup de gens vers l’éveil.
C’est parfois si hilarant : il jeta un homme depuis une fenêtre, un bâtiment de deux étages et l’homme était venu demander sur quoi méditer. Et MatZu ne l’a pas seulement jeté, il a sauté après lui, lui est tombé dessus, s’est assis sur sa poitrine et a dit : " T’as compris !" Et le pauvre diable a dit "oui" - parce que si vous dites "non", il pourrait vous battre ou faire autre chose. C’est assez – son corps est fracturé et MatZu, assis sur sa poitrine, disant : "T’as compris !"
Et en fait il a compris, parce que c’était si soudain, inattendu – il n’aurait jamais pu imaginer une telle chose.
Cela je comprends...
- C’est intéressant de voir la Cour, déclara un jour Merlin à Arthur après son couronnement. Je ne m’étais jamais aperçu que tous les mortels faisaient le même travail.
- Vraiment ? demanda Arthur. De quel travail s’agit-il ?
- Gardien de prison, répliqua Merlin, qui refusa de préciser sa pensée.

Le texte 'Le Cygne Blanc et Le Cygne Noir' est magnifique...
Merci pour nous
Mes aventures dans le cosmos sont tellement nombreuses que je ne pourrais les conter ici. Sachez seulement que j'ai connu bien des peurs, des colères, des jalousies vis-à-vis de mon ombre car elle avait également reçu le cadeau d'un véhicule céleste, celui du grand cygne cosmique noir. Nous avons vécu des disputes, des déchirements, des moments de bonheur. Aujourd'hui, nous volons côte à côte en train de nous demander comment nous allons convoler en justes noces. Mais cette fois, la demande vient du cygne noir voyez-vous, cela change tout. Ce qui a provoqué son revirement ? A vous de le deviner ! Il revient à chacun de découvrir sa propre façon d'épouser son ombre. Encore quelques jours et mes noces seront accomplies, votre Terre en récoltera les bienfaits et vous également amies, amis. Allez, bonne chance, l'ombre et la lumière sont faits pour s'unir profondément, charnellement. L'ombre vient de la lumière, je vous l'ai conté, elle émane de vous, êtres de pure lumière. Elle est destinée à retourner à sa source. Elle vous offre le cadeau d'expérimenter tous les aspects de la dualité et d'en renaître uni, riche de tout l'or du monde.
Alchimiste...
Commentaire :
La carte montre une tour qui brûle, détruite, s’effondrant. Un homme et une femme se jettent dans le vide, non par choix, mais parce qu’ils n’ont plus d’autre issue. À l’arrière-plan, on distingue une figure translucide en état de méditation, elle représente la conscience témoin.
Vous pouvez vous sentir quelque peu ébranlé en ce moment, comme si la terre tremblait sous vos pieds. Votre sens de la sécurité est menacé et la tendance naturelle est d’essayer de s’accrocher à tout ce que nous pouvons. Mais ce tremblement de terre intérieur est nécessaire et extrêmement important. – Si vous le laissez être, vous sortirez plus fort du désastre, plus disponible à de nouvelles expériences.
Après le feu, la terre se renouvelle, après la tempête, l’air est pur. Essayez d’observer la destruction avec détachement, presque comme si cela arrivait à quelqu’un d’autre. Dites oui au processus en cours en allant à sa rencontre.
Difficile de faire autre chemin...
Selon Osho (merci pour le lien)
(Je n'arrive pas à insérer les images)
02 La Communion
L'Harmonie intérieure et extérieure
L'homme vit comme une île et c'est de là que vient toute la misère. Tout au long des siècles, l'homme a essayé de vivre indépendamment de l'existence; ce qui n'est pas possible dans la vraie nature des choses. L'homme ne peut être ni indépendant, ni dépendant. L'existence est un état d'interdépendance; tout dépend de tout. Il n'y a aucune hiérarchie, personne n'est inférieur et personne n'est supérieur. L'existence est une communion, une affaire d'amour éternelle.
Mais l'idée que l'homme doit être plus haut, supérieur, spécial, crée le problème. L'homme doit être rien, l'homme doit se dissoudre dans la totalité de choses. Et lorsque nous laissons tomber toutes les barrières, l'harmonie arrive et cette harmonie est une bénédiction. Être un avec le Tout est tout. C'est l'essence même de l'esprit religieux.
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15. La Vigilance
La mort soudaine du disciple d'Ekido
Soyez vigilant. Chaque moment doit être vécu comme si c'était le dernier, il est fort possible que ce soit le dernier ! Aussi, vivez-le totalement, retirez-en la quintessence. C'est dans cette totalité que vous serez vigilant.
Le maître japonais Ekido était un maître sévère et ses élèves le craignaient.
Un jour qu'un élève frappait l'heure sur le gong du temple, il manqua un coup car il observait une belle fille qui franchissait la porte du temple. Le disciple ignorait qu'Ekido était debout derrière lui et Ekido le frappa avec son bâton. Le choc arrêta le cœur du disciple et il mourut.
Vous pourriez penser, en considérant cette histoire, que le maître a tué son disciple mais ce ne fut pas le cas. De toute façon le disciple allait mourir, c'était son heure et le maître le savait; il a seulement utilisé l'instant de sa mort pour lui permettre l'illumination.
L'histoire ne le dit pas mais c'est ce qui arriva, sinon pourquoi le maître se serait-il tenu derrière lui ? N'avait-il rien de plus important à faire ? Mais à ce moment là, rien n'était plus important car ce disciple allait mourir et cette mort devait être utilisée. L'histoire est belle et très significative. Le disciple a vu passer une belle fille et il a oublié toute conscience de lui-même, tout son être devint désir, il voulait suivre cette fille, posséder cette fille. Un instant auparavant il était dans la conscience, maintenant il n'était plus vigilant.
Il était totalement vigilant lorsqu'il frappait le gong - cela fait partie de la méditation dans un monastère zen; quoi que vous fassiez, faites le avec conscience ! Quoi que vous fassiez, soyez dedans comme une lumière et tout vous sera révélé. Ce disciple au moment de sa mort aurait dû être vigilant et conscient mais le mental fit une dernière chose, sa dernière tentative, une belle fille apparut. A ce moment là, alors que le disciple n'était plus vigilant, le maître le frappa durement sur la tête.
Le maître voit la mort invisible approcher et il le frappe juste pour le rendre conscient. Le maître attendait derrière lui. Les maîtres attendent toujours derrière les disciples, physiquement ou pas et c'est le plus grand moment lorsqu'une personne va mourir. Le maître le frappa durement, son corps tomba mais à l'intérieur il est devenu conscient; le désir disparu. Tout est parti avec le corps; brisé, il est devenu conscient. Il est mort dans la vigilance et si vous pouvez joindre vigilance et mort vous êtes illuminé.
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50. La Compassion
Jésus et les changeurs d'argent.
Les gens viennent me voir pour me demander: "Qu'est-ce qui est juste et qu'est-ce qui est faux ?" Je réponds: la conscience est juste et le fait d'être inconscient est faux. Je ne qualifie pas les actions de mauvaises ou de bonnes, je ne dis pas que la violence est mauvaise, parfois la violence peut être juste. Je ne dis pas que l'amour est juste, parfois l'amour peut être mauvais. L'amour peut s'adresser à la mauvaise personne, l'amour peut cacher une mauvaise intention. Quelqu'un aime son pays, mais alors c'est mauvais car le nationalisme est une malédiction. Quelqu'un aime sa religion mais il peut tuer, il peut assassiner, il peut brûler les temples des autres.
L'amour n'est pas toujours juste ni la colère toujours mauvaise.
Alors qu'est-ce qui est juste et qu'est-ce qui est faux ? Pour moi, la conscience est juste. Si vous êtes en colère et pleinement conscient alors la colère est juste et si vous êtes amoureux sans être conscient, alors l'amour lui-même n'est pas juste.
Ainsi faites en sorte d'être conscients dans chacun de vos actes, dans chacune de vos pensées, dans chacun de vos rêves. Laissez cette qualité de conscience pénétrer de plus en plus dans votre être. Soyez inondés par la conscience et alors tout ce que vous faites devient vertu, tout ce que vous faites est bon et devient une bénédiction pour vous et le monde dans lequel vous vivez.
Laissez-moi vous rappeler un événement de la vie de Jésus. Un jour il prit un fouet et entra dans le grand temple de Jérusalem. Un fouet dans la main de Jésus ? C'est le sens de la parole de Bouddha: "Une main sans blessures peut manier le poison". Oui, Jésus peut manier un fouet sans problème; le fouet ne peut pas le dominer. Il reste alerte, à la mesure de sa conscience.
Le grand temple de Jérusalem était devenu une caverne de voleurs. Il y avait dans le temple des changeurs d'argent qui exploitaient tout le pays. Jésus pénétra seul dans le temple et renversa les tables des changeurs, jeta leur argent et créa un tel tumulte que les changeurs s'enfuirent hors du temple. Ils étaient nombreux et Jésus était seul, mais il était dans une telle colère, animé d'un tel feu !
Cela a posé un problème aux chrétiens. Comment expliquer cela ? Car tout leur effort est de prouver que Jésus est une colombe, un symbole de paix. Comment a t-il pu manier un fouet ? Comment a t'il pu se mettre dans une telle colère, une telle fureur au point de renverser les tables des changeurs et de jeter les marchands hors du temple ? Il devait vraiment être en fureur, sinon, il était seul... il aurait pu être ceinturé.
Son énergie devait être celle d'une irrésistible tempête, ils ne pouvaient pas lui résister. Les prêtres et les changeurs, tous s'enfuirent en criant: "Cet homme est devenu fou !"
Les chrétiens évitent cette histoire. Ce n'est pas la peine de l'éviter si vous comprenez que Jésus est absolument innocent ! Il n'est pas en colère, il est dans la compassion; il n'est pas violent, il n'est pas destructeur, il est dans l'amour. Le fouet dans ses mains est un fouet dans les mains de l'amour et de la compassion.
Un homme conscient agit en conscience, de ce fait il n'y a pas à avoir de repentir; son acte est total. Une des beautés de l'action totale est qu'elle ne crée pas de Karma, elle ne crée rien et ne laisse aucune trace sur vous. C'est comme écrire sur l'eau; vous n'avez même pas terminé... que tout a disparu. Ce n'est même pas comme écrire sur le sable, car cela pourrait rester quelques heures si le vent ne se lève pas, c'est écrire sur l'eau.
Si vous pouvez être totalement alertes, alors il n'y a pas de problème, vous pouvez manipuler du poison et le poison agira comme un remède. Dans les mains du sage le poison devient remède, dans les mains du fou, même le remède, même le nectar va forcément devenir du poison. Si vous agissez dans l'innocence, non à travers la connaissance mais avec l'innocence de l'enfant, il ne pourra rien vous arriver de mauvais, parce que ça ne laisse pas de trace. Vous restez libres de vos actes, vous vivez totalement et aucun acte n'est pour vous un fardeau.
Riches d'enseignements...

Julia

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#25 15-12-2007 13:05:37
- Karen
- Être Humain

- Date d'inscription: 30-05-2006
Re: Quid de Lucifer ?
Quel merveilleux conte Phénix, si parlant !!! Et j'aime tellement les cygnes, cela me touche d'autant plus !!
Merci beaucoup vraiment.

karen 
L'instant est un atome d'Eternité
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