(Heyoan est le guide de Barbara)

Au cours d’une lecture d’aura remontant à quelques années, Heyoan fit un véritable cours magistral pour m’expliquer la nature de la manifestation. Voici la transcription de l’enregistrement :

Heyoan : « La manifestation dépend de tes capacités à percevoir ce qui est manifesté. Cette aptitude dépend de l’unicité, de l’individuation de chacun. Et aussi de l’ouverture de sa fenêtre sensorielle. Ce qui est perçu dans le cadre de ta fenêtre personnelle correspond à ta définition du monde manifesté. Lorsque cette étroite lucarne par laquelle tu l’aperçois s’agrandit, le monde manifesté s’étend aussi. Quand, par exemple, tu commences à entendre nos voix, c’est que ton territoire manifesté s’est déjà beaucoup étendu. Ces nouvelles zones que tu découvres te semblent d’une consistance plus subtile, mais elles n’en font pas moins partie du monde manifesté. Leur ténuité apparente varie en fonction de ton aptitude à percevoir les hautes fréquences, ta limitation sensorielle fait que les réalités supérieures te paraissent plus diluées, moins en rapport avec le monde qui t’est familier. Tu as un peu l’impression que ces fréquences supérieures se perdent dans l’immensité de l’Univers. Pourtant il n’en est rien. »

Barbara : « Ce que je ressens ne représente donc qu’une gamme de sensations dites manifestées, susceptibles de s’élargir et de gagner du terrain dans le domaine que tu appelles non manifesté, à mesure que mes perceptions s’affinent. Mais est-ce valable dans les deux sens ? Mon HSP (haut sens de perception) peut-il aussi s’étendre aux basses vibrations ? »

Heyoan : « L’humanité a choisi, pour un certain nombre de raisons, d’associer les basses vibrations à la négativité, aux ténèbres, aux formes d’expression déplaisantes, néfastes ou effrayantes. Cette opinion généralisée n’est fondée que sur la nature dualiste de l’être humain. Retiens bien ce concept du dualisme, il est extrêmement important pour ce que nous sommes en train de voir. Plus tes croyances personnelles sont dualistes, plus ta compréhension de l’Univers et, par conséquent de la vie, est limitée. Nous retrouvons notre petite fenêtre ouverte, ou plus exactement entrouverte, sur le monde. La fenêtre d’un homme ou d’une femme foncièrement dualiste se réduit à une minuscule lucarne, je devrais plutôt dire une meurtrière. Comprends-tu pourquoi elle s’est rétrécie à ce point ? C’est tout simplement ton appareil à percevoir qui a besoin d’un bon nettoyage. Il n’est pas détérioré. Mais il est terriblement parasité, encrassé par des croyances dualistes erronées qu’on t’a inculquées années après années, depuis ta petite enfance et même avant. Du coup, tu continues à avoir peur des basses vibrations, parce que tu les crois « mauvaises ». »

Barbara : « Est-ce cela, l’évolution : cesser de penser en termes dualistes ? Comment envisages-tu ce long cheminement de l’humanité vers son devenir ? »

Heyoan : « Ne commets pas l’erreur – fréquente – de te cacher ce qui est devant ton nez en voulant regarder plus loin que l’horizon. Contente-toi pour le moment d’agrandir et de décrasser ta fenêtre. La tienne. C’est ta seule tâche vraiment importante sur le chemin de l’évolution. »

Barbara : « Pourquoi est-ce si difficile ? Nous devrions être transportés de joie en découvrant qu’il nous est possible d’accéder à des plans de réalité plus vastes ! »

Heyoan : « La réponse est dans ton schéma. Tu as dessiné ces courbes qui me font penser à un bicorne. Pour l’immense majorité des humains, la réalité est enfermée dans la partie renflée de ta courbe, celle que tu as teintée de gris. Le chapeau du bicorne, si tu préfères. Au-delà d’une assez petite marge de manœuvre, qu’ils s’autorisent plus ou moins en fonction de la rigidité de leur censure intérieure, les gens ont tendance à se méfier de leurs perceptions dès qu’elles débordent hors de la courbe. C’est-à-dire, tu l’as compris, dès qu’elles risqueraient de remettre en question leurs petites croyances sécurisantes. Mais à mesure que l’humanité progresse sur la voie de l’évolution, la base de ta courbe s’étale, s’élargit. Cet élargissement correspond au degré d’ouverture et à l’état de transparence de ta fenêtre. Nous pouvons appeler cette courbe une ligne de démarcation de la pensée humaine, à un moment donné de son évolution. Plus tu agrandis la zone grisée à l’intérieur du chapeau, plus tu repousses cette ligne au loin. Ce qui se traduit au niveau de ta vie quotidienne par une expansion de plus en plus grande de tes états de conscience. C’est sur le sommet de ta courbe – la bosse du chapeau – que tu dois le plus travailler. Cette bosse s’aplatit à mesure et, éventuellement, elle finira par disparaître complètement, remplacée par une ligne droite. Ce n’est qu’au moment où ce but est atteint que les mondes manifestés et non manifestés se confondent. »

Barbara : « Plus j’ouvre mon cône de perception, plus je m’éloigne des systèmes dualistes pour me rapprocher de l’Unité. »

Heyoan : « Absolument ! Plus tu t’élèves dans le sens de l’expansion, plus les sphères subtiles qui s’étendent au-delà du monde de la matière condensé te deviennent accessibles. Ces plans de réalité sont les nôtres. C’est là que j’habite, en compagnie de mes semblables. A mesure que tu ouvres ta courbe de perception, notre monde cesse d’être mystérieux, inquiétant, inaccessible. Au contraire, il te devient familier et tu finis par l’intégrer au tien. L’Univers se manifestant davantage à ta conscience, tu te rapproches de l’Un. On pourrait dire que tu rentres chez toi. »

Parvenus à ce point de notre discussion, j’eus l’impression de décoller du sol et de m’élever très lentement dans les airs. Je visitai des mondes subtils, certains diaphanes et comme phosphorescents, d’autres striés, zébrés de mille couleurs somptueuses. Je me sentis monter, monter toujours plus haut. Je traversai des galaxies onctueuses et calmes comme un bain d’huile. Je nageai sur le dos à travers des mondes sans consistance, d’une élasticité et d’une fluidité extraordinaires. De-ci de-là j’aperçus des formes, j’en frôlai même plusieurs, mais elles me parurent floues. Et d’ailleurs elles disparaissaient aussitôt, laissant dans leur sillage une queue de poussière lumineuse.

Guidée par Heyoan, je m’élevai autant que je pus. Il me dit soudain :

Heyoan : « Nous sommes arrivés à la porte du Saint des Saints que tout être humain aspire à franchir. »

Je vis défiler sous moi mes vies antérieures, montant comme senteurs de jasmin dans l’air nocturne. Chacune m’attirait vers un niveau de réalité, provoquait en moi une sensation de chute. Je tentais de m’accrocher à mon existence au-delà de Barbara, du temps, de mes vies passées… Je voulus essayer de franchir le seuil du Saint des Saints.

Heyoan : « Là n’est pas le problème. Il ne s’agit pas d’y accéder, mais de s’autoriser à exister là où l’on existe déjà. Inutile de te précipiter. Il y a toujours de la place disponible, puisque c’est celle de l’aspiration de l’âme. »

Je me vis alors franchir une porte ménagée entre les pattes d’un grand sphinx. Je me trouvais face à Heyoan, assis sur un trône.

Heyoan : « Vois-tu, ma très chère, quand tu parles de guérison, sache qu’elle équivaut à l’ouverture des portes de la perception, celles qui donnent accès au Saint des Saints. Ni plus ni moins. Car le seul processus en cours est celui de l’illumination. La guérison n’en est qu’un sous-produit. Alors qu’ici où nous sommes, on ne fait plus qu’un avec Dieu. Si bien que lorsqu’une âme vient vers toi pour te demander des soins, ne perds jamais de vue que c’est l’élévation vers la spiritualité qu’elle désire au plus profond d’elle-même. Lorsqu’un patient arrive dans ton cabinet, n’oublie pas que ses paroles passent par le filtre de son seuil de perception. Or ce filtre peut être étroit ou large, à mailles lâches ou serrées. Qu’il soit question d’un orteil douloureux, d’une maladie incurable ou d’une quête de vérité, tout passe toujours par ce seuil de perception. Mais le besoin à satisfaire reste le même : tu reçois en fait tous ces patients pour répondre à la puissante aspiration de leur âme. Tout ce qu’elles demandent, ces âmes, c’est qu’on les aide à trouver leur route pour rentrer chez elles. Et tout ce qu’elles essaient de te dire à travers le langage de la maladie et de la souffrance, c’est : aidez-moi à retrouver le chemin qui mène au Saint des Saints, à la paix des âges, dans le vent qui souffle la vérité à travers les siècles des siècles… »

A cette étape de la méditation, je frissonnai et me sentis baignée d’allégresse. Heyoan m’avait souvent dit que son nom signifiait « le vent qui souffle la vérité à travers les siècles ». Je compris tout. Au cours de la méditation, mon guide m’avait amenée à saisir que lui et moi ne faisions qu’un. Je le sentis dans toutes les fibres de mon corps. J’étais réellement « la vérité soufflant à travers les siècles ».

Heyoan poursuivit : « Je siège donc là, couronné de joyaux dont chacun est une vérité. Là j’existe depuis toujours et existerai au-delà de l’espace et du temps, au-delà de l’ordre et du chaos, à la fois manifesté et non manifesté. Au grand jour et incognito. Vous autres, les humains, vous habitez aussi ici à côté de moi. Tous autant que vous êtes. Vous n’aspirez qu’à l’apprendre, quelles que soient les limites de vos perceptions. »

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(« Le Pouvoir Bénéfique Des Mains » de Barbara Ann Brennan, extrait)
(Traduit de l’américain par Annick Sinet)
(Transcription Internet, notes entre parenthèses, photos des deux courbes : Delta de la Lyre)

Barbara Ann Brennan

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