Pourquoi rechercher, espérer, ce qui est juste ici et auquel nous appartenons ?

Nous parlons d’éveil et de vérité, mais au lieu de nous intéresser à des concepts, nous devrions Voir et vivre ce qui est là, sous nos yeux. Nous nous laissons abuser par le langage et les mots, mais ceux-ci ne sont qu’une manifestation éphémère au sein de la Nature. La Nature, notre Nature, n’a pas besoin de mots, d’histoires ou de théories. Elle Est, spontanément, sans qu’il soit nécessaire d’intervenir.

Tout de suite, ne sommes-nous pas pleinement inclus dans l’espace de cet instant ? Voir, vivre, être embrassés par cette réalité concrète et dynamique, nous enseigne, nous fait réaliser, infiniment plus qu’avec les mots.

L’éveil ou la réalisation ne repose pas sur une sorte de « saut » ou sur une quelconque action transcendante. En fait, il s’agit d’un dégagement, de la disqualification de l’esprit conceptuel par la reconnaissance que tout ce qu’il affirme est faux, dans le sens où il ne s’agit que de propos.

La Nature éveillée est directe, tout comme les sons que captent nos oreilles, ou les images qui parviennent à nos yeux. Cela opère spontanément, sans médium, depuis bien longtemps. Ça l’est pour tous et de façon équanime, que l’on soit intelligent ou idiot, adulte ou enfant… Cependant, nous l’avons négligé, minimisé et relégué au second plan.

Le réel n’a pas besoin de l’esprit, il s’en passe, et c’est déjà comme ça. Quelle merveille ! C’est bien mieux que tout ce que l’on a pu imaginer. On pourrait dire que tous nos mots sont mensonge, car ils ne peuvent dire la Vérité. Ils essaient de nous entraîner dans une représentation de celle-ci, mais ce n’est qu’imagination. La Vérité s’affirme directement. Il s’agit d’une seule et même Nature, d’un même Ciel auquel tout, absolument tout appartient.

Lorsqu’une information nous parvient, par habitude le mental s’en empare. Il se donne un rôle. Pourtant, il est important de Voir ce qui est déjà là, comme notre présence et le décor où nous nous tenons.

Une simplicité, une ouverture, un éclat, nous accueillent bien avant, indépendamment de tous les mouvements de l’esprit. Ainsi, nous pouvons ressentir et vivre cette appartenance. Nous pouvons goûtez la détente ineffable du « chez Soi »… Nous ne sommes plus orphelins, perdus et en quête de compensations.

Denis Marie, le 12 août, 2011

Denis Marie