Que pouvons-nous dire à ceux qui, pour une raison ou pour une autre, vivent une forme de dualité et de séparation ? Que pouvons-nous dire à ceux qui perdent un être cher, qui perdent leur emploi, qui sont dans le besoin, qui souffrent, qui ont perdu espoir en ce monde et en tous leurs semblables qui vivent des grandes transformations intérieures, ne trouvant aucune réponse, qui vivent constamment dans la peur des événements, qui ne savent plus comment affronter ce monde ? Que dire à quelqu’un qui est maltraité, humilié, abandonné, trahi ou qui subit une injustice de la part d’une tierce personne ? Que dire à celui qui fait face à ce temps apocalyptique, à la dissolution du rêve éphémère, à toutes les dimensions et créations ? Que dire à celui qui se croit être une personne et qui fait face à sa propre création, qui ne sait pas qu’il en est le créateur ? Que dire a celui qui ne croit qu’en sa religion et en ses croyances qu’il est sur la mauvaise voie ? Que dire à tous les êtres humains, qui ne sont pas ce qu’ils croient et pensent être ? Que dire à celui qui cherche à dépasser son maître spirituel, qu’il n’est pas le maître de qui que ce soit ? Que dire à celui qui ne fait qu’écouter, qu’il ne fait rien de lui-même ? Alors que pouvons-nous dire à ceux qui… continuent à se nourrir des histoires de ce monde, ajoutant leurs propres peurs, inquiétudes, anxiétés et autres, tout en restant attentifs à tout ce qui se passe dans ce monde ? Donc, si vous vous reconnaissez dans celui qui… continue à s’identifier, qui ne peut s’empêcher de dire, de faire et agir de quelque façon que ce soit, ce message est pour vous.

Tant qu’il y a identification avec quelqu’un ou quelque chose, cela devient un confinement, une prison de l’esprit. Quel que soit l’objet du désir, cela garde dans l’enfermement. Croire qu’on est une personne, un être humain, nous garde dans cet enfermement, il ne peut y avoir de liberté. Quelle que soit l’origine de la souffrance, quelle qu’en soit la cause, quelle que soit l’origine de la peur, de l’angoisse et de toute injustice, tout vient de cet enfermement, confinement. Croire que nous sommes une âme, une conscience, une personne ou autres, c’est vivre dans l’isolement, dans l’illusion de séparation. Alors que celui qui ne s’identifie plus à personne, ni à rien, cet être est libre, il est la paix, l’harmonie et la joie pour la simple raison qu’il n’attache plus aucune importance à l’identification. Il accueille et accepte tout ce qui arrive d’un même amour. Rien n’est stable dans ce monde, la stabilité n’est pas dans l’identification, mais dans l’acceptation de tout ce qui est, sans lui donner d’importance. Quand il pleut, la pluie dure aussi longtemps que nécessaire et après que le ciel se soit dégagé, le beau temps s’installe et ainsi de suite. Peu importe ce qui se manifeste dans le temps et l’espace, tout cède la place au renouvellement. Devons-nous, nous identifier à quoi ou à qui que ce soit ou autres, qui nous permet de faire l’expérience de la vie ? Devons-nous, nous identifier à des croyances, à des religions, à des concepts, à des histoires, qui nous empêchent de vivre la liberté ? Tant que l’être cherche, il est dans l’enfermement, s’il cherche la paix, la joie, le bonheur, la richesse, l’amour, quel que soit l’objet du désir, il ne peut être libre. Devons-nous être comme l’observateur qui ne voit que son propre enfermement ? Agissons comme le soleil, qui ne donne aucune importance à ce qui se passe dans le ciel et sur la terre, en illuminant tout de sa lumière.

Est-ce que le soleil pense être une âme, une conscience, une personne ou autre chose ? Il n’a aucune identification, il illumine tout de sa lumière. En effet, s’il y a identification, il y a enfermement, confinement. La liberté reste détachée, dans la non-reconnaissance de rien, étant la paix, la joie et l’amour qui accueille et accepte tout avec la même intensité. Sommes-nous la forme humaine, la conscience, l’âme ou sommes-nous l’essence même de la vie ? Rien ne peut changer ce que nous sommes, ni le temps ni l’enfermement, ni quoi que ce soit, rien ne peut confiner l’essence même de la vie. Nous sommes ici pour vivre l’expérience de la vie sous cette forme ou une autre, rien ne peut nous empêcher d’être heureux, de vivre la paix, de vivre la joie et de sentir et ressentir l’amour dans tout ce qui est, pour la simple raison que nous en sommes l’essence. Acceptons, accueillons tout avec le même amour, peu importe ce qui nous afflige dans la forme, dans ce véhicule qui nous sert d’ancrage. Ne laissons pas le passé, le présent ou même l’avenir altérer notre paix, notre joie et notre amour absolu. Acceptons ce qui arrive, accueillons tout par l’amour, ne laissons personnes nous dicter leurs histoires, leurs convictions ou tout autres croyances, consumons tout avec amour, c’est vivre notre liberté, et rien ne peut la modifier. Que nous vivions la dissolution ou pas, de toute création et dimension de tout ce qui est, cela n’a aucune répercussion sur ce que nous sommes de toute éternité, l’intelligence de la lumière, l’essence de la vie qui illumine tout de son amour. Que puis-je dire à celui qui…. Oubliez tout ce que vous pensez et croyez être, l’amour est notre essence, tout le reste n’est qu’illusion, de passage. Ce que nous voyons n’est que nous-mêmes, une projection de nos croyances, de nos pensées, tout en est sa manifestation, le rêve, son enfermement, aussi diversifié qu’il puisse être dans toute création, dimension. Nous sommes tous le même rêveur, il n’y a rien à juger, il n’y a rien à identifier, tout est illusion, ce qui est réel n’appartient pas à ce rêve, ni à aucun monde, univers ou autres, puisque nous sommes l’essence de la vie, l’amour absolu. Sortir de l’enfermement, de toute identification, nous apporte cette liberté.

Régis Raphaël Violette

Publié par Juste (Profil & Articles associés)