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Albert dzon bintsÉnÉ roi mbaya peuple andzion

20 août 2017 par Internaute  
Dans Général |

District de Gamboma (département des Plateaux)
Obsèques royales au notable Albert
Dzon Bintsené «roi de Mbaya»
Décédé le 24 décembre 2007, à Mbaya, une localité
située à 25 km de Gamboma, dans le département
des Plateaux, le notable Albert Dzon Bintsené, chef
de terre le plus ancien, sans doute du pays, appelé
aussi «roi de Mbaya» a été inhumé le 30 du
même mois, à Mbaya, selon les rites traditionnels
d’inhumation d’un patriarche de son rang. En pré-
sence de plusieurs personnalités politiques originaires
du département des Plateaux, parmi lesquelles
Alain Akouala-Atipault, ministre de la communication,
représentant le président de la République,
André Obami Itou, président du sénat, Auguste Cé-
lestin Gongarad Nkoua, président du Conseil économique
et social, Hugues Ngouélondelé, député-
maire de Brazzaville, Maurice Malela Soba, préfet
des Plateaux, du sous-préfet de Gamboma et bien
d’autres ressortissants, cadres, dignitaires, parlementaires,
autorités politiques, administratives
nationales et locales.
Comme de coutume,
dans la contrée, lorsqu’un
dignitaire vient à
disparaître, plusieurs groupes
folkloriques, venus de
Brazzaville, de Gamboma et
des villages environnants ont
animé la veillée mortuaire et
les obsèques, pour un vibrant
hommage à l’illustre
disparu. On chante ses louanges,
ses mérites, sa sagesse,
ses capacités de traiter et
de régler les problèmes de
ses sujets et même au niveau
du pays, sa maîtrise des hommes,
la paix qui a régné dans
le terroir durant son règne,
etc.
Incarnation des valeurs traditionnelles,
Albert Dzon Bintsené,
appelé affectueusement
«Ngaa Mbonm», est né
vers 1917, à Mbaya. Il succé-
da, à son père, en qualité de
chef de terre de Mbaya, en
1936, alors qu’il avait à peine
18 ans. En 1958, il se convertit
au christianisme. Homme
plein d’intelligence et de sagesse,
celui qu’on qualifiait
de «mémoire des peuples ANDZION»
ou gangoulou, a régné
pendant 71 ans, pour 90 ans
de vie sur terre. Des 14 épouses
et 60 enfants qu’il avait,
le notable Albert Dzon Bintsené,
laisse, finalement, 7 épouses
et 30 enfants.

Le dépôt des gerbes de
fleurs et le recueillement devant
la dépouille mortelle, placée
dans un grand sarcophage
traditionnel, a été amorcé
par le représentant du chef
de l’Etat, Alain Akouala Atipault
qui, à la fin de la cérémonie
funéraire, a confié ses impressions
à la presse. «Le
président de la République,
Son Excellence Denis Sassou
Nguesso, nous a confié la responsabilité,
en même temps le
privilège, de le représenter ici,
pour déposer une gerbe de
fleurs en son nom. C’est parce
que le président a des obligations
de fin d’année, qui ont
fait qu’il n’a pas pu venir ici
personnellement. Ce que nous
pouvons dire, c’est que le roi
de Mbaya avait une relation
assez particulière avec le pré-
sident. Il avait trouvé en la
personne du chef de l’Etat, un
homme de consensus et d’unité
pour notre pays. Et vous
savez que ce sont des notables
qui ont une certaine vision,
une certaine sagesse. On peut
dire que c’est le chef traditionnel
le plus ancien de notre
pays qui a vu tous les chefs
d’Etat de notre pays et qui est
même, je crois, le chef traditionnel
le plus ancien du continent»,
a-t-il dit.
Quant à André Obami Itou, il a

salué la mémoire d’un conservateur
des valeurs traditionnelles
congolaises. «C’est
une perte énorme pour nous,
parce qu’il était resté presque
le seul dignitaire de la contrée
gangoulou de son rang»,
a-t-il dit.
Dépositaire et gardien du
temple des valeurs ancestrales,
celui qu’on appelait autrement
par «le roi de Mbaya»,
laisse un grand vide tant sa
personnalité a marqué la contrée.
Son neveu François
Okouo l’a dit, après l’enterrement
au cimetière royal de
Mbaya: «Mon oncle était un
véritable chef de terre. Il avait
bien la maîtrise des valeurs
traditionnelles. Nous avons
perdu un homme et une valeur.
C’est toute une mémoire qui
s’en va».
Reste à celui qui prendra la
succession de suivre les
mêmes traces, afin de pérenniser
ces valeurs, cette culture
qu’on ne trouve plus
ailleurs, si ce n’est en milieu
téké, pour la civilisation bantu.
Pascal NGALIBO-YALA

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  • Pascal Ngalibo-yala

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